mardi 21 juin 2011

Comme le temps passe...





Photo 1 : Si Maman a écrit 1959 sur la photo, c'est que je venais tout juste d'avoir 2 ans ou j'étais sur le point de les avoir...



Photo 2 : Isa et moi, février 1989, Dania, Fl. Isabelle avait 2 ans et 3 mois.



Photo 3 : Dimanche soir, on a célébré la Fête des Pères en allant jouer tous ensemble à l'Île aux Sables. Félixe a maintenant 2 ans et 5 mois.



Comme le temps passe...




... et certaines choses ne changent pas, comme le fait que tous les enfants du monde aiment jouer dans le sable et dans l'eau.



Le sable... comme dans le sablier... le temps qui passe...



C'est ce à quoi je pensais en prenant ma photo, les pieds dans l'eau, dimanche soir. Plongée dans mes souvenirs et mes réflexions, j'écoutais Gilles et Isabelle qui jasaient tout bonnement pendant que Félixe semblait très absorbée par ses constructions de sable et sa petite pelle rouge à laquelle elle tient comme à la prunelle de ses beaux yeux verts!



Isabelle se demandait à quel âge elle était venue à l'Île aux Sables la première fois. Le calcul était facile à faire, on a emménagé ici à la fin octobre 1991, ça a dû être au printemps 1992. Elle pensait qu'elle était venue ici bien avant ça.



Félixe jouait toujours dans le sable près de nous, intensément absorbée, à des années-lumières de notre conversation de grandes personnes qui se rappellent des bons vieux souvenirs.



J'ai dit : « Rappelle-toi, on a célébré ta fête de 5 ans presqu'en arrivant ici, t'avais la moitié de tes amis de notre ancien quartier et la moitié qui venaient d'ici ». Isabelle se souvenait : « Ah oui, c'est vrai, ma fête de 5 ans! »



Félixe s'est levée debout d'un coup sec et nous a annoncé solennellement : « Moi moi moi, ma fête, c'est le 14 janvier ! »



On a tous pouffé de rire. C'était dit avec un aplomb incroyable, l'expression enjouée, le regard allumé, tourné vers nous tous et ça s'adressait à nous. Elle participait à la conversation depuis le début mais nous, on ne s'en doutait pas le moins du monde. On est rendu là, pouvoir participer à la même conversation, trois générations de nous.



Comme le temps passe...







lundi 20 juin 2011

Sauvetage de nuit








Photo 1 : Je ne l'ai pas prise dans la nuit de vendredi à samedi mais plutôt la veille. C'était encore pleine lune la nuit des recherches pour retrouver Martin et Jimmy.





Photo 2 : Dimanche matin, complètement dans un autre contexte, une autre ambiance, un autre décor, j'ai cueilli mes premières jeunes pousses de sapin pour mon sirop « panacée universelle » de l'hiver prochain.





Photo 3 : Ce faisant, en ce jour où l'on célèbre la paternité, je pensais très fort à mon Papa qui me manque beaucoup et à tout ce qu'il m'a appris dans la vie. Comme l'année dernière à pareille date, un papillon est venu se poser juste sous mes yeux. C'est une espèce très spéciale, un papapillon...





Sauvetage de nuit





Les gars, nos deux Gilles, étaient partis ensemble à notre camp de Rapide Deux vendredi midi. Martine et moi, prises par notre travail, devions aller les rejoindre sur le quai à midi pile samedi.





Vendredi soir, 22 h 30 : Martine revient chez elle et est étonnée que leur plus jeune fils, Martin, 16 ans, n'est pas revenu de sa petite virée de pêche d'avant souper, avec son ami Jimmy, 16 ans aussi. Elle constate que rien n'a été dérangé dans la cuisine et comme Martin n'est pas du genre à sauter un repas ni Jimmy non plus... Elle téléphone chez le père de Jimmy pour savoir s'ils n'auraient pas bifurqué de ce côté-là du lac Dufault. Le père de Jimmy lui répond : « Sont pas chez vous? ». L'enquête « terrain » commence... Recueillir le plus d'indices possible, mettre en commun les informations dont ils disposent, (les jeunes sont partis en culottes courtes et en gougounes) appeler les amis qui les ont vus sur le lac, etc.





La petite embarcation à moteur avait-elle suffisamment d'essence? Oui. Le moteur était-il en ordre? Oui. Mais ça reste de la mécanique. Avaient-ils apporté un lunch? Non. Ils avaient vraiment l'intention de revenir manger à la maison.





01:00 : Depuis deux bonnes heures, deux embarcations à moteur (des proches) ont sillonné le lac à la pleine lune pour tenter d'apercevoir un feu, une chaloupe à la dérive, un signal, quelque chose. L'inquiétude monte à mesure que le mercure baisse. On craint pour l'hypothermie mais on fait confiance à leur jugement, leur débrouillardise, leur connaissance du lac. Il vente beaucoup au large là-bas. On n'aime pas ça...





01:30 : La Sûreté du Québec est appelée en renfort. Ils ont leurs procédures, leur protocole en pareil cas.





02:00 : Martine organise et coordonne les recherches de nuit. C'est une maman, le seul protocole qu'elle connaisse, c'est le sien : trouver Martin et Jimmy au plus vite. Deux téléphones sans fil, deux cellulaires, elle entreprend de trouver du monde, en pleine nuit, avec des embarcations à moteur, des riverains qui connaissent bien le lac, les récifs rocheux, ceux à qui ça ne fait pas peur, 103 îles où se réfugier, 35 km de rivage à explorer la nuit, etc. Mon amie Martine, elle opère en Simonac. Ça prend de l'essence aussi, du café pour tenir le monde au chaud.





En très peu de temps, neuf embarcations à moteur sont amarrées au quai chez Gilles et Martine, qui devient le quartier général des opérations, avenue des Îles, au lac Dufault. On sent chez tous les riverains appelés et accourus une solidarité hors du commun, un silence respectueux, une écoute très attentive pour coordonner les trajets, une chaleur humaine qui contraste avec la froidure de la nuit. Ils ont tous pensé à apporter vêtements chauds, lampes de poche, cellulaires, GPS. Des vrais pros... Notre lac, on l'aime autant qu'on le craint.





04:30 : La Sûreté du Québec arrive avec son équipe terrain, une embarcation balisée, 3 agents et un coordonnateur. Il prend en main les recherches à partir de là. Eux ne connaissent pas le lac comme nous. Rapidement, on échange l'information, on situe à l'aide d'une carte qu'ils ont fait imprimer tous les endroits déjà visités et ceux qui seraient susceptibles d'abriter Martin et Jimmy. Il va bientôt faire jour, on va faire une « battue » sur le lac, on procédera dans l'ordre, celui de la SQ, chacun pitonne son GPS pour qu'on parle le même langage et qu'on garde le contact visuel, on échange les numéros de cellulaires.





05:00 : Les voir quitter tous ensemble le quai, 10 embarcations maintenant, avec celle de la SQ, dans un véritable ballet savamment orchestré, c'était impressionnant. Et rassurant. Restée seule avec Martine au quai, nous avions de quoi nous affairer tout en espérant qu'il ne leur soit rien arrivé de fâcheux. Et les policiers avaient aussi une équipe terrain qui travaillait à partir du même quartier général que nous. Le soleil se levait, les petits oiseaux chantaient.





07:30 : Le cellulaire de Martine retentit. C'est l'embarcation de Audrey, Cédric et Robert. Ils viennent de localiser Martin et Jimmy, sains et saufs, faisant des grands signaux avec une sorte de voile blanche, au bout d'une île, à l'autre bout du lac, là où était leur cabane à pêche l'hiver dernier. Martine se jette dans mes bras, tout son stress lâche, elle n'est plus capable de pitonner les numéros de téléphone, ni du coordonnateur SQ, ni des autres chercheurs. Elle me tend tout ça et court dehors, elle a besoin d'air et de fixer le large... comme une femme de matelot!





07:40 à 08:00 : Les embarcations arrivent au quai l'une après l'autre. La troisième qui accoste, c'est celle avec nos deux naufragés. Je peux vous confirmer qu'ils ont été accueillis chaleureusement, Martin et Jimmy, et pas seulement parce qu'on avait des couvertures de laine!





Ils ont agi, les jeunes, comme on l'avait présumé, comme on l'avait espéré. Ils ont grandi ici, au lac Dufault, ils le connaissent comme le fond de leur poche. Le moteur du bateau du père de Jimmy avait connu des ratés. C'est ça, de la mécanique... Malgré des connaissances de base, ils n'ont pas pu le repartir mais ils ont beaucoup essayé. La nuit est tombée. Ils savaient qu'ils ne pourraient jamais se rendre chez eux sans moteur. Ils étaient tout près de l'endroit où Gilles et Martine, les parents de Martin, installent leur cabane à pêche durant l'hiver. Ils s'y sont rendus. ont amarré la chaloupe à l'abri du vent, sont rentrés dans la cabane entreposée discrètement sur l'île, se sont fait un petit feu et ils ont... dormi. Ce sont les seuls d'entre nous qui ont dormi d'ailleurs.





Au matin, avec ce qu'ils avaient sous la main, des sacs à poubelles blancs et des branches d'arbres, ils ont fabriqué comme une sorte de grande voile blanche... pour attirer l'attention. Ils n'ont pas voulu faire de feu dehors, le vent était fort et l'indice d'inflammabilité est très élevé chez nous en ce moment. Des vrais bons petits gars de bois!





L'heure était à la joie et au soulagement. On ne pouvait espérer meilleure finale. Un vrai film de Walt Disney. Mais quelle nuit. On restait là sur la plage chez Gilles et Martine, à discuter, à rire, à se refaire des réchauds de café, à s'expliquer des affaires, à vérifier nos théories, à féliciter les jeunes, à leur demander s'ils avaient eu peur, s'ils avaient eu froid, etc. C'est Martin qui nous a ramenés à la réalité : « Moi, j'aurais comme un p'tit creux là! »





Il est grand, notre lac Dufault, quand on cherche deux jeunes pas revenus de la pêche une nuit de pleine lune où il fait froid.





Martine n'est pas venue avec moi au rendez-vous avec nos Gilles à Rapide Deux, samedi midi. Elle avait deux ou trois affaires urgentes à régler, dont serrer son fiston dans ses bras, fermer le dossier de recherche avec les policiers et récupérer un peu de sommeil. C'est plutôt son Gilles qui est revenu en ville avec ma voiture quand je lui ai raconté ce qu'avait été notre nuit. J'ai commencé par lui dire : « Écoute, Gilles, si Martine n'est pas avec moi, t'inquiète pas, il n'y a personne personne personne qui a la moindre petite grafigne chez vous, tout va bien. Maintenant, je vais te raconter notre nuit, l'aventure ne pouvait pas mieux se terminer, tu vas voir... ». J'aime ça, annoncer des bonnes nouvelles, moi!





Entre parenthèses, euh... je n'ai pas veillé tard samedi soir, moi... J'étais pas tannante, comme on dit.





Mon papapillon





À mon lever dimanche matin, reposée, (on dort tellement bien au campe) alors que Crocodile Dundee voulait réparer le quai, je me disais que c'était un matin parfait, celui de la Fête des Pères, pour aller cueillir des petites pousses de sapin (les bouts vert pâle) l'ingrédient essentiel pour fabriquer ma potion secrète, mon remède miracle, mon sirop de sapin. J'en ai cueilli pas mal mais il faudra que j'y retourne encore. Ça sent tellement bon. Mes mains en ont été imprégnées tout l'avant-midi, ça me tentait même pas de les laver avant de faire à dîner...





Pendant que je me saoulais les narines, les yeux et les zoreilles de tout le calme de la forêt boréale, j'avais beau penser à Papa, à tout ce qu'il a été et qu'il est encore pour moi. C'est là que ce coloré « papapillon » s'est posé tout près de moi. Avez-vous remarqué toutes ces couleurs au bas de ses ailes? Je n'y ai pas vu le signe de sa présence, non, je ne suis pas ésotérique du tout, mais j'ai souri à la pensée que Papa et moi, on n'avait jamais eu besoin de tellement se parler pour se comprendre. Et ça, c'est au-delà des frontières du temps et de l'espace.









mercredi 15 juin 2011

Ma liste






Photo 1 : Hier soir, on a fait une belle grande virée sur le lac. Ça s'imposait. Il faisait beau et chaud, c'était tranquille de l'autre côté de l'Île aux hérons, loin des pétarades des motomarines qu'on n'était plus capables d'endurer.



Photo 2 : Oui, je sais, je pose tout le temps des huards. Mais c'est plus fort que moi, ils ne sont jamais pareils. Ceux-là d'hier m'avaient l'air d'un petit couple très complice.



Photo 3 : Comme dans le bon vieux temps, quand nos enfants étaient petits, on a retrouvé Alain et Danièle en face de la baie Sergius, pour nous laisser dériver les deux bateaux collés-collés, en admirant le coucher du soleil... Et on a fait la course en revenant chez nous! En 20 ans, il n'y a jamais eu de gagnant... ni de perdant!



Ma liste



Il paraît que tout garder en dedans, c'est pas terrible pour nos artères. Ça fait que j'ai décidé d'extérioser des affaires qui m'achalent de ce temps-ci. Sentez-vous bien à l'aise d'en faire autant, on va prendre soin de notre ti coeur...



Irritant numéro 1 : Les motomarines. C'est la saison. Faut que j'en parle. Oui encore! Pourquoi virent-ils en rond pendant des heures devant nos maisons? Le lac est grand, quel est l'intérêt de s'acharner à écoeurer le peuple dans la partie habitée du lac? Ces fous-là doivent avoir peur de l'eau, ils ne se décollent jamais du rivage, c'est tout juste s'ils n'accrochent pas nos quais avec leurs engins bruyants (des fois, on le souhaiterait... pour qu'ils se plantent comme il faut...)


Irritant numéro 2 : Comment on traite nos artistes... Raôul Duguay a mis tout son coeur, son talent, sa vision poétique et toute personnelle dans un essai pour nous concocter un hymne national, Ô Kébek. Qu'on aime ou pas, on a le droit, on peut exprimer son point de vue dans une critique mais on n'a pas le droit de ridiculiser, de mépriser, de traiter de haut une oeuvre ou un artiste, comme l'a fait Patrick Lagacé dans son papier d'hier, sous le titre « Mes oreilles saignent ».



Irritant numéro 3 : L'industrie touristique. Chaque région diffuse à ce temps-ci de l'année ses publicités, met en place ses stratégies, propose ses attraits, ses points d'intérêt, ses événements, vise un public cible régional, national ou international. Je n'en peux plus d'entendre les fonctionnaires de cette industrie parler des régions en les appelant des « produits », des « produits d'appel », de « l'offre » touristique, de tout calculer en fonction des retombées économiques, en nuitées d'hébergement, etc. Heille, wô là, ce sont vos chiffres à vous autres, gardez ça pour vos réunions internes, nous, on n'a pas besoin de savoir ça, c'est indécent à la fin, arrêtez de vous péter les bretelles dans les médias, mettez votre coeur et votre passion dans ce que vous avez envie de nous vendre, l'aimez-vous vraiment, votre région, pour avoir envie de la vendre au monde?


Irritant numéro 4 : Politique québécoise. La semaine dernière, quand trois piliers du Parti québécois (Beaudoin-Curzi-Lapointe) ont démissionné en bloc, pour siéger comme indépendants, quand le lendemain, un quatrième (Aussant) s'est joint aux autres, là, j'ai compris que le PQ ne serait plus jamais le véhicule qui nous mènerait à la souveraineté. Je veux bien croire que c'est pas facile de suivre toujours la ligne de parti, mais le PQ se déchire toujours la chemise sur la place publique et c'est pas comme ça qu'on va se faire un pays. Avec la baffe en pleine gueule qu'avait mangée le Bloc québécois au soir du 2 mai, là j'ai baissé les bras. Pour la première fois de ma vie, j'ai vraiment baissé les bras. Je reste une souverainiste dans l'âme, orpheline de parti.



Irritant numéro 5 : J'ai pas le câble. J'ai des zoreilles de lapin, c'est ben correct de même. Pour le peu de télé qu'on regarde, Radio-Canada, TVA et Télé-Québec, c'est en masse, on n'en veut pas plus que ça. Là, il paraît qu'on ne captera plus rien arrangé de même, à partir du 1er septembre. Il nous faudra investir dans des décodeurs apparemment. Le monsieur-de-la-télé, il me le répète aux demi-heures à peu près, ça va me coûter 100 $ par décodeur. Il semble dire : « Y a rien là ». Il doit être câblé, lui. Moi, je pense à tous les vieux sous le seuil de la pauvreté qui n'auront pas les moyens de payer 100 $ pour un service qui leur est plus qu'essentiel. C'est pas démocratique.



Bon, j'arrête là, vous comprenez que je pourrais continuer longtemps de même... Mais j'avoue que ça m'a fait du bien d'en parler! Et vous? Qu'est-ce qui vous irrite, vous fatigue, vous achale, vous pompe l'air, vous énerve, vous chicote, vous fait péter les plombs, vous décourage, vous fait faire des monologues intérieurs qui ne sont pas-bons-pour-la-santé? Allez, on est entre nous autres, on se gêne pas, on donne des petites vacances à notre coeur. On se lâche lousse!

jeudi 9 juin 2011

Le jour de la marmotte








Photo 1 : Pendant que je travaille, je suis souvent dérangée par le téléphone. Mais là, c'est une marmotte qui s'est présentée dans mon champ de vision périphérique!



Photo 2 : J'ai cru que je l'avais fait fuir en me levant debout pour la photographier...



Photo 3 : Elle est un peu « kid kodak », elle est revenue faire la pose juste devant moi.



Photo 4 : Puis elle est repartie comme elle était venue!



Le jour de la marmotte



Dans mes journées de travailleuse autonome, je n'ai pas le droit de me plaindre. Et puis, faut bien se le dire, à qui je me plaindrais? Je ne dis pas que c'est le nirvana tous les jours mais en général, j'évite une foule d'irritants que j'ai connus pendant de nombreuses années et que tous les salariés connaissent très bien. La liste s'allonge à mesure qu'on accumule les années sur le marché du travail.



De mon bureau, je peux voir des marmottes m'apparaître pendant que je m'arrache les cheveux à rédiger, reformuler, corriger, réviser, résumer, vulgariser, démêler, prioriser, communiquer des idées, des faits, et toutes sortes d'informations apparemment essentielles à la bonne marche des affaires de mes clients, de moins en moins nombreux d'ailleurs, parce que je viens de faire un grand ménage là-dedans aussi...



Mon bureau est installé stratégiquement pour me permettre de faire face au lac devant moi en tout temps, ainsi qu'à ma droite, lorsque je suis à mon ordinateur. Alors, je vois très souvent des perdrix, des oiseaux, des huards, des canards et même un ti minou qui vient me saluer assez souvent l'avant-midi, comme vient de le faire « ma » marmotte.



Le matin, je peux travailler en pyjama, les couettes dans les airs, avec mon café à mon goût, je peux monter en haut m'en refaire un deuxième si je veux, en griller une pendant que je démêle mes idées, ou un gros dossier enchevêtré comme des écheveaux de laine, je peux même aller la fumer dehors, si je fais deux pas en direction de la marmotte. Je peux partir une petite brassée de lavage pendant que j'imprime.



Quand l'ennui me prend, je vais fureter sur les blogues ou sur Facebook, d'habitude ça me regaillardit.



Je suis pas riche mais je gagne mon pain et mon beurre, à condition de pratiquer la simplicité volontaire, dans une très grande liberté.



Pourquoi je raconte ça? Pour me convaincre moi-même! Parce que j'ai intérêt à aimer longtemps ce que je fais... J'ai pas de retraite, pas même l'espoir d'une éventuelle possibilité de retraite. Alors quand j'ai su que le gouvernement allait couper dans la Régie des rentes du Québec pour ceux qui la prendraient à 60 ans, au lieu de 65 ans, je l'ai pris très très très personnel!



dimanche 29 mai 2011

Rencontres littéraires







Photo 1 : Hier, lors de ma petite virée au Salon du livre de l'Abitibi-Témiscamingue, à Ville-Marie. Vue d'ensemble d'une partie des kiosques. Il y avait un monde fou mais j'y ai fait de belles rencontres.





Photo 2 : Sur le chemin du retour, j'aurais aimé qu'il fasse soleil pour faire une plus jolie photo, parce que je voulais faire un clin d'oeil à Accent Grave et lui donner un aperçu du village de Rollet, fondé par son grand-père et quelques autres pionniers.



Photo 3 : Toujours à Rollet, sous ce ciel gris, voici la bibliothèque/salle municipale où flotte fièrement le drapeau du Québec. Pour un si petit village, avoir sa bibliothèque, ça veut dire beaucoup, ça devient un symbole de résistance. On vient de leur fermer leur succursale de la Caisse Desjardins, ils se sont battus becs et ongles mais ils n'ont pas gagné. Mais leur bibliothèque, on n'y touchera pas, faudra leur passer sur le corps avant! Deuxième clin d'oeil à Accent Grave.





Rencontres littéraires





Le Salon du livre de l'Abitibi-Témiscamingue a ceci de particulier qu'il est baladeur. Au début, on disait itinérant mais quelqu'un a voulu changer ça, parce que ça faisait miséreux... Pas de commentaire! Dans le calendrier de l'AQSL (Association québécoise des salons du livre) le SLAT arrive bon dernier, puisqu'il se tient toujours à la fin mai. À tour de rôle, les villes de Rouyn-Noranda, La Sarre, Amos, Val-d'Or, Ville-Marie, deviennent les villes hôtesses de ces rencontres littéraires annuelles.





J'y ai déjà travaillé, au SLAT, je le connais comme le fond de ma poche! Dans mon travail de coordination, j'étais la seule payée et je vous assure que je la gagnais, ma paye! Pour 4 jours de salon, il y a 10 mois de préparation et d'organisation. Les comités s'affairent, les bénévoles, les rivalités et les ego à gérer délicatement, les exigences des maisons d'édition, les auteurs qui peuvent être tellement divas parfois, bref, je pense maintenant qu'après être passée par là, on peut s'attaquer à peu près à n'importe quoi!





N'empêche que je demeure attachée à notre Salon du livre et que je n'en ai raté aucun au fil des années. À la dernière minute, je finis toujours par y aller, une force irrésistible m'y pousse, j'y suis attirée comme un aimant. En même temps, ça me bouleverse toujours un peu. Bien sûr que j'y fais de magnifiques rencontres, il y a de mes amis(es) écrivains(es) que je ne vois qu'à ce moment-là et ce sont toujours des retrouvailles chaleureuses et émouvantes.





J'ai longtemps fait partie du Regroupement des écrivains et auteurs de l'Abitibi-Témiscamingue. J'y étais très impliquée. J'ai animé les Cafés littéraires de ma région aussi. On m'a connue du temps où j'étais écrivain public, on m'appelle toujours ainsi, ça me fait plaisir mais en même temps... Je ne publie pas. Je suis des leurs sans être des leurs tout à fait. Parce que je ne publie pas, enfin, pas au sens où on l'entend dans un Salon du livre. On me demande souvent : « Comment ça que t'écris plus, on s'ennuie de toi? » et à ça, je réponds toujours par un sourire, en haussant les épaules. J'aime mieux mourir incomprise que de passer ma vie à m'expliquer. Et je ne saurais pas l'expliquer non plus.





Quand je vais être grande, je vais peut-être comprendre... et m'expliquer?





J'ai croisé Daniel, son prochain recueil de contes sortira bientôt, probablement chez Vent d'Ouest, je lui ai demandé comment ça se faisait que personne n'avait encore fait un film avec son histoire (vraie) de Stanley Siscoe, publiée il y a déjà un moment. Il m'a dit qu'il n'y avait jamais pensé, qu'il allait donner suite à ma suggestion... Revu Anne-Michèle, ciel qu'elle est prolifique, celle-là, une passionnée du roman, du polar, du conte. Isabel... Elle fait dans le roman jeunesse maintenant, tiens, un nouveau filon? Fernand est en train de fonder une maison d'édition coopérative, il n'a plus le temps d'écrire depuis qu'il fait écrire les autres. Jocelyne m'a accueillie avec le plus gros des câlins, elle avait lu mon billet quand j'avais parlé de son dernier, Il pleuvait des oiseaux. J'en ai profité pour lui demander s'il y aurait une suite, ses personnages étant si attachants et bien campés. Elle m'a dit que non, elle était déjà rendue ailleurs, ce sont d'autres personnages qui meublent maintenant ses journées d'écriture. Ti-Cric, (de son vrai nom Roger Larivière) l'auteur d'un ouvrage référence sur Les plantes de la forêt boréale que j'adore (l'ouvrage et Ti-Cric lui-même) et qui attend fébrilement la sortie de son prochain, sur les plantes médicinales de la forêt boréale, un bouquin qu'il a peaufiné en compagnie des Algonquins de Pikogan. Toujours en processus d'édition. Josée, de Télé-Québec, qui m'a parlé elle aussi de Kassandra. On a bien rigolé.





Au fil de mon bouquinage, j'ai pu jaser un petit moment avec Jean-François Lépine qui était là pour offrir la biographie de Janine Sutto qu'il signe comme biographe de sa belle-mère qui a fait l'histoire du théâtre au Québec. Comme je l'avais achetée et lue à sa sortie, que c'est ma mère qui le lit présentement, j'ai pu lui dire en passant qu'on y trouvait chacune notre compte mais que je m'étais identifiée à Mireille tellement, moi. Discussion enrichissante avec un Monsieur très sympathique. Le Salon, ça permet ça, des échanges, des rencontres, des questions qu'on peut poser aux auteurs, des commentaires qu'on partage, des suggestions qu'on se fait, des catalogues qu'on ramasse pour commander plus tard chez nos libraires préférés, des entrevues, des conférences, des ateliers. Un monde fascinant.





Une découverte pour moi cette année, Johanne Daigle. Elle donnait une conférence d'une heure sur la scène du Chevalier de Troyes : la graphologie. J'étais allée m'asseoir là pour 5 minutes, le temps de mettre de l'ordre dans mes achats et regarder la programmation de la journée, j'y suis restée vissée sur ma chaise pendant toute la durée de sa conférence. Fascinante madame. Passionnant sujet.





Ça vous intéresse de savoir ce que je rapporte dans mes bagages du Salon du livre de cette année? Sachez que j'ai encore pété mon budget mais ça, c'est classique! Voici un aperçu :





Des éditions de La Montagne secrète, un livre disque, Léo et les presqu'îles, conte et chansons de Gilles Vigneault, avec Fred Pellerin, Diane Dufresne, Claude Gauthier, Clémence DesRochers, Robert Charlebois, Édith Butler, Pierre Flynn et Pascale Bussières. J'ai écouté le CD dans ma voiture en revenant. Je suis complètement sous le charme. Je l'avais acheté pour Félixe mais ça s'adresse beaucoup plus à moi. On partagera. J'habite une presqu'île. Et mon père s'appelait Léo. Il venait de la mer...





Des éditions Écosociété, Y a-t-il un avenir pour les régions? Un projet d'occupation du territoire, de Roméo Bouchard. J'espère que la réponse à sa question, c'est oui. L'auteur pense et je le cite « que la désintégration des régions périphériques et le fossé qui se creuse chaque jour davantage entre elles et la région multiculturelle de Montréal constituent une menace sans précédent pour l'identité, l'intégrité et l'avenir du Québec ». C'est ce que je crie depuis des années dans le désert. Et ça n'est rien contre Montréal. C'est POUR le Québec dans son entièreté. Enfin, j'espère trouver chez lui des arguments plus convainquants que les miens!





Au kiosque de la SODEP, un collectif, Relations, Pour qui veut une société juste, La force de l'indignation. Et puis un magazine que je ne connaissais pas, Continuité, le magazine du patrimoine au Québec, La vie qui bat. Bien hâte de me plonger là-dedans.





Une surprise m'attendait hier soir quand j'ai feuilleté un autre magazine « chic » acheté l'après-midi, Séquences, la revue du cinéma. À la une, on titrait « Des hommes et des dieux », un film que j'ai vu au dernier Festival du cinéma et qui m'a habitée longtemps après. J'ai été heureuse d'y découvrir tout à fait par hasard, en page 13, un paragraphe très élogieux au sujet du travail de Dominic Leclerc. Mon oeil avait été attiré par un titre, Entre l'épinette et la licorne, c'est un documentaire (que je trouve absolument génial) que Dominic a tourné et réalisé l'année dernière. D'ailleurs, on parlait de « réaliser l'impossible » dans cet article portant sur le cinéma québécois et ses artisans. Dominic ne m'avait même pas dit ça, je me demande s'il le sait?





J'ai pris beaucoup de photos hier au Témiscamingue. À l'aller comme au retour. On aurait dit que je voulais arrêter le temps, fixer des images pour me rappeler du moment toujours bouleversant que je cherche à démêler. Ville-Marie, c'est aussi la petite ville natale de Crocodile Dundee, le « chef-lieu » du Témiscamingue, que les vieux disaient! Je suis passée devant leur ancienne maison que l'étalement urbain a presque rejoint, une ferme qui s'appelle maintenant « La petite Suisse », sur le chemin de Guigues, pour ceux qui sont familiers avec le secteur. J'ai essayé d'imaginer le petit gars qu'il était avec toutes les histoires qu'il m'a racontées, les yeux au loin, le sourire attendri, perdu dans ses souvenirs, quand il allait observer les castors au bout de la terre et qu'il oubliait de revenir à la maison aux heures de repas, sa mère savait toujours où le trouver...

mardi 24 mai 2011

La cinquième saison






Photo 1 : C'est là que ça se passe pour nous en cette saison, à l'endroit qu'on appelle modestement « Le p'tit château », un camp en forêt qu'on a construit en 2001-2002, tout au bout d'un bras de la rivière Darlens, proche d'où elle croise la rivière des Outaouais. Crocodile Dundee est menuisier, il recycle et réutilise une foule de matériaux qu'on lui donne sur les différents chantiers de construction où il gagne son pain quotidien!


Photo 2 : Celui-là, samedi matin, n'avait pas peur de moi du tout. On aurait dit qu'il prenait la pose (la pause?...) J'ai pensé à Talou, qui en voulait un comme ça, à Lise qui les aime tous inconditionnellement, et à vous tous qui m'accompagnez souvent dans mes pensées, quand je suis loin de mon ordinateur.


Photo 3 : Samedi encore. Une marmotte. Pas achalée, celle-là. Elle a joué à cache-cache avec moi sous la shed à bois une partie de l'avant-midi. Quand j'ai réussi à déjouer son maneige et anticiper ses mouvements, elle n'a plus voulu jouer, elle s'est mise à bouder, m'a tourné le dos, puis avec son air snob, le museau dans les airs, voici le salut qu'elle m'a fait avant de tourner à gauche dans le sentier qui mène au ruisseau...


La cinquième saison


C'est quoi, la cinquième saison? Une expression si jolie, un nom tout doux pour signifier la mort. Beurk, la mort, la fin d'une vie, la tombée du rideau, on aura beau la maquiller et la changer de nom, je ne l'aimerai pas davantage.


J'aurais aimé que l'expression « la cinquième saison » signifie quelque chose de plus et de mieux que le printemps, l'été, l'automne ou l'hiver. La saison des découvertes, tiens, la saison des amours, de la floraison abondante et généreuse, du vert tendre des premières feuilles, ce serait ça pour moi, la cinquième saison.


Juste avant les mouches noires... !!!

mardi 17 mai 2011

Le silence est d'or








Photo 1 : Vendredi dernier, à notre arrivée au « p'tit château », il était là qui nous attendait, on aurait dit... Beau p'tit bonhomme, hein?




Photo 2 : Dimanche matin, on étirait le café en observant les allées et venues des pies. Les réapprivoiser m'a pris toute la fin de semaine, elles ne m'avaient pas vue depuis un bon bout de temps et je crois qu'elles couvent leurs petits, elles sont plus farouches que de coutume. Pas grave, je suis patiente...




Photo 3 : Mission accomplie! Elle reconnaît mon sifflement maintenant : « Venez manger, c'est moi la fille du resto du p'tit château, vous vous souvenez de moi? »




Le silence est d'or




Encore congé de devoir congé de leçon pour vous autres! Deuxième semaine d'affilée que je n'écris pas de billet, c'est tellement reposant...




En fin de semaine dernière, j'ai décroché de tout, de vendredi après-midi à dimanche soir. Quarante-huit heures de « la vie, c'est pas compliqué ». J'ai même enlevé ma montre en arrivant là-bas, un symbole de ma course folle, du respect des échéances, de mon maudit grand sens des responsabilités et de mon rapport malsain avec le temps qui passe trop vite et cette urgence de vivre que-je-suis-venue-au-monde-avec. Si j'avais été seule, j'aurais pu dire que je m'en allais jouer à l'ermite dans le bois mais non, même pas, j'étais avec Crocodile Dundee.




Le 20 mai, ça fera 33 ans qu'on est mariés. On en revient pas. Pour me faire rire, en fin de semaine, il passait son temps à me rechanter la même chanson du temps qu'on sortait ensemble et qu'on construisait notre premier p'tit château, au lac King of the North, en 1977, on y allait en canot! On a tellement vécu d'affaires là, des souvenirs pas possibles qu'on est tout seuls à trouver drôles, en tout cas... C'est un refrain de Georges Langford, le Madelinot, qui va comme ceci : « Je m'en vas chercher/Les clés de mon château/Le 15 de mai/Arrangez-vous pour qu'il fasse beau ».


Quand il chante ça avec coeur devant un public de lièvres effarouchés, moi, c'est ben simple, je ris aux larmes à cause des images que ça évoque... Finalement, je pense que je l'ai épousé pour son sens de l'humour.