mercredi 23 mars 2016

LA CABANE ET LE BATEAU



LA CABANE 


Entre le 17 et le 21 mars dernier, nous étions partis vers le Sud... du Québec (!) Crocodile Dundee et moi. Contrairement aux outardes qui remontent vers le Nord, nous nous dirigions en sens contraire à elles pour deux excellentes raisons que j'appelle, comme le dit mon titre, la cabane et le bateau. 


À la cabane à sucre familiale et artisanale de ma belle-famille, tout commence là, par les érables, avec la collaboration de Mère Nature, et de quelques personnes toujours heureuses de se retrouver pour travailler dans le plaisir à faire du bon sirop d'érable. Nous sommes ici dans la région des Laurentides, surnommée Les Pays d'en Haut, plus précisément à Bellefeuille, St-Jérôme. 


Chez mon beau-frère Georges et ma belle-soeur Claudette, il y a cette année environ 1000 entailles, c'est-à-dire 1000 chalumeaux soigneusement jumelés à 1000 chaudières de métal qu'on doit régulièrement récolter pour les transvider dans des chaudières de plastique qu'on ramène au grand baril principal d'environ 500 litres d'eau d'érable qui circule dans les sentiers principaux qu'on parcourt de façon motorisée même si la récolte se fait humainement. Ici, mon beau-frère Robert, chaussé de ses raquettes, s'affaire à cette tâche qu'on fait toujours en groupe. 


Il a fait soleil tout au long de notre séjour là-bas. Qu'il est agréable de travailler dehors à « courir les érables »!


Cette journée-là, on était 6 à « faire une ramasse » dans le tiers de l'érablière. On voit ici le grand baril de métal où l'on vide nos chaudières pleines d'eau d'érable. Pour se transporter d'un point à l'autre, on embarque sur le « bombi », ce genre de tracteur à neige capable de transporter de lourdes charges. Pour aller cueillir l'eau d'érable dans les chaudières de métal, on le fait avec les raquettes. 


Pendant ce temps, mon beau-frère Georges, le bouilleur, s'affaire sans relâche à ses gros fourneaux qu'il entretient avec constance et précision pour en arriver à faire « une coulée », ensuite une autre, puis encore une autre, etc. La journée avait commencé de bonne heure pour lui avec l'eau d'érable récoltée la veille en très grande quantité. 


Encore ce cher Georges, concentré et minutieux, qui vérifie constamment plusieurs cadrans et instruments de mesure tout au long de chaque coulée. Dans sa tâche qui est tout autant une science qu'un art, il est assisté par sa grande soeur Françoise qui ne voulait absolument pas être dans la photo. 


Claudette et moi, on a été se promener en raquettes dans le raccourci pour voir si les érables avaient coulé dans ce secteur. 


Avec Claudette, on a été chercher de l'eau du ruisseau à l'eau claire juste derrière la cabane pour s'approvisionner en prévision du dîner. On pourrait peut-être boire cette eau mais comme on en est pas certaines, on s'en sert pour la vaisselle, le nettoyage des tables et comptoirs, etc. 


Juste avant le dîner, sous le soleil ardent du midi, une petite pause avec un bec sucré pour être dans le thème de la cabane à sucre! 


Claudette nous avait fait des fèves au lard maison avec un soupçon de sirop d'érable dedans. Elle m'a demandé si je voulais avoir un oeuf cuit dans le sirop, je lui ai dit que je n'avais jamais goûté à ça. Elle m'en a fait un juste pour moi, c'était tellement délicieux! 


Crocodile Dundee adore les cocos dans le sirop lui aussi. C'était un vrai dîner de cabane à sucre!


Ici, on voit le produit fini de cette « coulée » : 3 gallons de sirop d'érable, c'est-à-dire 24 conserves puisque 8 conserves donnent 1 gallon. Cette journée, elle s'est terminée à 20 heures, c'est ce que mon beau-frère Georges appelle un beau succès puisqu'en tout, il aura fait 15.5 gallons de sirop d'érable ce jour-là. Pour lui, une petite année, comme l'année dernière, signifie environ 60 gallons. Une bonne grosse année productive serait environ 100 gallons, c'est ce qu'on souhaite pour cette année. La saison sera-t-elle bonne? C'est toujours Mère Nature qui mène... 

LE BATEAU 

Crocodile Dundee rêvait depuis le mois de décembre du « bateau de Granby ». Le nôtre étant devenu trop petit (la famille s'agrandit tout le temps) très inconfortable et peu performant, il avait cherché partout autour de nous, parmi ses connaissances, chez les concessionnaires, sur l'Internet, et le bateau de ses rêves, celui qui convenait à nos besoins et à notre budget, c'était celui qu'un monsieur de Granby avait mis en vente sur un site spécialisé. En janvier dernier, on avait communiqué avec ce Monsieur de Granby et nous nous étions bien entendus. Nous lui avions fait parvenir un chèque de 10 % de la somme pour officialiser la transaction, avec la promesse qu'on irait chercher le bateau/moteur/remorque en mars ou avril, au moment où l'on irait faire les sucres. C'est donc dimanche dernier que nous sommes devenus les nouveaux propriétaires du « bateau de Granby » qui est devenu un bateau de Rouyn-Noranda. 


Oh qu'il est fier, le capitaine du nouveau bateau... On avait beau avoir vu plein de photos détaillées lors des négociations en janvier dernier, lorsqu'on a aperçu en vrai notre nouvelle acquisition, on a été agréablement surpris. Personnellement, je n'avais jamais vu un garage aussi propre et bien rangé. On aurait pu manger sur le plancher du garage tellement tout était impeccable. 


Lundi matin, on reprenait la route du Nord, dans le même sens que les outardes, pour ramener chez nous le nouveau joujou. Bien entendu, la petite famille nous attendait, fébrile et excitée. On est tellement fous, nous autres, qu'on a tous voulu s'asseoir dedans, pour voir ce que ça faisait. Et ça faisait très très très bien. Félixe était tellement contente qu'elle dansait entre les bancs en chantant « Partons la mer est belle ». Elle a choisi sa place, dans la pointe du bateau, et nous lui avons promis qu'elle pourrait s'y asseoir seulement lorsque le bateau serait arrêté et avec une veste de sauvetage. 


Dominic était aussi fier que son beau-père! C'est lui qui avait fait le premier contact téléphonique avec le Monsieur de Granby et il avait beaucoup encouragé Crocodile Dundee à aller au bout de son rêve puisqu'il revenait tout le temps « au bateau de Granby », c'était ce bateau qu'il voulait. Maintenant, on a tous hâte à la débâcle et on a plein de projets pour l'été qui vient. 

mardi 15 mars 2016

PERSPECTIVE


Le 22 décembre dernier, nous avions une petite réunion de famille chez notre fille et son mari. Il est rare que j'apparaisse sur les photos tout simplement parce que ma façon de fuir les caméras, c'est de prendre les photos moi-même mais cette fois-là, mon beau-fils m'a chipé ma caméra pour en prendre une de nous deux!

PERSPECTIVE

Hier soir, Crocodile Dundee et moi, on s'est replongé dans une époque lointaine en regardant les photos de famille que sa soeur venait de lui donner. Il y a maintenant un an que leur mère est décédée et ma belle-soeur a eu la bonne idée de démanteler les albums photos de sa mère pour distribuer ces souvenirs le plus équitablement possible entre les 5 enfants de la famille.  

Que de beaux souvenirs nous nous sommes rappelés de cette vie de famille riche et intense dont je fais aussi partie depuis  40 ans cette année! 

Et puis, on a laissé de côté les photos pour continuer d'échanger sur cette époque où mes beaux-parents avaient l'âge qu'on a maintenant. Comme Crocodile Dundee célébrera ses 60 ans le 2 avril prochain, inévitablement, il fait des bilans, des constats, il se souvient et il s'inspire d'eux pour entreprendre cette nouvelle décennie avec une perspective qui tienne compte de ce qu'on est devenus, lui et moi, individuellement, ensemble et avec notre petite famille à nous. 

La discussion a rapidement tourné au rire et à la complicité quand on s'est mis à se rappeler que plus jeunes, on avait une vision de l'âge et de la vie tellement déphasée. Moi qui suis née en 1957, quand on me parlait de l'an 2000, je croyais qu'à 43 ans, je n'allais peut-être même pas voir ça et que si j'étais encore de ce monde au tournant du millénaire, plus rien n'allait me déranger! 

Crocodile Dundee, lui, m'a raconté qu'en fouillant dans la bibliothèque chez ses parents, il était tombé sur un livre qui parlait de l'amour après 50 ans. Il s'était fait la réflexion qu'à cet âge-là, ses parents n'avaient sûrement plus de vie sexuelle active, c'est certain! Alors, comme il avait l'habitude d'arriver à l'improviste chez ses parents à tout moment, une fois, il avait trouvé la maison bien tranquille et s'était dépêché d'aller voir au sous-sol au cas où l'un des deux aurait eu un malaise ou quelque chose du genre. C'est là qu'il a trouvé son père d'abord, en bobette, derrière le bar, pendant que sa mère s'était réfugiée pour se rhabiller en vitesse dans la salle de lavage d'où elle est ressortie un peu échevelée.  Sur le coup, Crocodile Dundee n'avait pas tout de suite compris ce qu'il venait de déranger, tellement certain qu'après 50 ans, ses parents ne devaient sûrement pas « faire ça »!

Mais Belle-Maman, connaissant son fils, moqueur et taquin comme pas un, s'est empressée d'appeler ses filles, pour leur dire : « Le beau Gilles va vous conter ça à sa manière, il va faire son comique, ça fait que j'aime mieux vous le dire moi-même, il nous a surpris, votre père et moi... » 

Et c'est là, seulement là, que Crocodile Dundee a compris les dessous de la scène bizarre sur laquelle il venait de tomber. Vous pensez bien qu'il ne s'est pas privé non plus de le raconter à sa manière et devant ses parents lors des réunions familiales qui ont suivi. 

À l'approche de ses 60 ans, demandez-lui aujourd'hui si les gens de plus de 50 ans ont encore une vie amoureuse digne de ce nom!!! Maintenant, 60 ans, c'est encore jeune... Simple question de perspective!


samedi 27 février 2016

Plein air du Nord


Crocodile Dundee et son compagnon d'expédition, en pleine action sur la rivière Rupert, région Nord-du-Québec. C'était avant qu'on vienne harnacher cette rivière en eaux vives pour y faire des barrages d'Hydro-Québec dans le cadre du vaste projet NBR (Nottaway/Broadback/Rupert). Les gars ont descendu ces rivières alors qu'elles étaient encore à leur état « nature ». 


Chacune des expéditions sur les rivières du Nord avait son lot d'aventures, de moments grandioses et de difficultés. Quand ils se revoient et qu'ils s'en reparlent, ils revivent ces moments de grande intensité mais aussi d'amitiés indéfectibles. 


Si les expéditions sur les rivières du Nord étaient les plus spectaculaires, on en a fait d'autres aussi, comme dans le Parc de La Vérendrye, où les femmes et les enfants étaient admis et y trouvaient leur compte. 

Paddle for the North

C'est le titre du film documentaire extraordinaire qu'on a vu hier soir, au P'tit théâtre du Vieux Noranda. La première fois que j'ai entendu parler de ce film qui nous amène voir les beautés du Nord en canot, c'était par la plume de notre amie Fitzsou dont le fils, Alexandre Deschênes-Dénommé, fait partie de l'aventure avec un autre Abitibien d'origine, Gabriel Rivest, ainsi que 4 autres gars qui avaient à coeur de capter des moments inoubliables, partager cette aventure et leurs convictions avec le plus de gens possible. Mission accomplie pour eux, on a été touchés, comme le sont probablement tous ceux qui ont vu ou verront le film prochainement. 

Pour en savoir plus et voir la bande-annonce, on peut lire ce reportage :  

http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/2016/02/26/002-paddle-north-documentaire.shtml

Dans la salle bondée hier soir, on a ajouté des chaises jusqu'au bord de la porte et même retardé un peu le début de la projection tellement il y avait une foule avide de tout voir et de tout savoir. En Abitibi, on est amoureux du Nord et ce n'est pas d'hier. On est friand d'aventures aussi. On a des préoccupations environnementales et sociales qui rejoignent celles des six aventuriers du film. Autrement dit, on était en famille ici hier soir. D'ailleurs, les parents de Alexandre (notre amie Fitzsou) ainsi que ceux de Gabriel étaient dans la salle, on les a salués à quelques reprises et remercié pour leur support et leur aide à chaque étape du projet. 

La discussion et l'échange qui ont eu lieu après la projection avaient autant d'importance et d'intérêt que le film qui nous avait éblouis. Public ému, attentif, conquis et fier de ses deux Abitibiens d'origine qui nous représentaient si bien de par le monde. Parce que ce film voyagera dans le monde, j'en suis convaincue. Il est déjà dans la programmation de 4 festivals de films et ce n'est pas fini. 

On sait que chaque film a une carrière. Celui-là en aura toute une, je vous le prédis. Paddle for the North, en fin de carrière, sera sûrement diffusé à la télévision, il a le format pour ça, et c'est ce que je souhaite au film pour qu'il touche et sensibilise plus de gens aux merveilles du Nord, qu'il ouvre nos yeux et nos coeurs à ces beautés et surtout au développement des ressources qui sache tenir compte de l'environnement et des populations qui habitent ces territoires depuis des millénaires. 

Crocodile Dundee et plusieurs de nos amis qui étaient présents hier soir pensent comme moi, je ne suis pas la seule à être emballée de même. Depuis ce temps, on parle de canot et on se remémore toutes sortes d'affaires vécues sur toutes les rivières qu'on a fréquentées. Crocodile Dundee, au déjeuner et au dîner, m'en a conté des bouts inédits que j'avais jamais su... On aurait dit que cette soirée avait réveillé tous ses souvenirs. 

Encore ce soir, au souper d'amis qui nous rassemblera au lac Dufault, notre ancien patelin, je suis certaine qu'il sera question d'expéditions de canot, celles qu'on a vécues jadis et celles qu'on voudrait revivre... avec nos petits-enfants! 

Semaine de relâche


Faire un feu dehors à la brunante et y faire griller des guimauves... On l'a fait l'an dernier et on s'apprête à le refaire encore puisqu'on part demain matin jusqu'à mercredi à Rapide Deux pour un séjour de plein air avec les enfants, petits-enfants et même les beaux-parents de notre fille qui sont nos amis depuis que nos enfants sont mariés. On sera huit en tout. 


C'est pas chic, c'est pas grand mais c'est le bonheur, à l'intérieur du camp Fra-Gilles qui sera notre camp de base pendant notre séjour là-bas. 


Mais un couple parmi nous ira dormir au P'tit château, à 2 km du camp Fra-Gilles, parce que sinon, on serait trop tassés. Pour la journée, un camp, c'est correct, on mange tous ensemble et la plupart du temps on est dehors. Ici, nous sommes au P'tit château avec Guy et Nicole, les beaux-parents de notre fille. On est tellement plus que des amis, on est devenus de la parenté, on a les mêmes petites-filles qu'on adore! 


Toujours avec Guy et Nicole au camp Fra-Gilles l'automne dernier. On était allés cueillir des canneberges sauvages. On dit que bébé Blanche me ressemble et ça se peut fort bien mais moi je trouve qu'elle ressemble aussi à sa mamie Nicole. En fait, Blanche ressemble à ses deux mamies! 


Au P'tit château, à la fin de l'été dernier. Félixe suivrait Papi au bout du monde. Et comme ça se peut qu'on aille dormir là, Crocodile Dundee et moi, ça ne m'étonnerait pas du tout que Félixe veuille venir avec nous. Elle a déjà annoncé ses couleurs. Elle veut dormir avec nous et manger des toasts au Nutella pour déjeuner avant qu'on aille rejoindre les autres à l'autre campe. 

Donc

Je serai absente quelques jours. En fait, comme je vous disais tout à l'heure, nous partons demain matin. Mais vous savez comme j'ai grand plaisir à jaser avec vous autres quand vous me laissez des commentaires? Je vous retrouverai avec bonheur mercredi en fin de journée.  

À bientôt!


mardi 16 février 2016

Drôle d'hiver



L'après-midi du 22 décembre dernier, alors que tout le monde se désolait au Québec de ne pas avoir un Noël blanc, nous avions la chance d'avoir juste assez de neige pour jouer une partie de hockey, grands et petits, dans la rue chez notre fille (ils habitent dans un cul-de-sac, les chanceux!...) et si la partie s'est organisée à la dernière minute et à la bonne franquette, nous avons eu beaucoup de plaisir avec les voisins et amis. Moi, j'étais gardienne de but! Et photographe officielle... 


Dans mon équipe, on n'avait pas de filet alors j'essayais d'arrêter la rondelle... avec un bâton de hockey ordinaire... mon but étant très large... entre le bac vert et le bac bleu! Je n'avais pas le salaire de Carey Price ni son talent non plus!


Une fois la partie terminée, on était tous gagnants et contents de cet après-midi à jouer dehors. Dominic a pris ma place derrière la caméra pour que je sois au moins sur une photo. On n'a jamais su dans quelle équipe jouait le gentil chien-chien. Il courait après la balle, c'est tout. Pouvez-vous croire que quelques heures plus tard, avec la pluie qui nous est tombée dessus, il n'y avait plus du tout de neige et qu'on n'a pas eu plus que les autres régions du Québec un Noël blanc? 


Cette photo, je l'ai prise le 6 février dernier près de notre camp de trappe, à Rapide Deux. Pour s'y rendre, nous devons faire 90 minutes de route et environ 45 minutes de motoneige hors des sentiers battus. On est ici en plein bois, au coeur de la forêt boréale. On n'a pas de voisin qui se risquerait à venir emprunter une tasse de sucre, pas de téléphone ni électricité ni eau courante. Contrairement à d'autres régions du Québec, on a beaucoup de neige chez nous depuis le début de l'année 2016. 


Quand on arrive au camp, ça peut prendre quelques heures avant de réchauffer la place suffisamment pour y être confortable. 


Alors on allume le poêle à combustion lente du camp et on s'empresse d'aller faire un petit feu aussi dans l'atelier qui se réchauffe plus vite parce que c'est plus petit. Difficile à croire mais 30 minutes plus tard, j'enlevais mon manteau. 


Dimanche dernier, jour de la Saint-Valentin, nous étions conviés au Centre musical En Sol Mineur, (quel joli nom pour ce centre musical situé dans un pays de forêts et de mines) par un froid sibérien de - 38° C, à aller entendre le concert auquel prenait part notre petite-fille, Félixe, qui a commencé à suivre des cours de violon depuis le début de l'année. C'est le cadeau de Noël qu'elle voulait et que ses parents lui ont offert, des cours de violon.



Quand il était tout petit, son papa, Dominic, a lui aussi suivi des cours de violon à cette école et y a donné des concerts mais comme il l'a dit lui-même en voyant la salle si paquetée dimanche dernier « dans ce temps-là, nos grands-parents ne venaient pas à nos concerts! » Je trouve cette photo très belle et fort significative, elle a été prise par Isabelle qui est bien fière des deux violonistes de la maison!


Pour Félixe et plusieurs des enfants qui nous réchauffaient de leur musique, c'était un premier concert à vie, au violon pour certains, au piano pour d'autres. Félixe étant la plus petite, c'est avec elle que la professeure a « cassé la glace ». La salle de concert était tellement remplie à pleine capacité, débordante de chaleur et de soleil, qu'on a même dû se disperser dans deux autres petites salles adjacentes et beaucoup étaient debout pour apprécier le spectacle. L'acoustique est génial dans cette grande maison qu'est le Centre musical En Sol Mineur mais l'espace devient restreint lors des grands jours. Très concentrée et très sérieuse, notre petite violoniste écoute la consigne de sa professeure qui la présente très chaleureusement. Tout au long des prestations des petits élèves qui se succéderont cet après-midi-là, il y aura du silence, de l'écoute et du respect pour enrober toutes les notes de chacun et chacune qui s'en ira rejoindre sa famille dans la salle après avoir offert à nos zoreilles émerveillées sa pièce musicale. 


Blanche était venue applaudir sa grande soeur elle aussi. On avait prévu que je pourrais aller prendre une petite marche avec elle dans une autre salle si jamais elle était bruyante ou dérangeante mais on n'a pas eu besoin de ce plan B, elle a été bien sage tout au long du concert, se dandinant au rythme de la musique et applaudissant chacune des prestations! 

Drôle d'hiver 

On dit que c'est la faute à El Nino. On dit aussi que c'est l'un des effets du réchauffement climatique. Moi je pense que c'est un mélange des deux. Trouvez-vous qu'on a un drôle d'hiver?  Si ça continue de même, on aura un printemps précoce... 

dimanche 31 janvier 2016

MIEUX QUE DES FEUX D'ARTIFICE


Voici la seule photo que j'ai prise dans ma vie d'une aurore boréale. Oh elle n'est pas spectaculaire sur ma photo mais au moins j'en ai une! Je me souviens de ce soir-là, Isabelle jouait dehors avec ses deux cousins, Alexandre et Philippe. Nous assistions à un spectacle grandiose de lumières dansantes et volatiles allant du vert au jaune au blanc... 

Si comme moi le phénomène vous intrigue, vous fascine et vous émerveille, il y a un photographe très talentueux originaire de Rouyn-Noranda, Mathieu Dupuis, qui voyage partout dans le monde pour en immortaliser toutes les beautés et les particularités. Il s'est rendu dernièrement à Salluit, dans le Nord du Québec, pour saisir des images spectaculaires et flamboyantes des aurores boréales. C'est ici : 

http://www.journaldemontreal.com/2016/01/30/la-chasse-aux-aurores-boreales-a-salluit

MIEUX QUE DES FEUX D'ARTIFICE

On est en Abitibi-Témiscamingue, à 600 km au nord de Montréal. Ça fait drôle à dire mais on n'est pas au nord tant que ça. Salluit, ça par exemple, c'est le Nord! Et nous autres, on est très loin de Salluit. 

Mais même si on n'est pas au nord tant que ça, on a plus de chance d'assister au spectacle des aurores boréales ici qu'au sud. J'ai eu le bonheur d'assister à ces flambées de lumières à quelques reprises dans ma vie, plus souvent l'hiver mais une fois entre autres durant l'été. 

C'était une soirée délicieuse de juillet que je n'oublierai jamais. Nous étions à veiller au feu, au lac Duparquet, et j'étais assise à côté de mon filleul, Richard. On célébrait la fin de ses traitements de chimiothérapie et on s'accrochait à tout l'espoir d'une rémission pour cet adolescent devenu fragile et vulnérable. Je le trouvais si sage et courageux. J'aimais l'entendre me raconter ses projets et ses passions. Il n'aimait pas parler de son cancer ni de ses traitements, il préférait jaser du présent et de ses lendemains, comme un jeune qui a tout l'avenir devant lui. Tout au long de ses traitements, je lui écrivais régulièrement et ces échanges de correspondance nous avaient beaucoup rapprochés. 

Richard était assis tout évaché sur une chaise pliante de camping devant le feu, le visage enflé à cause de la cortisone, le crâne chauve, le sourire attendri par la douceur du moment. On lui avait apporté une couverture chaude qui l'enveloppait jusqu'au cou pour ne pas qu'il prenne froid et il m'avait lancé, les yeux au ciel : « C'est la plus belle soirée de ma vie! ».

C'est à ce moment précis qu'on a vu danser les premières aurores boréales... Richard était comme sous le choc, il m'a dit : « C'est quoi, ça? » avec une sorte d'inquiétude dans les yeux et dans la voix. Il n'avait jamais entendu parler de ça, des aurores boréales. Alors je lui ai expliqué ce que j'en savais, ce qui l'avait rassuré, mais on ne parlait pas beaucoup, ni lui ni moi, on avait comme le souffle coupé et on observait en silence le spectacle qui s'offrait à nos yeux éblouis. 

Ce soir-là, on a vu des aurores boréales tant qu'on a voulu. Les lumières dansantes et colorées se reflétaient dans le lac et en décuplaient toute la splendeur et l'étrange beauté. Richard était affaibli et fatigué mais si heureux qu'il en devenait lui-même lumineux.  

Et vous savez comme j'aime les histoires qui finissent bien? Richard a été en rémission pendant 5 ans puis on l'a considéré comme guéri. Aujourd'hui, il approche 40 ans, il est très amoureux de sa Lisa et ils ont deux beaux enfants. Je l'ai revu l'été dernier, il habite loin de chez moi mais j'ai toujours des nouvelles de lui parce qu'on est parents. Quand on se revoit, il me reparle de deux choses : la fois où je l'avais emmené avec moi aux bleuets quand il était petit garçon et la fameuse soirée des aurores boréales...  Quand il le raconte à sa femme et à ses enfants, il le revit et ses yeux redeviennent lumineux comme ce soir-là. 

mardi 19 janvier 2016

TÉLÉ-NOSTALGIE


Des raquettes dans la neige... en attente... Je me souviens d'avoir pris cette photo en pensant qu'elle n'avait pas d'âge. Je rêvais même qu'elle pourrait être le point de départ d'un roman. 

  
Mon mirador devient inhabité mais pourtant si lumineux pendant les mois d'hiver. 


Quand on regarde en arrière le chemin parcouru, on est tenté de croire que c'était mieux avant. 

TÉLÉ-NOSTALGIE 

La nouvelle mouture de la série télé « Les Pays d'en haut » diffusait le deuxième épisode hier soir.

Je suis de ceux et celles qui adorent les séries historiques qui nous font mieux connaître des personnages qui ont réellement existé, qui ont développé une région, un pays, un peuple, qui nous en apprennent sur qui l'on est et d'où l'on vient. 

Les personnages célèbres de l'histoire de la colonisation des Laurentides, particulièrement à Sainte-Adèle, avaient donné lieu à des émissions à la radio que je n'ai pas écoutées du tout, parce que j'étais trop jeune, mais la série télé « Les Belles histoires des pays d'en haut » je l'ai toute regardée et même quelques-unes des émissions en reprise puisqu'elles ont été et sont encore, je crois, diffusées régulièrement. 

J'avais lu qu'il fallait s'attendre à autre chose et surtout, ne pas comparer les deux productions. La nouvelle version serait beaucoup plus proche de la réalité des faits comme ils se sont déroulés à l'époque et ça me plaisait énormément de savoir que Donalda serait moins soumise, plus rebelle avec son âme fière, que le curé Labelle serait représenté comme un visionnaire pas toujours en harmonie avec le clergé de son temps, plus près des pouvoirs politiques, qu'on allait assister dans ces récits à la naissance d'une région du Québec qui parlerait aussi beaucoup du développement du Nord, avec un grand N. 

J'étais donc le public-cible idéal et je n'allais pas manquer cette série pour aucune considération, surtout que d'excellents comédiens y incarnent leurs rôles avec tout le talent qu'on leur connaît. 

On a dit en faisant la promotion des Pays d'en haut que les vieux n'allaient pas y trouver leur compte et qu'ils allaient peut-être même s'y sentir un peu perdus... Eh bien je vous annonce que je suis rendue vieille et ça m'a frappée à l'écoute des deux premiers épisodes. 

Je m'explique : Bien sûr, la colonisation des Laurentides, comme de toutes les régions du Québec, met en scène des pionniers, des aventuriers, des débrouillards, des pas peureux mais avec des coeurs gros de même et des valeurs nobles qui n'ont pas d'âge... comme mes raquettes posées dans la neige! Ils vivent des drames, des difficultés, des misères mais à travers tout cela, il y a de l'amour, de l'amitié, de l'entraide, des liens tissés serré qui enrobent leur quotidien difficile. En tout cas, c'est ce qu'on voyait dans la vieille série.

Il y avait Séraphin qui faisait des misères à tout le monde, qui abusait de ses pouvoirs, Bidou le chouchou du père Laloge, qui prenait un coup solide et n'était fiable pour 5 cennes si ce n'avait été de sa femme, Nanette, belle-soeur et grande amie de Donalda. Mais on pouvait aussi être amusés, éblouis et divertis par les amours de Florent, le fils du forgeron, avec la belle Éphigénie, fille du notaire. Des classes sociales différentes que l'amour unissait. Donalda avait beaucoup d'amies et d'alliées, je pense seulement à Arthémise, l'épouse d'Alexis. Todore Bouchonneau dit des Bouchons, le marchand général, était drôle, impulsif et émotif. La belle grosse Georgiana qu'il avait épousée, en menait large au magasin comme dans son couple mais elle lui avait donné une belle-fille à aimer, Aurélie qui travaillait à Montréal, pour son boss Réné, amoureux d'elle. Une femme de carrière, c'était rafraîchissant à voir aussi. 

Le notaire Le Potiron fréquentait la maîtresse de poste discrètement, la belle Angélique qui était capable de mettre Séraphin à sa place. Basile Fourchu et sa femme, La Scole, s'aimaient beaucoup et avaient une nombreuse famille. La Scole travaillait au Château, ce qui nous amenait à mieux connaître la riche héritière Baby, son fils Léon, qui aimait les colons qui le lui rendaient bien. Et puis, le beau Alexis, une sorte de héros épris de justice, Jambe-de-Bois, le sage qui avait l'injustice en horreur lui aussi, le père Ovide pour lequel on n'avait pas d'admiration, le rapporteur officiel à Séraphin, endetté et redevable à vie à son créancier sans coeur, La Lionne, son épouse, et Rosa-Rose, si sympathique, formaient une belle équipe derrière le comptoir de l'auberge. Bref, des bons moments et des personnages typiques et attachants, on n'en manquait pas. 

Dans la nouvelle série que je vais continuer à regarder même si je suis vieille (!) je n'ai vu jusqu'ici que des drames humains, du sang, des bagarres, de la misère sans espoir, de la mesquinerie, des abus de pouvoir, de l'orgueil démesuré, des amours déçues, du racisme à l'endroit de Bill Wabo et des entreprises vouées à l'échec à brève échéance. On le sait d'avance que ça va aller mal et il n'y a rien pour enrober tous ces drames et ces malheurs.  Ça manque d'humanité et de bonté, moi je trouve. 

Les concepteurs et réalisateurs de la nouvelle série ont raison, je suis vieille et nostalgique! 

vendredi 15 janvier 2016

LES SOEURS


Le 20 décembre dernier, nous étions réunis chez moi pour un souper en l'honneur de ma mère qui célébrait ses 84 ans. Comme elle tient toujours à faire des petits cadeaux de Noël à chacun de ses arrière petits-enfants, et elle en a 5, mes deux petites-filles ont reçu elles aussi...

... des pyjamas colorés en cadeau, ce qui a fait leur joie. 


Les voici d'un peu plus près, mes deux petites-filles : Blanche a 18 mois, elle est née le jour de mes 57 ans, vous vous souvenez? Félixe a eu 7 ans hier, le 14 janvier. On pourrait croire que ces deux soeurs qui ont 5 1/2 ans de différence ne jouent pas aux mêmes jeux? Eh bien non, c'est surprenant de les voir interagir ensemble et elles me font faire toutes sortes de découvertes et de réflexions au sujet de la complicité familiale. 

Personne au monde ne peut faire autant rire Blanche que sa grande soeur Félixe!

LES SOEURS 

Je n'ai pas de soeur. J'ai grandi avec deux petits frères extraordinaires avec lesquels j'ai toujours été complices. J'ai eu une seule enfant qui n'a donc ni soeurs ni frères. Alors, c'est la première fois de ma vie, en tant que mamie, que je découvre avec un pur ravissement comment ça se passe entre soeurs.  

Avec la différence d'âge qu'il y a entre mes deux petites-filles, je n'aurais jamais cru qu'elles soient si proches si rapidement. Oh je me doutais bien qu'une fois fillettes toutes les deux, adolescentes ou adultes, elles auraient pu tisser à la longue ce lien d'attachement si fort entre elles mais c'est déjà fait et depuis l'instant même où Blanche est née, la vie de Félixe s'est enrichie à tout jamais. Et c'est réciproque pour Blanche, elle a beaucoup plus qu'un papa et une maman dans la vie, elle a Félixe, qu'elle appelle « Lélisss » sur tous les tons, à peu près 100 fois par jour. 

Moi ça m'émerveille!

Blanche fait tout ce que fait sa grande soeur, c'est son amie, son idole et son modèle. Enfin, elle pense qu'elle imite sa soeur et on la laisse croire ça mais elle a les limites de ses 18 mois. C'était trop drôle de voir Félixe dans le temps des fêtes faire une grande roue dans le salon et terminer sa course par une pirouette sur un matelas posé par terre pour y atterrir en douceur. Blanche était si fière de sa soeur qu'elle applaudissait à tout rompre! Elle se dépêchait ensuite à partir de l'autre bout de la cuisine en courant et s'élançait à pleine face dans le matelas, étant certaine d'avoir tout fait comme sa sœur. Elle s'attendait elle aussi à nos applaudissements nourris, elle avait fait tout un spectacle là, elle se trouvait bonne!

Quand Félixe prend un livre, Blanche va chercher l'un des siens. Quand Félixe suit les mots avec son doigt, la plus petite fait pareil. Si Félixe lit ses mots tout fort en les détachant, Blanche baragouine elle aussi quelque chose qu'on ne comprend pas mais sur le même ton!

 
L'autre jour, Félixe était malade et couchée sur le divan, affaiblie. Blanche était tellement malheureuse de voir sa soeur pas comme d'habitude. Elle passait son temps à aller auprès d'elle, lui proposant des livres, des poupées, des blocs, une balle, un ballon, une épée de styromousse, tout ce qu'elle pouvait trouver, elle lui apportait et s'en revenait bredouille, sa grande soeur ne réagissait pas. Elle était décontenancée... En désespoir de cause, elle lui a donné un bisou sur la main et elle a replacé sa couverture comme si elle avait tout compris. 

Si Félixe va jouer dehors ou qu'elle a été partie de la maison quelques heures, Blanche vient l'accueillir à la porte et lui saute dessus comme si ça faisait des mois qu'elles ne s'étaient pas vues. Des retrouvailles émouvantes, bruyantes et chaleureuses à chaque fois. 

Et pour Félixe, sa petite soeur, c'est de l'or. C'est à elle qu'elle a fait sa première papillote de Noël. Elle lui apprend plein de choses, elle la protège, elle la bécote, elle pense toujours à Blanche, elle la fait rire et elle l'amuse, c'est son meilleur public. Et l'inverse est aussi vrai. 

J'ai commencé ce billet en disant que je n'ai pas de soeur. En fait, j'en ai un peu eu une que je n'ai pas connue mais j'en ai entendu parler toute ma vie. Elle aurait 2 ans de plus que moi. Elle est décédée à la naissance. Je me suis souvent demandé ce qu'aurait été mon parcours de vie si elle avait vécu, ma soeur, si je n'avais pas été l'aînée, si mes parents n'avaient pas perdu leur première enfant, si j'avais bénéficié de sa présence plutôt que de vivre avec le poids de son absence...  

Aujourd'hui quand je vois des petites soeurs qui s'aiment tellement et tout le monde autour d'elles qui encouragent ce lien d'attachement si fort, si pur et si beau, je me dis que c'est la vie qui me répond de la plus belle façon qui soit.