
Photo : Je l'ai prise cette semaine, un avant-midi, en direct de mon balcon, juste avant de courir rejoindre mes amis au Festival du cinéma. La lumière me semblait trop belle, aveuglante et douce à la fois, un peu étrange quand même dans ce ciel de grisaille du début novembre. En voyant ma photo sur mon ordinateur tout à l'heure, je me faisais la remarque qu'elle avait l'air d'être en noir et blanc mais non, je vous assure, il s'agit bel et bien d'une photo couleur que je n'ai pas retouchée!
En vrac, en noir et blanc
La semaine est passée si vite, encore plus que d'habitude, à cause du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, où j'ai passé tous mes après-midis. Je vous parlais la semaine dernière de La Donation, le dernier film de Bernard Émond, qui vient d'ajouter une autre reconnaissance à sa fiche déjà bien pourvue, en remportant le Prix Communications et société. Le grand prix du public est allé au long métrage Meisjes - The Over the hill band, du réalisateur Geoffrey Enthoven, une production de la Belgique. J'ai adoré ce film, j'étais donc parfaitement d'accord avec le choix du public. Le film sera présenté en salle au Québec au printemps 2010. Le Prix Télébec, pour les courts et moyens métrages, a été attribué à Léger problème, du Canada, une réalisation Hélène Florent. Je ne l'ai pas vu, celui-là, il était présenté en soirée.
Coup de coeur, 28e édition
Mon coup de coeur de cette année n'a pas reçu de prix mais j'aimerais vous en parler pour compenser un peu. Une production France/Belgique du réalisateur Stijn Coninx, Soeur Sourire. Ça se passe à Bruxelles, fin des années 1950. Jeannine Deckers rêve de devenir missionnaire en Afrique et elle entre chez les Dominicaines. Une religieuse rebelle, farouche, qui sera connue sous le nom de Soeur Sourire, à cause de son célèbre tube qui a fait le tour du monde, Dominique. Vous souvenez-vous de cette chanson? « Dominique nique nique s'en allait tout simplement... ». Saviez-vous qu'elle était venue chanter à Montréal, en 1967? Je l'ai appris dans le film. Et même si l'histoire se passe dans une communauté religieuse en grande partie, il y est très peu question de religion, sauf pour nous mettre dans le contexte. La réalisation se permet le flou un peu poétique et une certaine liberté seulement à la fin parce que pour le reste, le film demeure très fidèle à la réalité. Un destin fascinant.
Dans les coulisses
Je vous amène donc dans les coulisses du Festival pour ce film-là... Difficile pour moi de ne pas embarquer dès la première seconde où Soeur Sourire envahit le grand écran. Pourquoi? Parce que mon ami Jean, assis à ma droite comme toujours, passionné de cinéma, musicien de big band, avec sa voix unique et merveilleuse, qui connaît toutes les chansons de la terre, oublie si tant tellement totalement qu'il est dans une salle bondée de 750 places. Sur l'écran, on voit de dos une jeune fille assise sur son lit avec sa guitare et dès qu'il reconnaît les premiers accords, il entonne avec elle à tue-tête... « One night... with you... ». Et chaque fois qu'il y aura de la musique dans ce film, et il y en a beaucoup, Jean s'exclame avec enthousiasme au sujet des arrangements, des musiciens, il chante avec les choristes, avec Soeur Sourire, et moi, juste à être assise à ses côtés, c'était bien assez pour que j'aime le film!
L'après cinéma au bistrot
La fin du film nous a laissés avec plein de questions et d'hypothèses. Je ne vous en dis pas plus, le film sera projeté ailleurs au Québec très bientôt. Dans ce temps-là, on va prendre un verre de rouge ou une bière à l'Abstracto, notre bistrot préféré. Nenon nenon, ce n'est ni un caprice ni une fantaisie, il y a des films qui appellent ce genre de réunions informelles de toute urgence et Soeur Sourire en est un! On avait beau se questionner et en jaser pour démêler tout ça, Fernand et Suzanne avaient pourtant connu l'époque de Soeur Sourire, Diane, Nicole, Carmen, les jumelles S. et tout le hall d'entrée du Théâtre du Cuivre ainsi que le bistrot de la rue Perreault au grand complet, personne ne savait ce qu'avait été réellement le destin de Soeur Sourire après sa carrière dans la chanson. On l'a su juste le lendemain, au dîner, ma gang de festivaliers n'avait pu résister à faire la recherche. Il y a des fois, comme ça, qu'on règle l'affaire seulement le lendemain! Ah oui, j'oubliais de vous dire que... « Dominique nique nique s'en allait tout simplement... » on l'a eue dans la tête pendant le reste de la semaine. Bien sûr, mon ami Jean a préféré l'arrangement big band avec grand orchestre. Moi, je l'aimais mieux avec Soeur Sourire, sa guitare et les trois choristes!
Déception personnelle
Oui, je l'aime, MON Festival, n'en doutez jamais. Mais je vais me permettre une critique sur la programmation de cette année... Je n'ai jamais vu autant de films qui traitent de la mort, de la maladie, des soins palliatifs, du suicide, de l'infanticide, du sang qui pisse de partout, de la mort complètement toute mourue, dans son absurdité, beurk, je n'en pouvais plus. J'étais parfois déprimée en sortant de là... Jean était tout le temps d'accord avec moi là-dessus, ça lui permettait de me dire que c'était encore un autre cas d'urgence pour aller prendre une p'tite frette. Non mais, sérieusement, comment font-ils, ces réalisateurs, pour passer un an de leur vie et parfois plus, à travailler sur un film qui glorifie la mort de même? Heureusement, ce n'est pas toujours comme ça mais cette année, fallait être solide!
Chez vous sont bien?
À part ça, vous autres? Êtes-vous écoeurés d'entendre parler de la grippe A (H1N1) et de la vaccination? Je ne vous en parlerai pas, promis, juré. Sauf pour vous raconter qu'elle était même présente au Festival, la maudite! Oui, je vous le jure. Il n'y a aucun endroit dans le monde où l'on peut y échapper totalement. Qu'il y ait un kiosque à l'entrée du Théâtre du Cuivre pour le lavage des mains, passe encore, il en va du respect de la clientèle, d'une mesure de prévention toute simple qu'on devra inclure dans nos façons de faire à partir de tout de suite et pour l'avenir. Mais il y a eu une chronique culturelle consacrée entièrement à ça pendant le Festival et ça, c'était de trop, à mon avis. Mais le pire du pire, le boutte du boutte du comble de l'impact de cette psychose collective et généralisée, c'est que pendant les six jours de l'événement, plus personne n'osait se faire des accolades, des bisous sur les joues et des poignées de mains. Heille, MON Festival, reconnu partout pour être un événement chaleureux, à l'accueil légendaire, par des passionnés de la vie, des rencontres et du cinéma, vous le croirez pas, mais MON Festival est devenu cette année aseptisé et tiède, à cause de la menace de la maudite grippe du code postal.
Mes photos couleur peuvent bien avoir l'air d'être en noir et blanc...
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Mise à jour, dimanche soir...
Vous ne devinerez jamais qui c'est qui vient de me téléphoner et qui veut me voir? Léo. Oui, oui, c'est ça. Léo de L'Épicerie Léo. Celui qui fabrique des moppes dans son arrière boutique. Le Léo du moyen métrage de Carol Courchesne dont je vous parlais la semaine dernière. Sur mon afficheur, c'était écrit Épicerie Léo, ça fait comme drôle quand on vient de voir le film. Il a demandé à me parler, avec mon vrai nom et tout. À cause de ce que j'avais écrit ici. C'est sa soeur de Trois-Rivières qui lui a envoyé un fax de mon billet où je parlais de lui et du film, elle a trouvé mon nom et mes coordonnées grâce à mon frère Jocelyn qui habite maintenant à Lévis, en tout cas, Léo ne savait pas trop comment sa soeur y était arrivée mais bref, elle l'a conduit jusqu'à moi. Il voulait surtout me dire qu'il était content, Léo. Il voulait aussi que j'aille le voir. Il ne sort presque jamais de son magasin, ouvert 7 jours sur 7 et 365 jours par année. Je lui ai dit que je le connaissais, moi, parce que je suis déjà allée à L'Épicerie Léo. Alors, on a convenu que j'irais faire un tour cette semaine pour lui dire bonjour!
Pour mettre encore plus de couleur dans mon noir et blanc, il ne manquerait plus que je reçoive un appel téléphonique de Soeur Sourire!!!








