mercredi 11 septembre 2013

Grand-Maman disait...


Nous avons célébré ces derniers jours les 92 ans de Belle-Maman. À son âge, les anniversaires durent longtemps puisqu'ils sont l'occasion pour toute la famille de se rassembler autour d'elle et de multiplier tous les petits bonheurs qu'on puisse imaginer. Mais son plus grand bonheur reste encore d'être entourée des siens et les siens sont très nombreux : 4 filles, 1 fils, avec les conjoints, ça double, 10 petits-enfants et encore là, avec les conjoints ça double et 8 arrière petits-enfants à ce jour. 

Grand-Maman disait... 

C'est en voyant cette photo de nous que j'ai remarqué le bras affectueux, enveloppant et protecteur de Crocodile Dundee autour des épaules de sa Maman. Un fait vécu il y a longtemps m'est revenu à l'esprit et si ma grand-mère était toujours là, je lui dirais : « T'avais raison, Grand-Maman! »

J'avais 16-17 ans et ma grand-mère qui habitait avec nous était ma conseillère pour les choses du coeur!  Dans ma vie, à ce moment-là, il y avait Louis, un gars formidable. Grand-Maman le connaissait, il venait souvent me chercher ou me reconduire, parfois même il veillait avec nous autres à la maison. 

En principe, j'étais amoureuse de Louis comme il était amoureux de moi. Mais quelque chose me chicotait, je ne voyais pas clair dans mes sentiments et j'aurais bien voulu qu'il ne s'attache pas à moi autant. Était-ce la peur de l'engagement tout simplement? J'en ai parlé à Grand-Maman. Je lui racontais que « sur papier », mon côté rationnel comprenait qu'il était un gars parfait, gentil, généreux, vaillant, courageux, ouvert aux autres, beau bonhomme, ce qui ne gâchait rien, et il avait plein d'autres qualités qu'elle lui reconnaissait elle aussi. 

Grand-Maman m'a demandé : « Est-ce qu'il te parle de sa mère, des fois? ». Oh oui, qu'il m'en parlait de sa mère! Il habitait avec elle, veuve, étant le plus jeune d'une grosse famille toute disséminée au Québec et en Ontario. Il n'avait pas souvent un bon mot pour elle. Pourtant, il l'aidait beaucoup, il était son poteau de vieillesse mais cette charge était lourde pour lui et il lui reprochait bien des petits détails que je trouvais, pour ma part, très insignifiants. 

Grand-Maman m'avait dit : « Regarde comment il traite sa mère et dis-toi qu'un jour il va te traiter de la même façon ». Je n'aurais tellement pas voulu qu'il parle de moi un jour avec ce ton exaspéré... 

Le temps passait et au lieu de m'attacher à Louis, je m'en détachais de plus en plus à chaque fois qu'il me parlait de sa mère qu'il aimait pourtant mais qui lui tapait sur les nerfs. C'était plus fort que moi, la théorie de ma grand-mère s'incrustait de plus en plus fort. Et pourtant, l'une de mes amies, je l'appellerai Loulou, ne comprenait pas ma tiédeur, elle aurait été tellement amoureuse de Louis à ma place. 

Je me suis organisée pour qu'on sorte de plus en plus souvent là où la gang se tenait fréquemment. Une fois tous les liens d'amitiés et les complicités bien établies, j'ai eu avec Louis « LA » fameuse conversation délicate, je le quittais pour cause d'amitié, l'amour n'était pas au rendez-vous mais je lui faisais remarquer que Loulou, elle, avait l'air très amoureuse de lui. 

J'étais soulagée!

Quelques semaines plus tard, Loulou et Louis étaient ensemble. 

* * * * * 

Il y a quelques semaines, je vais chez mon concessionnaire où j'ai rendez-vous pour un entretien sur ma voiture. J'avais prévu un bel avant-midi de lecture pour attendre sur place plutôt que de me faire reconduire en ville par le véhicule de courtoisie. Pendant que je confie mes clés et que je signe les documents, j'entends derrière moi : « Si Mademoiselle Turbide le veut bien, je peux aller la reconduire au bout du monde! »

C'était Louis!

Retraité depuis peu, il ne se voyait pas à rien faire alors il a accepté ce petit boulot qui lui permet de voir beaucoup de monde tout en ayant un horaire très aéré. Tout ce qu'il aime, en fait. Il est très heureux, toujours avec Loulou et il n'a pas changé d'un iota pour l'essentiel. Je n'ai pas accepté d'aller au bout du monde avec lui comme il me l'offrait mais nous avons eu beaucoup de bonheur à échanger entre ses courses aux quatre coins de la ville pour aller reconduire d'autres clients. Il revenait toujours me parler dans la salle d'attente du concessionnaire et je n'y voyais pas d'inconvénients non plus, mon livre n'était pas si captivant en fin de compte! 

Au fil des discussions et des mises à jour de nos vies, je lui demande des nouvelles de Loulou, de leur fils, etc. Ses yeux brillent lorsqu'il me parle de fiston et visiblement sa relation avec son fils semble le remplir de bonheur et de fierté. Pour Loulou, il passe vite, je dois insister. Et finalement, il n'en dit pas grand-chose de bien élogieux, même que c'est assez limite. Je sens qu'elle lui tape sur les nerfs, sa femme. Il n'a pas une grande admiration pour elle... Mais ils sont toujours ensemble. 

Ma grand-mère avait raison, je pense!

* * * * *

Le jour où je suis passée de l'amitié à l'amour avec Crocodile Dundee (le 14 août 1976) je trouvais ça beau de l'entendre parler de sa mère et de ses soeurs.

Dans les fêtes et les partys, Crocodile Dundee est bien capable de faire le clown et de chanter. Il aimait bien cette vieille chanson où il parodiait le Père Gédéon, ce qui faisait rire le monde. Voici les paroles :

VOUS, JEUNE FILLE

Vous, jeune fille
À qui l'on fait la cour
À qui l'on jure
Un étaaaaarnel sarment
Gardez-vous bien
Qu'il vous aime toujours
Celui qui n'a pas aimé sa
MÔMAN
S'il n'aime pas sa mééééérrreuhhhh
C'est qu'il n'a pas
DE TCHOEUR
Comment pourrait-il faireuhhhhhhh
Un jour votre
BONHEUR
S'il fait couler des
LARMEUHHHH
Des yeux de sa
MÔMAAAAAAAAAAN
Aura-t-il quelques
CHARMEUHHHH
Pour votre tchoeur de
VINGT ANS

Excusez là!


lundi 26 août 2013

Ma plus douce folie


Je suis tombée ce matin sur cette photo que j'avais prise il y a quelques années pour montrer à une amie comment je faisais pour fabriquer mes cartes en écorces de bouleau. Il suffit d'en trouver deux qui s'apparentent dans la couleur et la forme (ne jamais utiliser les ciseaux), de les mettre ensemble pour les aligner le plus possible avant de faire dans le haut une série de petits trous avec un poinçon, pour ensuite les « coudre » avec du raphia enfilé dans une aiguille à laine! 


D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu une attirance pour les crayons, les stylos, les plumes, les cartes, les cahiers de notes, les beaux papiers, les boîtes à correspondance et tous ces objets qui sont reliés de près ou de loin à l'acte d'écrire. Cette attirance est devenue au fil du temps une manie et même une vraie folie. À tel point qu'autour de moi, on a contribué à nourrir ma folie en m'offrant à l'occasion d'anniversaires de ces trésors et de ces fantaisies qui me rendent complètement gaga et chaque fois, je tombe sous le charme.  


Dans cette photo que je viens tout juste de prendre pour les besoins de ce billet, on voit ce cadeau qu'une amie m'a offert pour mes 50 ans : une magnifique plume en verre de Murano que je chéris de tout mon coeur. C'est un bijou mais je m'en sers aussi! Je ne suis jamais allée en Italie mais cette amie, oui, et lorsqu'elle a visité les ateliers des célèbres verriers de cette ville, elle a tout de suite pensé à moi en voyant cette plume qui m'a déjà beaucoup servi depuis 6 ans. J'ai déjà dépensé tout un encrier, j'ai dû m'en acheter un neuf dernièrement!  

Ma plus douce folie

Tout à l'heure, j'ai fait un petit étalage d'une partie de mes trésors pour les besoins de ces deux photos avec ce que j'avais sous la main, tout proche de mon ordinateur mais s'il avait fallu que je sorte de leurs cachettes tous les objets de dévotion qui sont les miens, ça m'aurait pris une partie de la journée. Non mais c'est vrai, j'en ai partout, ils font partie de mon univers et ils sont bien classés, je vous assure. J'ai dû faire des choix déchirants quand nous sommes déménagés en avril, je ne pouvais pas tout apporter, alors je me suis « séparée » de quelques beaux cahiers encore vierges et de plusieurs instruments d'écriture qui étaient toujours beaux, originaux, mais qui avaient perdu de leur efficacité sans que je puisse leur trouver de recharge ou d'utilité à court terme. Dure séparation!

Je vais même vous avouer que parmi mes rêves encore à réaliser, il y a cet antique secrétaire.... tout en bois de couleur caramel, avec plein de petits tiroirs et des cachettes secrètes, des tablettes qui se rétractent quand on n'en a pas besoin, une porte en rond sur le dessus, cette porte qu'on glisse doucement en remontant pour qu'apparaissent tous ces trésors, avant de s'asseoir confortablement et d'ouvrir les deux tiroirs de chaque côté, en sortir un cahier coloré ou un recueil de pages blanches et se laisser aller à noircir le papier de mots, d'expressions, de notes, de titres, de phrases qui finiraient par avoir un sens. Il me semble que si j'avais un si beau meuble pour rassembler mes pensées, je n'écrirais pas de niaiseries!

Revenons à la réalité, je ne sais pas du tout où je pourrais installer un si beau secrétaire dans notre maison actuelle mais je trouverai bien un jour une idée et ce sera le premier pas vers la réalisation de ce rêve. C'est que j'ai pris l'habitude dans ma vie d'aller au bout de tous mes rêves. Sauf que des fois, c'est long. Je suis patiente, je me stresse pas avec ça... 

Vendredi dernier, j'avais invité ici pour un café un ami que je n'avais pas vu depuis très longtemps. Bien sûr, je lui ai fait faire le tour de la copropriétaire! Ah oui, j'oublie de vous dire que cet ami écrit beaucoup, c'est d'ailleurs ainsi qu'on entretient notre vieille amitié. Une fois en haut, dans la chambre mansardée, celle que Félixe appelle « sa chambre », mon ami a tout de suite vu le potentiel, la tranquillité de l'endroit, sa lumière... Il m'a dit « Ça te tenterait pas de t'installer ici pour écrire? ». En tout cas, lui, c'est ce qu'il aurait fait à ma place. 

Cet ami a semé un doute dans mon esprit... Un endroit pour écrire... Un endroit rien qu'à moi. Il faudrait entreprendre d'abord la construction d'une grosse lucarne. Défoncer la couverture, c'est pas rien? Construire un genre d'alcôve... tout fenestré... et mon regard irait se perdre dans les branches des grands conifères de notre cour avant et errer dans les feuillus de la rue et chez nos voisins d'en face... Mon beau secrétaire en bois de couleur caramel y entrerait juste bien!

Mon ami qui a déjà eu un blogue, une page Facebook et un compte Twitter, est maintenant complètement absent des réseaux sociaux et il s'en porte à merveille. Il me racontait qu'il écrit toujours au moins une page par jour, c'est sa nouvelle discipline. J'ai trouvé cette idée plutôt inspirante. Il me faisait remarquer qu'écrire sur du papier donnait des résultats tout à fait surprenants lorsqu'on est habitués de pitonner. D'ailleurs, j'ai remarqué lorsque j'écris à la main que j'ai le poignet qui fatigue très rapidement et que je dois m'arrêter souvent, alors, inévitablement, je dois plonger plus profondément dans mon texte ou à l'intérieur de moi.

Comme il a raison!

Depuis qu'on ne s'écrit plus dans nos sociétés, les communications vont moins bien qu'avant il me semble. Rien ne remplacera jamais « un p'tit mot doux dans la boîte à lunch », un bonjour amical dans une carte joliment illustrée, une enveloppe que le facteur apporte et sur laquelle notre nom a l'air d'un mot d'amour, ou même une carte postale avec un paysage enchanteur... qui arrive longtemps après le voyageur qui vous l'a postée! Non, depuis qu'on communique surtout par l'entremise des réseaux sociaux, nos échanges peuvent devenir superficiels parce que justement, on s'autocensure énormément dans le meilleur des cas. Mais il y a pire, ce sont ceux et celles qui ne s'autocensurent pas, qui n'ont aucune pudeur et qui exposent leurs états d'âme du matin et ce qu'ils s'apprêtent à manger, comme si ça pouvait nous intéresser. La catastrophe pour moi, ce sont ceux qui mettent leur propre vie en scène mais qui oublient de la vivre.

Je ne suis pas en train de dire que les communications facilitées par l'avènement des courriels, blogues, comptes Facebook et Twitter n'ont pas leurs raisons d'être, au contraire, je trouve ça très pratique, extrêmement efficace, pour entretenir nos liens, échanger des nouvelles, des photos, des vidéos et plein de trucs. Dans le meilleur des mondes, on utiliserait ces réseaux de communication mais on n'abandonnerait pas pour autant nos lettres, cartes, dessins, coups de fil, rencontres, qui viendraient enrichir et réchauffer nos relations interpersonnelles.

Mais je dis ça... Vous savez que je suis une nostalgique finie! 


jeudi 8 août 2013

Mère courage déménage!


Nous étions en vacances la semaine dernière à notre campe à Rapide Deux, en compagnie de mon frère Jocelyn et ma belle-soeur Guylaine qui habitent maintenant à Lévis. Nous avions comme objectif de passer du bon temps ensemble et de pêcher du bon doré. Idéalement, on espérait pêcher notre souper chaque jour. Objectif atteint au-delà de nos espérances, on a même rapporté 3 dorés à notre Maman au retour. 


Un midi qu'on cassait la croûte avant de retourner à la pêche, Crocodile Dundee (toujours aux aguets) a vu un phénomène étrange se produire dehors, juste en face de lui. La mère écureuil qui avait élu domicile dans la vieille cabane d'oiseau était très affairée, elle venait de sortir son petit du nid, elle l'avait comme un peu jeté par terre avant de remonter au nid, toujours très énervée comme le sont tous les écureuils. Comment pouvait-elle jeter son petit dehors comme ça, sans plus de précaution? On a tous laissé nos assiettes là et on est sortis dehors pour observer la scène. Un vrai film documentaire. Nous avons eu droit à tout un spectacle où nous allions de surprise en surprise... Crédit photo : Jocelyn Turbide. 


Tout se déroulait en face de nous qui étions sur la galerie du campe. Fascinés par ce qui se passait là, on essayait de comprendre à mesure sans rien déranger. Rapidement, Jocelyn et moi (des maniaques de la photo) avons voulu croquer quelques images avec nos appareils, chacun de son angle, essayant de zoomer le plus possible. Crédit photo : Jocelyn Turbide. 


Maman écureuil, on l'a compris assez vite, avait entrepris de déménager sa marmaille du nid d'oiseau dont l'ouverture était devenue trop petite à mesure que les petits grossissaient, pour les installer à l'arbre mort qu'on voit sur cette photo et dans lequel elle avait fait son nouveau nid, avec des feuilles des épis de maïs qu'on avait laissés pas loin la veille et dont quelques animaux sont friands. Ici, on la voit remonter vers la cabane d'oiseau pour aller chercher un autre petit récalcitrant. Elle travaillait fort, c'était beau de la voir aller. Crédit photo : Jocelyn Turbide. 


Ce qu'on trouvait drôle, c'était de voir comment les petits ne voulaient absolument pas sortir du nid dans la cabane. Certains étaient plus résistants que d'autres. Des petits à la tête dure, ça ne lui faisait pas peur! Maman écureuil ne s'en laissait pas imposer, elle travaillait plus fort, c'est tout. Avec sa gueule, avec ses pattes, avec sa tête, elle les sortait de force de la cabane, ils avaient beau résister, ils n'avaient pas le choix. Elle savait que si elle ne les sortait pas bientôt, elle ne pourrait plus les sortir de là et ils allaient mourir. Nous pensions au début qu'elle avait un ou deux petits. Crédit photo : Jocelyn Turbide. 


Une fois sorti de la cabane de peine et de misère, elle descendait par terre avec le petit à moitié dans sa gueule et l'autre moitié qui s'agrippait après le haut de son corps. Parfois, elle reprenait son souffle là avant de remonter au nouveau nid pour le déposer avec l'autre. Mais elle retournait tout le temps à pleine épouvante à la cabane pour en chercher un autre. Combien de petits avait-elle, cette mère courage si vaillante? Crédit photo : Jocelyn Turbide. 


Une vraie athlète en plus d'être une mère courage! Entreprendre un pareil déménagement toute seule avec des petits qui ne collaborent pas du tout... Nous autres, de notre point de vue, on pensait toujours que c'était le dernier mais elle en avait toujours un autre à déménager visiblement, parce qu'elle fatiguait énormément en faisant des sauts, des culbutes et des cabrioles sur le toit du nid. Elle entrait et sortait du nid sans arrêt. 


Le plus difficile pour elle, c'était vraiment de les sortir de la cabane. Après, on aurait dit que ça allait tout seul pour les amener jusqu'au nouveau nid qui était bien camouflé en haut de l'arbre mort juste à côté. 


Et voilà, elle est en train de sortir le dernier de ses petits. C'était le cinquième! Elle n'est plus revenue au nid après ça, elle devait probablement veiller sur sa marmaille tout juste installée ou bien elle se reposait auprès de ses petits rebelles, elle l'avait bien mérité. 


Après ce vrai documentaire « live » où nous étions aux premières loges, on est retournés à la pêche qui a été fructueuse. Des beaux dorés bien frétillants et un brochet qu'on a fait cuire dehors. Il y en avait quelques poêlées. On s'est bien régalé. 

Mère courage déménage!

D'entrée de jeu, je vous rappelle que vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir sur votre écran. 

Tout au long du déménagement, nous avons été tour à tour épatés, attendris, émerveillés et complètement subjugués. On a beaucoup ri parce qu'on faisait des rapprochements vraiment pas rapport entre les écureuils et les humains, du genre « Mais il est où, le bonhomme? Il va rappliquer quand tout le travail va être fait? », et encore « En tout cas, ça fera pas des écureuils rois, la mère a de l'autorité! » et même des commentaires du genre « ah les ados, ils sont décourageants parfois! ».  

Moi je trouve que ce qui est super au campe, c'est qu'on s'amuse avec des petits riens. On aurait été au cinéma qu'on n'aurait pas pu vivre autant de plaisir. 

Pour la fin de l'histoire, on est certains qu'on n'a pas fini de voir courir cette marmaille un peu partout autour du campe très prochainement à mesure qu'ils seront autonomes et qu'ils échapperont à leur vaillante et courageuse maman écureuil. Ouf, il va y en avoir des chicanes d'écureuils jusqu'à la fin de l'automne! 

mardi 23 juillet 2013

La nature suit son cours


Samedi soir dernier, nous étions invités à aller veiller au feu chez nos amis Gérald et Réjeanne à Rapide Deux, où Claude et Pauline étaient aussi pour admirer le coucher de soleil et le lever de la lune presque pleine. Soirée parfaite, ni trop chaude, ni trop fraîche, même pas de mouches... Sur cette photo, on aperçoit au fil de l'eau (la rivières des Outaouais) une femelle orignal et son petit qui nagent et un peu plus loin sur la droite, un autre petit qui peinait à aller les rejoindre. C'était pas normal, ça... Crocodile Dundee les avait vus se jeter à l'eau en panique dès les premières secondes et il nous les avait fait remarquer, la mère et son petit. C'est après seulement qu'il a vu l'autre, celui à droite. Il avait sa petite idée sur ce qui venait de se passer. (Un clic sur les photos vous permettra de les agrandir).


La même photo que la précédente mais je l'ai recadrée un peu, juste pour vous indiquer où se situent nos trois orignaux à la nage. 


Avec les jumelles à Réjeanne, on suivait la situation de secondes en secondes. Le petit à droite prenait de plus en plus de retard sur sa mère et son jumeau. On n'aimait pas cette situation qui se déroulait sous nos yeux et qui n'augurait rien de bon. Ce que Crocodile Dundee craignait s'avérait de plus en plus plausible. Une sorte d'évidence... Nous étions tous d'accord avec lui, malheureusement. 


Plus tard dans la soirée, dans le couchant du soleil et le levant de la lune, on essayait de se convaincre que le petit avait encore une chance de survie mais au fond de nous, on savait bien qu'il n'allait pas vivre vieux. 


Et ce fut la seule note discordante dans cette harmonie du soir vraiment parfaite... 

La nature suit son cours

Lorsqu'on a vu que le petit prenait de la distance et peinait à avancer en nageant, on s'inquiétait énormément, surtout que Crocodile Dundee avait vu la mère et le petit se jeter à l'eau comme apeurés, on se doutait que le gros ours que Gérald avait vu la veille sur le rivage d'en face y était pour quelque chose. Chez nous aussi, on avait vu dernièrement des pistes avec les grosses griffes de cette très grosse bête reconnue pour être un grand prédateur des petits orignaux nés à la fin mai. 

Claude, Gérald et Crocodile Dundee n'en pouvaient plus de rester sur place, ils ont décidé de sauter dans le bateau le plus proche et le plus vite détaché, le nôtre, afin d'aller voir de plus près et sous un autre angle, sans trop s'approcher bien entendu, pour savoir la suite de l'histoire. 

Ils ont bien vu qu'une fois rendus sur la berge, la mère et le petit restaient sur le bord de l'eau en regardant dans la direction de l'autre petit. La mère marchait nerveusement de long en large et le petit ne la quittait pas d'un poil. Le petit blessé s'est rendu de peine et de misère pour les rejoindre. 

Quand les gars l'ont vu sortir de l'eau, ils ont constaté que son flanc droit était complètement lacéré, sa patte arrière droite cassée, ce qui l'amenait à se déplacer tout croche et qui le ralentissait même dans l'eau. Tout se tenait. 

Et c'était bien ce qu'on craignait. 

Un gros ours venait de s'en prendre à l'un des deux jumeaux et la mère n'avait pas pu protéger ses deux petits, elle n'avait rien pu faire d'autre que d'échapper elle-même au prédateur avec celui des deux qui était capable de la suivre. Mais elle n'abandonnait pas l'autre... 

Aussitôt réunis, ils ont pris le bord du bois tous les trois. À court terme, ils étaient sauvés. 

Mais ce petit-là est blessé et même si ses lacérations pourront guérir assez vite, sa patte cassée le rend extrêmement vulnérable alors qu'il doit échapper aux prédateurs fort nombreux en forêt. L'hiver, ce sont les loups qui auront raison de lui mais nous ne croyons même pas qu'il pourra se rendre à la fin de l'été, avec tous ces ours qui rôdent sur le territoire. 

Me sont revenus les mots du refrain d'une chanson que j'avais écrite il y a plusieurs années : 

Heureusement que la lune se lève
À tous les soirs dans ma mémoire
À chaque jour suffit sa peine
Y a tu quelqu'un qui voit la mienne?

* * * * *

Et sur une note moins « locale », pour ceux que ça intéresse, Isa, Dom et Félixe se sont fait un blogue pour partager avec les parents et amis les séries de photos qui racontent mieux que des mots, des moments et des paysages de leur voyage en TiBus.  J'inclus le lien dans ma liste des blogues-amis, « TiBus 2013- Vivre au rythme d'un 8 cylindres ». Le blogue n'est pas à jour tout à fait, ils sont actuellement en Californie.


lundi 15 juillet 2013

Rumeurs, bobards et petites nouvelles


Fin juin dernier, au campe, nous avons passé 24 heures avec « nos enfants » avant qu'ils partent sur la route pour deux mois, à bord de leur « p'tit bus », un voyage qu'ils préparent depuis plus d'un an. Partis de Rouyn-Noranda le 28 juin, ils ont traversé l'Ontario puis les lignes des États-Unis par Chicago, l'Amérique profonde des états centraux jusque sur la Côte Ouest qu'ils suivront du sud au nord (le long du Pacifique) pour revenir au mois d'août d'ouest en est, par le pays voisin du nôtre (!) le Canada. Ils sont actuellement au Colorado.  Vous avez vu ce tronc d'arbre? Il est tout croche, comme beaucoup de nos politiciens! 


À la pêche, il faut être patient. Dans l'actualité, il y a pas mal de choses qui exercent ma patience... 


Voici une bûche scandinave. Crocodile Dundee nous en avait préparé une cet hiver pour essayer l'idée. Avec une seule bûche, on peut veiller au feu pendant des heures, faire cuire un repas ou tout simplement admirer le feu en éloignant les moustiques. Celui qui a pensé à ça un jour, c'était un vrai gars de bois. Il suffit de faire une cheminée assez profonde au centre avec 4 coups de scie à chaîne, ensuite deux petites insertions de chaque côté qui communiquent avec la cheminée pour faire des prises d'air. Quand c'est bien sec, on place dans le fond de la cheminée des écorces de bouleau, on craque une allumette et le tour est joué. Des heures de plaisir et d'ambiance. J'ai cherché sur le web une démonstration de la bûche scandinave et je suis tombée sur une vidéo de deux gars très drôles de Ste-Jovite, au Québec. Ils expliquent bien mieux que moi la simplicité et le génie de cette invention! 


Pas loin de notre campe, l'entrée de la baie, on pêche souvent dans ce coin-là. 


Samedi dernier, sur la rivière Darlens, qui aurait pu s'appeler « la rivière aux diamants » tellement ceux-ci scintillaient de tous leurs éclats. 

Rumeurs, bobards et petites nouvelles 

Autour de moi, on commence à s'inquiéter que je n'écrive plus sur mon blogue... Plus de 4 semaines sans rien écrire de neuf, c'est mon record à vie! 

Croyez-moi, c'est le temps qui me manque, rien d'autre. Il s'est passé tant de choses dernièrement que j'aurais eu le goût d'écrire des centaines de billets, certains plus enflammés que d'autres, tellement j'ai eu souvent envie de péter ma coche, en rapport avec des événements de l'actualité ou les entourloupettes administratives dans lesquelles j'étais plongée bien malgré moi, en politique municipale, entre autres. 

Mais c'est l'été, la canicule nous invite à une douce farniente à travers nos obligations et j'ai pas le goût de me choquer, c'est trop d'ouvrage... Donc, mes photos d'aujourd'hui ont très peu de liens avec ce que je raconte. C'est pas grave, on jase entre amis. 

Vous connaissez la relation amour/haine que j'ai avec les médias? Ça s'arrange pas! Lors de la tragédie de Lac-Mégantic survenue dans la nuit du 6 juillet, j'ai trouvé la plupart plutôt respectueux et très professionnels dans leur couverture médiatique, mais pas tous. Et pas tout le temps. Malgré tout, s'il y a eu et qu'il y a encore un grand mouvement de solidarité envers les victimes, endeuillées et sinistrées, c'est probablement en partie à cause du bon travail que les médias ont fait sur le terrain et ça, je suis prête à le reconnaître. 

Mais qu'en est-il des grands feux de forêt au Nord du Québec? Ça brûle en haut, plus de 500 000 hectares sont détruits et ça s'arrêtera où? C'est chez nous que ça se passe, au Québec. Des communautés nordiques entières ont été évacuées, ils ont tout perdu, ces gens-là. Plus haut que le 51e parallèle, on n'intervient même pas, on laisse brûler parce que cette forêt n'a pas de valeur commerciale. Pire que ça, on ne vous informe même pas aux nouvelles comme si vous n'étiez pas concernés. En fait, ce sont les médias qui ne se sentent pas concernés, donc vous n'êtes pas informés. Cette situation dramatique dure depuis la fin du mois de juin. En avez-vous entendu parler? Comment voulons-nous après ça que le Québec se tienne debout, que les Québécois aient un sentiment d'appartenance? Le Sud ne sait pas ce qui se passe au Nord. Comment être concernés si vous n'êtes pas informés? 

Quand on forme à l'université des journalistes, des gens des communications ou des médias, on devrait exiger d'eux qu'ils réussissent des examens de base en géographie, en histoire, en sociologie, qu'ils soient conscients du pouvoir qu'ils ont sur la perception qu'auront les gens d'une situation, à la suite de leur travail. 

Et tant qu'à rêver, j'aimerais aussi qu'on traite l'information avec sérieux, après tout, ça ne devrait pas être un spectacle ou une course pour savoir lequel réussira à faire « passer l'émotion », ils ne font pas des films à faire brailler les matantes, Simonac, ils font de l'information, oui oui, de l'information et des affaires publiques, ce sont les bases de la démocratie, on devrait en faire un minimum d'analyse et un suivi, pour essayer de comprendre à la fois les causes, les tenants et aboutissants, les éléments de solution, les conséquences sur nos vies et nos politiques, etc. 

Bref, les médias devraient élargir leurs horizons!

Oui, je sais, je suis très naïve, ce qu'ils veulent, les médias, c'est de la cote d'écoute, le petit topo spectaculaire de 30 secondes qui passera en boucles sur les réseaux d'information continue et qu'on reprendra à l'infini sur tous les réseaux sociaux. Mais on passe souvent à côté de l'essentiel... 

Je vous l'ai dit en décembre dernier quand j'ai accroché mon clavier, j'étais rendue trop vieille pour travailler dans le monde des communications... Mais la citoyenne continue d'être concernée, et elle le sera toujours. 

Pour terminer sur une note plus joyeuse, rien de mieux qu'un mot d'enfant : Ma petite Félixe m'a téléphoné à ma fête : « Mamie, il y a des drapeaux des États-Unis partout, avec plein d'étoiles et j'ai vu des vrais cow-boys! Là, on est dans les groooooooosses montagnes, en haut c'est l'hiver, il y a de la neige, en bas c'est l'été, c'est vert vert vert et je sais parler anglais, écoute, Hi, thank you, how are you et le reste, je demande à Papa et Maman! » 

En voilà une qui commence à élargir pas mal ses horizons!

Mise à jour - 20130717 :

À la lecture de mon hebdo local ce matin, Le Citoyen de Rouyn-Noranda, je lis, à la une : « Feux de forêt et CO2, Comme 5,1 millions de voitures ». J'apprends dans l'article signé Thierry de Noncourt qu'il y a toujours 64 feux actifs au Nord-du-Québec, l'équivalent en carbone relâché dans l'atmosphère par 5 115 769 voitures qui roulent durant 15 000 km par année pour une consommation de 5,5 L aux 100 km, ce qui représente presque la totalité du parc automobile du Québec, de 5,5 millions de véhicules.

Au total, en ce moment, ce sont 1 215 000 hectares de forêt qui sont brûlés. Sur les 64 feux actifs, 58 sont dans la zone restreinte (celle où personne n'intervient, au-dessus du 51e parallèle). Le feu 235 est rendu dans les installations d'Hydro-Québec, à Eastmain 1, il approche Sarcelle et Némiscau. Les installations minières Opinaca de Goldcorp ont été évacuées elles aussi parce que le feu s'approche du réservoir Opinaca. Sur la Côte-Nord, on a évacué également Baie Joan Beetz et la semaine dernière, c'était Wabush. Et combien d'autres? Dans les grands médias nationaux, est-ce qu'on a perdu le Nord?

Et j'apprends tout cela dans mon hebdo local, à Rouyn-Noranda, dans une région à mi-chemin entre ces lieux et Montréal.

Il me semble que ça aurait valu un petit 15 secondes au Téléjournal pour informer le reste du Québec.

vendredi 14 juin 2013

L'homme qui plantait des arbres


Quand il était tout bébé, dans les bras de sa maman, il avait ce petit visage d'ange, ce sourire à la Vie, cette énergie, cette force tranquille et ces yeux vifs qui, avec le recul, nous font reconnaître que déjà, c'était évident qu'il allait embellir ce monde. 


Comme ce papillon, l'homme qui plantait des arbres a la présence discrète mais ô combien riche et profonde pour qui réussit à s'en approcher. Il a un respect immense pour la vie, la beauté, la pureté, le silence et la réflexion. 


Si ce bel orignal se permettait de faire un somme en plein après-midi si près de son quai, c'est qu'il se savait en sécurité tout près du camp de l'homme qui jardinait la nature comme on prend soin d'un bébé qu'on aime à voir grandir et s'épanouir. 


Il aime la forêt et profite de toutes ses richesses. Il connaît les arbres, arbustes et plantes de la forêt boréale. Il connaît aussi leurs secrets, il peut les nommer par leur petit nom puisqu'il est un intime mais il connaît même leur nom latin, il a choisi de faire de la foresterie son métier, en plus de sa passion. 


Il peut passer des heures et des heures à contempler la forêt et la vie qui bat. C'est même là qu'il se sent le plus vivant et en harmonie avec l'univers. Chaque fois que la vie l'a malmené, il ressentait le besoin viscéral  de se réfugier dans la forêt qui lui ouvrait ses bras. Comme une mère aimante. Ou un enfant chéri. 


Cette photo, c'est lui qui l'a prise. Il me l'a donnée il y a longtemps, je l'ai eue comme fond d'écran depuis tout ce temps-là, et ça représente pour moi une espèce de paradis, un monde de paix accessible, croqué sur le vif au hasard de ses déplacements dans le cadre de son travail. 


Celle-là aussi, c'est lui qui l'a prise. Si l'on peut connaître une personne par les choix qu'elle fait, ces deux photos donnent une idée du paysage intérieur de l'homme qui plantait des arbres. 


Ici en grande conversation avec le plus jeune de ses fils. Il a souvent réussi par le geste plus que la parole à communiquer sa passion à ceux qui l'entourent. 


Cet arbre droit et fier qui pousse de manière improbable sur cette île de roche, c'est tout lui. Il aime beaucoup cet endroit : Rapide Six. J'ai toujours pensé qu'il s'y reconnaissait inconsciemment. 




Nous autres, on dit qu'il est tellement amoureux des arbres qu'il les prend chacun leur tour dans ses bras mais pour dire vrai, c'est qu'il était fier cette fois-là de nous montrer que ce bouleau était si fort et en santé qu'il avait de la misère à en faire le tour. 

L'homme qui plantait des arbres 

Sa formation en foresterie l'a amené à se spécialiser en aménagement forestier. Mais ce n'est pas dans le cadre de son travail qu'il plante tant d'arbres et qu'il jardine la forêt depuis toujours. S'il a créé des mini forêts boréales partout où il a planté ses propres racines, c'est pendant ses heures de liberté et de loisir qu'il l'a toujours fait. 

Quand nous étions presque voisins au lac Dufault, je lui ai demandé une fois combien il avait planté d'arbres sur son terrain et il m'a répondu qu'il avait arrêté de compter après 750. Son défi et son plaisir consistent à diversifier les essences : les pins rouges, blancs, gris, les épinettes blanches, noires, les bouleaux, les merisiers, les frênes, les chênes, les mélèzes, les thuyas et j'en passe. Il prévoit pour chacun l'environnement qu'il lui faut, tant pour l'espace que pour l'ensoleillement, l'orientation, le sol, le drainage naturel et tous les critères de réussite qu'il maîtrise comme pas un pour que la forêt soit naturelle, belle et sauvage. Il l'aménage pour qu'elle n'ait pas l'air d'avoir été aménagée justement. Il l'aime nature! 

Il s'approvisionne en arbres auprès de plusieurs de ses amis et connaissances qui travaillent dans des domaines connexes, par exemple l'enseignement de la foresterie. Pendant le mois de l'arbre et des forêts, en mai de chaque année, il tient des kiosques pour informer les gens lors des activités de distribution d'arbres. Ainsi il communique sa passion et prodigue ses conseils à d'autres et à la fin, c'est lui qui part avec tout ce qui reste. Là où il demeure maintenant, il a pris sous son aile un terrain vague en face de chez lui depuis son arrivée, en 1999, et quand je lui ai demandé l'autre jour combien il avait d'arbres de plantés sans « SA » forêt urbaine, il m'a répondu qu'il avait arrêté de compter après 3000. 

Vous croyez qu'il aime planter des arbres? Non, pas tant que ça. Mais il y met tout son coeur quand même. Il dit qu'il faut persister, être tenace, rempli de patience et de tolérance, que la nature est plus forte que tout. Il sait d'avance et par expérience que sur 10 arbres qu'il plante, seulement 3 vont réussir à survivre, s'enraciner et grandir, parce que 7 vont être bouffés par les lièvres ou autres petits animaux de la forêt qui ont le droit de vivre eux autres aussi. Que même s'il y a plus de pertes que d'arbres qui survivent, il va toujours continuer à en planter. C'est un gars de même, l'homme qui plantait des arbres. Il a cette foi inébranlable et cet espoir fou, solide, tendre et infatigable dans la beauté du monde et la puissance du petit geste qu'on répète inlassablement. Modestement. C'est qu'il est visionnaire. Il voit des forêts là où il n'y en a pas encore et là où elles ont été décimées. Et il les crée selon ce qu'il imagine pour l'avenir. Il les crée vraiment de toutes pièces. Avec amour. Avec patience. Dans l'anonymat. Le silence. La liberté. La créativité. 

Il y a quelques années, l'un de ses amis qui est aussi le mien m'avait consultée au sujet de l'homme qui plantait des arbres. Il voulait qu'on lui rende hommage pour tout ce qu'il avait réalisé dans l'ombre depuis si longtemps et qui méritait une reconnaissance publique. Cet ami était désolé qu'il ne veuille pas de cette reconnaissance et pour aucune considération. Il me demandait d'intervenir auprès de lui pour le faire changer d'idée, ce que j'ai refusé de faire, par respect pour sa volonté et les raisons qu'il évoquait. Il croyait qu'en attirant l'attention sur lui et sur ses forêts, surtout celle qu'il a créée en milieu urbain, les gens allaient venir pour voir le fruit de son patient travail et tout bousiller, l'espoir entretenu, l'acharnement qu'il y a mis, la variété et la richesse qui s'y trouvent. 

À l'instar du film de Frédéric Back, L'homme qui plantait des arbres, il croit que la semence d'arbres est le symbole de toutes nos actions qui, à long terme, ont des conséquences que nous avons peine à imaginer. Il croit aussi que c'est à nous de penser et d'agir en fonction de ce que nous espérons pour l'avenir, de laisser si possible un monde plus beau et plus prometteur pour ceux qui nous suivent. 

Il a cette générosité sans borne et cet espoir complètement fou, mon frère Yves. 

Et pour m'assurer de ne pas froisser sa modestie légendaire, je lui rappellerai simplement l'une des phrases préférées de notre maman : « Le bien fait peu de bruit », ce qui n'est pas une raison pour taire à tout jamais les bons gestes qui se posent dans l'anonymat et le silence, cette inspiration qui était la marotte de notre papa, « Y a plein de bon monde dans le monde ». Moi, je crois que notre société a grand besoin de se faire raconter ce genre d'histoire vraie qui nous réconcilie avec la nature et les gens. 

Je lui souhaiterai aussi de voir pendant très longtemps encore se multiplier et s'épanouir ses forêts, entouré de ceux qu'il aime et qui partagent ses amours et ses passions. 

lundi 3 juin 2013

Aimer la pluie, prise 2


Je vous racontais l'autre jour d'où ça venait que j'aimais la pluie... Et ça venait de loin! Était-ce de l'intuition? Depuis le début de la saison, pour une fille qui aime la pluie, disons que je suis servie!!!  Comme il y a des histoires qui se racontent mieux en images qu'avec des mots, voici des petits moments de notre fin de semaine au campe... et sous la pluie. On commence par un déjeuner avec permission spéciale : du Nutella sur les rôties. 


Entre deux ondées, tout est calme...


Les arbres se mirent dans la rivière...


Le canot semble nous inviter à profiter de ce moment pour aller observer la faune des alentours. On a vu une loutre, des canards et un castor. 


Sous la galerie couverte, on peut jouer aux poupées de papier, se raconter des histoires drôles, jouer aux devinettes,  


Pratiquer la poutre,


Donner du pain aux pies,


Faire un petit tour de canot, mais pas loin parce que le ciel est encore à la pluie. 


Pêcher sur le quai... à la ligne morte. 


En attraper un...


S'en faire une petite entrée à déguster en attendant le souper.


Dimanche, c'était le déluge. Si on avait attendu une accalmie pour faire le trajet en bateau à partir du campe jusqu'à la marina (8 à 10 minutes), je pense qu'on y serait encore! Alors, avec une bâche et une rame, on s'est fait comme une petite tente dans la chaloupe, 


Et on est restés bien au sec


Félixe a voulu prendre une photo de moi parce qu'elle me trouvait rigolote avec mon petit chapeau de paille. C'est vraiment elle qui a pris cette photo! 

Aimer la pluie, prise 2

Et voilà. C'est pas plus compliqué que ça. Malgré la pluie, on s'est bien amusé, bien reposé et puis, en prime, Isabelle a pu passer à travers toute sa pile de correction des examens de ses élèves. J'ai même joué aux cartes avec Félixe, moi qui ne pensais jamais que j'aurais un jour accepté l'idée de jouer aux cartes. Je dis toujours que c'est pas que j'aime pas ça mais la vie est trop courte...