mardi 17 mai 2016

La vie de château


Après l'hiver qui nous a paru si long et ce printemps qui n'en finit plus de s'étirer paresseusement, on avait tellement hâte que toute la glace soit partie jusqu'au fond de la baie pour qu'on puisse enfin se rendre en bateau jusqu'au p'tit château. Je sais, ça fait prétentieux d'appeler ce campe « le p'tit château » mais il ne faut pas prendre cette appellation au premier degré. Il y a toute une histoire derrière cette expression trompeuse, je vous la raconterai peut-être un jour mais pour tout de suite, je vous y emmène passer la fin de semaine avec nous! 


Vendredi en début d'après-midi, il nous est apparu au détour du dernier méandre. 


La glace avait libéré le bras de la rivière mais ça ne faisait pas longtemps, on en voit encore les derniers vestiges. 


Une fois le bateau bien attaché au quai, on a toute la fin de semaine devant nous et malgré qu'on nous annonce toutes sortes de températures pas très agréables en cette saison, on ne voudrait pas être ailleurs qu'ici et maintenant. On va prendre des nouvelles de la forêt, de la faune et de la flore et puis, il y a tant à faire ici que la fin de semaine va être encore trop vite passée. 


Mais commençons par goûter le calme et la paix qui nous envahissent en ce vendredi 13 qui signifie la chance plus que jamais. 


Il y a mon Ti-Coq qui vient m'accueillir peu après mon arrivée, l'air de dire : « Bon ben te v'là, toi, c'est pas trop tôt! »


Même Crocodile Dundee n'en revient pas du comportement de ce tétras mâle. On sait bien qu'il est en pleine saison des amours mais il n'agit pas du tout de la même manière avec lui qu'avec moi. 


Il traite Crocodile Dundee comme un rival, il défend son territoire, il l'affronte, se montre arrogant et gonflé d'orgueil alors qu'avec moi, au contraire, il virevolte tout excité, il déploie tout son arsenal de charme. 


C'est ainsi qu'il vient se poser sur une branche près de moi pendant de longues minutes où il se laissera admirer et photographier tant que je veux. Et aussitôt que Crocodile Dundee s'approche, il s'envole plus loin, complètement furieux!!! Bon joueur et n'ayant pas peur de la compétition, Crocodile Dundee décide de nous laisser seuls, en tête à tête, pour aller voir comment « ses » petits castors avaient survécu ces deux dernières semaines. 


Crocodile Dundee était tellement content de les revoir, ses deux petits castors, qui ont survécu à l'hiver! C'est que l'automne dernier, il avait craint pour leur survie en voyant la trop petite quantité d'amas qu'ils avaient sauvegardée pour la froide saison. Tout au long de ce dur hiver, il leur plaçait des petites branches de trembles près de l'entrée de leur cabane et il l'a fait régulièrement. Chaque fois qu'il y retournait, la réserve était presque épuisée, ce qui était un bon signe. Il y avait de la vie là-dedans. Crédit photo : Gilles Rivest. 


C'est comme quand on se rend compte que les petits sont rendus autonomes et qu'ils vont se débrouiller sans nous! Quelle fierté! Crocodile Dundee a fait deux vidéos où l'on voit les deux petits castors pleins de vie et en bonne santé mais il a aussi pris des photos. Vous savez comment on est avec nos enfants, hein? On passe notre temps à les poser! Crédit photo : Gilles Rivest. 


On nous l'avait pourtant annoncé d'avance mais on s'en fichait un peu, on le croyait pas. C'était pourtant vrai : dimanche matin, on s'est réveillé avec un tapis de neige au sol... Crédit photo : Gilles Rivest

La vie de château 

Samedi a été pluvieux et gris. Qu'à cela ne tienne, ça nous arrangeait un peu. Crocodile Dundee avait tant à faire dehors malgré la pluie et moi, j'avais tout ce qu'il fallait pour me lancer à corps perdu dans le grand ménage du p'tit château : le baril d'eau de pluie plein à ras bord tout le temps, la chaleur douce et réconfortante du poêle à bois et des petites bûches en masse pour la faire bouillir, la radio de Ici Radio-Canada Première pour me sentir à la fois si proche et si loin du monde. J'étais la reine du p'tit château et Crocodile Dundee, le roi. 

C'est fou, les idées incongrues qui me sont venues à l'esprit quand je m'affairais à la tâche en écoutant les actualités de la fin de semaine à la radio. Pendant que tout le Québec avait l'air de considérer la liberté d'expression des humoristes comme la chose la plus importante au monde, on se mobilisait, on s'insurgeait, on se scandalisait, on faisait des gorges chaudes à propos de ce qui me semblait être des détails de régie interne qu'on transportait sur la place publique, moi, j'étais là à me demander comment il se faisait qu'on laissait depuis des années nos politiciens bousiller complètement notre système public de santé et de l'éducation sans réagir. Décidément, je ne comprends plus la société dans laquelle je vis. Quand je suis au p'tit château, c'est ce qui me frappe de plein fouet : comment en suis-je venue à ne plus me reconnaître dans les préoccupations de la population de ce Québec que j'aime tant? 

Faudra-t-il mettre en scène une téléréalité qui nous montre chaque semaine les cas les plus flamboyants, les plus révoltants, les plus pathétiques, pour que le monde se décide à s'intéresser, à réagir, à se mobiliser et à intervenir, face à des enjeux sociaux et politiques qui nous concernent tous? 

jeudi 28 avril 2016

LA POULE

J'écris par défaut. J'ai toujours dit que si je savais peindre, je n'écrirais pas. En fait, ce que je voudrais vraiment, si j'en avais les moyens, ce serait de faire des films qui racontent, qui expliquent, qui sensibilisent, qui démontrent et qui rallient. Je crois aussi qu'en partant du très particulier, on rejoint souvent l'universel. Quand je raconte un souvenir ou une anecdote, j'ai le pouvoir de la revivre de manière peut-être un peu plus sensible parce que revisitée avec mes paramètres d'aujourd'hui et en présence de personnes qui me sont chères. C'est ce que vous représentez pour moi, ceux qui me lisent et qui interviennent, des personnes très chères. Je ne vous le dis pas assez souvent! 


C'est l'image que j'ai de moi quand je vous écris un billet qui me replonge dans un événement du passé. Sur ce voilier où nous avons navigué pendant 5 jours et 4 nuits dans la baie Georgienne, c'était ma place préférée, à la proue, en silence, avec mes jumelles, pour voir au loin. Mes compagnons d'équipage, Crocodile Dundee, sa soeur Claudette et notre beau-frère Georges, avaient pris cette photo puisqu'elle était très représentative de ce séjour inoubliable qui était aussi une sorte de voyage intérieur où l'on se fait bercer de douceur, de vent du large et d'infini. 


L'histoire que je m'apprête à vous raconter se passe à peu près à cette époque, quelques années auparavant, pour être plus précise. Vous me reconnaissez? À la droite de mon père, jamais loin de notre fille et de Crocodile Dundee! 

LA POULE 

En faisant mes courses hier, je tombe sur une fille que j'aime beaucoup et que je n'ai pas vue depuis longtemps. On s'échange les dernières nouvelles et elle me demande si j'ai écouté l'émission La Poule aux oeufs d'or alors qu'elle y était participante. Quand je lui réponds que non, elle s'empresse de m'apprendre qu'elle y a gagné 27 500 $, soit 7 500 $ à la première étape et 20 000 $ de plus dans la deuxième.

- Bravo Annette, je suis contente pour toi!

Et c'est ainsi qu'elle a réveillé un beau vieux souvenir qui me remplit de bonheur chaque fois que j'y repense... 

Décembre 1997. Papa a son congé de l'hôpital et revient chez lui le 1er, juste à temps pour qu'on célèbre son 70e anniversaire de naissance le 2 décembre. Le mois de novembre a été une véritable épreuve pour lui et pour nous, sa famille, mais on tourne cette page douloureuse avec soulagement et enthousiasme pour ce nouveau départ. C'est qu'on lui avait diagnostiqué un cancer colorectal à l'automne et il devait subir une opération début novembre, la colostomie. Avec une attitude toujours positive, Papa nous donnait une leçon de vie et de courage que nous n'oublierons jamais. Mais voilà que des complications post-opératoires surviennent, s'aggravent et qu'on passe proche de le perdre, lui si fort, si vivant, lui qui aime tant la vie. Tout le reste du mois de novembre y passe, on l'accompagne de notre présence et on sent qu'on a gagné le gros lot quand on retrouve notre Léo comme avant, « notre petit Léo de course » comme mon frère l'appelle, juste à temps pour fêter son anniversaire. 

Ses amis le fêtent aussi. Il n'y a rien de trop beau pour notre Léo! Dans une carte de fête remplie d'amitié et de bons voeux, un couple d'amis lui offre des billets de loterie. Il y avait 5 billets de La Poule aux oeufs d'or. Papa relit ses cartes plusieurs fois avec son grand sourire attendri et met les billets dans son portefeuille puisque le tirage aura lieu seulement le mercredi suivant. Et puis, il oublie ça, si peu habitué aux billets de loterie qu'il n'achète jamais. 

Le jeudi soir suivant, mes parents viennent veiller chez nous. Je demande à Papa s'il a écouté l'émission de la veille, s'il a gagné quelque chose au tirage. Tout à coup, il y pense et sort ses billets de son portefeuille. 

Petite parenthèse : Papa, quand il me présentait à quelqu'un, s'amusait à dire : « Je te présente Francine, c'est mon homme de confiance! ». Il savait que ça me faisait rire et qu'il y avait beaucoup de complicités en dessous de ça. 

Donc, ce soir-là, Papa me dit : « Tiens, mon homme de confiance, peux-tu me vérifier ça avant que je les jette? » Alors, je prends les billets et je téléphone à Michel, un ami, aussi propriétaire du dépanneur pas loin de chez nous où je suis cliente au quotidien. Michel est surpris de ma question, il sait que je n'achète jamais de billets de loterie, il a tellement essayé de m'en vendre. Comme c'est tranquille dans le dépanneur, je lui donne les numéros que j'ai sur les billets. Il y a un silence au bout de la ligne et soudain, il me lance : « Francine, tu gagnes 25 000 $ ». Je lui réponds que c'est pas moi, c'est mon père mais Michel est tellement énervé qu'il ne m'entend pas et des clients arrivent à sa caisse en même temps, j'en profite pour lui dire au revoir et merci, que je lui en reparlerai le lendemain. 

Mon père ne le croit pas et moi non plus. Je lui dis que Michel est du genre à me jouer un tour, juste parce que je n'achète jamais de billets de loterie. Alors, on décide d'aller ensemble au dépanneur de Madame Dubois, juste un peu plus loin. Cette dame connaît bien toute notre famille et elle n'est pas du genre à jouer des tours. 

Isabelle est en pyjama, prête à aller se coucher, il y de l'école le lendemain. On saute tous dans la vannette à Papa et on va au dépanneur de Madame Dubois. Papa conduit la voiture, il ne veut pas les billets, il me les laisse, on dirait qu'il ne veut pas toucher à ça du tout. Madame Dubois prend le billet en question, les 4 autres n'ont plus d'importance, elle le place dans la machine valideuse et on entend la petite musique qui signifie que ce billet est gagnant. Madame Dubois s'écrie : « Bon ben mon cher Léo, tu gagnes 25 000 $ ». Alors, c'était donc vrai! 

Party instantané dans le dépanneur, les rires fusent, les commentaires aussi, on parle tous en même temps. Là,. on est énervés pour vrai. On réalise que la petite est en pyjama avec ses grosses bottes, le manteau tout ouvert, pas de tuques, pas de mitaines, que nous étions aussi partis en catastrophe mais qu'on n'a pas le goût du tout de s'en retourner chez nous ni chez eux.  C'est là que Papa nous invite tous au St-Hubert pour aller fêter ça.

Le restaurant est très tranquille à cette heure-là, et même si l'on n'a pas faim, Papa insiste pour qu'on  commande tout ce qu'on veut. On finit par commander quelque chose à grignoter, des verres de vin et un jus pour la petite, qui est toujours en pyjama! On décompresse à mesure qu'on digère la belle nouvelle. Mes parents font le projet de partir le lendemain pour Montréal pour aller chercher leur prix. On discute des détails logistiques et mes parents font des projets de voyage et des rêves de toutes sortes.

Au moment de payer la facture pour quitter le restaurant et aller coucher la petite parce qu'il est déjà tard, Papa s'aperçoit que s'il se pensait riche quand il nous a invités, il n'avait pas assez d'argent sur lui et pas non plus sa carte de crédit. Pas grave, j'ai la mienne!  Et je suis habituée d'être son homme de confiance...

Mes parents sont partis effectivement le lendemain matin pour Montréal où ils ont été reçus comme il se doit par les gens de Loto-Québec. Ils sont revenus à la maison quelques jours plus tard après avoir encaissé le chèque et vu quelques amis montréalais en passant. Papa prenait du mieux et retrouvait ses forces chaque jour davantage.

Le mois de décembre a passé beaucoup plus vite que le mois précédent qu'on avait trouvé si difficile et interminable. Tout ce qu'on a vu, on était rendus à Noël. Sous le sapin, cette année-là, il y avait une boîte pour chacun des enfants chez nous et nous sommes trois. Les trois boîtes étaient du même format et pesaient le même poids. Mes parents tenaient à ce qu'on les développe tous en même temps.

Deuxième petite parenthèse : Ma mère a toujours dit qu'avec une grosse can de tomates, on ne manquerait jamais de rien puisque ça pourrait toujours nous servir pour faire plusieurs recettes. Ma mère met des tomates dans tout, avec le poisson, avec la viande, avec le fromage, même un petit reste de macaroni devient un repas à condition d'y ajouter des tomates. Ma mère n'a jamais manqué de tomates en boîte et je pense qu'elle nous a inculqué ça.

Dans nos cadeaux de Noël cette année-là, on avait chacun une grosse boîte de tomates entières... avec un chèque de 1 000 $. Mes parents ont échangé leur gros motorisé pour un plus compact et plus moderne avec lequel ils sont partis faire un grand voyage en Alaska pour redescendre ensuite toute la côte ouest du Canada et des États-Unis, bifurquant vers le Nouveau-Mexique et la Louisiane où ils avaient des amis (entre autres les parents de Zachary Richard) et ils ont fini l'hiver  en Floride! 


dimanche 10 avril 2016

Elle avait semé le doute

Ce matin, en prenant ma marche quotidienne, je laissais vagabonder mon esprit comme à mon habitude lorsque mes pas réguliers et bien rythmés m'ont ramenée à un souvenir d'enfance que j'avais enfoui très loin pour être certaine de l'oublier. Vous savez ce qu'on dit? « Ce qu'on fuit nous poursuit et ce qu'on efface nous pourchasse ». À mon retour à la maison, j'ai eu le goût d'aller fouiller dans les vieilles photos de mon enfance pour effacer ce doute à tout jamais. J'ai pour mon dire qu'à 58 ans, il est grand temps que je fasse le ménage là-dedans. 


J'avais 8 ans. On habitait au 4, rue Rupert, à Matagami, dans une roulotte de la mine. Papa travaillait à la Orchan Mines mais il avait aussi plusieurs autres occupations pour arrondir les fins de mois. Maman ne travaillait pas à l'extérieur dans ce temps-là, elle en avait plein les bras avec nous trois : mon petit frère Yves avait 3 ans et le petit dernier de la famille, Jocelyn, avait un an, on le voit lui aussi sur cette photo. 


Ici, j'avais 9 ans, Yves et Jocelyn respectivement 4 et 2 ans. On habitait toujours dans une roulotte de la mine... entourée par d'autres roulottes de mines. 


J'avais 10 ans, Yves 5, Jocelyn 3. On était en vacances au lac Nipissing, près de North Bay en Ontario. Ce furent les plus belles vacances de notre vie pour nous les enfants et probablement aussi pour nos parents. Pour Yves et Joce comme pour moi, cette photo déclenche des fous rires à chaque fois qu'on la voit, il y a tant d'histoires vécues qui sont rattachées à ces vacances! 

Elle avait semé le doute

J'ai beau regarder mes jambes sur chacune de ces photos, je n'y vois rien qui cloche. Et pourtant, en revenant de ma marche cet avant-midi, j'ai eu comme besoin de vérifier! Je vous raconte... 

Je l'ai déjà dit souvent, dans la petite ville minière de Matagami que j'ai vue naître et grandir, nous étions des pionniers. C'était dans le temps qu'on ouvrait des villages au lieu d'en fermer et cela a été très formateur pour les enfants que nous étions. Nous avons toujours cru que tout était possible au Nord, qu'il suffisait de se retrousser les manches et de travailler ensemble dans la même direction pour faire arriver les choses et ce, à tout point de vue. 

À Matagami, la ville était en pleine effervescence, les trois mines employaient tous nos pères, le parc de roulottes s'agrandissait à vue d'oeil, on ajoutait des rues à mesure, les maisons se construisaient autour de l'école, les commerces s'installaient à la Place du Commerce, les services se multipliaient, les institutions s'organisaient, l'économie roulait sur l'or et dans ce contexte, Papa n'avait pas de misère à se trouver de l'ouvrage et il était très vaillant. En plus de travailler à la mine, il vendait des voitures usagées et des habits sur mesure. 

Moi, j'avais 7-8-9 ans et plein d'amis qui venaient de partout. Personne n'était né à Matagami, la ville n'existait pas avant nous, on venait tous d'ailleurs. J'avais beaucoup de cousins et cousines aussi, on nous appelait les Madelinots, on était faciles à reconnaître avec notre accent et nos expressions colorées! J'ai eu une enfance extraordinaire à faire des campes dans le bois, s'inventer des jeux, aller à la pêche sur la rivière Bell et organiser nos loisirs. C'est ainsi que j'ai fait partie du corps de majorettes Les Rubis de Matagami!

La bonne femme Kramer était l'organisatrice et la responsable des Rubis de Matagami. Elle n'était pas commode, la bonne femme, on aurait dit qu'elle se prenait pour une générale d'armée, elle avait un ton autoritaire, presque militaire et elle criait fort pour tout et pour rien. Mes cousines et mes amies étaient dans les majorettes et je voulais moi aussi avoir comme les autres ma petite jupette blanche, mes bottes blanches avec le gros pompon rouge, le corsage rouge, le chapeau haut de forme blanc avec le pompon rouge et surtout, le bâton de majorettes que j'allais faire virevolter dans les airs lors des parades.  J'étais donc fière quand j'ai eu mon uniforme de majorettes!

J'allais à toutes les pratiques et toutes les parades, je n'en manquais pas une, j'aimais trop ça. J'étais rendue bonne pour faire toutes sortes de mouvements avec mon bâton argenté. J'aspirais un jour être promue pour jouer des cymbales, du tambour ou de la lyre, comme les grandes filles qui fermaient la parade. Moi, c'était la musique que j'aimais le plus mais j'étais trop petite encore alors je gardais mon rang, je suivais le rythme et je faisais partie fièrement de notre corps de majorettes. La bonne femme Kramer nous avait promis que si on continuait d'être bonnes de même, on irait peut-être au pageant à Rouyn (une grosse ville!...) l'été suivant. 

Papa avait vendu une auto usagée à la bonne femme Kramer au cours de l'hiver. Peu de temps après, elle a eu du trouble avec son auto et pourtant, Papa s'était assuré que la voiture était en excellente condition avant de la lui vendre. Même qu'il avait payé une partie de la facture lorsqu'elle l'avait fait réparer chez le mécanicien de son choix. C'est à partir de ce moment-là que la bonne femme s'est mise à crier de plus en plus souvent après moi. Elle me faisait peur avec sa voix de générale d'armée. J'aimais moins ça qu'avant aller à mes pratiques de majorettes. 

Un bon samedi matin, devant tout le corps de majorettes, elle m'appelle pour aller en avant et elle m'annonce que je ne pourrai plus faire partie des Rubis de Matagami parce que j'ai une jambe plus courte que l'autre... Elle m'indique le vestiaire où je dois aller tout de suite enlever mon costume et m'en retourner chez nous. 

J'ai tellement braillé quand je me suis retrouvée toute seule dans le vestiaire. Je n'avais jamais vu que j'avais une jambe plus courte que l'autre. Mes parents non plus. Mais peut-être que tous ceux qui m'aimaient ne voulaient pas me le dire pour ne pas me faire de peine? J'ai enlevé ma petite jupette, mes bottes blanches, j'ai marché d'un pas de majorettes dans le vestiaire, pieds nus, en bobettes, cherchant à savoir laquelle de mes deux jambes était plus courte que l'autre. Je ne voyais vraiment pas. Je ne comprenais pas. 

Une fois à la maison, j'ai annoncé ça à mes parents, qu'ils avaient une fille handicapée, avec une jambe plus courte que l'autre. La bonne femme Kramer m'avait jeté dehors des majorettes à cause de ça. J'avais de la peine de ne plus pouvoir être avec mes amies et mes cousines, on avait tant de plaisir ensemble. Je voyais s'envoler tous mes espoirs de jouer de la lyre un jour, d'aller au pageant à Rouyn avec tout le groupe... 

Les jours suivants, à chaque fois qu'il y avait du monde chez nous, Maman me faisait déambuler tout le long du salon et de la cuisine et du corridor (une roulotte, c'est fait en long!...) en leur demandant leur avis : « Trouvez-vous qu'elle a une jambe plus courte que l'autre, vous autres? », ce à quoi ils répondaient tous non. Et moi, à chaque fois, j'avais le goût de brailler. Une fois que Papa était là lorsqu'elle m'a fait déambuler dans la roulotte avec sa question qui tue, il a vu que j'avais peine à retenir mes larmes alors il a dit : « Elle n'a pas une jambe plus courte que l'autre, c'est la bonne femme Kramer qui est folle raide! » 

Je ne me souviens plus si les filles sont allées au pageant à Rouyn ou si mes cousines et mes amies sont restées bien longtemps dans les majorettes mais je me souviens que j'ai longtemps cru que j'avais une jambe plus courte que l'autre et que la bonne femme avait semé le doute dans mon esprit et celui de ma mère. Ce que je sais aujourd'hui, par exemple, c'est que quand t'es enfant et que t'es victime d'une injustice au point d'en être rejetée du groupe, ça sème le doute pour longtemps dans ton esprit.
 
Au fond, ce n'est pas grave et il n'y a pas de grand drame humain dans cette histoire et je n'en suis pas restée traumatisée tant que ça mais n'empêche, ce matin encore, 50 ans plus tard, en marchant au soleil d'un pas léger, dynamique, rythmé et entraînant, ce souvenir m'est revenu et j'ai eu besoin d'aller vérifier dans mes photos d'enfance si j'avais à cette époque comme aujourd'hui les deux jambes bien égales!
 

mercredi 23 mars 2016

LA CABANE ET LE BATEAU



LA CABANE 


Entre le 17 et le 21 mars dernier, nous étions partis vers le Sud... du Québec (!) Crocodile Dundee et moi. Contrairement aux outardes qui remontent vers le Nord, nous nous dirigions en sens contraire à elles pour deux excellentes raisons que j'appelle, comme le dit mon titre, la cabane et le bateau. 


À la cabane à sucre familiale et artisanale de ma belle-famille, tout commence là, par les érables, avec la collaboration de Mère Nature, et de quelques personnes toujours heureuses de se retrouver pour travailler dans le plaisir à faire du bon sirop d'érable. Nous sommes ici dans la région des Laurentides, surnommée Les Pays d'en Haut, plus précisément à Bellefeuille, St-Jérôme. 


Chez mon beau-frère Georges et ma belle-soeur Claudette, il y a cette année environ 1000 entailles, c'est-à-dire 1000 chalumeaux soigneusement jumelés à 1000 chaudières de métal qu'on doit régulièrement récolter pour les transvider dans des chaudières de plastique qu'on ramène au grand baril principal d'environ 500 litres d'eau d'érable qui circule dans les sentiers principaux qu'on parcourt de façon motorisée même si la récolte se fait humainement. Ici, mon beau-frère Robert, chaussé de ses raquettes, s'affaire à cette tâche qu'on fait toujours en groupe. 


Il a fait soleil tout au long de notre séjour là-bas. Qu'il est agréable de travailler dehors à « courir les érables »!


Cette journée-là, on était 6 à « faire une ramasse » dans le tiers de l'érablière. On voit ici le grand baril de métal où l'on vide nos chaudières pleines d'eau d'érable. Pour se transporter d'un point à l'autre, on embarque sur le « bombi », ce genre de tracteur à neige capable de transporter de lourdes charges. Pour aller cueillir l'eau d'érable dans les chaudières de métal, on le fait avec les raquettes. 


Pendant ce temps, mon beau-frère Georges, le bouilleur, s'affaire sans relâche à ses gros fourneaux qu'il entretient avec constance et précision pour en arriver à faire « une coulée », ensuite une autre, puis encore une autre, etc. La journée avait commencé de bonne heure pour lui avec l'eau d'érable récoltée la veille en très grande quantité. 


Encore ce cher Georges, concentré et minutieux, qui vérifie constamment plusieurs cadrans et instruments de mesure tout au long de chaque coulée. Dans sa tâche qui est tout autant une science qu'un art, il est assisté par sa grande soeur Françoise qui ne voulait absolument pas être dans la photo. 


Claudette et moi, on a été se promener en raquettes dans le raccourci pour voir si les érables avaient coulé dans ce secteur. 


Avec Claudette, on a été chercher de l'eau du ruisseau à l'eau claire juste derrière la cabane pour s'approvisionner en prévision du dîner. On pourrait peut-être boire cette eau mais comme on en est pas certaines, on s'en sert pour la vaisselle, le nettoyage des tables et comptoirs, etc. 


Juste avant le dîner, sous le soleil ardent du midi, une petite pause avec un bec sucré pour être dans le thème de la cabane à sucre! 


Claudette nous avait fait des fèves au lard maison avec un soupçon de sirop d'érable dedans. Elle m'a demandé si je voulais avoir un oeuf cuit dans le sirop, je lui ai dit que je n'avais jamais goûté à ça. Elle m'en a fait un juste pour moi, c'était tellement délicieux! 


Crocodile Dundee adore les cocos dans le sirop lui aussi. C'était un vrai dîner de cabane à sucre!


Ici, on voit le produit fini de cette « coulée » : 3 gallons de sirop d'érable, c'est-à-dire 24 conserves puisque 8 conserves donnent 1 gallon. Cette journée, elle s'est terminée à 20 heures, c'est ce que mon beau-frère Georges appelle un beau succès puisqu'en tout, il aura fait 15.5 gallons de sirop d'érable ce jour-là. Pour lui, une petite année, comme l'année dernière, signifie environ 60 gallons. Une bonne grosse année productive serait environ 100 gallons, c'est ce qu'on souhaite pour cette année. La saison sera-t-elle bonne? C'est toujours Mère Nature qui mène... 

LE BATEAU 

Crocodile Dundee rêvait depuis le mois de décembre du « bateau de Granby ». Le nôtre étant devenu trop petit (la famille s'agrandit tout le temps) très inconfortable et peu performant, il avait cherché partout autour de nous, parmi ses connaissances, chez les concessionnaires, sur l'Internet, et le bateau de ses rêves, celui qui convenait à nos besoins et à notre budget, c'était celui qu'un monsieur de Granby avait mis en vente sur un site spécialisé. En janvier dernier, on avait communiqué avec ce Monsieur de Granby et nous nous étions bien entendus. Nous lui avions fait parvenir un chèque de 10 % de la somme pour officialiser la transaction, avec la promesse qu'on irait chercher le bateau/moteur/remorque en mars ou avril, au moment où l'on irait faire les sucres. C'est donc dimanche dernier que nous sommes devenus les nouveaux propriétaires du « bateau de Granby » qui est devenu un bateau de Rouyn-Noranda. 


Oh qu'il est fier, le capitaine du nouveau bateau... On avait beau avoir vu plein de photos détaillées lors des négociations en janvier dernier, lorsqu'on a aperçu en vrai notre nouvelle acquisition, on a été agréablement surpris. Personnellement, je n'avais jamais vu un garage aussi propre et bien rangé. On aurait pu manger sur le plancher du garage tellement tout était impeccable. 


Lundi matin, on reprenait la route du Nord, dans le même sens que les outardes, pour ramener chez nous le nouveau joujou. Bien entendu, la petite famille nous attendait, fébrile et excitée. On est tellement fous, nous autres, qu'on a tous voulu s'asseoir dedans, pour voir ce que ça faisait. Et ça faisait très très très bien. Félixe était tellement contente qu'elle dansait entre les bancs en chantant « Partons la mer est belle ». Elle a choisi sa place, dans la pointe du bateau, et nous lui avons promis qu'elle pourrait s'y asseoir seulement lorsque le bateau serait arrêté et avec une veste de sauvetage. 


Dominic était aussi fier que son beau-père! C'est lui qui avait fait le premier contact téléphonique avec le Monsieur de Granby et il avait beaucoup encouragé Crocodile Dundee à aller au bout de son rêve puisqu'il revenait tout le temps « au bateau de Granby », c'était ce bateau qu'il voulait. Maintenant, on a tous hâte à la débâcle et on a plein de projets pour l'été qui vient. 

mardi 15 mars 2016

PERSPECTIVE


Le 22 décembre dernier, nous avions une petite réunion de famille chez notre fille et son mari. Il est rare que j'apparaisse sur les photos tout simplement parce que ma façon de fuir les caméras, c'est de prendre les photos moi-même mais cette fois-là, mon beau-fils m'a chipé ma caméra pour en prendre une de nous deux!

PERSPECTIVE

Hier soir, Crocodile Dundee et moi, on s'est replongé dans une époque lointaine en regardant les photos de famille que sa soeur venait de lui donner. Il y a maintenant un an que leur mère est décédée et ma belle-soeur a eu la bonne idée de démanteler les albums photos de sa mère pour distribuer ces souvenirs le plus équitablement possible entre les 5 enfants de la famille.  

Que de beaux souvenirs nous nous sommes rappelés de cette vie de famille riche et intense dont je fais aussi partie depuis  40 ans cette année! 

Et puis, on a laissé de côté les photos pour continuer d'échanger sur cette époque où mes beaux-parents avaient l'âge qu'on a maintenant. Comme Crocodile Dundee célébrera ses 60 ans le 2 avril prochain, inévitablement, il fait des bilans, des constats, il se souvient et il s'inspire d'eux pour entreprendre cette nouvelle décennie avec une perspective qui tienne compte de ce qu'on est devenus, lui et moi, individuellement, ensemble et avec notre petite famille à nous. 

La discussion a rapidement tourné au rire et à la complicité quand on s'est mis à se rappeler que plus jeunes, on avait une vision de l'âge et de la vie tellement déphasée. Moi qui suis née en 1957, quand on me parlait de l'an 2000, je croyais qu'à 43 ans, je n'allais peut-être même pas voir ça et que si j'étais encore de ce monde au tournant du millénaire, plus rien n'allait me déranger! 

Crocodile Dundee, lui, m'a raconté qu'en fouillant dans la bibliothèque chez ses parents, il était tombé sur un livre qui parlait de l'amour après 50 ans. Il s'était fait la réflexion qu'à cet âge-là, ses parents n'avaient sûrement plus de vie sexuelle active, c'est certain! Alors, comme il avait l'habitude d'arriver à l'improviste chez ses parents à tout moment, une fois, il avait trouvé la maison bien tranquille et s'était dépêché d'aller voir au sous-sol au cas où l'un des deux aurait eu un malaise ou quelque chose du genre. C'est là qu'il a trouvé son père d'abord, en bobette, derrière le bar, pendant que sa mère s'était réfugiée pour se rhabiller en vitesse dans la salle de lavage d'où elle est ressortie un peu échevelée.  Sur le coup, Crocodile Dundee n'avait pas tout de suite compris ce qu'il venait de déranger, tellement certain qu'après 50 ans, ses parents ne devaient sûrement pas « faire ça »!

Mais Belle-Maman, connaissant son fils, moqueur et taquin comme pas un, s'est empressée d'appeler ses filles, pour leur dire : « Le beau Gilles va vous conter ça à sa manière, il va faire son comique, ça fait que j'aime mieux vous le dire moi-même, il nous a surpris, votre père et moi... » 

Et c'est là, seulement là, que Crocodile Dundee a compris les dessous de la scène bizarre sur laquelle il venait de tomber. Vous pensez bien qu'il ne s'est pas privé non plus de le raconter à sa manière et devant ses parents lors des réunions familiales qui ont suivi. 

À l'approche de ses 60 ans, demandez-lui aujourd'hui si les gens de plus de 50 ans ont encore une vie amoureuse digne de ce nom!!! Maintenant, 60 ans, c'est encore jeune... Simple question de perspective!


samedi 27 février 2016

Plein air du Nord


Crocodile Dundee et son compagnon d'expédition, en pleine action sur la rivière Rupert, région Nord-du-Québec. C'était avant qu'on vienne harnacher cette rivière en eaux vives pour y faire des barrages d'Hydro-Québec dans le cadre du vaste projet NBR (Nottaway/Broadback/Rupert). Les gars ont descendu ces rivières alors qu'elles étaient encore à leur état « nature ». 


Chacune des expéditions sur les rivières du Nord avait son lot d'aventures, de moments grandioses et de difficultés. Quand ils se revoient et qu'ils s'en reparlent, ils revivent ces moments de grande intensité mais aussi d'amitiés indéfectibles. 


Si les expéditions sur les rivières du Nord étaient les plus spectaculaires, on en a fait d'autres aussi, comme dans le Parc de La Vérendrye, où les femmes et les enfants étaient admis et y trouvaient leur compte. 

Paddle for the North

C'est le titre du film documentaire extraordinaire qu'on a vu hier soir, au P'tit théâtre du Vieux Noranda. La première fois que j'ai entendu parler de ce film qui nous amène voir les beautés du Nord en canot, c'était par la plume de notre amie Fitzsou dont le fils, Alexandre Deschênes-Dénommé, fait partie de l'aventure avec un autre Abitibien d'origine, Gabriel Rivest, ainsi que 4 autres gars qui avaient à coeur de capter des moments inoubliables, partager cette aventure et leurs convictions avec le plus de gens possible. Mission accomplie pour eux, on a été touchés, comme le sont probablement tous ceux qui ont vu ou verront le film prochainement. 

Pour en savoir plus et voir la bande-annonce, on peut lire ce reportage :  

http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/2016/02/26/002-paddle-north-documentaire.shtml

Dans la salle bondée hier soir, on a ajouté des chaises jusqu'au bord de la porte et même retardé un peu le début de la projection tellement il y avait une foule avide de tout voir et de tout savoir. En Abitibi, on est amoureux du Nord et ce n'est pas d'hier. On est friand d'aventures aussi. On a des préoccupations environnementales et sociales qui rejoignent celles des six aventuriers du film. Autrement dit, on était en famille ici hier soir. D'ailleurs, les parents de Alexandre (notre amie Fitzsou) ainsi que ceux de Gabriel étaient dans la salle, on les a salués à quelques reprises et remercié pour leur support et leur aide à chaque étape du projet. 

La discussion et l'échange qui ont eu lieu après la projection avaient autant d'importance et d'intérêt que le film qui nous avait éblouis. Public ému, attentif, conquis et fier de ses deux Abitibiens d'origine qui nous représentaient si bien de par le monde. Parce que ce film voyagera dans le monde, j'en suis convaincue. Il est déjà dans la programmation de 4 festivals de films et ce n'est pas fini. 

On sait que chaque film a une carrière. Celui-là en aura toute une, je vous le prédis. Paddle for the North, en fin de carrière, sera sûrement diffusé à la télévision, il a le format pour ça, et c'est ce que je souhaite au film pour qu'il touche et sensibilise plus de gens aux merveilles du Nord, qu'il ouvre nos yeux et nos coeurs à ces beautés et surtout au développement des ressources qui sache tenir compte de l'environnement et des populations qui habitent ces territoires depuis des millénaires. 

Crocodile Dundee et plusieurs de nos amis qui étaient présents hier soir pensent comme moi, je ne suis pas la seule à être emballée de même. Depuis ce temps, on parle de canot et on se remémore toutes sortes d'affaires vécues sur toutes les rivières qu'on a fréquentées. Crocodile Dundee, au déjeuner et au dîner, m'en a conté des bouts inédits que j'avais jamais su... On aurait dit que cette soirée avait réveillé tous ses souvenirs. 

Encore ce soir, au souper d'amis qui nous rassemblera au lac Dufault, notre ancien patelin, je suis certaine qu'il sera question d'expéditions de canot, celles qu'on a vécues jadis et celles qu'on voudrait revivre... avec nos petits-enfants! 

Semaine de relâche


Faire un feu dehors à la brunante et y faire griller des guimauves... On l'a fait l'an dernier et on s'apprête à le refaire encore puisqu'on part demain matin jusqu'à mercredi à Rapide Deux pour un séjour de plein air avec les enfants, petits-enfants et même les beaux-parents de notre fille qui sont nos amis depuis que nos enfants sont mariés. On sera huit en tout. 


C'est pas chic, c'est pas grand mais c'est le bonheur, à l'intérieur du camp Fra-Gilles qui sera notre camp de base pendant notre séjour là-bas. 


Mais un couple parmi nous ira dormir au P'tit château, à 2 km du camp Fra-Gilles, parce que sinon, on serait trop tassés. Pour la journée, un camp, c'est correct, on mange tous ensemble et la plupart du temps on est dehors. Ici, nous sommes au P'tit château avec Guy et Nicole, les beaux-parents de notre fille. On est tellement plus que des amis, on est devenus de la parenté, on a les mêmes petites-filles qu'on adore! 


Toujours avec Guy et Nicole au camp Fra-Gilles l'automne dernier. On était allés cueillir des canneberges sauvages. On dit que bébé Blanche me ressemble et ça se peut fort bien mais moi je trouve qu'elle ressemble aussi à sa mamie Nicole. En fait, Blanche ressemble à ses deux mamies! 


Au P'tit château, à la fin de l'été dernier. Félixe suivrait Papi au bout du monde. Et comme ça se peut qu'on aille dormir là, Crocodile Dundee et moi, ça ne m'étonnerait pas du tout que Félixe veuille venir avec nous. Elle a déjà annoncé ses couleurs. Elle veut dormir avec nous et manger des toasts au Nutella pour déjeuner avant qu'on aille rejoindre les autres à l'autre campe. 

Donc

Je serai absente quelques jours. En fait, comme je vous disais tout à l'heure, nous partons demain matin. Mais vous savez comme j'ai grand plaisir à jaser avec vous autres quand vous me laissez des commentaires? Je vous retrouverai avec bonheur mercredi en fin de journée.  

À bientôt!


mardi 16 février 2016

Drôle d'hiver



L'après-midi du 22 décembre dernier, alors que tout le monde se désolait au Québec de ne pas avoir un Noël blanc, nous avions la chance d'avoir juste assez de neige pour jouer une partie de hockey, grands et petits, dans la rue chez notre fille (ils habitent dans un cul-de-sac, les chanceux!...) et si la partie s'est organisée à la dernière minute et à la bonne franquette, nous avons eu beaucoup de plaisir avec les voisins et amis. Moi, j'étais gardienne de but! Et photographe officielle... 


Dans mon équipe, on n'avait pas de filet alors j'essayais d'arrêter la rondelle... avec un bâton de hockey ordinaire... mon but étant très large... entre le bac vert et le bac bleu! Je n'avais pas le salaire de Carey Price ni son talent non plus!


Une fois la partie terminée, on était tous gagnants et contents de cet après-midi à jouer dehors. Dominic a pris ma place derrière la caméra pour que je sois au moins sur une photo. On n'a jamais su dans quelle équipe jouait le gentil chien-chien. Il courait après la balle, c'est tout. Pouvez-vous croire que quelques heures plus tard, avec la pluie qui nous est tombée dessus, il n'y avait plus du tout de neige et qu'on n'a pas eu plus que les autres régions du Québec un Noël blanc? 


Cette photo, je l'ai prise le 6 février dernier près de notre camp de trappe, à Rapide Deux. Pour s'y rendre, nous devons faire 90 minutes de route et environ 45 minutes de motoneige hors des sentiers battus. On est ici en plein bois, au coeur de la forêt boréale. On n'a pas de voisin qui se risquerait à venir emprunter une tasse de sucre, pas de téléphone ni électricité ni eau courante. Contrairement à d'autres régions du Québec, on a beaucoup de neige chez nous depuis le début de l'année 2016. 


Quand on arrive au camp, ça peut prendre quelques heures avant de réchauffer la place suffisamment pour y être confortable. 


Alors on allume le poêle à combustion lente du camp et on s'empresse d'aller faire un petit feu aussi dans l'atelier qui se réchauffe plus vite parce que c'est plus petit. Difficile à croire mais 30 minutes plus tard, j'enlevais mon manteau. 


Dimanche dernier, jour de la Saint-Valentin, nous étions conviés au Centre musical En Sol Mineur, (quel joli nom pour ce centre musical situé dans un pays de forêts et de mines) par un froid sibérien de - 38° C, à aller entendre le concert auquel prenait part notre petite-fille, Félixe, qui a commencé à suivre des cours de violon depuis le début de l'année. C'est le cadeau de Noël qu'elle voulait et que ses parents lui ont offert, des cours de violon.



Quand il était tout petit, son papa, Dominic, a lui aussi suivi des cours de violon à cette école et y a donné des concerts mais comme il l'a dit lui-même en voyant la salle si paquetée dimanche dernier « dans ce temps-là, nos grands-parents ne venaient pas à nos concerts! » Je trouve cette photo très belle et fort significative, elle a été prise par Isabelle qui est bien fière des deux violonistes de la maison!


Pour Félixe et plusieurs des enfants qui nous réchauffaient de leur musique, c'était un premier concert à vie, au violon pour certains, au piano pour d'autres. Félixe étant la plus petite, c'est avec elle que la professeure a « cassé la glace ». La salle de concert était tellement remplie à pleine capacité, débordante de chaleur et de soleil, qu'on a même dû se disperser dans deux autres petites salles adjacentes et beaucoup étaient debout pour apprécier le spectacle. L'acoustique est génial dans cette grande maison qu'est le Centre musical En Sol Mineur mais l'espace devient restreint lors des grands jours. Très concentrée et très sérieuse, notre petite violoniste écoute la consigne de sa professeure qui la présente très chaleureusement. Tout au long des prestations des petits élèves qui se succéderont cet après-midi-là, il y aura du silence, de l'écoute et du respect pour enrober toutes les notes de chacun et chacune qui s'en ira rejoindre sa famille dans la salle après avoir offert à nos zoreilles émerveillées sa pièce musicale. 


Blanche était venue applaudir sa grande soeur elle aussi. On avait prévu que je pourrais aller prendre une petite marche avec elle dans une autre salle si jamais elle était bruyante ou dérangeante mais on n'a pas eu besoin de ce plan B, elle a été bien sage tout au long du concert, se dandinant au rythme de la musique et applaudissant chacune des prestations! 

Drôle d'hiver 

On dit que c'est la faute à El Nino. On dit aussi que c'est l'un des effets du réchauffement climatique. Moi je pense que c'est un mélange des deux. Trouvez-vous qu'on a un drôle d'hiver?  Si ça continue de même, on aura un printemps précoce...