lundi 25 août 2014

Le projet Radeau


Le projet Radeau avait débuté au cours de l'hiver dernier dans le coeur de Félixe, Papi (Dundee) et Mamie (Zoreilles). Jeudi dernier, il était prévu qu'on aille la chercher à la garderie après dîner et qu'on se rende tous les trois à Rapide Deux pour compléter les dernières étapes de l'achèvement de notre projet. Partis sous une pluie douce mais constante, rien ne pouvait nous arrêter, nous n'avions que 24 heures pour tout faire mais l'enthousiasme nous transportait! 


Après souper, la pluie a cessé et nous avons pu nous mettre à l'ouvrage. Comme le drapeau avait été conçu et réalisé par Félixe au cours de l'hiver pendant qu'on faisait nos plans, c'est au printemps qu'on a construit tous les trois ensemble la structure du radeau dans notre garage à la maison. Il nous restait quand même à mettre nos plans à exécution et assembler toutes les pièces du radeau : le pont, le mat, la voile, la cabine du capitaine, avec ses deux portes et sa fenêtre en rond, etc. Papi avait apporté les outils nécessaires ainsi qu'une génératrice qui allait nous fournir l'énergie pour les faire fonctionner. 


À mesure qu'on voyait le radeau prendre forme, nos énergies en étaient décuplées. Nous avons installé le « chantier maritime » sur le quai, il nous serait plus facile à la fin de pousser le radeau pour le mettre à l'eau une fois qu'il serait terminé. 


Félixe était bien fière de son drapeau qu'elle avait hâte d'installer au bout du mat. D'un côté, il y avait le symbole des pirates et de l'autre, plein de couleurs et d'inscriptions significatives pour elle. 


Vendredi matin, sous un soleil radieux, on poursuit le projet avec... le vent dans les voiles!


Le pont, le mat, le drapeau ayant été installés la veille, on attaque après déjeuner la construction de la cabine du capitaine... ou plutôt de « LA » capitaine. 


Voilà où l'on en est à 10 heures : La voile est bien fixée au mat et il ne reste plus qu'à bien visser la cabine de la capitaine au pont. 


On décide de pousser le radeau à l'eau avant de fixer la cabine, ce sera moins lourd un peu. Bon, normalement, on devrait casser une bouteille de champagne sur la coque mais on n'a que du jus de pomme dans des boîtes à boire en carton... On ne va quand même pas rater une occasion pareille de célébrer malgré tout. Notre radeau flotte comme un insubmersible! 


Il flotte tellement bien qu'une fois terminé, juste le temps d'aller mettre nos costumes de bain et notre crème solaire, il s'en allait tout seul vers l'aventure. On aurait dû l'amarrer au quai... 


On l'a traîné un petit bout en bateau pour l'amener vers son port d'attache plus loin sur la rivière, à un endoit qu'on appelle « la pointe à Noémie ». (Cet endroit, on l'a surnommé ainsi depuis que la belle Noémie, notre nièce et filleule, avait pris là son premier doré!...) 


C'est la petite fenêtre en rond que Félixe voulait dans la cabine de la capitaine!


Et maintenant, hissons la voile moussaillons et vogue la galère!


Qu'il a fière allure, notre radeau...


Et combien ravie était « LA » capitaine qui continuera à naviguer à bon port. 

Le projet Radeau

La beauté de la chose, dans l'univers des enfants, c'est qu'on peut y accéder où l'on veut, quand on veut et avec qui l'on veut. C'est seulement qu'on n'a pas toujours le temps qu'on veut parce que la vie nous amène ailleurs et qu'on doit faire des choix qui ne sont pas tout le temps régis par les envies qu'on a. Mais puisque ce temps qui passe ne revient jamais, avec un peu de planification et beaucoup d'organisation, on peut quand même arriver à n'abandonner personne sans avoir à renoncer à nos rêves.

Le projet Radeau nous aura mobilisés depuis l'hiver dernier à travailler ensemble à la poursuite d'un objectif commun, d'un même rêve à construire et à réaliser... Félixe ne le sait pas encore, à 5 ans, mais nous, on sait qu'on a créé avec elle des souvenirs tangibles et une expérience constructive qui laisseront des traces dans nos mémoires affectives à tout jamais. Pour l'achèvement de notre projet Radeau, ces 24 heures de pur bonheur au milieu de la tourmente de la Vie auront été fertiles à tout point de vue et nourriront pour longtemps nos coeurs d'enfants. 

dimanche 17 août 2014

Méchant prédateur!


C'était le vendredi 9 août 2014, dernière fin de semaine de vacances pour Crocodile Dundee et moi, nous étions à notre camp à Rapide Deux lorsque les amis Claude et Pauline qui venaient d'aller cueillir des chanterelles sont venus nous les montrer et nous inviter à aller souper avec eux chez Gérald et Réjeanne, rivière des Outaouais. Bien sûr, nous n'avons pas refusé pareille invitation si chaleureuse et remplie d'amitié!


C'est le décor qu'on aperçoit lorsqu'on est chez Gérald et Réjeanne et c'est à peu près le même décor aussi chez Claude et Pauline. Là où la rivière des Outaouais et la Darlens se croisent, on appelle cet endroit « le réservoir » puisqu'il constitue un immense réservoir d'eau pour le barrage hydroélectrique de Rapide Deux. Comme j'avais laissé mon appareil photo au campe, (fallait-il que je sois dans la lune?...) c'est Crocodile Dundee qui a croqué cette image, comme les trois autres qui suivent. Crédit photo : Gilles Rivest. 


Juste avant qu'on se mette à table, au bord de l'eau évidemment, on a aperçu comme des drôles de mouvements dans l'eau. Au début, on pensait que c'étaient des poissons qui sautaient ou des huards qui plongeaient mais non, on s'est rendu compte que c'était un phénomène qu'on n'avait jamais vu personne, un brochet qui tentait de manger un plus petit brochet mais assez gros quand même... Non mais quel cannibale et quel prédateur! Crédit photo : Gilles Rivest. 


Nous avons pu observer à loisir le phénomène mais nous n'avons pas réussi à le comprendre. On aurait dit que le plus gros brochet (le prédateur) était mal pris avec sa proie, incapable de s'en défaire ni de le mettre à mort, alors le petit brochet se donnait de temps en temps un élan pour se sortir de l'emprise du plus gros et ça éclaboussait jusqu'au rivage où nous étions subjugués en essayant de comprendre lequel était le plus mal pris des deux. Crédit photo : Gilles Rivest. 


À un moment donné, les deux poissons se sont éloignés du rivage et on les a perdus de vue. De toute façon, Frimousse, le petit chien adorable à Gérald et Réjeanne, a attiré notre attention en jappant et en courant le plus vite qu'il pouvait après les écureuils qui sont, on se le demande, soit ses amis avec lesquels il veut jouer, soit ses ennemis jurés auxquels il veut faire peur. À ça non plus on n'a pas trouvé de réponses. Et puis, il était temps de passer à table et d'ouvrir une bonne bouteille de rouge pour célébrer les plaisirs de l'amitié... et le goût délicat des chanterelles. Crédit photo : Gilles Rivest. 

Méchant prédateur!

Je vous rappelle que vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir de plus près... 

J'ai envie de rire en écrivant ce billet parce que je me disais que je garderais ces photos en réserve pour la fois où j'aurais le goût de parler des prédateurs, des requins, des abuseurs de pouvoir, de ceux qui exploitent les plus petits, etc. Mais je n'ai pas le goût de parler de ça quand j'écris sur mon blogue, j'ai plutôt envie de parler des choses belles qui sont simples et vraies. 

Même si un gros poisson qui veut en manger un plus petit, c'est pas très beau, rendons-nous à l'évidence que c'est la vie, avec ses splendeurs et ses misères, et que rien n'est plus heureux que l'amitié partagée dans le plaisir de se retrouver ensemble et de se donner des nouvelles, faire des projets pour la prochaine saison, se mettre à jour dans nos vies respectives, se raconter nos vacances d'été qui s'achèvent dans le soleil couchant au bord du feu avec la lune pleine qui éclairera notre chemin du retour au campe où il nous restera encore deux jours à profiter de tout ce calme et cette paix. 

mardi 5 août 2014

Un drôle d'été


Le 18 juillet 2014, terrasse extérieure, La Bannick, Ville-Marie, Témiscamingue. C'est là que nous avions rendez-vous pour toute la fin de semaine des 18-19-20 juillet, la famille de Crocodile Dundee, c'est-à-dire lui, ses quatre soeurs, les 4 conjoints et la conjointe que je suis! Un an auparavant, nous avions eu l'idée de nous réunir et nous avions réservé pour 3 jours un immense chalet, que dis-je, un véritable château, sur les bords du lac Témiscamingue. Nous avions besoin de nous retrouver. Toute la famille a grandi sur la ferme familiale près de Ville-Marie jusqu'au moment du grand incendie de 1969 qui les a fait quitter ce coin de pays pour recommencer une vie nouvelle ailleurs. 


La maman n'était pas des retrouvailles... Mais elle est toujours vivante, à près de 93 ans. Symboliquement, j'ai pris une photo de ce voilier qui la représente, à la fois si près et si loin de nous. Un voilier qui file au gré du vent, à la dérive, cap sur l'infini, qui tangue à bâbord comme à tribord, un voilier sans gouvernail... 


Au cours de cette fin de semaine à Ville-Marie, nous avons fait beaucoup d'activités rassembleuses pour partager des moments qui ne soient pas empreints de peine, d'impuissance, de révolte et de souffrance. Je me demandais si nous avions encore des choses à vivre ensemble et à partager au-delà des soins apportés à la maman et de la présence que nous lui offrons sans limite depuis si longtemps déjà. La réponse a été claire : Oui. Parce que nous avons un objectif commun et qu'on s'y rallie. Mais il faut protéger aussi nos relations familiales... 


Après la visite du Vieux Fort de Ville-Marie, nous sommes allés marcher dans « La Forêt Enchantée », un lieu unique, pas mal mythique et un peu magique. 


La forêt enchantée est impossible à capter en photos. Je ne connais aucun photographe qui ait réussi à en saisir la beauté, la magnificence et la profondeur, quel que soit l'angle, le moment du jour ou la lumière ambiante. 


Elle est très protégée, la forêt enchantée. On ne peut y circuler qu'à certains endroits bien précis dont il ne faut pas déroger. 


Crocodile Dundee, toujours un peu rebelle comme on le connaît, a dérogé aux règles pour faire rire ses soeurs et il est allé s'asseoir au creux de cet arbre. N'importe quoi pour faire le clown!


Elle, c'est ma Maman, vendredi dernier, dans une halte routière à Field, Ontario. En route pour Sudbury où j'allais la reconduire chez sa soeur, nous nous sommes arrêtées pour nous délier les jambes avant de poursuivre la route. Maman se rappelait tellement de beaux souvenirs de son enfance lorsqu'elle devait aller au puits pour aller chercher ou porter de la crème qu'on conservait dans le fond qu'elle a voulu que je la prenne en photo à cet endroit. Maman a 82 ans mais lorsqu'elle jouait avec la corde, le seau et le puits, elle était redevenue une petite fille!


À ceux et celles qui me demandent des nouvelles de Blanche, ma toute nouvelle petite-fille, la voici qui dort paisiblement. Elle a 4 semaines maintenant, elle ne manque de rien du tout, comme on peut voir, surtout pas de bras pour la bercer et la cajoler. 

Un drôle d'été

Trouvez-vous que c'est un drôle d'été? Drôle dans le sens d'étrange? Il me semble encore que j'attends l'été et nous sommes au mois d'août. Je ne parle pas des aléas de la saison, beau temps mauvais temps, non c'est autre chose d'indéfinissable. L'été 2014 en est un hors du temps et de l'espace, moi je trouve. C'est peut-être juste une impression personnelle mais je vous avoue que j'ai hâte à l'automne... Et je ne saurais même pas vous dire pourquoi! 

mardi 8 juillet 2014

Mon cadeau de fête


C'était hier en début d'après-midi, le 7 juillet 2014.


Depuis le temps que Félixe avait hâte de prendre sa petite soeur dans ses bras...


Vous connaissiez déjà Félixe. Maintenant, je vous présente Blanche!

MON CADEAU DE FÊTE

La date prévue de l'accouchement était le 28 juin. Isabelle et Dominic, ainsi que les médecins qui suivaient la grossesse, commençaient à penser que Blanche allait imiter sa grande soeur jusqu'au bout et naître au bout de 42 semaines avec une aide médicale appropriée pour provoquer les choses. 

La veille, dimanche, j'avais eu comme une grande intuition. Notre fille était encore plus resplendissante que d'habitude, c'est difficile à expliquer. On soupait tous ensemble et j'ai eu le goût d'inviter Félixe à coucher chez nous. Isabelle hésitait un peu à ce que je lui en parle, c'était sûr que la petite allait dire oui et son petit baluchon était tout prêt pour le jour J mais j'ai insisté pour dire que c'était toujours une fête pour nous autres et pour elle, que ça ne prenait pas une occasion spéciale et que j'aurais grand plaisir le lendemain matin à déjeuner avec Félixe et Papi pour mon 57e anniversaire de naissance! 

Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit-là... Mais c'est classique chez moi, les insomnies. Par contre, là, ma tête et mon coeur étaient constamment avec ma fille et mon beau-fils, alors que je regardais leur plus grande dormir si paisiblement. 

À six heures, comme toujours, je me lève et je pars le café. Crocodile Dundee me rejoint dans la cuisine. Nous avons le temps de déjeuner ensemble tranquillement en parlant tout bas avant qu'il parte travailler. On ne veut pas réveiller Félixe... Il s'inquiète pour Isabelle, la perspective de provoquer l'accouchement vendredi ne l'enchante guère lui non plus mais je lui dis que j'ai la certitude en mon for intérieur que la nature va bien faire les choses et que la petite est probablement au monde à l'heure qu'il est ou que c'est en train de se faire. Il me dit : « T'as l'air tellement sûre? ».  

Alors, il ne tient plus en place et avale ses toasts au Nutella en vitesse. Il décide d'aller voir à la maison de nos enfants si leur véhicule est là. À quelques rues seulement, il va revenir vite qu'il me dit. 

Il est 6 h 35 et le téléphone sonne. Numéro inconnu sur l'afficheur. C'est sûrement l'hôpital que je me dis. Mais pas nécessairement le 2e étage, maternité-obstétrique, ça peut aussi être l'hôpital au 3e étage, les personnes âgées en attente d'une relocalisation en CHSLD. Ils nous appellent souvent et à toutes sortes d'heures...

« Écoute Maman, Blanche veut être la première à te dire Bonne Fête!... » et là, j'entends au bout du fil le cri d'un nouveau-né... Vous dire ce que ça m'a fait... J'ai pleuré de joie, de soulagement, de bonheur!

Isabelle a repris le combiné, on a échangé seulement quelques mots. Blanche est née à 06:11, il y a à peine 20 minutes, ça se passe « live ». Tout a bien été, la nature a bien fait les choses, comme je l'espérais, comme je le croyais. Le travail intense s'était enclenché de manière naturelle autour de 23 heures la veille. Ils s'étaient rendus à l'hôpital et à partir de là, ils savaient que Blanche naîtrait le 7e jour du 7e mois, autant sous une bonne étoile que sa mamie Francine! 

Isabelle m'a demandé de partager ça avec son père, je venais de lui dire qu'il était parti voir chez eux si l'auto était là, mais de le faire discrètement parce qu'elle et Dominic voulaient annoncer eux-mêmes l'heureuse nouvelle à Félixe lorsqu'elle serait réveillée. On a convenu qu'ils allaient rappeler vers 8 heures. Fin de la conversation téléphonique que je me repasse en boucles depuis hier matin.

Quand Crocodile Dundee est revenu, je guettais venir son camion de loin et je ne voyais que son grand sourire alors qu'il me faisait des immenses signes de oui. J'étais déjà sur la galerie en pyjama pour lui raconter ce que je venais de vivre! Il voulait réveiller Félixe... J'ai dit « Non, faut pas! » alors on a pris sur nous autres. On était tellement contents, énervés, heureux, soulagés... qu'on s'est refait un deuxième café, comme si on n'était pas déjà assez énervés, pour fêter ça... en silence, bien sûr!

Félixe s'est réveillée par elle-même à 7 heures. Papi voulait tellement la voir avant de partir travailler que je pense qu'il faisait du bruit exprès... En tout cas, je le soupçonne fortement parce qu'il avait son p'tit air, vous savez, ce petit air crasse? Il l'a prise dans ses bras, l'a bercée en lui offrant des toasts au Nutella, une permission spéciale qu'il est le seul à autoriser, c'est le déjeuner qu'elle peut avoir seulement avec Papi. Avec du pain blanc en plussssss. Moi, je m'en mêle pas!

À grand regret, il a dû partir travailler. J'aurais donc aimé qu'il puisse rester. J'ai donc eu le privilège de voir la réaction de Félixe lorsqu'elle a reçu l'appel de ses parents. C'était si touchant... 

Tous les moments que j'ai vécus ensuite au cours de la journée se racontent difficilement tellement ils se sont précipités et multipliés, à tel point que je n'ai pas encore fini de les intégrer. C'est le plus beau cadeau de fête que j'ai reçu de toute ma vie. 

Hier après souper, alors que Félixe était avec ses autres grands-parents, nous avons eu la chance, en toute intimité avec Isabelle et Dominic, d'aller bercer notre si mignonne toute nouvelle petite-fille arrivée très à terme et en santé, toute rose... même si elle s'appelle Blanche... 

Des bonheurs comme ceux-là, j'estime qu'on a le devoir de les partager.

Mise à jour 20140708, 20:30 : 

Nous arrivons d'aller bercer encore une fois Blanche. Ils sont sortis de l'hôpital cet avant-midi. Et Félixe nous a fait tout un spectacle de danse ce soir! Sans que je lui demande, Isabelle m'a donné l'autorisation de publier où je voulais cette photo d'eux quatre que j'avais prise en début d'après-midi hier et que j'avais réservée à nos familles et amis proches. Isabelle avait accouché seulement quelques heures auparavant...



lundi 16 juin 2014

Fin de semaine au campe


Vendredi dernier, en fin d'après-midi, on s'apprêtait à partir pour aller au campe lorsque ce bel oiseau dans un arbuste a attiré mon attention. On aurait dit qu'il posait pour moi. 


Pour se rendre au campe, on doit faire 90 minutes de route environ. D'abord, la 117 jusqu'à Cadillac, ensuite on prend le chemin qui mène aux barrages hydroélectriques de Rapide Deux et Rapide Sept. Après quelques kilomètres, on choisit l'embranchement qui mène à Rapide Deux, un chemin de 37 km. Ici nous sommes au km 21. On s'arrête pour cause de force majeure... pour laisser toute la place à... Voyez-vous quelque chose au loin à gauche du chemin? Une petite tache foncée?


Là, j'ai zoomé ma photo au maximum. On y perd en qualité mais on distingue mieux la maman orignal et son tout petit petit petit qui se tient sous elle, il ne la quitte pas d'une mamelle! 


En poursuivant notre route, on arrive à la marina de Rapide Deux, là où se trouvent les quais et notre chaloupe avec son petit moteur quatre temps qui nous permettra de traverser en 10 minutes le réservoir des rivières des Outaouais et Darlens pour se diriger au fond de la petite baie. Bien dissimulé sous les arbres, le campe nous attend. On n'aperçoit ici que le quai flottant et mon mirador. 


Il se fait discret mais le voilà. Une sorte de paix nous envahit dès ce moment-là. 


C'est comme de retrouver un vieil ami qui n'a pas changé. 


Le royaume du silence, c'est au dedans comme au dehors. 


À part une glacière, on n'a pas grand chose à apporter ni à transporter. Un petit baluchon avec quelques effets personnels et de la lecture peut-être... 


Cette perdrix s'est laissée approcher pour quelques photos. Elle ne semblait pas avoir peur de moi. 

Fin de semaine au campe

Je suis pas jasante, hein? Je suis toujours comme ça au campe! Ça fait du bien une cure de silence. Même mon cerveau arrête de penser pour vivre l'instant présent. Je voulais vous offrir la même thérapie, c'est pour ça que je vous ai amenés avec moi là-bas. 

mercredi 21 mai 2014

Je voudrais voir la mer


Nous sommes aux Îles de la Madeleine, à la fois au Québec et en Acadie. Plus précisément à Cap-aux-Meules. En haut du belvédère d'où l'on aperçoit au loin celle que j'appelle l'île mythique, l'Île d'Entrée, la seule qui ne soit pas reliée aux autres par la route 199 qui sillonne l'ensemble de l'archipel madelinot. 


La voici encore, l'Île d'Entrée qui se profile à notre horizon, cette fois à partir de la Dune-du-Sud, à Havre-aux-Maisons. J'ai des centaines de photos de cette île, de son phare, de son seul gîte du passant qui ne possède qu'une chambre (de quoi faire rêver n'importe quel écrivain!...) de la montée que nous avons faite pour nous rendre à son point de vue exceptionnel sur l'archipel, tel qu'il se révèle comme une apparition grandiose lorsqu'on arrive en haut de la Big Hill. Mais je veux que l'île conserve encore un petit peu de son mystère! 


Pêcheurs de homard au soleil levant. Dune-du-Sud, Havre-aux-Maisons. Comme le faisaient jadis nos deux grands-pères, ces pêcheurs se lèvent à 2 heures du matin et prennent la mer par tous les temps pour s'adonner dans le courage et la bonne humeur à leur dur métier. Contre vents et marées. Fin juin 2012, nos cousins nous ont invités à bord de leur homardier, Le Gaillard, pour y vivre l'une de ces journées mémorables, mon frère Jocelyn, ma belle-soeur Guylaine, Crocodile Dundee et moi. Quelle épopée on a eu le privilège de vivre grâce à Arthur, Hugo et Fred à mon oncle Will. Ils pêchent encore au large de la « p'tite shag » comme nos grands-pères autrefois. Revenus au quai de la Pointe Basse à midi, sans avoir eu le mal de mer ou si peu, ils nous ont dit qu'ils étaient fiers de nous qui avions le pied marin alors que nous étions, nous autres, si fiers d'eux. Et reconnaissants. 


C'était le 1er juillet 2012, notre dernier jour aux Îles. Mon frère et ma belle-soeur avaient pris le bateau à l'aube et nous devions prendre l'avion de 13 heures. Nous sommes à la Dune-du-Sud. Je souris peut-être sur la photo mais j'ai le coeur lourd de peine de quitter mes chères Îles, c'est de même à chaque fois. La plage qu'on voit s'étendre en croissant à l'infini, on peut la marcher sur 22 km. 


Plage de la Grande Échouerie. Pour certains, c'est la plus belle. Moi je ne saurais dire laquelle je préfère. Peut-être le Sandy Hook que j'ai marché à moitié seulement. La Dune-du-Sud, j'y suis attachée, c'est mon chez nous aux Îles. Il y a aussi la Plage de l'Ouest, celle du Corfou, la Plage de l'Hôpital, la Dune-du-Nord, Gros-Cap et celle où j'ai tant de beaux souvenirs de mes 15 ans, La Martinique!  


L'Île Boudreau. Cet endroit est peu connu et peu fréquenté par les touristes mais il mérite une randonnée pédestre et ce, pour mille raisons. 


De l'Île Boudreau, on redescend complètement à l'autre bout de l'archipel madelinot, sur l'île du Havre Aubert. C'est là que tout a commencé aux Îles, sur la Grave, lorsque nos ancêtres sont débarqués en contingent, en 1793, en provenance des Îles Saint-Pierre et Miquelon, où ils avaient été déportés plusieurs années auparavant. Ils avaient flairé le danger, une flotte anglaise les encerclait, ils ont dû partir en pleine nuit. Le Musée de la mer se trouve à Havre Aubert. Ici, on est au Café de la Grave, un incontournable, une ambiance typique des Îles, il y a toujours quelqu'un qui fait de la musique ou qui a quelque chose à raconter. Aux Îles de la Madeleine, la musique, c'est comme le vent, des personnages toujours présents dans le paysage. 


Au Café de la Grave, il ne faut pas manquer de goûter à leur chaudrée aux fruits de mer qui vous est servie dans un bol en pain. Je ne voulais pas intimider mes compagnons de voyage, je n'ai posé que nos assiettes! Mais vous auriez dû voir leurs sourires... Pour le dessert, je vous suggère de traverser juste à côté, au Four à Pain, pour goûter les traditionnels croxignoles ou encore des banax. 


Puisqu'on parle bouffe, les délices de la mer, on a aussi le choix de se les cuisiner soi-même. En revenant d'une journée en mer, d'activités sportives, culturelles et d'extraordinaires découvertes en tout genre, il faut s'arrêter à La Factrie, à Gros-Cap, sur l'Île du Cap-aux-Meules, pour y choisir tous les fruits de mer frais pêchés qu'on désire et se les cuisiner à son goût au chalet. Avec un petit verre de blanc bien sûr. Et des fous rires! Je sais pas ce qu'il a le vin aux Îles. il fait rire... 


Mon frère et moi, par temps gris, qui posons sur le chemin des Turbide. C'est notre nom de famille. On peut bien se sentir chez nous aux Îles, parce que des chemins Turbide et des chemins Poirier, il y en a plusieurs. Celui-ci est à l'île du Havre-aux-Maisons, le village d'origine de nos deux parents, de nos quatre grands-parents, de nos huit arrière grands-parents, de nos seize... 


Coucher de soleil au phare de Belle-Anse, Étang-du-Nord. Parlant des phares, c'est mon dada, que dis-je, ma dévotion, je dirais même mon obsession. Il y en a plusieurs aux Îles. Je pense à celui de l'Anse à la Cabane, de Pointe Basse (Cap Alright) de Belle-Anse, de l'Île d'Entrée et ceux qui ne sont plus en fonction aujourd'hui, à l'Île Brion et au Rocher-aux-Oiseaux. Mon grand-père Poirier a déjà été gardien de phare au Rocher-aux-Oiseaux. Et le phare de l'Île d'Entrée est un lieu très important dans l'histoire magnifique de Farmer, le cheval des Îles, une histoire vraie que j'aime raconter à ma petite-fille qui ne s'en lasse pas. J'ai promis à Félixe qu'à l'été 2015, on irait tous ensemble aux Îles, qu'elle et moi, on ferait la tournée des phares, on partirait une journée complète rien que pour ça. C'est déjà plus qu'un rêve, c'est devenu un projet. 

Je voudrais voir la mer

Je ne m'explique pas vraiment comment il se fait que je suis plus attachée aux Îles de la Madeleine que ma propre mère qui y est née et qui y a vécu jusqu'à l'adolescence. Mon père aussi était très attaché à ses Îles. Mes parents et grands-parents, lorsqu'ils se sont installés en pays neuf, en Abitibi, sont retournés régulièrement aux Îles pour visiter la parenté et passer du bon temps au pays qui les a vus naître. Ils étaient fiers d'être Madelinots et leur bel accent chantant fait de vieux français et de termes marins les suivait partout où ils allaient, comme une marque distinctive, à tel point que mon père disait que c'était son passeport international. 

Mais moi? Je ne suis pas née aux Îles de la Madeleine mais en Abitibi. Tout ce qui touche les Îles ou les Madelinots me passionne, me touche, m'interpelle vivement. 

La mer me manque... Comprenez-vous ça? La mer me manque comme si j'avais grandi auprès d'elle. La mer me calme, me berce, me regénère, me ressource, me guérit de tout. Pour moi, toutes les îles sont des îles au trésor!

Et si vous aimez vous faire raconter des histoires, des contes, des légendes, il y en a aux Îles qui le font bien mieux que moi, avec l'accent madelinot en plus. Je les écouterais pendant des heures, particulièrement Élaine Richard qui parle avec l'accent du Havre-aux-Maisons.

http://www.cfim.ca/contes-et-legendes1/-/pub/0KtJ/content/2830570-elaine-richard-19-octobre-2013?redirect=%2Fcontes-et-legendes1

Faut pas être pressé, il faut se laisser bercer en les écoutant...