mardi 23 juillet 2013

La nature suit son cours


Samedi soir dernier, nous étions invités à aller veiller au feu chez nos amis Gérald et Réjeanne à Rapide Deux, où Claude et Pauline étaient aussi pour admirer le coucher de soleil et le lever de la lune presque pleine. Soirée parfaite, ni trop chaude, ni trop fraîche, même pas de mouches... Sur cette photo, on aperçoit au fil de l'eau (la rivières des Outaouais) une femelle orignal et son petit qui nagent et un peu plus loin sur la droite, un autre petit qui peinait à aller les rejoindre. C'était pas normal, ça... Crocodile Dundee les avait vus se jeter à l'eau en panique dès les premières secondes et il nous les avait fait remarquer, la mère et son petit. C'est après seulement qu'il a vu l'autre, celui à droite. Il avait sa petite idée sur ce qui venait de se passer. (Un clic sur les photos vous permettra de les agrandir).


La même photo que la précédente mais je l'ai recadrée un peu, juste pour vous indiquer où se situent nos trois orignaux à la nage. 


Avec les jumelles à Réjeanne, on suivait la situation de secondes en secondes. Le petit à droite prenait de plus en plus de retard sur sa mère et son jumeau. On n'aimait pas cette situation qui se déroulait sous nos yeux et qui n'augurait rien de bon. Ce que Crocodile Dundee craignait s'avérait de plus en plus plausible. Une sorte d'évidence... Nous étions tous d'accord avec lui, malheureusement. 


Plus tard dans la soirée, dans le couchant du soleil et le levant de la lune, on essayait de se convaincre que le petit avait encore une chance de survie mais au fond de nous, on savait bien qu'il n'allait pas vivre vieux. 


Et ce fut la seule note discordante dans cette harmonie du soir vraiment parfaite... 

La nature suit son cours

Lorsqu'on a vu que le petit prenait de la distance et peinait à avancer en nageant, on s'inquiétait énormément, surtout que Crocodile Dundee avait vu la mère et le petit se jeter à l'eau comme apeurés, on se doutait que le gros ours que Gérald avait vu la veille sur le rivage d'en face y était pour quelque chose. Chez nous aussi, on avait vu dernièrement des pistes avec les grosses griffes de cette très grosse bête reconnue pour être un grand prédateur des petits orignaux nés à la fin mai. 

Claude, Gérald et Crocodile Dundee n'en pouvaient plus de rester sur place, ils ont décidé de sauter dans le bateau le plus proche et le plus vite détaché, le nôtre, afin d'aller voir de plus près et sous un autre angle, sans trop s'approcher bien entendu, pour savoir la suite de l'histoire. 

Ils ont bien vu qu'une fois rendus sur la berge, la mère et le petit restaient sur le bord de l'eau en regardant dans la direction de l'autre petit. La mère marchait nerveusement de long en large et le petit ne la quittait pas d'un poil. Le petit blessé s'est rendu de peine et de misère pour les rejoindre. 

Quand les gars l'ont vu sortir de l'eau, ils ont constaté que son flanc droit était complètement lacéré, sa patte arrière droite cassée, ce qui l'amenait à se déplacer tout croche et qui le ralentissait même dans l'eau. Tout se tenait. 

Et c'était bien ce qu'on craignait. 

Un gros ours venait de s'en prendre à l'un des deux jumeaux et la mère n'avait pas pu protéger ses deux petits, elle n'avait rien pu faire d'autre que d'échapper elle-même au prédateur avec celui des deux qui était capable de la suivre. Mais elle n'abandonnait pas l'autre... 

Aussitôt réunis, ils ont pris le bord du bois tous les trois. À court terme, ils étaient sauvés. 

Mais ce petit-là est blessé et même si ses lacérations pourront guérir assez vite, sa patte cassée le rend extrêmement vulnérable alors qu'il doit échapper aux prédateurs fort nombreux en forêt. L'hiver, ce sont les loups qui auront raison de lui mais nous ne croyons même pas qu'il pourra se rendre à la fin de l'été, avec tous ces ours qui rôdent sur le territoire. 

Me sont revenus les mots du refrain d'une chanson que j'avais écrite il y a plusieurs années : 

Heureusement que la lune se lève
À tous les soirs dans ma mémoire
À chaque jour suffit sa peine
Y a tu quelqu'un qui voit la mienne?

* * * * *

Et sur une note moins « locale », pour ceux que ça intéresse, Isa, Dom et Félixe se sont fait un blogue pour partager avec les parents et amis les séries de photos qui racontent mieux que des mots, des moments et des paysages de leur voyage en TiBus.  J'inclus le lien dans ma liste des blogues-amis, « TiBus 2013- Vivre au rythme d'un 8 cylindres ». Le blogue n'est pas à jour tout à fait, ils sont actuellement en Californie.


lundi 15 juillet 2013

Rumeurs, bobards et petites nouvelles


Fin juin dernier, au campe, nous avons passé 24 heures avec « nos enfants » avant qu'ils partent sur la route pour deux mois, à bord de leur « p'tit bus », un voyage qu'ils préparent depuis plus d'un an. Partis de Rouyn-Noranda le 28 juin, ils ont traversé l'Ontario puis les lignes des États-Unis par Chicago, l'Amérique profonde des états centraux jusque sur la Côte Ouest qu'ils suivront du sud au nord (le long du Pacifique) pour revenir au mois d'août d'ouest en est, par le pays voisin du nôtre (!) le Canada. Ils sont actuellement au Colorado.  Vous avez vu ce tronc d'arbre? Il est tout croche, comme beaucoup de nos politiciens! 


À la pêche, il faut être patient. Dans l'actualité, il y a pas mal de choses qui exercent ma patience... 


Voici une bûche scandinave. Crocodile Dundee nous en avait préparé une cet hiver pour essayer l'idée. Avec une seule bûche, on peut veiller au feu pendant des heures, faire cuire un repas ou tout simplement admirer le feu en éloignant les moustiques. Celui qui a pensé à ça un jour, c'était un vrai gars de bois. Il suffit de faire une cheminée assez profonde au centre avec 4 coups de scie à chaîne, ensuite deux petites insertions de chaque côté qui communiquent avec la cheminée pour faire des prises d'air. Quand c'est bien sec, on place dans le fond de la cheminée des écorces de bouleau, on craque une allumette et le tour est joué. Des heures de plaisir et d'ambiance. J'ai cherché sur le web une démonstration de la bûche scandinave et je suis tombée sur une vidéo de deux gars très drôles de Ste-Jovite, au Québec. Ils expliquent bien mieux que moi la simplicité et le génie de cette invention! 


Pas loin de notre campe, l'entrée de la baie, on pêche souvent dans ce coin-là. 


Samedi dernier, sur la rivière Darlens, qui aurait pu s'appeler « la rivière aux diamants » tellement ceux-ci scintillaient de tous leurs éclats. 

Rumeurs, bobards et petites nouvelles 

Autour de moi, on commence à s'inquiéter que je n'écrive plus sur mon blogue... Plus de 4 semaines sans rien écrire de neuf, c'est mon record à vie! 

Croyez-moi, c'est le temps qui me manque, rien d'autre. Il s'est passé tant de choses dernièrement que j'aurais eu le goût d'écrire des centaines de billets, certains plus enflammés que d'autres, tellement j'ai eu souvent envie de péter ma coche, en rapport avec des événements de l'actualité ou les entourloupettes administratives dans lesquelles j'étais plongée bien malgré moi, en politique municipale, entre autres. 

Mais c'est l'été, la canicule nous invite à une douce farniente à travers nos obligations et j'ai pas le goût de me choquer, c'est trop d'ouvrage... Donc, mes photos d'aujourd'hui ont très peu de liens avec ce que je raconte. C'est pas grave, on jase entre amis. 

Vous connaissez la relation amour/haine que j'ai avec les médias? Ça s'arrange pas! Lors de la tragédie de Lac-Mégantic survenue dans la nuit du 6 juillet, j'ai trouvé la plupart plutôt respectueux et très professionnels dans leur couverture médiatique, mais pas tous. Et pas tout le temps. Malgré tout, s'il y a eu et qu'il y a encore un grand mouvement de solidarité envers les victimes, endeuillées et sinistrées, c'est probablement en partie à cause du bon travail que les médias ont fait sur le terrain et ça, je suis prête à le reconnaître. 

Mais qu'en est-il des grands feux de forêt au Nord du Québec? Ça brûle en haut, plus de 500 000 hectares sont détruits et ça s'arrêtera où? C'est chez nous que ça se passe, au Québec. Des communautés nordiques entières ont été évacuées, ils ont tout perdu, ces gens-là. Plus haut que le 51e parallèle, on n'intervient même pas, on laisse brûler parce que cette forêt n'a pas de valeur commerciale. Pire que ça, on ne vous informe même pas aux nouvelles comme si vous n'étiez pas concernés. En fait, ce sont les médias qui ne se sentent pas concernés, donc vous n'êtes pas informés. Cette situation dramatique dure depuis la fin du mois de juin. En avez-vous entendu parler? Comment voulons-nous après ça que le Québec se tienne debout, que les Québécois aient un sentiment d'appartenance? Le Sud ne sait pas ce qui se passe au Nord. Comment être concernés si vous n'êtes pas informés? 

Quand on forme à l'université des journalistes, des gens des communications ou des médias, on devrait exiger d'eux qu'ils réussissent des examens de base en géographie, en histoire, en sociologie, qu'ils soient conscients du pouvoir qu'ils ont sur la perception qu'auront les gens d'une situation, à la suite de leur travail. 

Et tant qu'à rêver, j'aimerais aussi qu'on traite l'information avec sérieux, après tout, ça ne devrait pas être un spectacle ou une course pour savoir lequel réussira à faire « passer l'émotion », ils ne font pas des films à faire brailler les matantes, Simonac, ils font de l'information, oui oui, de l'information et des affaires publiques, ce sont les bases de la démocratie, on devrait en faire un minimum d'analyse et un suivi, pour essayer de comprendre à la fois les causes, les tenants et aboutissants, les éléments de solution, les conséquences sur nos vies et nos politiques, etc. 

Bref, les médias devraient élargir leurs horizons!

Oui, je sais, je suis très naïve, ce qu'ils veulent, les médias, c'est de la cote d'écoute, le petit topo spectaculaire de 30 secondes qui passera en boucles sur les réseaux d'information continue et qu'on reprendra à l'infini sur tous les réseaux sociaux. Mais on passe souvent à côté de l'essentiel... 

Je vous l'ai dit en décembre dernier quand j'ai accroché mon clavier, j'étais rendue trop vieille pour travailler dans le monde des communications... Mais la citoyenne continue d'être concernée, et elle le sera toujours. 

Pour terminer sur une note plus joyeuse, rien de mieux qu'un mot d'enfant : Ma petite Félixe m'a téléphoné à ma fête : « Mamie, il y a des drapeaux des États-Unis partout, avec plein d'étoiles et j'ai vu des vrais cow-boys! Là, on est dans les groooooooosses montagnes, en haut c'est l'hiver, il y a de la neige, en bas c'est l'été, c'est vert vert vert et je sais parler anglais, écoute, Hi, thank you, how are you et le reste, je demande à Papa et Maman! » 

En voilà une qui commence à élargir pas mal ses horizons!

Mise à jour - 20130717 :

À la lecture de mon hebdo local ce matin, Le Citoyen de Rouyn-Noranda, je lis, à la une : « Feux de forêt et CO2, Comme 5,1 millions de voitures ». J'apprends dans l'article signé Thierry de Noncourt qu'il y a toujours 64 feux actifs au Nord-du-Québec, l'équivalent en carbone relâché dans l'atmosphère par 5 115 769 voitures qui roulent durant 15 000 km par année pour une consommation de 5,5 L aux 100 km, ce qui représente presque la totalité du parc automobile du Québec, de 5,5 millions de véhicules.

Au total, en ce moment, ce sont 1 215 000 hectares de forêt qui sont brûlés. Sur les 64 feux actifs, 58 sont dans la zone restreinte (celle où personne n'intervient, au-dessus du 51e parallèle). Le feu 235 est rendu dans les installations d'Hydro-Québec, à Eastmain 1, il approche Sarcelle et Némiscau. Les installations minières Opinaca de Goldcorp ont été évacuées elles aussi parce que le feu s'approche du réservoir Opinaca. Sur la Côte-Nord, on a évacué également Baie Joan Beetz et la semaine dernière, c'était Wabush. Et combien d'autres? Dans les grands médias nationaux, est-ce qu'on a perdu le Nord?

Et j'apprends tout cela dans mon hebdo local, à Rouyn-Noranda, dans une région à mi-chemin entre ces lieux et Montréal.

Il me semble que ça aurait valu un petit 15 secondes au Téléjournal pour informer le reste du Québec.

vendredi 14 juin 2013

L'homme qui plantait des arbres


Quand il était tout bébé, dans les bras de sa maman, il avait ce petit visage d'ange, ce sourire à la Vie, cette énergie, cette force tranquille et ces yeux vifs qui, avec le recul, nous font reconnaître que déjà, c'était évident qu'il allait embellir ce monde. 


Comme ce papillon, l'homme qui plantait des arbres a la présence discrète mais ô combien riche et profonde pour qui réussit à s'en approcher. Il a un respect immense pour la vie, la beauté, la pureté, le silence et la réflexion. 


Si ce bel orignal se permettait de faire un somme en plein après-midi si près de son quai, c'est qu'il se savait en sécurité tout près du camp de l'homme qui jardinait la nature comme on prend soin d'un bébé qu'on aime à voir grandir et s'épanouir. 


Il aime la forêt et profite de toutes ses richesses. Il connaît les arbres, arbustes et plantes de la forêt boréale. Il connaît aussi leurs secrets, il peut les nommer par leur petit nom puisqu'il est un intime mais il connaît même leur nom latin, il a choisi de faire de la foresterie son métier, en plus de sa passion. 


Il peut passer des heures et des heures à contempler la forêt et la vie qui bat. C'est même là qu'il se sent le plus vivant et en harmonie avec l'univers. Chaque fois que la vie l'a malmené, il ressentait le besoin viscéral  de se réfugier dans la forêt qui lui ouvrait ses bras. Comme une mère aimante. Ou un enfant chéri. 


Cette photo, c'est lui qui l'a prise. Il me l'a donnée il y a longtemps, je l'ai eue comme fond d'écran depuis tout ce temps-là, et ça représente pour moi une espèce de paradis, un monde de paix accessible, croqué sur le vif au hasard de ses déplacements dans le cadre de son travail. 


Celle-là aussi, c'est lui qui l'a prise. Si l'on peut connaître une personne par les choix qu'elle fait, ces deux photos donnent une idée du paysage intérieur de l'homme qui plantait des arbres. 


Ici en grande conversation avec le plus jeune de ses fils. Il a souvent réussi par le geste plus que la parole à communiquer sa passion à ceux qui l'entourent. 


Cet arbre droit et fier qui pousse de manière improbable sur cette île de roche, c'est tout lui. Il aime beaucoup cet endroit : Rapide Six. J'ai toujours pensé qu'il s'y reconnaissait inconsciemment. 




Nous autres, on dit qu'il est tellement amoureux des arbres qu'il les prend chacun leur tour dans ses bras mais pour dire vrai, c'est qu'il était fier cette fois-là de nous montrer que ce bouleau était si fort et en santé qu'il avait de la misère à en faire le tour. 

L'homme qui plantait des arbres 

Sa formation en foresterie l'a amené à se spécialiser en aménagement forestier. Mais ce n'est pas dans le cadre de son travail qu'il plante tant d'arbres et qu'il jardine la forêt depuis toujours. S'il a créé des mini forêts boréales partout où il a planté ses propres racines, c'est pendant ses heures de liberté et de loisir qu'il l'a toujours fait. 

Quand nous étions presque voisins au lac Dufault, je lui ai demandé une fois combien il avait planté d'arbres sur son terrain et il m'a répondu qu'il avait arrêté de compter après 750. Son défi et son plaisir consistent à diversifier les essences : les pins rouges, blancs, gris, les épinettes blanches, noires, les bouleaux, les merisiers, les frênes, les chênes, les mélèzes, les thuyas et j'en passe. Il prévoit pour chacun l'environnement qu'il lui faut, tant pour l'espace que pour l'ensoleillement, l'orientation, le sol, le drainage naturel et tous les critères de réussite qu'il maîtrise comme pas un pour que la forêt soit naturelle, belle et sauvage. Il l'aménage pour qu'elle n'ait pas l'air d'avoir été aménagée justement. Il l'aime nature! 

Il s'approvisionne en arbres auprès de plusieurs de ses amis et connaissances qui travaillent dans des domaines connexes, par exemple l'enseignement de la foresterie. Pendant le mois de l'arbre et des forêts, en mai de chaque année, il tient des kiosques pour informer les gens lors des activités de distribution d'arbres. Ainsi il communique sa passion et prodigue ses conseils à d'autres et à la fin, c'est lui qui part avec tout ce qui reste. Là où il demeure maintenant, il a pris sous son aile un terrain vague en face de chez lui depuis son arrivée, en 1999, et quand je lui ai demandé l'autre jour combien il avait d'arbres de plantés sans « SA » forêt urbaine, il m'a répondu qu'il avait arrêté de compter après 3000. 

Vous croyez qu'il aime planter des arbres? Non, pas tant que ça. Mais il y met tout son coeur quand même. Il dit qu'il faut persister, être tenace, rempli de patience et de tolérance, que la nature est plus forte que tout. Il sait d'avance et par expérience que sur 10 arbres qu'il plante, seulement 3 vont réussir à survivre, s'enraciner et grandir, parce que 7 vont être bouffés par les lièvres ou autres petits animaux de la forêt qui ont le droit de vivre eux autres aussi. Que même s'il y a plus de pertes que d'arbres qui survivent, il va toujours continuer à en planter. C'est un gars de même, l'homme qui plantait des arbres. Il a cette foi inébranlable et cet espoir fou, solide, tendre et infatigable dans la beauté du monde et la puissance du petit geste qu'on répète inlassablement. Modestement. C'est qu'il est visionnaire. Il voit des forêts là où il n'y en a pas encore et là où elles ont été décimées. Et il les crée selon ce qu'il imagine pour l'avenir. Il les crée vraiment de toutes pièces. Avec amour. Avec patience. Dans l'anonymat. Le silence. La liberté. La créativité. 

Il y a quelques années, l'un de ses amis qui est aussi le mien m'avait consultée au sujet de l'homme qui plantait des arbres. Il voulait qu'on lui rende hommage pour tout ce qu'il avait réalisé dans l'ombre depuis si longtemps et qui méritait une reconnaissance publique. Cet ami était désolé qu'il ne veuille pas de cette reconnaissance et pour aucune considération. Il me demandait d'intervenir auprès de lui pour le faire changer d'idée, ce que j'ai refusé de faire, par respect pour sa volonté et les raisons qu'il évoquait. Il croyait qu'en attirant l'attention sur lui et sur ses forêts, surtout celle qu'il a créée en milieu urbain, les gens allaient venir pour voir le fruit de son patient travail et tout bousiller, l'espoir entretenu, l'acharnement qu'il y a mis, la variété et la richesse qui s'y trouvent. 

À l'instar du film de Frédéric Back, L'homme qui plantait des arbres, il croit que la semence d'arbres est le symbole de toutes nos actions qui, à long terme, ont des conséquences que nous avons peine à imaginer. Il croit aussi que c'est à nous de penser et d'agir en fonction de ce que nous espérons pour l'avenir, de laisser si possible un monde plus beau et plus prometteur pour ceux qui nous suivent. 

Il a cette générosité sans borne et cet espoir complètement fou, mon frère Yves. 

Et pour m'assurer de ne pas froisser sa modestie légendaire, je lui rappellerai simplement l'une des phrases préférées de notre maman : « Le bien fait peu de bruit », ce qui n'est pas une raison pour taire à tout jamais les bons gestes qui se posent dans l'anonymat et le silence, cette inspiration qui était la marotte de notre papa, « Y a plein de bon monde dans le monde ». Moi, je crois que notre société a grand besoin de se faire raconter ce genre d'histoire vraie qui nous réconcilie avec la nature et les gens. 

Je lui souhaiterai aussi de voir pendant très longtemps encore se multiplier et s'épanouir ses forêts, entouré de ceux qu'il aime et qui partagent ses amours et ses passions. 

lundi 3 juin 2013

Aimer la pluie, prise 2


Je vous racontais l'autre jour d'où ça venait que j'aimais la pluie... Et ça venait de loin! Était-ce de l'intuition? Depuis le début de la saison, pour une fille qui aime la pluie, disons que je suis servie!!!  Comme il y a des histoires qui se racontent mieux en images qu'avec des mots, voici des petits moments de notre fin de semaine au campe... et sous la pluie. On commence par un déjeuner avec permission spéciale : du Nutella sur les rôties. 


Entre deux ondées, tout est calme...


Les arbres se mirent dans la rivière...


Le canot semble nous inviter à profiter de ce moment pour aller observer la faune des alentours. On a vu une loutre, des canards et un castor. 


Sous la galerie couverte, on peut jouer aux poupées de papier, se raconter des histoires drôles, jouer aux devinettes,  


Pratiquer la poutre,


Donner du pain aux pies,


Faire un petit tour de canot, mais pas loin parce que le ciel est encore à la pluie. 


Pêcher sur le quai... à la ligne morte. 


En attraper un...


S'en faire une petite entrée à déguster en attendant le souper.


Dimanche, c'était le déluge. Si on avait attendu une accalmie pour faire le trajet en bateau à partir du campe jusqu'à la marina (8 à 10 minutes), je pense qu'on y serait encore! Alors, avec une bâche et une rame, on s'est fait comme une petite tente dans la chaloupe, 


Et on est restés bien au sec


Félixe a voulu prendre une photo de moi parce qu'elle me trouvait rigolote avec mon petit chapeau de paille. C'est vraiment elle qui a pris cette photo! 

Aimer la pluie, prise 2

Et voilà. C'est pas plus compliqué que ça. Malgré la pluie, on s'est bien amusé, bien reposé et puis, en prime, Isabelle a pu passer à travers toute sa pile de correction des examens de ses élèves. J'ai même joué aux cartes avec Félixe, moi qui ne pensais jamais que j'aurais un jour accepté l'idée de jouer aux cartes. Je dis toujours que c'est pas que j'aime pas ça mais la vie est trop courte... 


jeudi 23 mai 2013

Il chantait la liberté


L'été dernier, du petit aéroport de Havre-aux-Maisons aux Îles de la Madeleine jusqu'à celui de Gaspé, au pays de Barbe blanche, ce petit saut de puce qui signifiait la fin du voyage, où j'embrassais du regard une partie intime et maritime de mon pays, créait en moi, dans mes veines, comme une grande marée de l'eau salée qui y circule encore,  faite de sentiments très forts de joie profonde, de paix, d'attachement et de nostalgie. 


Plus on s'approchait des rivages de la Gaspésie et plus la vague d'émotions me ramenait loin en arrière, du temps de mon adolescence, à mon premier voyage aux Îles. Dans mon coeur, il y avait une musique, celle de Georges Moustaki, « La mer m'a donné sa carte de visite/Pour me dire je t'invite à voyager... » et « Ma liberté, longtemps je t'ai cherchée... »


Je ne compte plus les moments de ma vie où j'ai été accompagnée par les chansons de Georges. Il est décédé à l'âge de 79 ans à Nice et je l'ai appris ce matin à mon réveil. J'ai l'impression d'avoir perdu un ami et je veux me souvenir de lui avec tendresse et reconnaissance. 

Il chantait la liberté

Devant moi, en ce moment, j'ai son visage barbu qui illumine de ses yeux de braise deux de ses microsillons usés que j'écoute encore parfois : Georges Moustaki Bobino 70 et l'autre, le plus connu sans doute, Le Métèque. 

Il y a quelques années, j'avais entendu dire que Georges Moustaki viendrait faire une série de spectacles au Québec et qu'il allait prolonger sa tournée jusqu'en Abitibi-Témiscamingue, à Val-d'Or et à Rouyn-Noranda. J'aurais tout fait pour avoir un billet comme tous ceux qui faisaient la file en même temps que moi. Il y a seulement 750 places au Théâtre du Cuivre, ça allait être à guichet fermé en quelques minutes, je m'en doutais. Je comptais les jours qui me séparaient de cette « rencontre » avec l'artiste. 

Par un beau soir ensoleillé de printemps, il nous est apparu, tout vêtu de blanc, sur la scène du Théâtre du Cuivre à Rouyn-Noranda. À l'heure. On lui aurait pardonné n'importe quel retard mais il est arrivé à l'heure. Presque sur la pointe des pieds. Discret. Calme. Souriant. Lui-même, tellement lui-même comme on l'avait rêvé. Et la magie a commencé à opérer dans cette salle si tant tellement subjuguée par sa voix, sa guitare, ses mots, ses chansons, sa présence. 

Comme dans un rêve. Il était là à nous chanter ses plus belles, ses plus tendres. On les connaissait toutes. On les chantait avec lui. J'ai chanté avec Georges Moustaki, moi. Ah oui, j'ai tant chanté ce soir-là, toute seule avec lui. Nous étions tous en tête à tête avec Georges. 

« Nous prendrons le temps de vivre/D'être libre, mon amour... »

« Votre fille a vingt ans/Que le temps passe vite... » 

« Pour avoir si souvent dormi avec ma solitude/Je m'en suis fait presqu'une amie, une douce habitude... » 

« La mer m'a donné sa carte de visite/Pour me dire je t'invite... »

« Pendant que je dormais/Pendant que je rêvais/Les aiguilles ont tourné/Il est trop tard... Pour l'enfant que j'étais/Pour l'enfant que j'ai fait/Passe passe le temps/Il n'y en a plus pour très longtemps... »

Bien sûr, il a chanté Le Métèque, Gaspard, Voyage, Le facteur, La carte du tendre, Joseph et lorsqu'il a entonné

« Ma liberté, longtemps je t'ai cherchée... »

C'était comme une prière que je récitais avec lui. 

Il nous a tant donné et la soirée a passé trop vite. Encore une fois, je le redis, comme dans un rêve. Un rêve magnifique, tendre et doux, du genre qu'on veut refaire chaque fois qu'on s'endort. 

Nous l'avons applaudi chaleureusement, debout, longtemps. Des moments d'éternité. Nous avions besoin de lui manifester notre affection et notre reconnaissance pour cette soirée et pour l'ensemble de son oeuvre. On entendait des « je t'aime Georges » qui fusaient d'un peu partout, tant du parterre que du balcon. 

À regrets, nous sommes sortis du Théâtre du Cuivre, lentement, comme sur la pointe des pieds nous autres aussi, toujours dans l'ambiance de sa musique et de ses mots. 

C'est là que j'ai revu tous ceux qui avaient reçu le même cadeau que moi, du monde de mon âge, avec lesquels j'avais étudié, au primaire, au secondaire, à l'université, des gens avec lesquels j'avais toujours eu des affinités et je comprenais pourquoi, on aimait tous Georges Moustaki, il nous avait bercés pendant les plus beaux moments de notre vie qu'on revivait ce soir-là. 

Les gens regagnaient leur voiture, mais une cinquantaine de nous sont restés agglutinés à la porte d'entrée à vivre ces retrouvailles magiques. Et puis, quelqu'un s'est mis à rechanter ses chansons. On a tous suivi. Que c'était beau. On chantait tous en harmonie. On prolongeait ce moment. On se disait qu'il nous entendrait peut-être... de sa loge! Que ça le ferait sourire...

Pour tout ça et plus encore, merci Georges Moustaki. 

« L'art aide à vivre ». 

mardi 21 mai 2013

Aimer la pluie


Photo prise l'été dernier au « p'tit château », notre camp d'été à Rapide Deux. On l'a retrouvé en fin de semaine dernière après le long hiver et tout ce qu'il y avait de dérangé, c'était ma watch (mirador) qui s'est un petit peu effondrée (le toit) mais c'est pas grave, je connais un bon menuisier débrouillard qui va m'arranger ça en deux temps trois mouvements. 


Le même camp, toujours l'année dernière, mais cette fois, avec la galerie très habitée qu'il pleuve ou qu'il fasse beau. C'est simple, on est toujours dehors, on n'entre dans le camp que pour manger (pas toujours) et dormir. 


Vendredi dernier, nous nous y sommes rendus à bonne heure et nous avions toute la fin de semaine de 4 jours devant nous. On voulait pêcher (c'était l'ouverture de la saison dans notre zone), se reposer, passer du bon temps avec Luc et Céline qui venaient nous y rejoindre samedi matin au quai de la marina. Ce sont nos amis mais aussi de la famille puisque Céline est la « p'tite soeur » à Crocodile Dundee. Elle était mon amie avant d'être ma belle-soeur. Et je suis allée à l'école avec mon beauf. Le monde est petit à Rouyn-Noranda! 


Il a fait super beau vendredi, de même que samedi toute la journée. Nous avons pris 3 beaux brochets en après-midi qu'on a apprêtés et dégustés pour souper. Le poisson était délicieux, il ne pouvait pas être plus frais! 


Même si la température était magnifique au début et la pêche excellente, c'est dimanche qu'on a passé peut-être la plus belle journée ensemble... assis sur la galerie... bien au sec tous les quatre à regarder la pluie tomber doucement et sans interruption. 

Aimer la pluie 

Je serai toujours reconnaissante à ma mère de m'avoir un jour appris à aimer la pluie autant que le soleil. J'avais 4 ans, j'étais alors enfant unique, mes deux petits frères ne sont arrivés qu'après, lorsque j'ai eu 5 ans et 7 ans.  De ça aussi, je lui suis reconnaissante, de m'avoir fait deux petits frères! 

J'étais rentrée dans la cuisine avec la mine basse... Pas d'amis, personne pour jouer, il avait commencé à pleuvoir. Maman m'avait raconté de si belles choses à propos de la pluie, que c'était essentiel pour les animaux, les arbres, les fleurs, l'herbe, les petits ruisseaux qui se gonflent... Elle m'avait sorti mon petit imperméable, un parapluie, des bottes de couleur (elles étaient rouges, il me semble). Elle m'avait suggéré de retourner dehors et de remarquer combien la pluie était chaude et douce. Je pouvais même y goûter en ouvrant ma bouche et en me sortant la langue. Je pouvais sauter dans les flaques avec mes bottes et c'était très amusant, il fallait essayer. J'allais avoir tous les modules de la cour d'école (l'école Victor-Cormier à La Sarre était au bout de ma rue) à moi toute seule si je voulais. Il n'y avait personne sur les balançoires. 

Après ça, je n'ai plus jamais vu une pluie d'été avec le même regard morose. J'ignore si ce que j'aime tant de la pluie, c'est ma mère qui me l'a raconté ce jour-là ou bien si c'est moi qui l'ai découvert ensuite mais quand il pleut, moi, je pète le feu et je ne m'empêche rien du tout, bien au contraire. J'ai le goût d'entreprendre mille projets. Je trouve la lumière si douce, les couleurs deviennent plus chaudes, plus vibrantes, les arbres plus flamboyants, les cours d'eau plus généreux, les flaques d'eau plus invitantes. J'ai toujours le goût de sauter dedans!

Dimanche, il pleuvait à mon goût! Nous avons été à la pêche en début de journée mais nous sommes revenus bredouille au milieu de l'avant-midi quand la pluie s'est mise à tomber. On s'est fait un petit gueuleton et après, nous sommes sortis sur la galerie pour étirer la tasse de thé. Et puis, on s'est refait bouillir de l'eau pour une tisane. Et un peu plus tard, les gars se sont pris une p'tite frette (une bière) pour faire plus « vacances ». Et les filles, on les a imités avec un verre de rouge. Et quelques fromages. Parle parle jase jase, l'après-midi est passé comme ça, dans la douceur du temps qui s'arrête et qu'on s'en fiche parce qu'on est juste bien. 

Céline a dit : « Comment ça qu'on est bien de même, pourtant on pourrait faire ça n'importe quand, c'est à la portée de tout le monde? ». La discussion qui a suivi entre nous quatre était aussi douce qu'animée, ça fait drôle à dire mais je la décrirais comme ça.

Bien vrai. Pourquoi on ne fait pas ça plus souvent? Parce qu'en ville (à la maison) on ne se serait pas permis de flâner sur la galerie couverte tout un après-midi sans être « productifs ». Le téléphone aurait sonné, quelqu'un serait retonti, on aurait fait du ménage, des courses, du lavage, une fournée de biscuits pour prendre de l'avance ou je ne sais pas quoi, mais on ne se serait pas permis de « ne rien faire » pendant tout un après-midi à regarder tomber la pluie toute douce qui donne une si belle couleur aux paysages et à la vie qui bat. 

Il y a des bouts où l'on était si calmes et si sereins, tous les quatre, qu'on ne parlait pas. Ça aussi, on ne se le permet pas souvent, des silences... Et pourtant, on devrait, ils sont remplis de mots d'amour et d'amitié, de ceux qu'on ne dit pas... justement. De ceux qu'on tait parce qu'ils méritent une écoute très spéciale... 

Ah j'ai passé un vrai beau dimanche au campe. C'était pareil hier, lundi. Toujours sous la pluie, nous avons célébré  en toute simplicité 35 ans de mariage, c'est pas rien. Tout un bail. Ça méritait bien un jour de pluie... et quelques silences habités! 

lundi 6 mai 2013

La vie continue


Il était une fois... l'été d'après le décès de notre petit Léo de course (notre Papa) nous étions allés toute notre famille ensemble à Rapide Deux pour revivre la fois où, quelques années auparavant, il avait été si heureux de retrouver le décor, la forêt et le campe de ses jeunes années, du temps où il bûchait dans les chantiers de la Coopérative, dans le secteur de Rapide Six. Ici, on voit Jocelyn et Noémie qui rament de chez mon frère Yves à chez nous. 


J'ai toujours aimé cette photo que j'ai prise alors que Joce et sa fille revenaient de leur petite virée en canot et qu'on partait pour la pêche, cette même fin de semaine de juin 2006. Pour continuer mon histoire, notre famille avait sans doute besoin de se redéfinir dans sa nouvelle dynamique, après le décès de Papa. Certaines familles auraient préféré aller se recueillir au cimetière. Cela ne nous ressemblait pas. Nous avions choisi inconsciemment de retourner sur ses traces, là où il avait été jeune et fort avec toute sa vie devant lui, là où il s'était tellement ennuyé de Maman qu'il lui écrivait alors qu'il était amoureux d'elle et pas encore marié, là où il était retourné avec nous, 50 ans plus tard, et qu'il avait retrouvé plein de souvenirs et des vestiges et des preuves tangibles des histoires qu'il nous racontait de cette époque où il était jeune homme et qu'il trimait dur. 


Dans notre famille, on est fous des arbres et de la forêt, c'est inscrit dans notre code barre! Ici, mon frère Yves faisant une accolade bien sentie à un bouleau!!!



Bien sûr, Maman était de l'expédition à Rapide Six, plus précisément au fond de la baie Ferguson, sur la rivière des Outaouais. 


Nous étions deux bateaux à faire l'expédition, à s'arrêter souvent, à pêcher, et puis les enfants aimaient bien changer d'embarcation, un petit bout avec mon oncle Yves, un petit bout avec mon oncle Gilles, oups, pardon, je veux dire mon oncle Dundee. 


Nous avions la journée parfaite pour l'occasion, pas trop chaud, pas trop frais, pas trop de vent, pas trop de vagues. Nous n'étions ni tristes ni joyeux, nous nous sentions sereins, en communion de pensée avec Papa, lui qui avait un grand sens de la famille, il aurait tellement aimé être au milieu de nous... Et il y était... en quelque sorte. 


Jamais nous n'oublierons cette vieille souche que nous avons aperçue tout près de l'endroit où Papa avait fait chantier autrefois. Nous avons baptisé cette image : « La vie continue » parce que ce symbole est très fort. Comment une jeune pousse peut-elle émerger si vivante de cette vieille souche morte depuis des années? 


C'est fort, la Vie! Même encore plus que la mort... ... ...


Notre famille avait établi sa nouvelle dynamique. « La vie continue... » Et c'est vrai. Maman a poursuivi son chemin toute seule, elle a dû réapprendre à vivre sans lui. Nous, les enfants, avons fait notre deuil, nos conjoints aussi, les 5 petits-enfants sont devenus des adultes, l'une est mariée, l'autre qui planifie de le faire l'hiver prochain, les trois garçons poursuivent leur route. Papa et Maman sont devenus des arrière grands-parents en 2009 et qui sait combien d'autres petits trésors suivront? 

La vie continue

Et moi, je vous quitte pour quelques jours d'escapade, d'aventures et de repos sur les routes du Québec. Je m'ennuie trop du Québec de partout, de ma famille qui vit au loin et que j'ai hâte de retrouver. Je veux déployer mes ailes et m'envoler jusqu'à eux. Je pars mercredi dans la journée et je reviendrai lundi ou mardi de la semaine prochaine. Oui, je sais, c'est très rapide et je traverserai quelques-unes de ces régions en coup de vent : l'Abitibi, l'Outaouais, les Hautes Laurentides, les Basses Laurentides, Lanaudière, Québec, Chaudière-Appalaches. 

Je voudrais aller plus loin encore, jusqu'en Gaspésie, aux Îles de la Madeleine, revoir le Bas-du-Fleuve, découvrir enfin la Côte Nord, revisiter le Saguenay Lac St-Jean, faire une petite poussée en Mauricie, dans les Bois Francs aussi, en Montérégie, à Montréal... 

Mais je me reprendrai, je suis encore jeune!