mardi 8 juillet 2014

Mon cadeau de fête


C'était hier en début d'après-midi, le 7 juillet 2014.


Depuis le temps que Félixe avait hâte de prendre sa petite soeur dans ses bras...


Vous connaissiez déjà Félixe. Maintenant, je vous présente Blanche!

MON CADEAU DE FÊTE

La date prévue de l'accouchement était le 28 juin. Isabelle et Dominic, ainsi que les médecins qui suivaient la grossesse, commençaient à penser que Blanche allait imiter sa grande soeur jusqu'au bout et naître au bout de 42 semaines avec une aide médicale appropriée pour provoquer les choses. 

La veille, dimanche, j'avais eu comme une grande intuition. Notre fille était encore plus resplendissante que d'habitude, c'est difficile à expliquer. On soupait tous ensemble et j'ai eu le goût d'inviter Félixe à coucher chez nous. Isabelle hésitait un peu à ce que je lui en parle, c'était sûr que la petite allait dire oui et son petit baluchon était tout prêt pour le jour J mais j'ai insisté pour dire que c'était toujours une fête pour nous autres et pour elle, que ça ne prenait pas une occasion spéciale et que j'aurais grand plaisir le lendemain matin à déjeuner avec Félixe et Papi pour mon 57e anniversaire de naissance! 

Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit-là... Mais c'est classique chez moi, les insomnies. Par contre, là, ma tête et mon coeur étaient constamment avec ma fille et mon beau-fils, alors que je regardais leur plus grande dormir si paisiblement. 

À six heures, comme toujours, je me lève et je pars le café. Crocodile Dundee me rejoint dans la cuisine. Nous avons le temps de déjeuner ensemble tranquillement en parlant tout bas avant qu'il parte travailler. On ne veut pas réveiller Félixe... Il s'inquiète pour Isabelle, la perspective de provoquer l'accouchement vendredi ne l'enchante guère lui non plus mais je lui dis que j'ai la certitude en mon for intérieur que la nature va bien faire les choses et que la petite est probablement au monde à l'heure qu'il est ou que c'est en train de se faire. Il me dit : « T'as l'air tellement sûre? ».  

Alors, il ne tient plus en place et avale ses toasts au Nutella en vitesse. Il décide d'aller voir à la maison de nos enfants si leur véhicule est là. À quelques rues seulement, il va revenir vite qu'il me dit. 

Il est 6 h 35 et le téléphone sonne. Numéro inconnu sur l'afficheur. C'est sûrement l'hôpital que je me dis. Mais pas nécessairement le 2e étage, maternité-obstétrique, ça peut aussi être l'hôpital au 3e étage, les personnes âgées en attente d'une relocalisation en CHSLD. Ils nous appellent souvent et à toutes sortes d'heures...

« Écoute Maman, Blanche veut être la première à te dire Bonne Fête!... » et là, j'entends au bout du fil le cri d'un nouveau-né... Vous dire ce que ça m'a fait... J'ai pleuré de joie, de soulagement, de bonheur!

Isabelle a repris le combiné, on a échangé seulement quelques mots. Blanche est née à 06:11, il y a à peine 20 minutes, ça se passe « live ». Tout a bien été, la nature a bien fait les choses, comme je l'espérais, comme je le croyais. Le travail intense s'était enclenché de manière naturelle autour de 23 heures la veille. Ils s'étaient rendus à l'hôpital et à partir de là, ils savaient que Blanche naîtrait le 7e jour du 7e mois, autant sous une bonne étoile que sa mamie Francine! 

Isabelle m'a demandé de partager ça avec son père, je venais de lui dire qu'il était parti voir chez eux si l'auto était là, mais de le faire discrètement parce qu'elle et Dominic voulaient annoncer eux-mêmes l'heureuse nouvelle à Félixe lorsqu'elle serait réveillée. On a convenu qu'ils allaient rappeler vers 8 heures. Fin de la conversation téléphonique que je me repasse en boucles depuis hier matin.

Quand Crocodile Dundee est revenu, je guettais venir son camion de loin et je ne voyais que son grand sourire alors qu'il me faisait des immenses signes de oui. J'étais déjà sur la galerie en pyjama pour lui raconter ce que je venais de vivre! Il voulait réveiller Félixe... J'ai dit « Non, faut pas! » alors on a pris sur nous autres. On était tellement contents, énervés, heureux, soulagés... qu'on s'est refait un deuxième café, comme si on n'était pas déjà assez énervés, pour fêter ça... en silence, bien sûr!

Félixe s'est réveillée par elle-même à 7 heures. Papi voulait tellement la voir avant de partir travailler que je pense qu'il faisait du bruit exprès... En tout cas, je le soupçonne fortement parce qu'il avait son p'tit air, vous savez, ce petit air crasse? Il l'a prise dans ses bras, l'a bercée en lui offrant des toasts au Nutella, une permission spéciale qu'il est le seul à autoriser, c'est le déjeuner qu'elle peut avoir seulement avec Papi. Avec du pain blanc en plussssss. Moi, je m'en mêle pas!

À grand regret, il a dû partir travailler. J'aurais donc aimé qu'il puisse rester. J'ai donc eu le privilège de voir la réaction de Félixe lorsqu'elle a reçu l'appel de ses parents. C'était si touchant... 

Tous les moments que j'ai vécus ensuite au cours de la journée se racontent difficilement tellement ils se sont précipités et multipliés, à tel point que je n'ai pas encore fini de les intégrer. C'est le plus beau cadeau de fête que j'ai reçu de toute ma vie. 

Hier après souper, alors que Félixe était avec ses autres grands-parents, nous avons eu la chance, en toute intimité avec Isabelle et Dominic, d'aller bercer notre si mignonne toute nouvelle petite-fille arrivée très à terme et en santé, toute rose... même si elle s'appelle Blanche... 

Des bonheurs comme ceux-là, j'estime qu'on a le devoir de les partager.

Mise à jour 20140708, 20:30 : 

Nous arrivons d'aller bercer encore une fois Blanche. Ils sont sortis de l'hôpital cet avant-midi. Et Félixe nous a fait tout un spectacle de danse ce soir! Sans que je lui demande, Isabelle m'a donné l'autorisation de publier où je voulais cette photo d'eux quatre que j'avais prise en début d'après-midi hier et que j'avais réservée à nos familles et amis proches. Isabelle avait accouché seulement quelques heures auparavant...



lundi 16 juin 2014

Fin de semaine au campe


Vendredi dernier, en fin d'après-midi, on s'apprêtait à partir pour aller au campe lorsque ce bel oiseau dans un arbuste a attiré mon attention. On aurait dit qu'il posait pour moi. 


Pour se rendre au campe, on doit faire 90 minutes de route environ. D'abord, la 117 jusqu'à Cadillac, ensuite on prend le chemin qui mène aux barrages hydroélectriques de Rapide Deux et Rapide Sept. Après quelques kilomètres, on choisit l'embranchement qui mène à Rapide Deux, un chemin de 37 km. Ici nous sommes au km 21. On s'arrête pour cause de force majeure... pour laisser toute la place à... Voyez-vous quelque chose au loin à gauche du chemin? Une petite tache foncée?


Là, j'ai zoomé ma photo au maximum. On y perd en qualité mais on distingue mieux la maman orignal et son tout petit petit petit qui se tient sous elle, il ne la quitte pas d'une mamelle! 


En poursuivant notre route, on arrive à la marina de Rapide Deux, là où se trouvent les quais et notre chaloupe avec son petit moteur quatre temps qui nous permettra de traverser en 10 minutes le réservoir des rivières des Outaouais et Darlens pour se diriger au fond de la petite baie. Bien dissimulé sous les arbres, le campe nous attend. On n'aperçoit ici que le quai flottant et mon mirador. 


Il se fait discret mais le voilà. Une sorte de paix nous envahit dès ce moment-là. 


C'est comme de retrouver un vieil ami qui n'a pas changé. 


Le royaume du silence, c'est au dedans comme au dehors. 


À part une glacière, on n'a pas grand chose à apporter ni à transporter. Un petit baluchon avec quelques effets personnels et de la lecture peut-être... 


Cette perdrix s'est laissée approcher pour quelques photos. Elle ne semblait pas avoir peur de moi. 

Fin de semaine au campe

Je suis pas jasante, hein? Je suis toujours comme ça au campe! Ça fait du bien une cure de silence. Même mon cerveau arrête de penser pour vivre l'instant présent. Je voulais vous offrir la même thérapie, c'est pour ça que je vous ai amenés avec moi là-bas. 

mercredi 21 mai 2014

Je voudrais voir la mer


Nous sommes aux Îles de la Madeleine, à la fois au Québec et en Acadie. Plus précisément à Cap-aux-Meules. En haut du belvédère d'où l'on aperçoit au loin celle que j'appelle l'île mythique, l'Île d'Entrée, la seule qui ne soit pas reliée aux autres par la route 199 qui sillonne l'ensemble de l'archipel madelinot. 


La voici encore, l'Île d'Entrée qui se profile à notre horizon, cette fois à partir de la Dune-du-Sud, à Havre-aux-Maisons. J'ai des centaines de photos de cette île, de son phare, de son seul gîte du passant qui ne possède qu'une chambre (de quoi faire rêver n'importe quel écrivain!...) de la montée que nous avons faite pour nous rendre à son point de vue exceptionnel sur l'archipel, tel qu'il se révèle comme une apparition grandiose lorsqu'on arrive en haut de la Big Hill. Mais je veux que l'île conserve encore un petit peu de son mystère! 


Pêcheurs de homard au soleil levant. Dune-du-Sud, Havre-aux-Maisons. Comme le faisaient jadis nos deux grands-pères, ces pêcheurs se lèvent à 2 heures du matin et prennent la mer par tous les temps pour s'adonner dans le courage et la bonne humeur à leur dur métier. Contre vents et marées. Fin juin 2012, nos cousins nous ont invités à bord de leur homardier, Le Gaillard, pour y vivre l'une de ces journées mémorables, mon frère Jocelyn, ma belle-soeur Guylaine, Crocodile Dundee et moi. Quelle épopée on a eu le privilège de vivre grâce à Arthur, Hugo et Fred à mon oncle Will. Ils pêchent encore au large de la « p'tite shag » comme nos grands-pères autrefois. Revenus au quai de la Pointe Basse à midi, sans avoir eu le mal de mer ou si peu, ils nous ont dit qu'ils étaient fiers de nous qui avions le pied marin alors que nous étions, nous autres, si fiers d'eux. Et reconnaissants. 


C'était le 1er juillet 2012, notre dernier jour aux Îles. Mon frère et ma belle-soeur avaient pris le bateau à l'aube et nous devions prendre l'avion de 13 heures. Nous sommes à la Dune-du-Sud. Je souris peut-être sur la photo mais j'ai le coeur lourd de peine de quitter mes chères Îles, c'est de même à chaque fois. La plage qu'on voit s'étendre en croissant à l'infini, on peut la marcher sur 22 km. 


Plage de la Grande Échouerie. Pour certains, c'est la plus belle. Moi je ne saurais dire laquelle je préfère. Peut-être le Sandy Hook que j'ai marché à moitié seulement. La Dune-du-Sud, j'y suis attachée, c'est mon chez nous aux Îles. Il y a aussi la Plage de l'Ouest, celle du Corfou, la Plage de l'Hôpital, la Dune-du-Nord, Gros-Cap et celle où j'ai tant de beaux souvenirs de mes 15 ans, La Martinique!  


L'Île Boudreau. Cet endroit est peu connu et peu fréquenté par les touristes mais il mérite une randonnée pédestre et ce, pour mille raisons. 


De l'Île Boudreau, on redescend complètement à l'autre bout de l'archipel madelinot, sur l'île du Havre Aubert. C'est là que tout a commencé aux Îles, sur la Grave, lorsque nos ancêtres sont débarqués en contingent, en 1793, en provenance des Îles Saint-Pierre et Miquelon, où ils avaient été déportés plusieurs années auparavant. Ils avaient flairé le danger, une flotte anglaise les encerclait, ils ont dû partir en pleine nuit. Le Musée de la mer se trouve à Havre Aubert. Ici, on est au Café de la Grave, un incontournable, une ambiance typique des Îles, il y a toujours quelqu'un qui fait de la musique ou qui a quelque chose à raconter. Aux Îles de la Madeleine, la musique, c'est comme le vent, des personnages toujours présents dans le paysage. 


Au Café de la Grave, il ne faut pas manquer de goûter à leur chaudrée aux fruits de mer qui vous est servie dans un bol en pain. Je ne voulais pas intimider mes compagnons de voyage, je n'ai posé que nos assiettes! Mais vous auriez dû voir leurs sourires... Pour le dessert, je vous suggère de traverser juste à côté, au Four à Pain, pour goûter les traditionnels croxignoles ou encore des banax. 


Puisqu'on parle bouffe, les délices de la mer, on a aussi le choix de se les cuisiner soi-même. En revenant d'une journée en mer, d'activités sportives, culturelles et d'extraordinaires découvertes en tout genre, il faut s'arrêter à La Factrie, à Gros-Cap, sur l'Île du Cap-aux-Meules, pour y choisir tous les fruits de mer frais pêchés qu'on désire et se les cuisiner à son goût au chalet. Avec un petit verre de blanc bien sûr. Et des fous rires! Je sais pas ce qu'il a le vin aux Îles. il fait rire... 


Mon frère et moi, par temps gris, qui posons sur le chemin des Turbide. C'est notre nom de famille. On peut bien se sentir chez nous aux Îles, parce que des chemins Turbide et des chemins Poirier, il y en a plusieurs. Celui-ci est à l'île du Havre-aux-Maisons, le village d'origine de nos deux parents, de nos quatre grands-parents, de nos huit arrière grands-parents, de nos seize... 


Coucher de soleil au phare de Belle-Anse, Étang-du-Nord. Parlant des phares, c'est mon dada, que dis-je, ma dévotion, je dirais même mon obsession. Il y en a plusieurs aux Îles. Je pense à celui de l'Anse à la Cabane, de Pointe Basse (Cap Alright) de Belle-Anse, de l'Île d'Entrée et ceux qui ne sont plus en fonction aujourd'hui, à l'Île Brion et au Rocher-aux-Oiseaux. Mon grand-père Poirier a déjà été gardien de phare au Rocher-aux-Oiseaux. Et le phare de l'Île d'Entrée est un lieu très important dans l'histoire magnifique de Farmer, le cheval des Îles, une histoire vraie que j'aime raconter à ma petite-fille qui ne s'en lasse pas. J'ai promis à Félixe qu'à l'été 2015, on irait tous ensemble aux Îles, qu'elle et moi, on ferait la tournée des phares, on partirait une journée complète rien que pour ça. C'est déjà plus qu'un rêve, c'est devenu un projet. 

Je voudrais voir la mer

Je ne m'explique pas vraiment comment il se fait que je suis plus attachée aux Îles de la Madeleine que ma propre mère qui y est née et qui y a vécu jusqu'à l'adolescence. Mon père aussi était très attaché à ses Îles. Mes parents et grands-parents, lorsqu'ils se sont installés en pays neuf, en Abitibi, sont retournés régulièrement aux Îles pour visiter la parenté et passer du bon temps au pays qui les a vus naître. Ils étaient fiers d'être Madelinots et leur bel accent chantant fait de vieux français et de termes marins les suivait partout où ils allaient, comme une marque distinctive, à tel point que mon père disait que c'était son passeport international. 

Mais moi? Je ne suis pas née aux Îles de la Madeleine mais en Abitibi. Tout ce qui touche les Îles ou les Madelinots me passionne, me touche, m'interpelle vivement. 

La mer me manque... Comprenez-vous ça? La mer me manque comme si j'avais grandi auprès d'elle. La mer me calme, me berce, me regénère, me ressource, me guérit de tout. Pour moi, toutes les îles sont des îles au trésor!

Et si vous aimez vous faire raconter des histoires, des contes, des légendes, il y en a aux Îles qui le font bien mieux que moi, avec l'accent madelinot en plus. Je les écouterais pendant des heures, particulièrement Élaine Richard qui parle avec l'accent du Havre-aux-Maisons.

http://www.cfim.ca/contes-et-legendes1/-/pub/0KtJ/content/2830570-elaine-richard-19-octobre-2013?redirect=%2Fcontes-et-legendes1

Faut pas être pressé, il faut se laisser bercer en les écoutant...

vendredi 2 mai 2014

Comme si on y était


Été 2012, au campe, à Rapide Deux. On se prépare pour la pêche. 


Certains leurres sont colorés et amusants. 


Entendez-vous le yukulélé et la voix d'Isabelle qui chante : « Somewhere over the rainbow »?



Les vers sont des appâts très efficaces pour la pêche mais d'abord et avant tout, ce sont des êtres vivants. 


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La délicatesse de ses petits doigts pour prendre le ver... 


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Ça ne mord pas encore mais la lumière est si belle. À la pêche, on apprend plein de choses, entre autres la patience. 


« Ça mord pas toi non plus, Papi? »


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Il fallait que l'histoire finisse comme ça mais comme je n'ai pas pris de photo du « gros poisson », je ne me souviens plus si Dominic était pris dans le fond, si c'était une barbotte ou un doré trop petit qu'on a dû remettre à l'eau! 

Comme si on y était

Il y a des histoires qui se passent de mot. Les images suffisent. J'avais juste envie de la revivre. De la partager. La saison de la pêche dans notre zone sera ouverte le vendredi 16 mai prochain.


lundi 28 avril 2014

Une époque révolue


J'ai pris cette photo au début du mois de décembre dernier parce que je me faisais rire moi-même d'être d'une autre époque à ce point. La table est mise : un café noir bien chaud, des stylos à pointe fine, ma plume, un encrier, des cartes, du papier à lettres, mon carnet d'adresses, mes autocollants, des timbres, etc. Petite touche de modernité quand même, mon mini Ipad trône en haut à droite mais remarquez qu'il est fermé!

Une époque révolue 

Peut-être qu'à force de passer autant de temps avec ma mère (82 ans) et ma belle-mère (92 ans) j'en viens à penser et à vivre comme une personne qui aurait 87 ans, la moyenne d'âge des gens que je fréquente!  Même à la piscine des aînés (55 ans et plus) où je vais régulièrement depuis un an (c'est formidable pour mes vieux os!...) je rencontre des gens beaucoup plus âgés que moi et je me sens souvent plus vieille qu'eux. Ils sont tellement modernes! 

Dans une de mes nombreuses nuits d'insomnies, je me suis mise à penser à toutes ces choses qui disparaissaient ou qui étaient en voie de disparaître et que mes petits-enfants ne connaîtront pas. 

Le repos dominical. J'ai grandi dans une famille catholique pratiquante avec un père qui avait tout le temps deux ou trois jobs, une mère qui travaillait fort aussi. Mais le dimanche, c'était sacré, on s'habillait propre, et il n'était pas question de faire un pouce d'ouvrage. La religion avait établi cette règle mais surtout, mes parents trouvaient que ça avait plein d'allure.  

Le goût des aliments. Vous rappelez-vous quand vous étiez petits et que la viande hachée goûtait bon? Une tomate bien mûre, gorgée de soleil, c'était du bonbon, un épi de maïs toujours un délice, une vraie tarte aux pommes ne se vendait pas au magasin, c'était comme le bonheur et le sucre à la crème, on devait s'en faire soi-même! D'ailleurs, on maîtrisait l'art de la pâte à tarte, à crêpe, à pain, etc. 

Une montre. Qui a besoin d'une montre maintenant? On regarde l'heure sur son Iphone! Pour les gens qui en ont, comme de raison. Mon téléphone, il est loin d'être intelligent, je le trouve plutôt impoli, mal élevé et extrêmement envahissant. Imaginez si je l'apportais avec moi partout où je vais... 

Les clés. C'est quoi, ce bout de ferraille? Un serrurier est un métier en voie de disparition. On vous remet une carte et bientôt la rétine de votre oeil ou vos empreintes digitales ouvriront toutes les portes auxquelles vous avez accès. Si vous êtes démodé, vous verrouillez et déverrouillez votre maison avec une serrure à code numérique. 

Le clavier d'ordinateur. Tout est tactile! Êtes-vous auditif, visuel ou... tactile? 

La vie de famille. Il paraît que c'est une idée rétrograde. Quel dommage... 

La démocratie. Les progrès de la technologie seront tels qu'ils diviseront la société en deux : ceux qui la comprennent... et les autres. Le marketing politique, les « faiseux d'images », le manque d'analyse et de profondeur, la vision à court terme et le je-m'en-foutisme ont déjà pas mal affaibli la chose. 

En lien avec ce dernier concept en voie d'extinction, je vais faire exception pour une fois et vous parler de politique. Non pas des partis politiques mais de la politique québécoise en général. Aux dernières élections du 7 avril où la population du Québec a élu un gouvernement libéral majoritaire, dans La Pinière, on a voté massivement pour Gaétan Barrette qui se présentait sous cette bannière. Cet homme représentait jusqu'à tout dernièrement la Fédération des médecins spécialistes du Québec. S'il y a quelqu'un qui a mis une pression énorme sur notre réseau public de la santé et des services sociaux, c'est bien lui. Il n'avait d'ailleurs aucun respect pour les travailleurs et travailleuses de ce milieu, même pas pour les médecins omnipraticiens et encore moins pour les patients. Il s'est déjà présenté il y a 18 mois pour la Coalition avenir Québec, sans succès, ce qui ne m'avait pas étonné à l'époque. Rappelons-nous que ce parti politique prône l'abolition des agences régionales de la santé et des commissions scolaires, les paliers régionaux les plus nécessaires et les plus proches du citoyen. Avant de se présenter sous la bannière libérale, il a accepté de sa Fédération une prime de départ de 1,2 M $ sans la moindre petite gêne. 

Le 7 avril dernier, dans La Pinière, il a récolté 58 % des suffrages exprimés, c'est-à-dire plus de 15 000 voix de majorité sur celle qui représentait cette circonscription depuis 20 ans, la très respectée Fatima Houda-Pepin. 

Comment les gens de cette circonscription électorale, La Pinière, en sont-ils venus à croire que Barrette méritait leur vote? Ils n'ont pas craint un seul instant que cet homme pourrait être envers et contre tous nommé ministre de la Santé et des Services sociaux? Je voudrais bien rencontrer quelqu'un qui a mis son X à côté du nom de cet homme en toute conscience et en connaissance de cause, je lui demanderais simplement... Pourquoi? 

Comment Philippe Couillard, notre nouveau Premier ministre, a-t-il jugé bon de nommer ce loup pour garder la bergerie? Parce qu'il juge qu'on n'a pas de mémoire, qu'on ne se souvient de rien? Le pire c'est qu'il a probablement raison, en dépit de la devise du Québec, cette inscription qu'on trouve sur nos plaques d'immatriculation : « Je me souviens ».


jeudi 10 avril 2014

Les joyeux naufragés




Ces photos ne sont pas de moi mais elles me font sourire et je les ai depuis si longtemps que je ne peux même pas accorder le crédit à qui les a prises. Je crois que c'est l'un de mes amis biologistes qui aime particulièrement les ours. Bientôt, comme nous, les ours cesseront d'hiberner et voudront trouver de quoi se nourrir, même s'il faut pour cela faire des pirouettes. 

Les joyeux naufragés

Montreal, here we come! Qui sommes-nous? Quatre joyeux naufragés qui débarquent de leur plein gré sur une île en ville, loin de leurs forêts boréales, en fin de semaine! Isabelle, Dominic, Crocodile Dundee et moi avons planifié ce court séjour dans la métropole depuis plus d'un mois.  

D'abord, l'invitation est venue des jeunes et ils ont tout mis en oeuvre pour qu'on accepte leur proposition. Dominic a réussi à dénicher longtemps à l'avance deux billets bien placés pour la partie de hockey au Centre Bell samedi soir. Un gros luxe! Un vieux rêve qu'ils vont réaliser. La dernière fois qu'on a vu un match des Canadiens de Montréal, c'était dans le temps du Forum, on ne peut pas dire qu'on exagère. Pendant ce temps, nous, les deux filles, au prix où sont ces billets, on a convenu à l'unanimité qu'on allait se payer plutôt une sortie culturelle qui nous enchante. On ne sait même pas encore laquelle! 

Nous partons demain matin très tôt pour faire ces 600 kilomètres. Nous serons à Montréal au milieu de l'après-midi et il est prévu que notre fille repose sa bedaine (elle a six mois de grossesse) pendant que j'irai à la piscine de l'hôtel faire quelques brasses. Les gars reluquent du côté de la piscine ou du gym, on verra bien. S'il fait soleil, il est question aussi d'un petit verre de « drigne » sur une terrasse. Quelques heures de libres puis on se rassemble pour aller prendre le repas du soir où ils ont réservé pour nous quatre à un endroit où il faut aller absolument, apparemment, une fois dans sa vie... 

Samedi, on a envie de trop de choses, il nous faudra faire des choix. Il y a tant à faire à Montréal et nous y sommes si peu longtemps.  Déjà, dimanche avant-midi, nous reprenons la 15 et la 117 Nord. Oui, je sais, c'est court. Mais ce sera intense. Autant qu'on l'est, autant qu'on s'aime, autant qu'on a besoin de se retrouver libres et heureux d'être ensemble, sans contrainte, même si ce sera trop court. Il sera possible tout de même de prendre le temps de vivre et de finir nos phrases, ne serait-ce que le long de la route aller-retour. Juste de rêver à ce petit voyage depuis plus d'un mois nous aura soutenus dans une période difficile. 

Les enfants vont souvent à Montréal, pour le travail ou pour le plaisir. Ils y ont beaucoup d'amis et plein d'endroits où ils ont leurs préférences et leurs habitudes. Ils auraient pu planifier une petite fin de semaine d'amoureux comme ils le font souvent. Mais cette fois, c'est avec nous deux qu'ils veulent célébrer le printemps, l'effervescence, la joie de vivre. 

Et moi, je suis remplie de gratitude parce que je me dis qu'on donne d'un bord, on donne de l'autre, sans y penser et sans compter, et puis un jour, si on a de la chance, ce sont nos enfants ou nos proches qui nous redonnent de ce dont on a le plus besoin, sans y penser et sans compter. 

mardi 1 avril 2014

Juste pour rire


Crédit photo : Le site internet de Juste pour rire

Juste pour rire

Tout le monde qui me connait doit s'inquiéter! On fait la promotion depuis quelques jours à l'antenne du réseau TVA d'une émission d'une heure qui sera diffusée jeudi prochain, le 3 avril, à 21 heures : Juste pour rire... de l'Abitibi.

Le concept de l'émission n'est pas nouveau apparemment puisqu'on a déjà « rendu hommage » aux régions de Québec, Laval et Saguenay.  Je n'ai rien vu de tout cela et j'ignore comment les gens de ces régions qui ont un fort sentiment d'appartenance ont réagi. Ont-ils ri? 

En novembre dernier, lorsque l'équipe de Juste pour rire est venue tourner ici, il y a eu des articles de journaux, des entrevues radio, télé et des chroniques culturelles d'ici qui y avaient fait allusion et qui nous invitaient à assister aux enregistrements. Dans un premier temps, puisque ma région s'appelle l'Abitibi-Témiscamingue, je trouvais qu'on commençait bizarrement en titrant Juste pour rire... de l'Abitibi, en amputant ma région de la moitié de son nom. Les gens du Témiscamingue s'en plaignent souvent et ils ont raison. 

Donc, lundi le 11 novembre dernier, on enregistrait l'émission à l'Agora des Arts, à Rouyn-Noranda. Je le mentionne pour ceux de ma famille et de mes amis qui reconnaîtront l'endroit, c'est l'église où on allait étant petits, celle où l'on a fait des funérailles à ma grand-mère, à mon père, etc. Le lieu a été converti depuis quelques années (et j'en suis fort heureuse puisqu'il retourne à la communauté) en salle de spectacles, ateliers et bureaux pour différents organismes culturels de notre ville et notre région. Mais je ne connais personne qui a assisté aux enregistrements alors ça m'intrigue. 

D'entrée de jeu, c'est rassurant de savoir que l'animateur est Stéphan Bureau. Ce monsieur a de la classe et du métier, j'ai eu l'occasion de le constater lorsqu'il a animé pendant toute une semaine l'émission Le Point de Radio-Canada, en direct du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, c'était en l'an 2000, alors que je travaillais moi-même aux communications de l'événement et que toute son équipe collaborait avec nous d'une manière assidue, respectueuse et très professionnelle. 

Les humoristes invités pour ce bien-cuit sont Cathy Gauthier, Derrick Frenette, tous deux originaires de la région, ainsi que d'autres artistes/humoristes de partout : Patrice Lemieux, les Denis Drolet, Guillaume Wagner, Korine Côté, PA Méthot, Stéphane Fallu, Jérémie Demay et Rémi-Pierre Paquin. 

Je suis très bon public, j'aime rire. Et ce qui me fait le plus rire, en général, c'est de reconnaître mes ou nos travers, nos petites manies, nos expressions, nos peurs, nos habitudes, nos mimiques, nos paradoxes, nos niaiseries. Le genre d'humour qui dédramatise, qui ne fait de mal à personne, qui ne ridiculise personne, qui peut avoir une portée sociale et qui, quand c'est bien fait, peut même aller jusqu'à nous sensibiliser, nous faire prendre conscience de certains de nos comportements qu'on pourrait améliorer, certains préjugés qu'on voit et qu'on entend trop souvent, qu'on gagnerait à mettre de côté. 

Avec Juste pour rire... de l'Abitibi, je crains qu'on retrouve encore les sempiternels mythes et préjugés contre lesquels je me bats depuis toujours. Vous savez l'Abitibi comme elle est perçue ailleurs qu'en Abitibi-Témiscamingue par des gens qui n'y ont jamais mis les pieds et qui propagent encore ce genre de sornettes? 

Il va me falloir pratiquer mon sens de l'humour!