lundi 21 avril 2008

Entre l'ombre et la lumière


Photo prise chez nous, du balcon, l'été dernier. Étrangement, j'aime ces ciels tourmentés, qu'on dirait presque menaçants, avec des couleurs étranges, qui viennent arrêter le temps qui fuit, semer un peu d'éternité, entre l'ombre et la lumière...

Je me suis toujours un peu trouvée là, entre l'ombre et la lumière.

Quand j'étais écrivain public, on me demandait souvent comment je faisais pour me mettre à la place de quelqu'un d'autre au point de pouvoir m'exprimer à leur place, en leur nom. C'était facile, je n'avais qu'à écouter ce qu'ils ne disaient pas et qui parle beaucoup plus que ce qu'ils disent. Alors, on me demandait quelle était la difficulté, le défi que je rencontrais souvent dans mon travail...

C'est difficile d'abandonner la paternité d'un texte, celui qu'on vient juste de mettre au monde, parfois dans la douleur, mais toujours avec le bonheur d'avoir donné le meilleur de soi, d'avoir réalisé quelque chose qui nous semble pour un instant à fois plus grand et meilleur que ce qu'on est. Créer, inventer, que ce soit en musique, en peinture, en mots, en images, en théâtre, en danse, c'est se mettre au monde aussi, et pour quelques instants, on est un peu amoureux de ce qu'on a trouvé à l'intérieur de soi, quand on a réussi à fixer sous la plume les visions fulgurantes aperçues à l'heure fugitive de l'inspiration...

Ce que j'ai écrit de mieux dans ma vie n'a jamais porté ma signature. C'est vrai que je suis plus à l'aise dans l'ombre que dans la lumière. Les coulisses, c'est ma place. La lumière m'aveuglerait peut-être. Pourtant, il y a eu bien des fois où, sans vouloir être sous les projecteurs, j'avais de la peine qu'on s'approprie le fruit de mon travail, qu'on le livre sans aucune âme comme une marchandise ou qu'on en prenne du crédit. Je me souviens d'une soirée où l'on a rendu hommage à trois hommes que j'admirais beaucoup : un bâtisseur, un jeune homme de la relève et un exemple d'excellence.

On m'avait confié le mandat de leur écrire un hommage. Un à un, je les ai rencontrés, j'ai enregistré notre entretien de quelques heures, vécu quelque chose d'exceptionnel avec chacun des trois puis j'ai été inspirée de ces rencontres et j'ai écrit les hommages. Dans la salle, on applaudissait à tout rompre ceux et celles qui livraient ces textes, laissant croire qu'ils et elles en étaient les auteurs(es). J'avais réussi à transmettre quelque chose de fort, de vrai, certains essuyaient une petite larme. J'applaudissais aussi, touchée de ces mots qui étaient les miens mais surtout de la réaction de ces trois hommes et de leur entourage. J'étais l'auteure... dans l'ombre, d'autres avaient besoin d'être dans la lumière...

Ces temps-ci, j'écris beaucoup pour mon travail. En fait, je suis pas mal débordée d'ouvrage. Je ne suis plus écrivain public mais encore maintenant, ce que j'écris ne porte jamais ma signature. Ça ne me fait rien, bof... presque rien, j'y suis habituée, je me console en me disant que je suis l'une des rares au Québec à gagner ma vie avec ce que j'écris, que j'ai au moins une chose en commun avec Michel Tremblay!

Une fois, c'est arrivé où je suis peut-être passée de l'ombre à la lumière. Je vous raconte.

Au temps où la municipalité de Lac Dufault n'était pas encore fusionnée à Rouyn-Noranda, le petit journal du village était publié et distribué 6 fois l'an. Le maire me demandait chaque fois d'écrire quelque chose pour boucler la boucle, un texte rassembleur pour la couverture arrière de notre petit journal. Gratuitement, bien sûr, la municipalité n'était pas riche et il disait tout le temps comme Séraphin, « La corporâtion est pauvre ». Je disais oui, je n'ai jamais su dire non. À un moment donné, il ne me le demandait même plus, il se contentait de me dire quelle était la date où on allait en impression et j'apportais mon texte, sur une disquette, aux bureaux de la municipalité.

Une fois que j'apportais ma disquette, on avait reçu une lettre de la part des organisateurs du Festival de la poésie de Trois-Rivières. On demandait aux maires des villes et villages du Québec de proposer des candidatures de textes et de poètes de chez eux. On donnait les critères et les consignes pour y participer. On allait en choisir quelques-uns qu'on allait publier, textes et signatures gravés dans la pierre du monument au Poète inconnu, et qui serait dévoilé lors des cérémonies d'ouverture du Festival.

Mon maire, qui avait l'impression de m'en devoir une je suppose, m'a demandé s'il pouvait proposer ma candidature. J'ai accepté et lui ai donné les mots d'une chanson que j'avais écrite. J'étais attachée à ce texte-là parce qu'il m'avait permis de vivre quelque chose de merveilleux. Je l'avais écrit pour moi, en pensant à Crocodile Dundee, mais par un concours de circonstance imprévu, je l'avais offert à une famille qui célébrait les 50 ans de mariage des parents, Hervé et Solange. Comme écrivain public, on m'avait confié l'écriture de l'hommage (ce que les gens appellent l'adresse mais qui n'en est pas une du tout!...) les invitations et quelques bricoles autour mais quand on m'a parlé d'une chanson qui mettrait en valeur les talents de la petite-fille, très en voix, et des musiciens qui l'accompagneraient, j'ai proposé la mienne, déjà écrite, paroles et musique, et qui convenait parfaitement, surtout que Solange aimait tellement jouer de la guitare.

J'ai donc enregistré mon interprétation toute simple, guitare et voix, sur une cassette audio, et, timidement, je leur ai remis ma chanson pour qu'ils s'en servent à leur guise. J'étais honorée. Ils ont tenu à ce que j'aille à la fête. Pour le souper et les célébrations familiales en soirée, j'ai poliment refusé mais pour la partie « publique », dans l'église, j'ai accepté avec joie. J'étais donc assise dans le dernier banc de l'église du village d'Evain le jour du 50e anniversaire de mariage des parents. Quand je l'ai entendue, ma chanson, si bien chantée par leur petite-fille et enrobée de ma musique, devenue tellement plus belle parce que jouée par trois merveilleux musiciens, deux guitares et un violon... Je peux pas vous dire... Dans mon coeur, j'ai eu plein de sentiments mélangés...

IMAGINE

Imagine quand nous ne serons plus jeunes
Quand nous courberons sous le poids des ans
Le coeur usé mais l'esprit devenu sage
L'amour vaincra le passage du temps

J'inventerai pour toi les plus belles histoires
Je te raconterai l'ivresse de nos trente ans
Et nous rirons ensemble de ce temps mémorable
Où l'on s'aimait quand même si l'on manquait de temps

Imagine quand nous prendrons de l'âge
Quand nous aurons construit tous tes châteaux
Quand il y aura sur nos joues des sillages
Mais que nos âmes s'aimeront comme il faut

J'aurai gardé pour toi des projets et des rêves
Et je me souviendrai de ce que tu aimais
Et nous profiterons de ces heures trop brèves
Parce que nous saurons qu'elles ne reviennent jamais

Imagine quand nous serons plus fragiles
Quand nous ferons le même petit jardin
Quand tous les mots seront bien inutiles
Et que ton regard cherchera le mien

J'aurai encore pour toi des accords de guitare
Et nous irons chantant le même doux refrain
À nos petits-enfants qui seront notre gloire
Et qui nous parleront de leurs nombreux demains

Et qui nous parlerons de leurs nombreux demains...

Croyez-le ou non, mon maire a reçu quelques semaines plus tard, une lettre officielle du Festival international de poésie de Trois-Rivières. J'avais été choisie, moi, une citoyenne de Lac Dufault, pour que ce texte et ma signature soient gravés dans la pierre du monument au Poète inconnu!

Il faudrait bien que j'aille voir, à Trois-Rivières, si c'est vrai qu'il y a un monument au Poète inconnu et que pour une fois, je serais passée de l'ombre à la lumière...

mercredi 9 avril 2008

À l'affiche sur le frigo


Cette photo date de 40 ans, c'est ma mère qui l'a prise lors de nos vacances de l'été 1967. Si je devais choisir une seule photo dans le monde entier, ce serait celle-là. Pourquoi? Parce qu'elle me faire rire, les larmes aux yeux, elle raconte tellement d'histoires de notre enfance, de tout ce que j'aime, l'humour et l'amour, la tendresse aussi.

La dernière fois qu'on l'a regardée, c'était lors de notre souper familial chez Maman, à Pâques. Juste à l'évoquer, Joce et moi, on riait tellement que j'étais incapable de parler et je suis allée chercher l'album du 50e anniversaire de mariage de nos parents. Oui, on a l'air misérable mais on était tellement heureux! Plus Maman se défendait corps et âme qu'on était loin d'avoir eu une enfance misérable, plus on essayait de lui dire que c'était vrai mais on était incapable de finir nos phrases. Avec nos enfants, empilés les uns sur les autres dans la petite causeuse de la salle à dîner, on a revisité l'album au complet, avec ses 50 photos agrandies de notre histoire, les séquences écrites qu'on a faites à trois et qui ont servi d'hommage à nos parents...

Je cherchais à publier cette photo ici parce que nous avons perdu l'original. J'ai donc numérisé une page de l'album du 50e et l'occasion s'est présentée dernièrement de l'inclure ici alors qu'un ami m'écrivait qu'il aimerait bien lire « À l'affiche sur le frigo », un texte que j'ai écrit en 2006, publié dans le recueil « Empreintes boréales ».

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À l’affiche sur le frigo

« L’enfance est un bagage que l’on transporte toute sa vie », Gilles Vigneault. Dans ma famille, on a assimilé cette phrase, comme tant d’autres, puisqu’elle a longtemps figuré à la place d’honneur, à un endroit stratégique de la maison familiale : la porte du frigo! Maman avait cette habitude, quand elle tombait sur une perle, de la retranscrire sur une feuille blanche, de son écriture du dimanche, avec des majuscules rondes et voluptueuses, qu’elle affichait bien en vue sur le frigo. Ces pensées, maximes et pistes de réflexion, portaient toujours la signature de leur auteur(e) parce qu’elle avait un respect immense pour les mots et pour ceux qui les écrivent. Elle était aussi d’avis qu’il en va des réflexions comme des musiques : certaines élèvent l’âme…

Elle procédait ainsi : plus elle souhaitait que nous comprenions l’affaire, plus la phrase restait longtemps à l’affiche, si bien qu’avec le temps, nous avons intégré ces valeurs comme les fondements de nos vies d’adultes. Enfants, nous comprenions d’instinct qu’une phrase choisie par Maman pour un tel honneur devait en valoir la peine. Maman n’affichait pas n’importe quoi sur le frigo! Pour nous, la découverte d’une nouvelle phrase coïncidait souvent avec une occasion spéciale ou notre repas préféré, du moins, en gardons-nous le souvenir d’une belle page neuve dans le livre de notre histoire familiale. Au fil des ans, il y en a eu sur la reconnaissance, la générosité, le partage, la foi, l’amour des autres, l’amitié, l’intégrité, bref, sur tout ce que Maman voulait nous transmettre comme bagage… que l’on transporte toute sa vie.

L’une d’elles, restée très longtemps à l’affiche, est venue teinter de riches couleurs nos existences : « Le bonheur se compose de mille et une petites choses ». Puisque son auteur est resté inconnu, on soupçonne Maman de l’avoir écrite sur mesure pour nous… En tout cas, dans nos réunions familiales, quand on se remémore les phrases du frigo de notre enfance, celle-là arrive en premier et elle nous trouve toujours des exemples récents pour mieux l’illustrer.

J’ai réalisé dernièrement que chez mes deux frères comme chez moi, la porte du frigo est bien garnie : messages, dessins d’enfants, caricatures, dates de rendez-vous, billets de spectacles et toujours… une seule phrase, écrite à la main, portant le nom de son auteur(e). Elle change parfois selon les événements ou l’âge de nos enfants qui, eux, la découvrent avec un enthousiasme semblable au nôtre lorsque nous retournons à la « maison mère », et que nous découvrons que Maman vient d’en afficher une toute nouvelle… sur la porte de son frigo!

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Histoire d'actualiser ce texte, voici ce qui est présentement à l'affiche sur mon frigo :

« De tous les visiteurs de la forêt, les randonneurs sont les moins égoïstes : ils n'y recherchent aucun avantage matériel. Ce sont eux qui en retirent le plus. Un séjour sous la voûte sylvestre, si court soit-il, procure à l'âme le plus grand bien et vaut toutes les méthodes de méditation au monde ». (André Croteau, Guide de la forêt québécoise, saison par saison)

jeudi 3 avril 2008

Descendre la rivière avec le courant


J'ai pris cette photo au printemps dernier près de notre camp, à Rapide Deux. J'y suis allée en fin de semaine dernière et je peux vous assurer qu'on n'est pas encore rendu là cette année. Le contact de l'eau me manque beaucoup quand l'hiver s'étire trop. Je m'explique mal pourquoi j'ai tant besoin de vivre près de l'eau, d'en voir, d'en entendre, d'en ressentir la pureté, la fluidité et la transparence dans ma vie. Des fois, je me dis que c'est à cause de mes racines (ou de mes algues) des Iles-de-la-Madeleine jusqu'ici!

Le surnom de l'Abitibi-Témiscamingue, c'est « la région aux 100 000 lacs ». On exagère à peine, il s'agit plutôt de 100 000 points d'eau, comprenant aussi des rivières, des étangs, etc. Pour moi, les rivières sont des routes, des chemins de découvertes qui ont permis que se rendent jusqu'ici les explorateurs et aventuriers, marchands de bois et de fourrures, prospecteurs et pionniers de la colonisation.

L'Harricana me fascine. Prenant sa source près de Val-d'Or, plus loin, elle traverse joliment la ville d'Amos, poursuit sa course folle à travers la forêt boréale et la taïga, puis, elle se jette dans la Baie James. Crocodile Dundee et ses amis l'ont descendue en canot, une expédition mémorable, à les entendre en raconter des bouts. Il paraît que c'est là qu'on sépare les hommes des p'tits gars. Ils peuvent être assez machos quand ils s'y mettent, la gang. Lors d'une soirée bien arrosée, où ils avaient décidé qu'ils allaient la faire, quand on a voulu en savoir plus, ils avaient décrété dans une solidarité et un fou rire généralisé, au grand dam des filles présentes, que Harricana était un mot algonquin qui signifiait « là où l'homme va seul »...

La rivière Outaouais m'impressionne. C'est là qu'est situé notre camp. Rapide Deux et Rapide Sept sont deux centrales hydroélectriques situées sur cette rivière mais il y en a d'autres aussi, tout le long de son parcours. La rivière Outaouais, c'est comme mon fleuve à moi. La plus longue rivière au Québec, avec ses 1120 kilomètres, draine le bassin hydrographique le plus considérable. Le fleuve St-Laurent, lui, issu du lac Ontario, coule sur une distance de 1140 kilomètres jusqu'au golfe St-Laurent. Me suivez-vous?

Si j'étais un saumon qui devait retourner au lieu d'où il vient, je partirais de notre camp à Rapide Deux, je nagerais toute la longueur (environ 2 kilomètres) du « creek » pour rejoindre la rivière Outaouais, pendant 1120 km jusqu'au fleuve et de là, jusqu'au golfe, où je retrouverais ces chères Iles-de-la-Madeleine. J'irais tout de suite saluer le grand Fred à mon oncle Will... Depuis le temps qu'il m'invite sur son homardier! « Salut Fred, c'est Francine à Léo à Avila, à Julien! »

J'y pense beaucoup ces jours-ci aux Iles. Parce que je m'ennuie de l'eau, que j'ai hâte que le processus irréversible du printemps fasse tout renaître, que les « creeks » dégèlent, que la rivière soit « en chandelles », que j'entende à nouveau chez moi mon lac chanter doucement quand le vent chaud disperse les derniers glaçons d'une île à l'autre.

Mais je pense aux Iles aussi à cause de cette tragédie de l'Acadien II, la version 2008 de « La complainte des Lebel » chantée par mes défuntes grands-mères et qui raconte la vie, le drame des chasseurs de loups marins. Depuis que c'est arrivé, je vois et j'entends plein de reportages, je reconnais des lieux, des noms de famille qui sont les nôtres, des ressemblances des gens de là-bas avec ceux de mes familles. Mais surtout, ils ont tous le même bel accent madelinot que Papa, dont je m'ennuie tellement. Maman vient aussi de Hâvre-aux-Maisons mais son accent s'est beaucoup dilué avec les années, surtout lorsqu'elle est allée étudier à Québec. Papa disait qu'elle avait perdu son accent parce qu'elle était « instruite » !

L'accent de Papa était resté intact, tant dans sa prononciation que dans ses expressions maritimes et c'est ce que je retrouve dans ces Madelinots qui s'expriment ces jours-ci. Si je le pouvais, je les prendrais tous et toutes dans mes bras, je les serrerais ben ben ben fort et je les écouterais me parler pendant des heures...

mardi 25 mars 2008

L'Abitibi-Témiscamingue, à bras ouverts + info de dernière heure

Photo prise l'été dernier à Petite-Vallée, au Festival de la chanson de l'endroit (en Gaspésie). Isa y était de passage lors de ses vacances, pour le soleil, la mer, la musique et les rencontres qui surviennent comme par magie, mais elle n'était pas inscrite officiellement comme auteure compositeure interprète et c'était voulu. Ce qui n'a rien empêché du tout!

Vous connaissez mon habitude? Une image, un message! Je viens tout juste de recevoir le fichier wav audio de la publicité de 30 secondes dont je vous ai déjà parlé et je cherche une manière de vous la faire entendre ici, surtout que je vous l'avais promis.

Appel à tous (et à toutes)

Si vous avez des suggestions à me faire sur la procédure à suivre pour insérer ici un fichier wav audio, n'hésitez pas, vous connaissez mes limites en entourloupettes informatiques et virtuelles?

Dernière heure : Je savais bien qu'en faisant un appel à tous (et à toutes) on finirait par trouver une solution... qui est venue de Joce et Jean-Mi, le duo père fils qui a conçu et réalisé le site « Les Merveilles de l'Abitibi-Témiscamingue » dont vous trouverez le lien en haut à droite. Pour entendre l'extrait sonore, allez voir sur le site des Merveilles, en page 12, mais tant qu'à être là, si vous avez quelques minutes, prenez le temps de fureter ailleurs aussi sur leur site. Bravo et merci, les gars!

dimanche 16 mars 2008

En direct de chez moi


Je viens tout juste de prendre cette photo, sur le balcon d'en bas, chez moi, là où je travaille. En fait, de mon bureau, je vois « ÇA », je me lève, je fais deux pas, j'ouvre la porte patio et je sors même pas dehors. Oui, c'est dimanche et je travaille parce qu'il le faut, je dois produire des choses et mon délai est très serré, comme ça arrive trop souvent. Mais je manque de concentration (avec ce beau soleil qui inonde la maison) et cette chose attire mon attention. Vite, mon appareil, jamais bien loin, pèse sur le piton, zoome au max et clic, je viens d'immortaliser cette drôle de chose!

On aurait dit qu'ils voulaient me faire un spectacle pour me distraire, la patente se met en branle juste entre chez nous et l'île-aux-sables. On dirait un hélico mais patenté dans un garage. Là, ça m'inquiète un peu, j'avoue... Ça fait du bruit, heille, ça veut voler, ça! En tout cas, moi, ça me dirait pas trop d'embarquer dedans.

Les secondes passent, l'hélice tourne de plus en plus vite, l'angle change, devient de plus en plus oblique, le bruit s'accentue. (C'est là que j'ai pris ma photo. Vous pouvez cliquer dessus pour voir de plus près la patente). Mais ils ont vraiment l'air de croire que ça peut voler... La patente se met à avancer lentement et puis, plus vite, même encore plus que la motoneige. Je vais tout perdre de vue, ils arrivent au bout de la presqu'île qui nous sert de rue. Le bruit change, je vois les gens sur le lac qui applaudissent. Je crois que ça y est, la patente... elle doit voler.

Quinze minutes plus tard, toujours pas de nouvelles de la patente. Ça y est, je suis inquiète, je n'arrive plus à me concentrer. S'il fallait qu'il y ait eu un crash... Ça doit être quelqu'un du coin, c'est certain, puisqu'ils étaient juste devant chez nous. Tout à coup, pendant que je transfère mes photos à l'ordi, je vois arriver ce drôle d'hélico, à toute vitesse, en sens inverse, qui ralentit jusque devant chez moi et même plus loin. Chez le troisième voisin à ma droite, il y a une dizaine de personnes, qui applaudissent, la motoneige revient. Tout le monde a l'air suuuuuuper content.

Si les apparences ne sont pas trompeuses, il y a un patenteux de ma rue qui s'est inventé un hélico dans son garage. Un hélico avec des skis. Comment voulez-vous que je travaille dans ces conditions-là!

mardi 11 mars 2008

Couleurs hors saison




J'ai pris la première photo du balcon chez moi, l'été dernier. En plein jour et durant la semaine, le lac est parfois tranquille et les huards s'approchent assez pour que je puisse les observer à loisir. Je vous rappelle que pour les voir de plus près, (on les appelle les plongeurs) vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir. La deuxième, je l'ai croquée dans une soirée rose et bleue, j'étais sur notre quai où je passe des heures et des heures à rêvasser, les pieds dans l'eau, la tête dans les nuages.

En attendant l'été

J'aime toutes les saisons mais j'avoue que l'hiver, à ce temps-ci, je commence à l'avoir assez vu! Pourtant, dans notre région, on n'aurait rien à se plaindre cette année, les tempêtes exceptionnelles et les accumulations de neige que nous n'avons pas eues nous ont distingués de l'ensemble du Québec, du Nouveau-Brunswick et de quelques secteurs de l'Ontario. Malgré tout, j'ai terriblement hâte au réveil de la nature et à la belle saison, tellement que je suis allée fureter dans mes photos de l'été dernier pour m'aider à patienter jusqu'au prochain.

Un lac très habité

Le lac Dufault a une superficie d'environ 50 kilomètres carrés, dont un très faible pourcentage est urbanisé. C'est là où j'habite mais il ne s'agit pas du secteur le plus intéressant de notre lac. Ça, les huards l'ont bien compris, ils se tiennent plus loin, là où il n'y a personne. Sur les 103 îles qui viennent ponctuer tous les parcours que nous aimons explorer, certaines méritent qu'on ne s'y aventure jamais autrement que d'une distance permettant seulement l'observation (avec des jumelles). C'est le cas de l'ile-aux-hérons où il convient de ne jamais accoster. Quand on a la chance d'avoir une héronnière sur un plan d'eau, il faut la protéger à tout prix. Ces oiseaux nichent très haut dans les arbres de la plus grande de nos îles et il est facile d'observer de loin, le soir, les grands hérons qui s'en reviennent aux nids pour nourrir leurs oisillons qui piaillent après leur mère comme des petits mal élevés qui en redemandent sans cesse. Ils sont touchants avec leurs becs grand ouverts et les grands hérons, si patients.

Mes préférés, ce sont les huards. Il y en a au moins 7 ou 8 couples qui reviennent chaque année. Ils sont magnifiques et nous font entendre leurs cris comme la plus jolie des musiques. Ils se rassemblent souvent à l'autre bout du lac au soleil couchant, ils s'interpellent et se répondent sans arrêt entre les îles. On arrête souvent notre petit moteur juste pour les écouter. Dans ce temps-là, ils s'approchent aussi de nous mais pas trop près quand même, ils restent très sauvages et je les comprends. J'aime les huards entre autre pour leur sentiment d'appartenance; ils reviennent toujours à leur lac. Les couples de huards sont fidèles tout au long de leur vie. J'ai déjà assisté, impuissante, à la réaction dramatique d'un mâle, complètement dévasté par la mort de sa femelle, une motomarine devait l'avoir pulvérisée... C'était poignant, d'une telle tristesse... Ils élèvent leurs petits ensemble, ces couples fidèles. Les mâles s'occupent aussi de leur progéniture, ils ont compris le partage des tâches et les bonheurs inhérents à cette responsabilité. C'est drôle de les voir nager avec un petit sur le dos!

Il y a des canards aussi, en quantité. Ceux-là, ils seraient plus faciles à approcher mais il n'est pas question de les nourrir, on les rendrait dépendants. Déjà qu'ils viennent parfois dans la cour profiter des graines que je laisse aux oiseaux. Une petite famille s'était nichée l'été dernier sous la maison de poupée à Isa qui nous sert maintenant de remise à jardin, située tout près de l'eau. Ils se croyaient bien cachés, ils nous faisaient rire. Quand ils partaient à la queue leu leu derrière leur mère, ils étaient gauches et mignons. Mais j'ai quelque chose sur le coeur par rapport aux canards mâles depuis que je connais leurs moeurs sexuelles. Ils seraient, paraît-il, assez violents. Cette rumeur m'est parvenue comme un écho entre les épinettes mais j'ai bien peur que ce soit vrai, j'ai déjà vu quelque chose de pas très édifiant. Pour les écureuils, en tout cas, j'en ai eu la preuve sous mes yeux, j'ai trouvé ça révoltant. Crocodile Dundee m'assure que la nature, c'est de même des fois et que je suis trop... humaine!

Bien sûr, il y a à l'autre bout du lac beaucoup plus d'espèces d'oiseaux, d'animaux et de mammifères, parce que la partie la plus habitée est beaucoup trop animée certains jours, ça attire ceux et celles qui font du ski nautique ou de la baignade à l'île-aux-sables. Normal, on est tout près de la ville. Mais le pire des fléaux, ce sont ces engins d'enfer contre nature, les motomarines. Je vous assure qu'aucun riverain n'en possède, on a bien assez de les voir et de les entendre virer en rond dans le même secteur, devant nos maisons, pendant des heures. Je me demande tout le temps à quoi ils pensent, quel plaisir ils peuvent éprouver à déranger ainsi tant de monde à la fois...

J'adore vivre ici, y travailler aussi, puisque mon bureau est chez moi. Mais si l'endroit est si animé à certaines périodes et en toutes saisons, mes moments préférés sont les petits matins calmes où le lac est un miroir, les levers de soleil flamboyants et les soirées rose et bleu.

Ah, vivement que cet hiver achève!

mercredi 5 mars 2008

Il en neige, des bonnes nouvelles!

J’ai pris cette photo aux fêtes, alors que nous étions réunis, tous les membres de ma famille, à l’Auberge Harricana, de Val-d’Or, un endroit magnifique de chez nous qui accueille beaucoup de touristes de partout dans le monde. Ne vous en faites pas, j’ai la permission d’Isabelle et Dominic pour publier cette photo et vous dévoiler tout ce qui suit!

J’ai aujourd’hui quelques excellentes nouvelles à partager et par les temps qui courent, elles sont bienvenues, mais j’hésitais quand même à le faire pour éviter de tomber dans le piège de la Môman-tellement-fière-qu’elle-n’en-voit-plus-clair-et-même-qu’elle-écoeure-le-peuple-avec-ça… Mais là, tant pis, je fonce, en me disant qu'on n’est toujours ben pas pour s'en cacher quand il arrive de quoi nous réjouir!

Vous connaissez ma passion et mon amour inconditionnel pour ma région, l’Abitibi-Témiscamingue? Évidemment, sinon, vous en êtes à votre première visite ici! Notre région, comme toutes les autres, tente de se positionner le mieux possible sur l’échiquier de l’offre touristique proposée aux voyageurs et vacanciers d’ici et d’ailleurs. Je vous présente donc Dom et Isa qui sont responsables de ce qu’on pourra voir et entendre dans cette publicité de 30 secondes qui sera diffusée les trois prochaines années lorsqu’on essaiera de vous convaincre que tourisme rime avec Abitibi-Témiscamingue.

Dominic a 25 ans. Un charme fou, du talent, un naturel et un charisme que j'avais remarqués dès son secondaire III, parce qu'il a toujours été très impliqué dans notre milieu culturel. Il a déjà beaucoup voyagé pour son jeune âge et vécu des expériences de travail fascinantes et formatrices. Après ses études à Montréal dans le domaine qui le fascine et le passionne, il tenait à revenir chez lui pour exercer son art, convaincu qu’on puisse en vivre en région, surtout dans la ville qui s’est inventé de toute pièce un Festival international du cinéma! Dominic est cinéaste, vidéaste et réalisateur, il a un regard unique, effervescent, sensible et brillant, je trouve qu'il imprime sa signature en filigrane sur tout ce qu'il réalise. Il a donc été emballé lorsqu’on lui a proposé ce mandat de la conception et la réalisation d’une publicité de 30 secondes qui montrerait tout ce qu’on devrait voir et imaginer pour avoir envie de venir découvrir l’Abitibi-Témiscamingue.

Au même moment, et sans savoir les liens amoureux qui les unissaient, on approchait Isabelle, 21 ans, pour qu’elle créée et produise la trame sonore de la publicité de 30 secondes qui devait nous faire entendre et imaginer tout ce qu’on devrait savoir et deviner pour avoir envie de venir découvrir sa région. Comme auteure compositeure interprète, on l’avait remarquée et c’est à elle qu’on confiait cette mission de tout nous chanter... en 30 secondes! Elle a tout de suite senti le besoin d’informer ces gens qu’elle se sentait très à l'aise et très proche de celui avec qui elle devait collaborer pour arrimer le concept et les images avec sa trame sonore…

En plus d’être amoureux, ils allaient collaborer à un même projet qui leur tenait tellement à cœur, puisqu’il s’agissait de faire partager à un public très large leur passion de la région qui les a vus naître et grandir. Lors de nos rencontres et soupers de famille, on a pu savoir en primeur quel concept Dominic allait mettre de l’avant (vraiment génial et qui nous ressemble) et Isabelle travaillait fort, de son côté, pour répondre à la commande ambitieuse et très précise de l’Association touristique régionale. Vraiment, ça bouillonnait d'idées et de créativité chez nos amoureux!

Lundi dernier, j’avais rendez-vous pour dîner en ville avec Isa. Elle voulait me faire entendre le produit presque final, pas encore mixé, mais avec tous les instruments de musique qui sont venus enrichir ses mots, sa voix, le son de sa guitare. Je suis tombée à la renverse, on a refait jouer le CD au moins 10 fois dans mon auto. Ça passe vite, 30 secondes... J'ignore comment elle a fait mais elle a donné tout ce qu’elle avait dans le cœur. Wow! C’est sûr, quand vous l'entendrez, vous allez vous sentir invités chez nous de manière tellement chaleureuse... Je vous dis, elle a un sourire dans la voix, ça s’entend!

La version intégrale de sa chanson est magnifique, paroles et musique, je la trouve touchante, ça doit être mon ti cœur de Môman qui revoit là-dedans des images et des histoires vécues. Quand même, je crois que n'importe qui pourra se laisser atteindre de la même manière. On pourra l’entendre dans la version intégrale dans nos stations de radio mais c’est le refrain uniquement qui sera inclus dans la pub de 30 secondes. Ça donne quand même le ton, la couleur et le rythme. Et là, j’imagine le concept et les images de Dominic qui défileront au même moment. C’est pas mêlant, ça m’émeut…

Je trouve ça cool que le marketing touristique en version 30 secondes soit confié à des jeunes de 21 ans et 25 ans qui ont fait leur profession de foi en notre région depuis toujours, après avoir visité pas mal d’endroits dans le monde. Ça en dit long sur la jeunesse et l’esprit d’aventure de l’Abitibi-Témiscamingue!

Cette publicité sera enfin dévoilée et lancée publiquement le 12 mars prochain. Ils seront là tous les deux, Isabelle interprètera en direct (avec les musiciens) la version intégrale de sa chanson et Dominic fera défiler ses images pendant les refrains. Ils sont fiers de cette réalisation. Il y a de quoi, elle aura été produite avec beaucoup d'amour, dans tous les sens du terme. D'autres événements sont prévus bientôt pour rassembler les gens d'ici autour de ce qui sera notre signature et notre invitation pour les prochaines années.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai autre chose à vous raconter. C’est un secret qu'ils nous ont confié en novembre dernier. Les parents de Dominic l’ont su en même temps que nous, à ce moment-là, nous n'étions que quatre à savoir... Le 5 janvier dernier, Isa et Dom l’ont annoncé aux familles et aux amis. Ce secret n’en est plus un depuis deux mois : ils se marient le 8 novembre prochain. Oui, un mariage! Un engagement à vie... C’est tout ce qu’on a le droit de savoir : la date et l’endroit. Tout le reste leur appartient.

Oh, comme ils le disent eux-mêmes, on ne doit s’attendre à rien de conventionnel. Ils nous avertissent avec des sourires et des regards complices : « Tout ce que vous connaissez d’une noce, oubliez ça, ce ne sera rien de ce que vous connaissez ». Avec ces deux jeunes éperdument amoureux qui savent fabriquer du bonheur et qui aiment sortir des sentiers battus, ils ont raison, on doit s’attendre à tout! C'est ben correct, on est ouvert, surtout que dans ce projet qui est le leur, ils sont d’une complicité et d’une fébrilité très inspirantes. Comme des enfants... Pour nous qui les aimons, c’est tout ce qui compte!

Ah j'oubliais... Ils sont si peu conventionnels que leur voyage de noces, ils le feront... AVANT les noces. Ils partiront 4 semaines en Espagne et au Maroc au mois de mai, 6 mois avant le mariage!