


Photo 1 : Tout l'été, chaque fois que je passais par là, je me demandais quel artiste avait bien pu nous offrir ça et surtout quel était le message qu'il voulait transmettre. Hier, sur le chemin du retour, j'ai pris des photos de son oeuvre, sur la route 393 Sud, après Palmarolle, juste avant de tourner vers Rapide-Danseur, tout près de Duparquet.
Photos 2 et 3 : Quand je travaille en Abitibi-Ouest, ce qui était le cas cette semaine, je reviens au pays de mon enfance. Avec tout ce que ça comporte de bonheur, de souvenirs, de paysages familiers et d'un petit brin de nostalgie. J'ai pris celles-ci à 7 heures hier matin, sur la route 101 Nord entre Ste-Rose de Poularies et Macamic. Le soleil se levait, éblouissant, et la brume enveloppait tout le paysage d'une aura de sérénité.
Contrastes
J'ai enfin résolu le mystère de l'oeuvre en cassant la croûte ce midi avec mes deux cousins qui habitent pas loin de là et qui travaillent à Rouyn-Noranda. Je ne sais toujours pas le nom de l'artiste mais on m'a dit qu'il était de Rapide-Danseur. Pour un deuxième été, il expose ses épouvantails à la vue des automobilistes. On les voit de loin. On se demande jusqu'à la dernière minute ce que c'est... Il paraît que l'été dernier, il situait son oeuvre dans l'environnement environ 2 kilomètres avant l'emplacement actuel. Et mon cousin Lucien m'a dit qu'il avait eu l'air fou à l'automne en voulant aller montrer ça à sa visite et qu'il s'était buté sur une affiche : « Partis pour l'hiver »!...
Quel est le message que l'artiste veut nous communiquer? Il se désole de l'exode des jeunes...
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Quant aux photos 2 et 3 et j'en ai quelques-unes dans le genre, elles me font dire : « Ah, si je savais peindre... je n'écrirais pas ».
Je reviens chez nous
Je fais beaucoup de choses par instinct. J'ai l'habitude de suivre les élans de mon coeur quand ça se peut. Je ne comprends pas pourquoi quand je vais travailler en Abitibi-Ouest, je pars toujours par la 101 Nord et je reviens systématiquement par la 393 Sud. C'est comme ça que j'aime ça. Pour le temps ou la distance, c'est pareil. Et ce n'est pas tout... En arrivant à La Sarre, je fais toujours un mini détour pour passer devant ma première école (Victor-Cormier) et ma petite maison qui n'a pas changé au bout de la rue. Tout a changé autour mais pas mon école et ma petite maison!
Mais ce qui m'a émerveillée cette semaine dans ce séjour de travail au pays de mon enfance s'explique difficilement. Appelons ça un colloque pour faire une histoire courte. L'initiative des gens de l'endroit rassemblait dans un même lieu, et pour deux jours de travail intense, pas moins de 130 personnes (représentants de la population, partenaires internes et externes) pour réfléchir, discuter, se concerter, prioriser et mettre de l'avant une démarche audacieuse pour faire plus avec moins. C'est dans l'air du temps, n'est-ce pas?
Pour la cinquième fois, on m'a invitée comme tant d'autres et j'y suis allée de bon coeur. Pendant les ateliers, les pauses, les déplacements, les dîners, je crois avoir rencontré à peu près tout le monde et j'ai eu droit à des retrouvailles qui m'ont fait chaud au coeur, des accolades, des poignées de main sincères, des complicités qui m'ont rendue fière. J'étais touchée d'être traitée comme l'une des leurs.
Les gens d'Abitibi-Ouest ont un petit quelque chose de particulier, je trouve. Ils sont d'une simplicité et d'une familliarité bon enfant qui ne s'enfarge pas dans les fleurs du tapis. Ils engagent facilement la conversation, vous font une place dans le cercle dès que vous arrivez, vous sourient et vous ouvrent la porte, vous présentent avec votre prénom, votre nom, comme s'ils étaient allés à l'école avec vous ou que vous étiez de la famille.
Ils ont beaucoup d'humour aussi, ça s'entend et ça se voit. Un petit rien de cynique, jamais blasé, toujours avec une finesse qui vous passe un message si vous êtes assez sensible pour le comprendre.
La tâche était colossale mais elle est en voie d'être accomplie. Le défi a été relevé. Le miracle s'est encore produit grâce à la solidarité que j'ai vue là. Ça donne de l'espoir, vous n'imaginez pas jusqu'à quel point. Que là où je suis née, où j'ai fait mes premiers pas, où je me suis baignée dans tous les lacs dont le lac Abitibi, où j'ai sillonné avec mon papa tous les petits chemins de campagne quand je « travaillais » avec lui, où j'ai connu mes premières journées d'école, où j'ai eu mes premiers amis, où j'ai joué dans les petits boisés qui n'existent plus, où j'ai appris à faire du vélo et volé la sacoche blanche de Patsy Leblanc et que j'ai dû lui remettre et m'excuser... Là, dans ce coin de pays où je me reconnais tellement, qu'on me reconnaisse aussi et que j'y retrouve des valeurs qui me sont chères, des espoirs que je croyais évanouis... Comment dire? Ça donne des photos avec plein de douceur et le coeur qui se gonfle de quelque chose d'infiniment bon... Ah si je savais peindre...










