mardi 25 mars 2008

L'Abitibi-Témiscamingue, à bras ouverts + info de dernière heure

Photo prise l'été dernier à Petite-Vallée, au Festival de la chanson de l'endroit (en Gaspésie). Isa y était de passage lors de ses vacances, pour le soleil, la mer, la musique et les rencontres qui surviennent comme par magie, mais elle n'était pas inscrite officiellement comme auteure compositeure interprète et c'était voulu. Ce qui n'a rien empêché du tout!

Vous connaissez mon habitude? Une image, un message! Je viens tout juste de recevoir le fichier wav audio de la publicité de 30 secondes dont je vous ai déjà parlé et je cherche une manière de vous la faire entendre ici, surtout que je vous l'avais promis.

Appel à tous (et à toutes)

Si vous avez des suggestions à me faire sur la procédure à suivre pour insérer ici un fichier wav audio, n'hésitez pas, vous connaissez mes limites en entourloupettes informatiques et virtuelles?

Dernière heure : Je savais bien qu'en faisant un appel à tous (et à toutes) on finirait par trouver une solution... qui est venue de Joce et Jean-Mi, le duo père fils qui a conçu et réalisé le site « Les Merveilles de l'Abitibi-Témiscamingue » dont vous trouverez le lien en haut à droite. Pour entendre l'extrait sonore, allez voir sur le site des Merveilles, en page 12, mais tant qu'à être là, si vous avez quelques minutes, prenez le temps de fureter ailleurs aussi sur leur site. Bravo et merci, les gars!

dimanche 16 mars 2008

En direct de chez moi


Je viens tout juste de prendre cette photo, sur le balcon d'en bas, chez moi, là où je travaille. En fait, de mon bureau, je vois « ÇA », je me lève, je fais deux pas, j'ouvre la porte patio et je sors même pas dehors. Oui, c'est dimanche et je travaille parce qu'il le faut, je dois produire des choses et mon délai est très serré, comme ça arrive trop souvent. Mais je manque de concentration (avec ce beau soleil qui inonde la maison) et cette chose attire mon attention. Vite, mon appareil, jamais bien loin, pèse sur le piton, zoome au max et clic, je viens d'immortaliser cette drôle de chose!

On aurait dit qu'ils voulaient me faire un spectacle pour me distraire, la patente se met en branle juste entre chez nous et l'île-aux-sables. On dirait un hélico mais patenté dans un garage. Là, ça m'inquiète un peu, j'avoue... Ça fait du bruit, heille, ça veut voler, ça! En tout cas, moi, ça me dirait pas trop d'embarquer dedans.

Les secondes passent, l'hélice tourne de plus en plus vite, l'angle change, devient de plus en plus oblique, le bruit s'accentue. (C'est là que j'ai pris ma photo. Vous pouvez cliquer dessus pour voir de plus près la patente). Mais ils ont vraiment l'air de croire que ça peut voler... La patente se met à avancer lentement et puis, plus vite, même encore plus que la motoneige. Je vais tout perdre de vue, ils arrivent au bout de la presqu'île qui nous sert de rue. Le bruit change, je vois les gens sur le lac qui applaudissent. Je crois que ça y est, la patente... elle doit voler.

Quinze minutes plus tard, toujours pas de nouvelles de la patente. Ça y est, je suis inquiète, je n'arrive plus à me concentrer. S'il fallait qu'il y ait eu un crash... Ça doit être quelqu'un du coin, c'est certain, puisqu'ils étaient juste devant chez nous. Tout à coup, pendant que je transfère mes photos à l'ordi, je vois arriver ce drôle d'hélico, à toute vitesse, en sens inverse, qui ralentit jusque devant chez moi et même plus loin. Chez le troisième voisin à ma droite, il y a une dizaine de personnes, qui applaudissent, la motoneige revient. Tout le monde a l'air suuuuuuper content.

Si les apparences ne sont pas trompeuses, il y a un patenteux de ma rue qui s'est inventé un hélico dans son garage. Un hélico avec des skis. Comment voulez-vous que je travaille dans ces conditions-là!

mardi 11 mars 2008

Couleurs hors saison




J'ai pris la première photo du balcon chez moi, l'été dernier. En plein jour et durant la semaine, le lac est parfois tranquille et les huards s'approchent assez pour que je puisse les observer à loisir. Je vous rappelle que pour les voir de plus près, (on les appelle les plongeurs) vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir. La deuxième, je l'ai croquée dans une soirée rose et bleue, j'étais sur notre quai où je passe des heures et des heures à rêvasser, les pieds dans l'eau, la tête dans les nuages.

En attendant l'été

J'aime toutes les saisons mais j'avoue que l'hiver, à ce temps-ci, je commence à l'avoir assez vu! Pourtant, dans notre région, on n'aurait rien à se plaindre cette année, les tempêtes exceptionnelles et les accumulations de neige que nous n'avons pas eues nous ont distingués de l'ensemble du Québec, du Nouveau-Brunswick et de quelques secteurs de l'Ontario. Malgré tout, j'ai terriblement hâte au réveil de la nature et à la belle saison, tellement que je suis allée fureter dans mes photos de l'été dernier pour m'aider à patienter jusqu'au prochain.

Un lac très habité

Le lac Dufault a une superficie d'environ 50 kilomètres carrés, dont un très faible pourcentage est urbanisé. C'est là où j'habite mais il ne s'agit pas du secteur le plus intéressant de notre lac. Ça, les huards l'ont bien compris, ils se tiennent plus loin, là où il n'y a personne. Sur les 103 îles qui viennent ponctuer tous les parcours que nous aimons explorer, certaines méritent qu'on ne s'y aventure jamais autrement que d'une distance permettant seulement l'observation (avec des jumelles). C'est le cas de l'ile-aux-hérons où il convient de ne jamais accoster. Quand on a la chance d'avoir une héronnière sur un plan d'eau, il faut la protéger à tout prix. Ces oiseaux nichent très haut dans les arbres de la plus grande de nos îles et il est facile d'observer de loin, le soir, les grands hérons qui s'en reviennent aux nids pour nourrir leurs oisillons qui piaillent après leur mère comme des petits mal élevés qui en redemandent sans cesse. Ils sont touchants avec leurs becs grand ouverts et les grands hérons, si patients.

Mes préférés, ce sont les huards. Il y en a au moins 7 ou 8 couples qui reviennent chaque année. Ils sont magnifiques et nous font entendre leurs cris comme la plus jolie des musiques. Ils se rassemblent souvent à l'autre bout du lac au soleil couchant, ils s'interpellent et se répondent sans arrêt entre les îles. On arrête souvent notre petit moteur juste pour les écouter. Dans ce temps-là, ils s'approchent aussi de nous mais pas trop près quand même, ils restent très sauvages et je les comprends. J'aime les huards entre autre pour leur sentiment d'appartenance; ils reviennent toujours à leur lac. Les couples de huards sont fidèles tout au long de leur vie. J'ai déjà assisté, impuissante, à la réaction dramatique d'un mâle, complètement dévasté par la mort de sa femelle, une motomarine devait l'avoir pulvérisée... C'était poignant, d'une telle tristesse... Ils élèvent leurs petits ensemble, ces couples fidèles. Les mâles s'occupent aussi de leur progéniture, ils ont compris le partage des tâches et les bonheurs inhérents à cette responsabilité. C'est drôle de les voir nager avec un petit sur le dos!

Il y a des canards aussi, en quantité. Ceux-là, ils seraient plus faciles à approcher mais il n'est pas question de les nourrir, on les rendrait dépendants. Déjà qu'ils viennent parfois dans la cour profiter des graines que je laisse aux oiseaux. Une petite famille s'était nichée l'été dernier sous la maison de poupée à Isa qui nous sert maintenant de remise à jardin, située tout près de l'eau. Ils se croyaient bien cachés, ils nous faisaient rire. Quand ils partaient à la queue leu leu derrière leur mère, ils étaient gauches et mignons. Mais j'ai quelque chose sur le coeur par rapport aux canards mâles depuis que je connais leurs moeurs sexuelles. Ils seraient, paraît-il, assez violents. Cette rumeur m'est parvenue comme un écho entre les épinettes mais j'ai bien peur que ce soit vrai, j'ai déjà vu quelque chose de pas très édifiant. Pour les écureuils, en tout cas, j'en ai eu la preuve sous mes yeux, j'ai trouvé ça révoltant. Crocodile Dundee m'assure que la nature, c'est de même des fois et que je suis trop... humaine!

Bien sûr, il y a à l'autre bout du lac beaucoup plus d'espèces d'oiseaux, d'animaux et de mammifères, parce que la partie la plus habitée est beaucoup trop animée certains jours, ça attire ceux et celles qui font du ski nautique ou de la baignade à l'île-aux-sables. Normal, on est tout près de la ville. Mais le pire des fléaux, ce sont ces engins d'enfer contre nature, les motomarines. Je vous assure qu'aucun riverain n'en possède, on a bien assez de les voir et de les entendre virer en rond dans le même secteur, devant nos maisons, pendant des heures. Je me demande tout le temps à quoi ils pensent, quel plaisir ils peuvent éprouver à déranger ainsi tant de monde à la fois...

J'adore vivre ici, y travailler aussi, puisque mon bureau est chez moi. Mais si l'endroit est si animé à certaines périodes et en toutes saisons, mes moments préférés sont les petits matins calmes où le lac est un miroir, les levers de soleil flamboyants et les soirées rose et bleu.

Ah, vivement que cet hiver achève!

mercredi 5 mars 2008

Il en neige, des bonnes nouvelles!

J’ai pris cette photo aux fêtes, alors que nous étions réunis, tous les membres de ma famille, à l’Auberge Harricana, de Val-d’Or, un endroit magnifique de chez nous qui accueille beaucoup de touristes de partout dans le monde. Ne vous en faites pas, j’ai la permission d’Isabelle et Dominic pour publier cette photo et vous dévoiler tout ce qui suit!

J’ai aujourd’hui quelques excellentes nouvelles à partager et par les temps qui courent, elles sont bienvenues, mais j’hésitais quand même à le faire pour éviter de tomber dans le piège de la Môman-tellement-fière-qu’elle-n’en-voit-plus-clair-et-même-qu’elle-écoeure-le-peuple-avec-ça… Mais là, tant pis, je fonce, en me disant qu'on n’est toujours ben pas pour s'en cacher quand il arrive de quoi nous réjouir!

Vous connaissez ma passion et mon amour inconditionnel pour ma région, l’Abitibi-Témiscamingue? Évidemment, sinon, vous en êtes à votre première visite ici! Notre région, comme toutes les autres, tente de se positionner le mieux possible sur l’échiquier de l’offre touristique proposée aux voyageurs et vacanciers d’ici et d’ailleurs. Je vous présente donc Dom et Isa qui sont responsables de ce qu’on pourra voir et entendre dans cette publicité de 30 secondes qui sera diffusée les trois prochaines années lorsqu’on essaiera de vous convaincre que tourisme rime avec Abitibi-Témiscamingue.

Dominic a 25 ans. Un charme fou, du talent, un naturel et un charisme que j'avais remarqués dès son secondaire III, parce qu'il a toujours été très impliqué dans notre milieu culturel. Il a déjà beaucoup voyagé pour son jeune âge et vécu des expériences de travail fascinantes et formatrices. Après ses études à Montréal dans le domaine qui le fascine et le passionne, il tenait à revenir chez lui pour exercer son art, convaincu qu’on puisse en vivre en région, surtout dans la ville qui s’est inventé de toute pièce un Festival international du cinéma! Dominic est cinéaste, vidéaste et réalisateur, il a un regard unique, effervescent, sensible et brillant, je trouve qu'il imprime sa signature en filigrane sur tout ce qu'il réalise. Il a donc été emballé lorsqu’on lui a proposé ce mandat de la conception et la réalisation d’une publicité de 30 secondes qui montrerait tout ce qu’on devrait voir et imaginer pour avoir envie de venir découvrir l’Abitibi-Témiscamingue.

Au même moment, et sans savoir les liens amoureux qui les unissaient, on approchait Isabelle, 21 ans, pour qu’elle créée et produise la trame sonore de la publicité de 30 secondes qui devait nous faire entendre et imaginer tout ce qu’on devrait savoir et deviner pour avoir envie de venir découvrir sa région. Comme auteure compositeure interprète, on l’avait remarquée et c’est à elle qu’on confiait cette mission de tout nous chanter... en 30 secondes! Elle a tout de suite senti le besoin d’informer ces gens qu’elle se sentait très à l'aise et très proche de celui avec qui elle devait collaborer pour arrimer le concept et les images avec sa trame sonore…

En plus d’être amoureux, ils allaient collaborer à un même projet qui leur tenait tellement à cœur, puisqu’il s’agissait de faire partager à un public très large leur passion de la région qui les a vus naître et grandir. Lors de nos rencontres et soupers de famille, on a pu savoir en primeur quel concept Dominic allait mettre de l’avant (vraiment génial et qui nous ressemble) et Isabelle travaillait fort, de son côté, pour répondre à la commande ambitieuse et très précise de l’Association touristique régionale. Vraiment, ça bouillonnait d'idées et de créativité chez nos amoureux!

Lundi dernier, j’avais rendez-vous pour dîner en ville avec Isa. Elle voulait me faire entendre le produit presque final, pas encore mixé, mais avec tous les instruments de musique qui sont venus enrichir ses mots, sa voix, le son de sa guitare. Je suis tombée à la renverse, on a refait jouer le CD au moins 10 fois dans mon auto. Ça passe vite, 30 secondes... J'ignore comment elle a fait mais elle a donné tout ce qu’elle avait dans le cœur. Wow! C’est sûr, quand vous l'entendrez, vous allez vous sentir invités chez nous de manière tellement chaleureuse... Je vous dis, elle a un sourire dans la voix, ça s’entend!

La version intégrale de sa chanson est magnifique, paroles et musique, je la trouve touchante, ça doit être mon ti cœur de Môman qui revoit là-dedans des images et des histoires vécues. Quand même, je crois que n'importe qui pourra se laisser atteindre de la même manière. On pourra l’entendre dans la version intégrale dans nos stations de radio mais c’est le refrain uniquement qui sera inclus dans la pub de 30 secondes. Ça donne quand même le ton, la couleur et le rythme. Et là, j’imagine le concept et les images de Dominic qui défileront au même moment. C’est pas mêlant, ça m’émeut…

Je trouve ça cool que le marketing touristique en version 30 secondes soit confié à des jeunes de 21 ans et 25 ans qui ont fait leur profession de foi en notre région depuis toujours, après avoir visité pas mal d’endroits dans le monde. Ça en dit long sur la jeunesse et l’esprit d’aventure de l’Abitibi-Témiscamingue!

Cette publicité sera enfin dévoilée et lancée publiquement le 12 mars prochain. Ils seront là tous les deux, Isabelle interprètera en direct (avec les musiciens) la version intégrale de sa chanson et Dominic fera défiler ses images pendant les refrains. Ils sont fiers de cette réalisation. Il y a de quoi, elle aura été produite avec beaucoup d'amour, dans tous les sens du terme. D'autres événements sont prévus bientôt pour rassembler les gens d'ici autour de ce qui sera notre signature et notre invitation pour les prochaines années.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai autre chose à vous raconter. C’est un secret qu'ils nous ont confié en novembre dernier. Les parents de Dominic l’ont su en même temps que nous, à ce moment-là, nous n'étions que quatre à savoir... Le 5 janvier dernier, Isa et Dom l’ont annoncé aux familles et aux amis. Ce secret n’en est plus un depuis deux mois : ils se marient le 8 novembre prochain. Oui, un mariage! Un engagement à vie... C’est tout ce qu’on a le droit de savoir : la date et l’endroit. Tout le reste leur appartient.

Oh, comme ils le disent eux-mêmes, on ne doit s’attendre à rien de conventionnel. Ils nous avertissent avec des sourires et des regards complices : « Tout ce que vous connaissez d’une noce, oubliez ça, ce ne sera rien de ce que vous connaissez ». Avec ces deux jeunes éperdument amoureux qui savent fabriquer du bonheur et qui aiment sortir des sentiers battus, ils ont raison, on doit s’attendre à tout! C'est ben correct, on est ouvert, surtout que dans ce projet qui est le leur, ils sont d’une complicité et d’une fébrilité très inspirantes. Comme des enfants... Pour nous qui les aimons, c’est tout ce qui compte!

Ah j'oubliais... Ils sont si peu conventionnels que leur voyage de noces, ils le feront... AVANT les noces. Ils partiront 4 semaines en Espagne et au Maroc au mois de mai, 6 mois avant le mariage!

mardi 26 février 2008

Et si c'était ça, la vie?



Photo 1, le feu alimenté par mon frère, qui ne m'en voudra pas, j'espère, j'ai recadré jusqu'à ce qu'on ne voit plus que lui, son geste surtout, parce qu'il me fallait bien illustrer mon propos. La photo 2 vous montre ce qui s'offrait à ma vue de l'autre côté, avec cette lune pleine et généreuse qu'on devinait entre les arbres, avant de la voir très haut dans le ciel, samedi soir dernier, au camp de mon autre frère, à Rapide Deux, à un kilomètre du nôtre. Et j'aurais bien voulu vous montrer ce ciel étoilé d'abondance que ma petite caméra n'a pas pu capter mais que mes yeux ont contemplé entre deux instants d'un bonheur tout simple.

Pas d'idée à expliquer ou défendre aujourd'hui. Trop besoin de m'en tenir à quelque chose de doux et de bon pour l'âme. Mais besoin d'écrire quand même. Malgré la tête et le coeur en février.

Donc, je vous raconterai tout bonnement ma fin de semaine, c'est ce qu'on fait quand on revient travailler en début de semaine, non? Puisque je travaille toute seule, vous voulez bien être mes collègues ce matin?

Vendredi matin, je constate avec bonheur que rien ne semble se dessiner d'urgent pour moi et que je viens officiellement de me retrouver en congé pour trois jours. Cette avance me procure déjà la sensation exceptionnelle d'une liberté si chère à mon coeur. Avec Crocodile Dundee, on décide de s'en aller tout de suite à notre camp et je prépare dans l'enthousiasme nos petits baluchons, sors de la bouffe du congélo et quelques bricoles. Surtout, ne pas oublier le vin, une bonne bouteille d'Afrique du sud à faire découvrir et partager avec Joce et Guylaine qui viendront nous rejoindre demain, avec Jean-Mi, secondaire 2, qui débute sa semaine de relâche, Noémie, secondaire 5, étant en voyage d'études en Équateur, la chanceuse!

Est-ce que Yves viendra aussi à son camp, demain? Oui, il y sera, c'est confirmé, dès que Louis-Vincent, secondaire 2, aura terminé son implication avec son équipe de hockey. On soupera tous ensemble, la famille presqu'au complet, réunie dans la forêt! D'ailleurs, on nous annonce un temps superbe et c'est ce qu'on aura. Soleil mur à mur le jour, nuit étoilée, ciel clair et lune pleine, température exceptionnelle.

Le téléphone sonne. Ah non, pas une urgence au travail... Fiou, c'est notre fille, Isa! Elle aimerait qu'on aille la rejoindre à 9 h 30, au resto qu'elle suggère, qu'on déjeune ensemble (à cette heure-là, nous, ça fait longtemps qu'on a digéré le nôtre) et c'est avec plaisir qu'on accepte. Autre petit bonheur, elle arrive avec Dominic. Bisous, câlins, on s'attable tous les quatre et ce déjeuner s'avère très animé avec tout ce qu'on a à se raconter, comme toujours. Ils ont un projet d'achat d'un triplex, ils vont le visiter tout à l'heure, ils ont besoin d'en jaser avec Crocodile Dundee, en tant que Papa mais aussi en tant que menuisier d'expérience qui en a vu d'autres. Et toi, Maman, qu'est-ce que t'en penses?

On arrive au camp en début d'après-midi. Quel soleil aveuglant sur cette neige si blanche. On fait un bon feu qui réchauffera le camp pendant qu'on va faire le tour des sentiers en motoneige. Est-ce que les lynx sont venus? Oui, il y a tellement de lièvres. Les pistes dans la neige nous dévoilent bien des histoires de vie et de mort, de survie surtout. Les martres se sont servies à bouffer dans les cabanes que Crocodile Dundee met à leur disposition avec des « lunches gratisssses » comme il dit et les loutres entrent et sortent aux abords des ruisseaux, on peut voir leurs glissades, c'est drôle de les imaginer. Un loup rôde dans le secteur, un esseulé, on l'appele un loup franc, est-ce que ça expliquerait qu'on ne voit plus de pistes d'orignal?

Retour au camp à la tombée du jour. Il fait chaud maintenant, ça va. Nos pies viennent nous accueillir, l'air de dire : « Et nous, on a faim aussi! » alors pendant que je réchauffe notre souper, Crocodile Dundee leur donne des miettes de pain, la sorte qu'il aime moins, mon préféré. Je trouve qu'elles ont un traitement royal. On en rit, chacun pour des raisons différentes. Dans la soirée, il essaie d'écouter le match de hockey à la radio mais le sommeil nous gagne, je n'arrive pas à me concentrer pour lire moi non plus. On s'abandonne sans trop s'en rendre compte dans les bras de Morphée.

Samedi matin, soleil radieux, les pies virevoltent avec impatience autour des fenêtres. Elles sont insatiables, vraiment. Vite, la cafetière bloup bloup, une bûche dans le poêle, est-ce que tu m'as laissé une tranche de pain ou deux, Croco? À dix heures, on a rendez-vous au barrage (de Rapide Deux) où l'on va chercher notre belle visite. On lunche vers midi, avec tout notre butin mélangé, offert et partagé au milieu de la table, on rit, on se raconte plein d'affaires, avez-vous des nouvelles de Noémie depuis son arrivée en Équateur? Non mais on espère en avoir bientôt et là, on a hâte d'aller marcher en forêt, on n'aura même pas besoin de raquettes, on marchera tout l'après-midi dans les sentiers, en passant par les anciennes écuries et jusqu'à ma petite maison dans les arbres, dans la « swamp aux atocas », en se poussant dans la neige, en changeant de place dans la file indienne, pour jaser avec l'un, avec l'autre, avec des arrêts fréquents juste pour le fun, à chaque fois qu'il y aura quelque chose à voir, à comprendre ou à photographier.

Fin de l'après-midi, on est de retour à notre camp. Louis-Vincent arrive en motoneige. Yves nous attend à son camp qu'on avait réchauffé le matin. Ça y est, on va tous se rejoindre, j'apporte le souper, c'était convenu. Joce et Guylaine veulent aussi nous faire découvrir un nouveau vin. Décidément, on aime les découvertes! Les cousins du même âge s'amusent, leur complicité est évidente, ça m'étonnerait qu'ils parlent de leur secondaire 2... L'un joue au hockey, l'autre au basket, il a une nouvelle blonde et ils partagent la même motoneige, la conduisant chacun leur tour.

Dans notre famille, un point commun : ben de la jasette! On est juste sept autour de la table mais on dirait qu'on est vingt-sept. Pendant qu'on déguste nos verres de vin, les ados vont commencer le feu dehors. Bonne idée. Je sors aussi en griller une, Guylaine m'accompagne, on trouve que les gars ont l'air d'enregistrer l'émission 110 %, le hockey prend toute la place dans leur conversation, ça nous fait rire un peu mais on les fuit, nous, on s'en va admirer les étoiles. Wow!

Les gars du 110 % viennent nous rejoindre. En fait, ils continuent leur émission mais dehors. La soirée va se passer comme ça, à regarder la lune et les étoiles, autour du feu, celui qui rassemble, celui qu'on alimente sans cesse parce qu'on ne veut pas qu'il tombe sur la braise, celui qu'on entretient, qu'on ne veut jamais laisser mourir parce qu'on ne veut pas aller se coucher. Il y a des nuits qu'on voudrait éternelles. On ne l'a pas dit mais je suis certaine qu'on y a tous pensé à un moment ou à un autre de la soirée : Et Papa, c'est laquelle de ces étoiles, tu crois?

On a veillé tard, la lune était trop belle. On s'est levé tôt, dimanche matin, le soleil était trop radieux. On a fait tout et rien, on a juste passé du bon temps ensemble et comme un bonheur n'arrive jamais seul, au retour, il y avait un courriel de Noémie, directement de l'Équateur. Dans chacun de ses mots, écrits sur un clavier espagnol qui n'a pas nos accents, on a reconnu son amour de la vie, son émerveillement face à tout, à d'autres contrées et d'autres gens avec une culture différente, ouverte à apprendre tout ce qui peut la rendre meilleure, tout en gardant un esprit critique. Et son carnet de voyage compte déjà 5 pages bien remplies, qu'elle nous dit, elle veut tout noter, ne rien oublier. Elle nous les fera partager à son retour, elle l'a promis!

Et si c'était ça, la vie?

mardi 19 février 2008

Mon pays... vu de mon pays



J'ai pris ces deux photos jeudi dernier, jour de la Saint-Valentin, alors que j'étais à Montréal et dans les Laurentides pour un court séjour. Je sais, je ne vous ai pas habitués à ce genre de photos! Par contre, j'ai pris plein d'autres clichés full nature, très beaux, mais où figurent des gens que j'aime, donc, ces photos ne sont publiables ici.

Avec mon beauf et ma belle-soeur, on avait planifié cette sortie au Salon de la pourvoirie depuis quelques semaines. Amateurs de plein air, nous aussi, on allait découvrir ensemble ce que toutes les régions du Québec avaient à offrir aux éventuels clients que nous sommes. En plus, on allait prendre une bouchée en ville et en profiter pour partager ce moment avec leur fils, notre neveu qui voulait aussi se choisir un séjour nature avec sa femme et son petit garçon. Il faisait si beau à Montréal jeudi dernier!

Au Palais des congrès, l'atmosphère était fébrile et animée, les gens attendaient en ligne (interminables files) que l'ouverture du Salon soit proclamée officiellement. Il y a de ces phénomènes qui me questionnent beaucoup dans les villes, comme par exemple celui-là : Pourquoi attendre en ligne sans se parler, sans communiquer avec qui que ce soit, chacun dans son univers et jouer du coude pour ne pas perdre sa place? Nous avons préféré aller manger dans un resto pas loin et j'ai, pour ma part, apprécié cette cuisine méditerranéenne qui nous était proposée.

Étant tous les cinq boulimiques du monde de la pourvoirie, du Québec en entier, des séjours nature, de la pêche et de la chasse, nous avions résolu de prendre chacun notre chemin et de se retrouver à l'entrée, aux heures fixes, pour partager nos coups de coeur et refaire le point. Comme les autres, je pouvais donc aller et venir à ma guise dans toutes les allées, arrêter aux kiosques qui m'intéressaient davantage, qui savaient capter mon attention ou susciter ma curiosité.

Vous savez comme j'aime ma région... Comme j'aime aussi toutes les régions du Québec, certaines que je connais mieux que d'autres mais quand même, je suis ouverte aux découvertes que je peux faire et des beautés, il y en a partout. Il est si beau et si grand, mon pays...

Au fil de ma visite du Salon, je découvrais des endroits magnifiques du Nord-du-Québec, de Lanaudière, la Mauricie, la Côte Nord, le Bas-du-fleuve, la Gaspésie, le Saguenay Lac St-Jean, la Beauce, les Laurentides, la Montérégie, l'Outaouais, ils étaient tous là, bien représentés, chacun essayant de vous donner le goût d'y aller faire un saut pour une semaine ou plus. Évidemment, l'Abitibi-Témiscamingue était là, disséminée dans toutes les allées, forte et fière, avec ses nombreux attraits, ses pourvoiries qui rivalisent d'ingéniosité pour vous accueillir à leur tour, si ça vous chante...

Je connais quelques pourvoiries de ma grande région mais je ne les connais pas toutes, au contraire, j'en ai découvert plusieurs... à Montréal!!! Je m'apercevais souvent après coup que telle pourvoirie était située dans ma région mais j'étais attirée d'abord par la chaleur et la simplicité des gens dans les kiosques, leur approche, les photos magnifiques, les décors de ciel bleu, de plage, de forêts, de lacs et de rivières, dans lesquels je me reconnaissais sans doute un peu. Au bout d'une phrase, je leur épargnais des explications fort longues, en leur disant : « Le Kipawa, oui, je connais, ou Obaska, je sais où c'est, je suis aussi de l'Abitibi-Témiscamingue! » et nous échangions quelques mots joyeux avant que je reparte avec leur dépliant et que je poursuive mon chemin à travers ce microcosme du Québec qu'est le Salon de la pourvoirie.

Il arrivait qu'on me fasse signe de ne pas partir tout de suite, qu'on avait quelque chose à me dire encore. Donc, je pouvais entendre des échanges entre les visiteurs et les gens des pourvoiries de chez nous. J'aurais voulu ne pas entendre tous ces clichés qui perdurent de façon extrêmement tenaces sur notre région. Mes Zoreilles étaient soumises à rude épreuve. Ça me faisait mal. Je ne m'habituerai jamais à ça : « Heille, c'est creux, l'Abitibi, j'irai jamais, c'est ben trop loin », « Il doit y avoir ben trop de mouches l'été », « y a juste 3 ou 4 indiens pis il fait frette », « Ah l'Abitibi, le paradis de la mouche noire et des épinettes » et autres balivernes qui me rentraient dedans comme des couteaux en plein coeur, alors que je n'avais pas la possibilité de défendre cette région de plein air et de grands espaces, de liberté et de gratuité, toujours jeune et en construction, tellement victime de fort préjugés qui frisent le mépris.

Mon rôle, jeudi dernier, ne consistait pas à rétablir les faits ou expliquer des choses pourtant faciles à comprendre. J'ai trouvé difficile de rester silencieuse et respectueuse de mon rôle. J'ai vu nos gens d'ici tenter quand même de racoler le client, ils faisaient un bon travail, donnaient des explications logiques et tout mais je suis quand même sortie de là le coeur en miettes parce que je n'avais jamais entendu autant de faussetés pleines d'ignorance par tant de gens en si peu de temps.

Je garde un excellent souvenir de ce mini séjour dans les Laurentides et à Montréal, surtout à cause de l'accueil chaleureux des grandes soeurs de Crocodile Dundee, nos beaufs, les neveux et nièces qui ont parcouru des distances appréciables pour venir à notre rencontre mais je ne peux m'empêcher aussi d'avoir été très bouleversée de me rendre compte d'une manière aussi percutante que mon pays ne sera sans doute jamais un pays, tant que les Québécois(es) ne prendront pas conscience que la terre qu'ils habitent, la culture et la langue qu'ils ne défendent même plus, l'histoire qui est la nôtre, le patrimoine qui nous distingue encore un peu, tout ça, c'est une richesse incommensurable en laquelle il faudrait avoir un minimum de respect, une petite ouverture, un soupçon de connaissance géographique, un quelconque sentiment d'appartenance.

Jusqu'à maintenant, je n'avais jamais connu de peine d'amour ou d'amitié. Je suis d'une autre race, de celle que je n'arrive pas à définir mais depuis jeudi, je me sens étrangère dans mon propre pays et je sais maintenant ce qu'est une peine d'amour. Je suis revenue de Montréal avec une peine d'amour de mon pays, celui qu'on aurait pu avoir si on y avait cru, si on s'y intéressait davantage, si on avait pris conscience que le Québec, c'est grand, du nord au sud, de l'est à l'ouest, avec tout ce qu'on est mais aussi avec tout ce qu'on a, rien de moins. Ce Québec que j'ai vu à Montréal, il n'a plus d'identité mais tout plein de frontières.

Mon sentiment d'appartenance reste toujours aussi fort, je n'y peux rien, je m'enracine dans ma terre si profondément que mon feuillage s'étend maintenant à l'infini...

mardi 5 février 2008

Lire entre les lignes


Ça faisait longtemps que je voulais prendre cette photo d'une affiche qu'on rencontre à quelques rares endroits aux limites de l'Abitibi-Témiscamingue, là où elle laisse place à la région Nord-du-Québec, plus exactement au 49e parallèle nord. Photo prise samedi dernier, en route vers Val-Paradis, un village qui porte si bien son nom, Val-Paradis que j'ai revu toujours aussi solidaire, sincère, communautaire tissé serré, simple et chaleureux, uni dans la peine de devoir rendre un dernier hommage à l'un de ses pionniers, un géant, un homme entier et droit comme un chêne, le coeur vaillant, plus vrai que nature, un bâtisseur de pays, un semeur de villages et d'espoir. Heureusement, les vrais héros ne meurent jamais tout à fait...

Mais je reviens à cette affiche qui m'a toujours fait sourire parce qu'elle est tellement représentative de notre coin de pays, quand on sait lire entre les lignes. Tout d'abord, la région Nord-du-Québec est aussi peu et mal connue que l'Abitibi-Témiscamingue, on dirait qu'on la considère comme notre petite soeur! Si le Québec était une famille (mon rêve de plus en plus utopique!...) l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec seraient les deux petites dernières de la famille.

Dans les instances administratives et politiques si loin de nous, on l'a nommée à juste titre Nord-du-Québec mais ici, on l'appelle toujours familièrement la région de la Baie James. Dans une famille, il arrive souvent qu'on surnomme le monde autrement que sur leur certificat de baptême... Une sorte de privilège rempli de familiarité et d'affection.

La deuxième inscription de l'affiche, c'est celle-là qui me chatouille le coeur parce qu'elle raconte un paquet d'histoires où les gens du sud de la province n'ont pas vraiment le beau rôle, je suis désolée... Bienvenue dans le vrai nord! Vous avez remarqué le soulignement du mot vrai et le point d'exclamation? C'est là que tout est raconté avec un clin d'oeil complice. On voit ça aussi dans les familles, les plus jeunes qui agacent les plus vieux, ceux qui croient tout savoir et dont on se moque avec un brin de je-m'en-foutisme et d'ironie!

La troisième et dernière inscription présente la traduction crie parce que les autochtones qui vivent sur ce territoire grand comme un pays, ce sont en majorité des Cris. Ceux-là, on les a mieux traités que bien d'autres Premières nations, parce qu'on n'avait pas le choix, on leur avait jadis octroyé ce territoire nordique qui n'intéressait personne. C'était bien avant l'odyssée de la Baie James (les centrales d'Hydro-Québec) qui s'est soldée par la signature de la Paix des Braves, un traité venu sceller une alliance toujours fragile et une reconnaissance des droits ancestraux dont personne ne pouvait douter politiquement.

Cette affiche, placée bien en évidence, au bord de la route menant à Val-Paradis, on dirait qu'elle se dresse fièrement, le nez au vent, presque provocante, tout de suite après celle qui indique « 49e parallèle » et l'on ne se sent pas obligé d'écrire 49e parallèle nord, ça semble évident à tout le monde!

En arrivant dans le village proprement dit, samedi dernier, sous un soleil radieux et presqu'aveuglant, j'entendais à la radio d'état qu'on se désolait de la température exécrable qui sévissait « partout au Québec ». Puis, j'ai vu une autre affiche, « Bienvenue à Val-Paradis, fondé en 1942 » et j'ai pensé à ce géant venu nous inventer ce village en pays neuf, à l'âge de 18 ans et qui s'y est enraciné de tout son être, qui y a rencontré l'amour, qu'ensemble, ils ont aimé et fait grandir 6 enfants qui participent activement au développement et au mieux-être du vrai nord, qui y ont rencontré l'amour, qui ont aimé et fait grandir des enfants...