mardi 28 octobre 2014

Le Festival des rencontres


C'était dimanche matin dernier, juste avant le Ciné-Muffin du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, une tradition de bonheur et de cinéma que je partage depuis quelques années avec Félixe, ma petite-fille qui aura 6 ans en janvier prochain. Toutes les deux dans l'euphorie de ce moment tant attendu, Félixe a voulu qu'on fasse tout plein de selfies en attendant le début de la projection du Conte pour tous qu'on a tellement aimé « La gang des hors-la-loi ». 


Signé Fred Pellerin. J'y reviens dans un moment... 

Le Festival des rencontres

Ah si vous saviez comment je nage dans le bonheur en ce moment! Je n'ai même pas le droit de garder ça pour moi toute seule. Parce que lorsqu'on vit tant de moments heureux, on a le goût et même le devoir de comprendre comment et pourquoi, pour tâcher de reproduire ça dans notre vie le plus souvent et le plus longtemps possible. 

Bien sûr, j'aime le cinéma comme j'aime aussi l'histoire, la littérature, la poésie, la musique, la danse, le dessin, la peinture, le théâtre, la photographie mais il y a dans ce Festival du cinéma international de chez nous bien plus que ça. Ce sont d'abord et avant tout des rencontres qui en font tout le charme et qui amènent au Théâtre du Cuivre à toute heure du jour et jusqu'à tard le soir, pendant 6 jours, des êtres humains qui célèbrent sur grand écran la vie, l'amour, l'amitié, la création, la découverte, l'imaginaire, les territoires qu'on partage, au sens propre comme au figuré.

Et je viens de comprendre quelque chose... Autour d'un événement culturel, quel qu'il soit, on a la chance de rencontrer des gens avec lesquels on partage un intérêt, une curiosité, une passion. Et là, tout de suite, dans l'instant présent, il se crée un lien basé sur la joie, le plaisir, la liberté, la beauté, la créativité. Ce sont des moments qu'on voudra reproduire encore et toujours. De là naissent des amitiés qui continuent de s'enrichir et de s'approfondir à mesure qu'on vit de belles choses ensemble.

Le Festival, c'est tout cela pour moi et pour beaucoup de festivaliers que je connais, que je retrouve et que je côtoie pour mon plus grand bonheur ces jours-ci.

J'ai revu Chantale, on avait si hâte toutes les deux... Ici, je fais un clin d'œil à JG, c'est son Crocodile Dundee à elle! Elle est venue de Mont Saint-Hilaire avec ses amis de Montréal, Chibougamau et Gatineau, qui ont convergé ici, du beau et du bon monde, tous sans exception. Parlant de Gatineau, j'ai été émerveillée de cette belle et grande famille originaire du Témiscamingue qui se sont réunis à 17, oui oui 17, dans un immense chalet au lac Flavrian et le Festival est pour eux un prétexte de rencontres familiales et amicales, bien au-delà du cinéma. Leur joie fait plaisir à voir, elle est même contagieuse! Quel esprit de famille!

Il y a la belle Diane qui nous arrive de Québec à chaque année, toujours fidèle à ce rendez-vous doux. On est sûrs de la voir deux fois l'an : durant l'été pour la pêche au doré et au temps du Festival.

Même si on a de la belle visite qui vient de partout et qu'on est honorés d'accueillir chez nous, il y a les amis(es) de Rouyn-Noranda qu'on ne voit que dans ce temps-là parce qu'ici, c'est comme ailleurs, la vie va trop vite. On a nos petites traditions qu'on renouvelle avec tant de bonheur, comme si on était sûrs qu'on allait ensuite se perdre de vue jusqu'à l'an prochain. Je pense aux sœurs Savoie, à Paulette, à Jean, à Jolyne, à Fernand et Suzanne, Guy, Nicole, Lise, Carmen, Claude, Michelle et tant d'autres que je me demande maintenant s'ils sont fous du cinéma ou des rencontres suscitées par le septième art en cette fin d'automne dans une région comme la nôtre qui n'a aucun complexe à dire haut et fort qu'on y présente le meilleur du cinéma international, en animation, en courts moyens et longs métrages, dont plusieurs en première mondiale, canadienne ou québécoise.

Ah oui, c'est vrai, il y a des vedettes aussi qui viennent nombreuses au Festival... mais pour moi, les vraies vedettes, ce sont les cinéphiles en colonie de vacances que je croise partout, toute la semaine.

* * * * *

Autour d'un autre événement culturel qui avait lieu vendredi soir dernier au Centre d'exposition de Rouyn-Noranda, j'y ai rencontré mon frère Yves avec sa conjointe Anne-Marie et les enfants. Nous étions 270 personnes dont plusieurs enfants invités à un vernissage d'un type tout à fait spécial et pas du tout guindé, vous pouvez me croire! J'avais vu quelques semaines plus tôt au même endroit une exposition d'œuvres d'artistes québécois dans la grande salle d'à côté. Au bout d'un moment, à cause de bruit et de la cohue, mon frère et moi, on s'est retrouvé comme par hasard dans cette grande salle déserte, à côté de l'autre, si tant tellement trop animée. Mon frère m'a dit qu'il avait tellement aimé le texte de Fred Pellerin qui y était affiché. Moi qui aime tant Fred Pellerin, j'étais passée à côté sans le voir l'autre jour. 

Alors mon frère m'a entraînée avec lui, il fallait que je lise ça absolument, c'était trop beau. L'un à côté de l'autre tout seuls dans cette grande salle déserte qui avoisinait l'autre, si bruyante lors de ce vernissage, on lisait dans notre tête, en silence, ces mots pleins d'images du grand Pellerin qui furent aussi... un heureux moment de rencontre :

Il y avait le jour et la nuit,
Et l'avant et l'après,
Et la vie et la mort,
Et encore, et nombreux,
Toujours des proches et des imminents,
Toujours se frôlant,
S'imbriquant les limites jusqu'à s'adjacer,
Mais ne se croisant jamais

De la même manière,
Il y avait le ciel et la mer
Se moulant l'un sur l'autre,
Ensemble,
Toujours,
Cultivant la parallèlitude,
En se tenant chacun de leur côté de cette ligne mince
Où on fait se lever les soleils.

À un moment,
Ce fut la pointe d'une aiguille d'aurore
Ou d'inadvertance peut-être,
Qui vint bercer doucement cette mitoyenne,
Une brèche dans l'horizon,
Et une fuite
De mer dans le ciel,
Ou d'inverse,
Ou de renverse.
Un peu d'azur et d'eau fraîche
Qui firent naître l'arc-en-ciel

Il y avait le jour et la nuit,
Et l'avant et l'après,
Et la vie et la mort...
Il y avait le territoire et l'imaginaire

À un moment,
Ce fut la pointe d'un pinceau
Ou d'un instinct
Qui troua cette pellicule
Séparant le monde et les images.
Une brèche?
Des couleurs et de la lumière,
Et un éclat de voir dans l'œuvre,
Loin du paysage du peintre,
Logé dans le point de fuite,
Et dont la vue dépasse le montrable.

Le temps d'une toile,
Ça fit l'impression que l'imaginaire débordait dans un décor connu
Ou que le paysage avait passé de l'autre côté du réel
Pour prendre sa dimension vaste.
Sa complète.
Celle de ces zones où se croisent parfois les parallèles,
Où naissent les arcs-en-ciel
Et tous les espoirs de trésors :
Celle des territoires imaginés

Fred Pellerin
 

jeudi 16 octobre 2014

Vent d'automne et brise d'été


Je vous présente « mon Ti-coq », un tétras mâle avec lequel je me suis liée d'amitié et qui passe son temps à vouloir m'impressionner et/ou me séduire en me tournant le dos et en déployant ses plumes comme un paon. Ne lui dites pas mais... ça marche! La dernière fois que je l'ai vu, en septembre, il m'a fait un salut en me regardant en pleine face et j'ai apprécié cette marque de confiance. 


Me reviennent en tête les mots de cette vieille chanson de Tex Lecor : « Écoute crier les outardes/Qui remontent vers le Nord/Et moi qui les regarde/En enviant leur sort... ». J'ai pris cette photo en septembre, dans un champ près de Cadillac. 


C'était en fin de semaine dernière, quelqu'un de la famille m'avait demandé une photo récente de Blanche et j'ai réalisé avec stupeur, comme tous les parents s'en rendent compte un jour ou l'autre, qu'on pose pas mal moins un deuxième enfant qu'un premier. C'est pareil pour les grands-parents! 


La voici, la belle Blanchounette, à 3 mois, avec ses beaux yeux bleus et son sourire craquant. 


À partir de maintenant, toutes les photos qui suivent ont été prises par une caméra espion, ce qui nous donne des scènes intimes entre une maman orignal et ses deux petits jumeaux qui profitaient des beaux jours de l'été (le 13 août dernier) en léchant le bloc de sel que nous avions mis à leur disposition. Les animaux raffolent du sel, on voit bien plus de photos d'ours que d'orignaux au bloc de sel d'habitude mais cette fois-là, il n'y avait que cette petite famille aux alentours. 


Tous les trois partagent cette gâterie. 


La mère surveille attentivement ses petits, elle est aux aguets. Avec les zoreilles droites comme ils les ont sur cette photo, on dirait qu'ils ont entendu quelque chose...


Comme dans toutes les familles, il arrive que les petits se chicanent. La maman les laisse régler ça entre eux.


Tiens, l'un des deux jumeaux a faim, sa mère l'allaite en continuant de lécher le bloc de sel. Je trouve ça beau. 


Bon, on s'en va, M'man, on reviendra une autre fois!

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À noter que vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir de plus près.

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Vent d'automne et brise d'été

Je n'ai rien de particulier à raconter (ou peut-être trop!...) mais il s'est passé presque tout un mois sans que je publie quoi que ce soit sur mon blogue et en même temps, beaucoup de membres de ma famille ou de mes amis(es) me demandent des photos de mes zamours et comment je vis mon automne. 

Six journées « de vacances » se profilent à mon horizon très bientôt : Le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue se déroulera du 25 au 30 octobre prochain... et j'ai mon passeport. J'ai tellement hâte! 

mercredi 17 septembre 2014

Une question de perception


Voici le genre de pancarte qu'on voit beaucoup sur la route dans certaines régions, dont la nôtre. Celle-ci est près de Rouyn-Noranda. L'orignal, cet animal pacifique et végétarien, dégage beaucoup d'assurance et d'élégance. On aurait le goût de le rencontrer, il me semble. 


À Rouyn-Noranda, nous sommes à quelques kilomètres des lignes ontariennes. Lors d'une petite escapade en Ontario récemment, j'ai vu plusieurs de ces pancartes le long de la route. À chaque fois, j'avais envie en rire : Les orignaux me semblent beaucoup plus agressifs chez nos voisins ontariens! On nous avertit même du « danger ». Si j'étais responsable des relations publiques des orignaux, je m'empresserais de faire changer ces pancartes qui faussent nos perceptions!!!


Toujours en Ontario, sur les rives du beau grand lac Témiscamingue, à New Liskeard, une petite ville au charme fou, il y a mon magasin préféré où j'aime faire des trouvailles ou des cadeaux : chez Amber's. À chaque fois que j'y vais, j'ai l'impression de faire un voyage dans une autre époque. On m'y accueille toujours en français, il faut dire que le Nord-Est ontarien est très francophone. 


C'était la première fois que je remarquais cette mini-librairie « donnez au suivant » à côté de mon magasin préféré. Je sais, l'idée existe au Québec et à beaucoup d'endroits dans le monde mais c'est en Ontario que j'ai vu cette idée devenue réalité pour la première fois. 

Une question de perception

Une idée toute simple, pleine de générosité et de respect pour tout ce qui s'écrit, que cette mini librairie où l'on peut déposer et/ou prendre un livre. Et c'est ainsi qu'un ouvrage reste plus vivant que lorsqu'il est rangé dans une bibliothèque où personne ne va pouvoir en profiter.  J'aime cette idée!

Mes plus beaux livres, je ne les ai plus, sauf exceptions. C'est bien simple, quand je suis enthousiaste à la suite d'une lecture, je prête le livre à qui veut le lire et vous connaissez l'histoire, le livre ne me revient jamais et je ne peux plus me rappeler à qui je l'ai prêté. 

L'autre idée que j'aime beaucoup et c'est là où je fais affaires très souvent, c'est la boutique de livres usagés qu'il y a dans ma ville. Il s'agit d'un organisme sans but lucratif où l'on peut apporter nos livres et en acheter d'autres à prix réduit. La boutique est tenue par des bénévoles, tous passionnés de lecture, et les profits sont remis, comme les livres en surplus, à des communautés pas riches ailleurs dans le monde. Le plaisir est double : en achetant des livres, on contribue, en donnant nos livres, on contribue aussi. Mais il y a plus encore...

Quand j'ai déménagé l'année dernière, j'avais rempli des boîtes de livres que j'avais apportés à cette boutique. J'ai eu le bonheur de voir deux bénévoles se dépêcher de découvrir le contenu de mes boîtes et de s'exclamer joyeusement. 

Une autre fois, au printemps dernier, la bibliothèque municipale était fermée et j'avais amené Félixe avec moi à cette boutique, en lui disant qu'elle pouvait se choisir des livres à son goût et qu'on irait les lire chez nous. Comme elle hésitait entre quelques-uns, on a décidé de les prendre tous, ce qui faisait un total de 6 $, je m'en souviens encore. À la caisse, le monsieur très gentil qui nous avait vu faire, a tendu à Félixe une petite clé au bout d'un long ruban, en lui disant : « Est-ce que tu aimerais te choisir un cadeau dans le coffre aux trésors? »

Ah si vous aviez vu l'étonnement et la joie sur son visage quand elle s'est tournée vers moi avec un point d'interrogation dans le regard... Elle qui carbure aux histoires de pirates et de chasses aux trésors, elle a dû se croire à Walt Disney. Le gentil monsieur a sorti une grosse boîte en bois avec le dessus arrondi, fermée avec un cadenas. Un vrai coffre aux trésors, comme dans les livres!  

Fébrilement, Félixe a mis la clé dans le cadenas, on l'a aidée un peu, et elle a pu ouvrir le coffre. Ce qu'il y avait dedans, c'étaient des petites choses de rien du tout mais en grande quantité, des petites bricoles, des petits colliers, des personnages en caoutchouc, des choses du genre auxquelles les enfants ne s'intéressent habituellement pas tellement. Mais là, comme c'était dans un coffre aux trésors, tous ces petits objets prenaient de la valeur, comme par magie. Elle a hésité longuement et s'est choisie un petit cadeau dont je ne me souviens pas mais je n'oublierai jamais l'expression de son visage et l'émerveillement qui la submergeait dans cette boutique de livres usagés. 

Le monsieur bénévole qui était à la boutique ce jour-là avait l'air aussi heureux que nous!

lundi 25 août 2014

Le projet Radeau


Le projet Radeau avait débuté au cours de l'hiver dernier dans le coeur de Félixe, Papi (Dundee) et Mamie (Zoreilles). Jeudi dernier, il était prévu qu'on aille la chercher à la garderie après dîner et qu'on se rende tous les trois à Rapide Deux pour compléter les dernières étapes de l'achèvement de notre projet. Partis sous une pluie douce mais constante, rien ne pouvait nous arrêter, nous n'avions que 24 heures pour tout faire mais l'enthousiasme nous transportait! 


Après souper, la pluie a cessé et nous avons pu nous mettre à l'ouvrage. Comme le drapeau avait été conçu et réalisé par Félixe au cours de l'hiver pendant qu'on faisait nos plans, c'est au printemps qu'on a construit tous les trois ensemble la structure du radeau dans notre garage à la maison. Il nous restait quand même à mettre nos plans à exécution et assembler toutes les pièces du radeau : le pont, le mat, la voile, la cabine du capitaine, avec ses deux portes et sa fenêtre en rond, etc. Papi avait apporté les outils nécessaires ainsi qu'une génératrice qui allait nous fournir l'énergie pour les faire fonctionner. 


À mesure qu'on voyait le radeau prendre forme, nos énergies en étaient décuplées. Nous avons installé le « chantier maritime » sur le quai, il nous serait plus facile à la fin de pousser le radeau pour le mettre à l'eau une fois qu'il serait terminé. 


Félixe était bien fière de son drapeau qu'elle avait hâte d'installer au bout du mat. D'un côté, il y avait le symbole des pirates et de l'autre, plein de couleurs et d'inscriptions significatives pour elle. 


Vendredi matin, sous un soleil radieux, on poursuit le projet avec... le vent dans les voiles!


Le pont, le mat, le drapeau ayant été installés la veille, on attaque après déjeuner la construction de la cabine du capitaine... ou plutôt de « LA » capitaine. 


Voilà où l'on en est à 10 heures : La voile est bien fixée au mat et il ne reste plus qu'à bien visser la cabine de la capitaine au pont. 


On décide de pousser le radeau à l'eau avant de fixer la cabine, ce sera moins lourd un peu. Bon, normalement, on devrait casser une bouteille de champagne sur la coque mais on n'a que du jus de pomme dans des boîtes à boire en carton... On ne va quand même pas rater une occasion pareille de célébrer malgré tout. Notre radeau flotte comme un insubmersible! 


Il flotte tellement bien qu'une fois terminé, juste le temps d'aller mettre nos costumes de bain et notre crème solaire, il s'en allait tout seul vers l'aventure. On aurait dû l'amarrer au quai... 


On l'a traîné un petit bout en bateau pour l'amener vers son port d'attache plus loin sur la rivière, à un endoit qu'on appelle « la pointe à Noémie ». (Cet endroit, on l'a surnommé ainsi depuis que la belle Noémie, notre nièce et filleule, avait pris là son premier doré!...) 


C'est la petite fenêtre en rond que Félixe voulait dans la cabine de la capitaine!


Et maintenant, hissons la voile moussaillons et vogue la galère!


Qu'il a fière allure, notre radeau...


Et combien ravie était « LA » capitaine qui continuera à naviguer à bon port. 

Le projet Radeau

La beauté de la chose, dans l'univers des enfants, c'est qu'on peut y accéder où l'on veut, quand on veut et avec qui l'on veut. C'est seulement qu'on n'a pas toujours le temps qu'on veut parce que la vie nous amène ailleurs et qu'on doit faire des choix qui ne sont pas tout le temps régis par les envies qu'on a. Mais puisque ce temps qui passe ne revient jamais, avec un peu de planification et beaucoup d'organisation, on peut quand même arriver à n'abandonner personne sans avoir à renoncer à nos rêves.

Le projet Radeau nous aura mobilisés depuis l'hiver dernier à travailler ensemble à la poursuite d'un objectif commun, d'un même rêve à construire et à réaliser... Félixe ne le sait pas encore, à 5 ans, mais nous, on sait qu'on a créé avec elle des souvenirs tangibles et une expérience constructive qui laisseront des traces dans nos mémoires affectives à tout jamais. Pour l'achèvement de notre projet Radeau, ces 24 heures de pur bonheur au milieu de la tourmente de la Vie auront été fertiles à tout point de vue et nourriront pour longtemps nos coeurs d'enfants. 

dimanche 17 août 2014

Méchant prédateur!


C'était le vendredi 9 août 2014, dernière fin de semaine de vacances pour Crocodile Dundee et moi, nous étions à notre camp à Rapide Deux lorsque les amis Claude et Pauline qui venaient d'aller cueillir des chanterelles sont venus nous les montrer et nous inviter à aller souper avec eux chez Gérald et Réjeanne, rivière des Outaouais. Bien sûr, nous n'avons pas refusé pareille invitation si chaleureuse et remplie d'amitié!


C'est le décor qu'on aperçoit lorsqu'on est chez Gérald et Réjeanne et c'est à peu près le même décor aussi chez Claude et Pauline. Là où la rivière des Outaouais et la Darlens se croisent, on appelle cet endroit « le réservoir » puisqu'il constitue un immense réservoir d'eau pour le barrage hydroélectrique de Rapide Deux. Comme j'avais laissé mon appareil photo au campe, (fallait-il que je sois dans la lune?...) c'est Crocodile Dundee qui a croqué cette image, comme les trois autres qui suivent. Crédit photo : Gilles Rivest. 


Juste avant qu'on se mette à table, au bord de l'eau évidemment, on a aperçu comme des drôles de mouvements dans l'eau. Au début, on pensait que c'étaient des poissons qui sautaient ou des huards qui plongeaient mais non, on s'est rendu compte que c'était un phénomène qu'on n'avait jamais vu personne, un brochet qui tentait de manger un plus petit brochet mais assez gros quand même... Non mais quel cannibale et quel prédateur! Crédit photo : Gilles Rivest. 


Nous avons pu observer à loisir le phénomène mais nous n'avons pas réussi à le comprendre. On aurait dit que le plus gros brochet (le prédateur) était mal pris avec sa proie, incapable de s'en défaire ni de le mettre à mort, alors le petit brochet se donnait de temps en temps un élan pour se sortir de l'emprise du plus gros et ça éclaboussait jusqu'au rivage où nous étions subjugués en essayant de comprendre lequel était le plus mal pris des deux. Crédit photo : Gilles Rivest. 


À un moment donné, les deux poissons se sont éloignés du rivage et on les a perdus de vue. De toute façon, Frimousse, le petit chien adorable à Gérald et Réjeanne, a attiré notre attention en jappant et en courant le plus vite qu'il pouvait après les écureuils qui sont, on se le demande, soit ses amis avec lesquels il veut jouer, soit ses ennemis jurés auxquels il veut faire peur. À ça non plus on n'a pas trouvé de réponses. Et puis, il était temps de passer à table et d'ouvrir une bonne bouteille de rouge pour célébrer les plaisirs de l'amitié... et le goût délicat des chanterelles. Crédit photo : Gilles Rivest. 

Méchant prédateur!

Je vous rappelle que vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir de plus près... 

J'ai envie de rire en écrivant ce billet parce que je me disais que je garderais ces photos en réserve pour la fois où j'aurais le goût de parler des prédateurs, des requins, des abuseurs de pouvoir, de ceux qui exploitent les plus petits, etc. Mais je n'ai pas le goût de parler de ça quand j'écris sur mon blogue, j'ai plutôt envie de parler des choses belles qui sont simples et vraies. 

Même si un gros poisson qui veut en manger un plus petit, c'est pas très beau, rendons-nous à l'évidence que c'est la vie, avec ses splendeurs et ses misères, et que rien n'est plus heureux que l'amitié partagée dans le plaisir de se retrouver ensemble et de se donner des nouvelles, faire des projets pour la prochaine saison, se mettre à jour dans nos vies respectives, se raconter nos vacances d'été qui s'achèvent dans le soleil couchant au bord du feu avec la lune pleine qui éclairera notre chemin du retour au campe où il nous restera encore deux jours à profiter de tout ce calme et cette paix. 

mardi 5 août 2014

Un drôle d'été


Le 18 juillet 2014, terrasse extérieure, La Bannick, Ville-Marie, Témiscamingue. C'est là que nous avions rendez-vous pour toute la fin de semaine des 18-19-20 juillet, la famille de Crocodile Dundee, c'est-à-dire lui, ses quatre soeurs, les 4 conjoints et la conjointe que je suis! Un an auparavant, nous avions eu l'idée de nous réunir et nous avions réservé pour 3 jours un immense chalet, que dis-je, un véritable château, sur les bords du lac Témiscamingue. Nous avions besoin de nous retrouver. Toute la famille a grandi sur la ferme familiale près de Ville-Marie jusqu'au moment du grand incendie de 1969 qui les a fait quitter ce coin de pays pour recommencer une vie nouvelle ailleurs. 


La maman n'était pas des retrouvailles... Mais elle est toujours vivante, à près de 93 ans. Symboliquement, j'ai pris une photo de ce voilier qui la représente, à la fois si près et si loin de nous. Un voilier qui file au gré du vent, à la dérive, cap sur l'infini, qui tangue à bâbord comme à tribord, un voilier sans gouvernail... 


Au cours de cette fin de semaine à Ville-Marie, nous avons fait beaucoup d'activités rassembleuses pour partager des moments qui ne soient pas empreints de peine, d'impuissance, de révolte et de souffrance. Je me demandais si nous avions encore des choses à vivre ensemble et à partager au-delà des soins apportés à la maman et de la présence que nous lui offrons sans limite depuis si longtemps déjà. La réponse a été claire : Oui. Parce que nous avons un objectif commun et qu'on s'y rallie. Mais il faut protéger aussi nos relations familiales... 


Après la visite du Vieux Fort de Ville-Marie, nous sommes allés marcher dans « La Forêt Enchantée », un lieu unique, pas mal mythique et un peu magique. 


La forêt enchantée est impossible à capter en photos. Je ne connais aucun photographe qui ait réussi à en saisir la beauté, la magnificence et la profondeur, quel que soit l'angle, le moment du jour ou la lumière ambiante. 


Elle est très protégée, la forêt enchantée. On ne peut y circuler qu'à certains endroits bien précis dont il ne faut pas déroger. 


Crocodile Dundee, toujours un peu rebelle comme on le connaît, a dérogé aux règles pour faire rire ses soeurs et il est allé s'asseoir au creux de cet arbre. N'importe quoi pour faire le clown!


Elle, c'est ma Maman, vendredi dernier, dans une halte routière à Field, Ontario. En route pour Sudbury où j'allais la reconduire chez sa soeur, nous nous sommes arrêtées pour nous délier les jambes avant de poursuivre la route. Maman se rappelait tellement de beaux souvenirs de son enfance lorsqu'elle devait aller au puits pour aller chercher ou porter de la crème qu'on conservait dans le fond qu'elle a voulu que je la prenne en photo à cet endroit. Maman a 82 ans mais lorsqu'elle jouait avec la corde, le seau et le puits, elle était redevenue une petite fille!


À ceux et celles qui me demandent des nouvelles de Blanche, ma toute nouvelle petite-fille, la voici qui dort paisiblement. Elle a 4 semaines maintenant, elle ne manque de rien du tout, comme on peut voir, surtout pas de bras pour la bercer et la cajoler. 

Un drôle d'été

Trouvez-vous que c'est un drôle d'été? Drôle dans le sens d'étrange? Il me semble encore que j'attends l'été et nous sommes au mois d'août. Je ne parle pas des aléas de la saison, beau temps mauvais temps, non c'est autre chose d'indéfinissable. L'été 2014 en est un hors du temps et de l'espace, moi je trouve. C'est peut-être juste une impression personnelle mais je vous avoue que j'ai hâte à l'automne... Et je ne saurais même pas vous dire pourquoi! 

mardi 8 juillet 2014

Mon cadeau de fête


C'était hier en début d'après-midi, le 7 juillet 2014.


Depuis le temps que Félixe avait hâte de prendre sa petite soeur dans ses bras...


Vous connaissiez déjà Félixe. Maintenant, je vous présente Blanche!

MON CADEAU DE FÊTE

La date prévue de l'accouchement était le 28 juin. Isabelle et Dominic, ainsi que les médecins qui suivaient la grossesse, commençaient à penser que Blanche allait imiter sa grande soeur jusqu'au bout et naître au bout de 42 semaines avec une aide médicale appropriée pour provoquer les choses. 

La veille, dimanche, j'avais eu comme une grande intuition. Notre fille était encore plus resplendissante que d'habitude, c'est difficile à expliquer. On soupait tous ensemble et j'ai eu le goût d'inviter Félixe à coucher chez nous. Isabelle hésitait un peu à ce que je lui en parle, c'était sûr que la petite allait dire oui et son petit baluchon était tout prêt pour le jour J mais j'ai insisté pour dire que c'était toujours une fête pour nous autres et pour elle, que ça ne prenait pas une occasion spéciale et que j'aurais grand plaisir le lendemain matin à déjeuner avec Félixe et Papi pour mon 57e anniversaire de naissance! 

Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit-là... Mais c'est classique chez moi, les insomnies. Par contre, là, ma tête et mon coeur étaient constamment avec ma fille et mon beau-fils, alors que je regardais leur plus grande dormir si paisiblement. 

À six heures, comme toujours, je me lève et je pars le café. Crocodile Dundee me rejoint dans la cuisine. Nous avons le temps de déjeuner ensemble tranquillement en parlant tout bas avant qu'il parte travailler. On ne veut pas réveiller Félixe... Il s'inquiète pour Isabelle, la perspective de provoquer l'accouchement vendredi ne l'enchante guère lui non plus mais je lui dis que j'ai la certitude en mon for intérieur que la nature va bien faire les choses et que la petite est probablement au monde à l'heure qu'il est ou que c'est en train de se faire. Il me dit : « T'as l'air tellement sûre? ».  

Alors, il ne tient plus en place et avale ses toasts au Nutella en vitesse. Il décide d'aller voir à la maison de nos enfants si leur véhicule est là. À quelques rues seulement, il va revenir vite qu'il me dit. 

Il est 6 h 35 et le téléphone sonne. Numéro inconnu sur l'afficheur. C'est sûrement l'hôpital que je me dis. Mais pas nécessairement le 2e étage, maternité-obstétrique, ça peut aussi être l'hôpital au 3e étage, les personnes âgées en attente d'une relocalisation en CHSLD. Ils nous appellent souvent et à toutes sortes d'heures...

« Écoute Maman, Blanche veut être la première à te dire Bonne Fête!... » et là, j'entends au bout du fil le cri d'un nouveau-né... Vous dire ce que ça m'a fait... J'ai pleuré de joie, de soulagement, de bonheur!

Isabelle a repris le combiné, on a échangé seulement quelques mots. Blanche est née à 06:11, il y a à peine 20 minutes, ça se passe « live ». Tout a bien été, la nature a bien fait les choses, comme je l'espérais, comme je le croyais. Le travail intense s'était enclenché de manière naturelle autour de 23 heures la veille. Ils s'étaient rendus à l'hôpital et à partir de là, ils savaient que Blanche naîtrait le 7e jour du 7e mois, autant sous une bonne étoile que sa mamie Francine! 

Isabelle m'a demandé de partager ça avec son père, je venais de lui dire qu'il était parti voir chez eux si l'auto était là, mais de le faire discrètement parce qu'elle et Dominic voulaient annoncer eux-mêmes l'heureuse nouvelle à Félixe lorsqu'elle serait réveillée. On a convenu qu'ils allaient rappeler vers 8 heures. Fin de la conversation téléphonique que je me repasse en boucles depuis hier matin.

Quand Crocodile Dundee est revenu, je guettais venir son camion de loin et je ne voyais que son grand sourire alors qu'il me faisait des immenses signes de oui. J'étais déjà sur la galerie en pyjama pour lui raconter ce que je venais de vivre! Il voulait réveiller Félixe... J'ai dit « Non, faut pas! » alors on a pris sur nous autres. On était tellement contents, énervés, heureux, soulagés... qu'on s'est refait un deuxième café, comme si on n'était pas déjà assez énervés, pour fêter ça... en silence, bien sûr!

Félixe s'est réveillée par elle-même à 7 heures. Papi voulait tellement la voir avant de partir travailler que je pense qu'il faisait du bruit exprès... En tout cas, je le soupçonne fortement parce qu'il avait son p'tit air, vous savez, ce petit air crasse? Il l'a prise dans ses bras, l'a bercée en lui offrant des toasts au Nutella, une permission spéciale qu'il est le seul à autoriser, c'est le déjeuner qu'elle peut avoir seulement avec Papi. Avec du pain blanc en plussssss. Moi, je m'en mêle pas!

À grand regret, il a dû partir travailler. J'aurais donc aimé qu'il puisse rester. J'ai donc eu le privilège de voir la réaction de Félixe lorsqu'elle a reçu l'appel de ses parents. C'était si touchant... 

Tous les moments que j'ai vécus ensuite au cours de la journée se racontent difficilement tellement ils se sont précipités et multipliés, à tel point que je n'ai pas encore fini de les intégrer. C'est le plus beau cadeau de fête que j'ai reçu de toute ma vie. 

Hier après souper, alors que Félixe était avec ses autres grands-parents, nous avons eu la chance, en toute intimité avec Isabelle et Dominic, d'aller bercer notre si mignonne toute nouvelle petite-fille arrivée très à terme et en santé, toute rose... même si elle s'appelle Blanche... 

Des bonheurs comme ceux-là, j'estime qu'on a le devoir de les partager.

Mise à jour 20140708, 20:30 : 

Nous arrivons d'aller bercer encore une fois Blanche. Ils sont sortis de l'hôpital cet avant-midi. Et Félixe nous a fait tout un spectacle de danse ce soir! Sans que je lui demande, Isabelle m'a donné l'autorisation de publier où je voulais cette photo d'eux quatre que j'avais prise en début d'après-midi hier et que j'avais réservée à nos familles et amis proches. Isabelle avait accouché seulement quelques heures auparavant...