mardi 17 février 2009

Les soupers de filles


Photo 1 : Le soleil couchant samedi dernier, jour de la Saint-Valentin, dans un sentier près de notre camp à Rapide Deux.

Photo 2 : Au même endroit, au même moment exactement, je n'ai eu qu'à pivoter de 90 degrés pour être moins aveuglée et pouvoir immortaliser ce bleu du ciel si caractéristique de l'Abitibi-Témiscamingue (un ciel plus haut qu'ailleurs) que je trouvais tout aussi magnifique. Du même coup, j'ai vu mon ombre. Ça me fait bien de longues jambes, je trouve!

Les soupers de filles

Je me demande souvent ce que je ferais sans mes amis(es). Ils et elles embellissent ma vie depuis toujours. Il y a les amis d'enfance, ceux et celles avec qui on a été à l'école, on a grandi, on a fait du sport, on a « jeunessé », on a fait des voyages, on a sorti, bamboché, veillé tard, travaillé, fait de la musique, chanté, dansé, rêvé, milité, refait le monde, marché pour la paix, contre la pauvreté, vécu nos amours et nos désamours, élevé nos enfants, pêché, exploré, organisé des soupers de Gaulois, des veillées au feu, des pique-niques dans les îles, des expéditions de canot, partagé des secrets, pleuré quelques chagrins, célébré la moindre des petites victoires, etc.

Mais c'est de nos soupers de filles que je veux vous parler aujourd'hui parce que c'est là une facette de l'amitié qu'on n'aborde pas souvent. Évidemment, il y a autant de sortes de soupers de filles qu'il y a de filles mais je vous en raconte un des miens que j'ai particulièrement aimé, il avait lieu un samedi soir de cet hiver, alors qu'on se le promettait depuis longtemps et qu'on n'avait particulièrement rien à célébrer, sauf le bonheur de se retrouver entre filles en fin d'après-midi pour partager des entrées, gueuletons, fromages, vins et délices. L'idée venait de mon amie Lise qui nous avait invitées chez elle, à deux maisons de chez moi.

Des affinités naturelles

Nous étions cinq. Approximativement du même âge. Toutes dans différents domaines d'activités professionnelles. Je connaissais très bien deux d'entre elles mais pour les deux autres, j'avais très hâte de les rencontrer. Lise m'avait dit : « Tu vas voir, tu vas tellement les aimer là... » et elle leur avait dit la même chose de moi. Il était convenu que chacune apporte à son choix quelque chose à bouffer et à boire. Notre table improvisée avait une apparence si délicieuse, harmonieuse et parfaite, comme si on s'était consulté, qu'on a flâné en discutant et en rigolant quelques heures autour de l'îlot de la cuisine avant de passer à table...

De l'humour

Il y avait dans notre souper de filles des lois non écrites mais naturelles auxquelles on se pliait avec humour et sérieux à la fois. Lise avait prévu quelques sujets de discussion qu'elle avait mis dans un chapeau, mais un beau chapeau de fille par exemple, et s'il y avait le moindre temps tranquille, on devait piger un sujet de discussion. Aussi, à tout moment, chacune pouvait interrompre l'apéro ou le souper en cours par un geste de « time out » en criant : « les filles, j'ai une grande révélation à vous faire » ou bien « les filles, j'ai un potin ultra croustillant pour vous autres » ou encore « les filles, j'ai trouvé ce qu'on fête ce soir ».

Oups, désolée, il faut que je parte, je reviendrai terminer ce billet demain, je m'en vais chouchouter la petite Félixe le temps que sa maman aille à l'université. Il y a des priorités dans ma vie quand même, un certain ordre à respecter dans mes petits bonheurs...

Voilà, je reprends où j'avais laissé mon souper de filles, nous sommes mercredi matin, je viens de me faire un deuxième café pour me remettre dans l'ambiance...

La première à faire un coup d'éclat, ça a été Line. Elle a grimpé sur une chaise, brandissant le signe « time out », et la phrase magique, « les filles, j'ai une grande révélation à vous faire », elle a laissé un petit silence nous intriguer avec ses yeux en points d'interrogation : « Réalisez-vous que ça fait deux heures qu'on est ensemble, cinq filles, et y a encore personne qui a parlé de ses enfants? » et l'une de nous a rajouté : « ou de son chum? ». Alors, Line a fait mine d'être chaudasse en s'exclamant : « Ben, I drink to that 'stie! » et elle a rempli nos verres!

Le souper allait bon train, de rigolades en fous rires, en discussions plus sérieuses, on réalisait qu'on avait en commun la fin quarantaine ou la jeune cinquantaine, une passion pour notre région, son développement, l'environnement, la paix dans le monde, la vie de plein air, un monde plus équitable, l'éducation, la santé, la justice, une job qui prenait de la place mais pas trop, une vie amoureuse d'une moyenne de 30 ans, des enfants, des projets et des rêves.

On a eu droit à plusieurs révélations, potins croustillants et raisons de célébrer. À un moment donné, j'ai demandé à l'une des filles si elle aimait les cours de baladi qu'elle m'avait dit qu'elle prendrait. Oh oui, elle adorait ses cours et elle a voulu nous montrer ses apprentissages. On a décidé à l'unanimité qu'on devait prendre une pause bougeotte avant d'attaquer le dessert!

Fantaisie et douce folie

Lise a mis de la musique de circonstance et nous voilà toutes les cinq à essayer de comprendre et reproduire les mouvements de base de la danse du ventre, un huit qu'il faut faire avec ses hanches mais sans bouger les épaules, ce qui a fait dire à l'une d'entre nous : « Ça va être facile pour moi, chu bonne dans les chiffres! ». On s'est promené en dansant à la queue leu leu de la cuisine à la salle à manger au salon, jusqu'à ce qu'on ait pas mal chaud. Deux filles ont enlevé leur chandail pour danser en soutien-gorge, pour cause de ménopause disaient-elles, et je me faisais la réflexion que si un homme était apparu à cet instant dans la porte vitrée de la maison à aire ouverte chez Lise, il aurait eu tout un spectacle!

Solidarité féminine

Après ces exercices, comme ça faisait 4 ou 5 heures que je n'avais pas fumé, j'ai mis mes bottes et mon manteau pour aller en griller une dehors. Deux filles m'ont accompagnée. Je leur ai offert chacune une grande effilée au goût menthol, elles m'ont dit : « Non, on vient pas fumer, c'est parce qu'on te lâche pas une seconde ». C'est ça aussi, les soupers de filles, une sorte d'acceptation inconditionnelle de qui on est, avec nos travers et nos défauts tout mignons, juste parce qu'ils sont les nôtres et qu'on s'aime tendrement.

Comme pour goûter la vie

On a bien jasé, bien mangé, bien bu, beaucoup ri, été attendries, touchées, bercées et plus encore, c'était un fameux souper de filles. On a veillé tard, ça ne nous tentait pas de partir, on aurait voulu arrêter le temps. Moi, j'étais à deux maisons de chez moi, je pouvais rester jusqu'en dernier. Deux autres prenaient la route ensemble jusqu'à Duparquet, quarante-cinq minutes à rouler dans la nuit alors qu'il neigeait des peaux de lièvres, on a voulu les garder à coucher mais puisqu'elles ont décliné aimablement notre invitation, on a toutes bu que du café et de l'eau à partir de là. Mais le party était tellement pogné de toute manière...

Et puis, sur le bord de la porte, ce furent les accolades, les tendresses, les mots d'amour de filles, les remerciements à Lise pour l'initiative géniale, l'accueil, les promesses de se reprendre une autre fois, d'inviter nos chums pour qu'ils regardent le hockey ou quelque chose, puisqu'ils ont des affinités aussi.

La seule question qui s'est posée

Oh j'oubliais... Une seule fois on a fait appel aux petits papiers dans le chapeau mais c'était pour que Lise n'ait pas préparé ça pour rien. La question était : « Aimerais-tu ça revenir à 30 ans? » et croyez-le ou non, seulement une fille sur cinq a répondu oui, en nous expliquant pourquoi, les quatre autres, dont je fais partie, étaient heureuses de leurs 50 ans!

mardi 10 février 2009

Les aurores boréales


Photo : Un soir d'hiver, il y a une douzaine d'années, ma fille jouait dehors avec ses deux cousins lorsqu'elle est accourue : « Maman, viens voir dehors, y a plein d'aurores boréales! » et c'est ainsi que j'ai pu prendre ma seule photo de ce phénomène qui me fascine.

Les aurores boréales

Plus on vit au nord, plus on a de chance de les voir apparaître et danser dans un beau ciel clair de nuit d'été même si ça se voit beaucoup l'hiver aussi, cette photo le démontre. Pour moi, ce sont les plus beaux feux d'artifice naturels qui soient!

Mais pour vous régaler d'une série de photos magnifiques d'aurores boréales et de paysages nordiques, voici le lien qui vous mènera à une galerie complète de photos offertes en partage par un passionné de Waskaganish (autrefois appelé Fort Rupert) village autochtone situé aux confluents de la rivière Rupert et de la Baie James, région Nord-du-Québec.

Tenez, je vous l'offre comme cadeau de la Saint-Valentin, moi qui suis tout à fait charmée par les petits gestes d'amour, de tendresse et d'amitié mais contre le marketing manipulateur des marchands de fleurs et de chocolats!

mardi 3 février 2009

Berceuses et petits bonheurs




Photo 1 : Voici Félixe au moment où elle fait ses exercices, après le boire, avant le dodo. Il y a de saines habitudes de vie qu'il faut instaurer dès le plus jeune âge!

Photo 2 : Je n'ai pas vu ça souvent, un bébé qui dort aussi calmement avec ses petites mains de chaque côté de sa jolie tête, sans aucune protection, le coeur à l'air, si vulnérable mais en même temps si ouverte. Et ce qui m'impressionne encore plus, c'est qu'après la photo, quand je l'ai prise dans mes bras, elle s'est recalée bien confortablement, a ouvert les yeux, les a refermés aussitôt et s'est remise exactement dans la même position! C'est comme si elle m'avait dit : « Ah c'est toi, mamie? » Je vous le dis, on communique très bien elle et moi!

Photo 3 : Entre nous, il y a un fil de soie transparent, immensément, infiniment solide qui se tisse. J'ai l'intention d'en faire une jolie dentelle avec le temps. À l'hôpital, on venait de lui enlever ses antibiotiques en intraveineuse et de confirmer qu'elle était en très bonne santé. J'aurais pu intituler ce cliché « une mamie heureuse et soulagée ».

Berceuses et petits bonheurs

Rarement j'ai écrit deux billets sur le même sujet dans une aussi courte période de temps. C'est que dans mon appareil photo, ces temps-ci, il n'y a pas de paysages, de perdrix, de lièvres ou d'orignaux. Mais il y a des moments de ce que je vis et je n'ai pas l'intention de passer à côté de ça, ni virtuellement ni autrement!

Dans ma « Lettre à Félixe » je vous annonçais sa venue au monde en vous partageant quelques passages où je lui confiais ma vision de tout l'univers d'amour qui s'offrait à elle et auquel je voulais contribuer. Aujourd'hui, mon propos sera plus léger parce que sa présence est devenue si concrète, si enjouée, si chaleureuse, si remplie de mille petits bonheurs qui surgissent en moi sous la forme des airs de chansons, des réflexions, des rêves, des idées de petits moments de douceur à multiplier sans fin pour embellir la vie... Bref, Félixe est déjà, à deux semaines, une semeuse de bonheur!

Berceuses

Quand je pense à elle ou que je la berce, je retrouve comme par magie toutes les chansons que chantaient ma mère et ma grand-mère, que je chantais à mon tour à Isabelle dans son enfance. Me reviennent aussi d'autres souvenirs : le visage de ma grand-mère qui s'illuminait quand elle parlait de la pureté des petits bébés, elle en était si émue, si heureuse. Aussi, j'ai le souvenir de l'émotion de ma mère devant la pouponnière quand Isabelle est née, ma mère et sa générosité, son sens de la justice, sa grande conscience sociale, sa profondeur, qui disait : « Tu vois, aujourd'hui, ils sont tous égaux, ça devrait être toujours de même, mais c'est en sortant d'ici que ça va changer, certains vont être choyés et d'autres pas ». En voici des petits bouts de ces berceuses héréditaires et intergénérationnelles qui vous rappelleront peut-être quelque chose à vous aussi...

Enfant du voyage/Ton lit c'est la mer/Ton toit les nuages/Été comme hiver/Ta maison c'est l'océan/Tes amis sont les étoiles/Une fille aux cheveux d'or/Perdue dans le vent du nord...

J'aime ce petit coin de terre/Perdu là-bas aux grandes eaux/Où je vécus avec ma mère/Mes premiers jours tendres et beaux/Les souvenirs de l'enfance/Viennent charmer mon âge mur/Comme la vapeur que le vent balance/Embellit parfois le ciel d'azur/J'aime à voir la mer calme et grande/Qui touche à l'horizon, le ciel/J'écoute le soir sur la lande/Le bruit de ses flots si solennels/J'aime à la voir en furie s'élevant avec majesté/Jetant sur ses caps sa vague blanchie/J'aime à voir sa sauvage beauté...

Sorti du bateau, le coeur tout malade/Pauv' petit gravier où débarquez-vous/On a tout au moins cette vie sans peine/C'est à l'Île aux chiens qu'il est notre rendez-vous/Nul ne peut vous dire et ne vous écoute/Pauv' petit gravier comment ferez-vous/Alors nous ferons comme ont fait nos pères/C'est plutôt mon gars qu'ils feront comme nous/On a tout au moins cette vie sans peine/C'est à l'Île aux chiens qu'il est notre rendez-vous...

J'ai pour toi un lac quelque part au monde/Un beau lac tout bleu/Comme un oeil ouvert sur la nuit profonde/Un crystal frileux/Qui tremble à ton nom comme tremblent feuilles/À brise d'automne et chansons d'hiver/S'y mire le temps, s'y meurt et s'y cueillent/Mes jours à l'endroit/Mes nuits à l'envers...

Mon poème voyage à bord d'un avion de papier/Va mon planeur cap sur son coeur/Belle envolée/Par les vents jusqu'au bout de la mer et des chalutiers/Va mon planeur cap sur son coeur/Belle envolée/Mon âme est une course vagabonde/En un instant où elle a dû passer/Et chaque nuit chaque simple seconde/Tourne en pays et je suis paysée/Comme il serait doux de partir avec elle/En un voyage agréable et nouveau/Jusqu'à la nuit claire et perpétuelle...

Il est un sentiment vivace/Plus doux qu'un soleil de printemps/Un souvenir que rien n'efface/Pas même la marche du temps/Dans les passages de la vie/Quand s'agite le désespoir/L'ombre d'une image chérie/Apparaît dans notre ciel noir/On se rit d'une folle ivresse/On oublie un jour sa maîtresse/On brûle ses lettres d'amour/Mais de sa mère/ Mais de sa mère, on se souvient toujours...

Sur le rivage où la barque légère est au repos/Les enfants jouent loin des yeux de leur mère, ô matelot/Renouvelons, dit l'un d'eux l'aventure de Robinson/Hissons la voile au haut de la mature, le vent est bon/Et les petits enfants s'éloignent en chantant/Tirons les avirons et filons en cachette/Sur l'aviron, tirons, que pas un ne s'arrête/Ohé! Tirons/ Mais là-bas, tout là-bas, dans le vent qui soupire/La voix du vieux clocher tinte et semble leur dire/ Petits enfants, prenez garde aux flots bleus/Qui font semblant de se plaire à vos jeux/Les flots berceurs font pleurer bien des yeux/Petits enfants, prenez garde aux flots bleus...

Dors, mon bel ange, va dormir/Dans son nid, l'oiseau va se blottir/ (je voudrais bien savoir la suite de ces paroles, si vous les connaissez?)

Ferme tes jolis yeux/Car les heures sont brèves/Au pays merveilleux/Au beau pays du rêve/Ferme tes jolis yeux/Car tout n'est que mensonge/Le bonheur n'est qu'un songe/Ferme tes jolis yeux... (Celle-là, je ne la chanterai pas longtemps, dès que Félixe pourra en comprendre le sens, je vais l'enlever de mon répertoire de berceuses, parce que je trouve ces paroles très désolantes, pas mal « éteignoir »...)

Et je pourrais continuer longtemps à vous en chanter de ces berceuses-là en plus de celles que j'ai inventées moi-même au fil des années.

Et petits bonheurs

Savez-vous en quoi Félixe me ressemble? Elle a les zoreilles très sensibles! À l'instant où elle est née, Dominic l'a prise dans ses bras et lui a dit de sa belle voix grave : « Bonjour Félixe, je suis ton papa » et il paraît qu'elle a cessé tout de suite de pleurer, je suis certaine qu'elle a reconnu sa voix. Aussi, vendredi dernier, elle dormait dans mes bras lorsque son papa est descendu de son atelier lui faire un petit bisou et lui chanter sa drôle de chanson : « Félixou, Félixou, c'est la reine des p'tits minous... » et vous savez quoi? Moi, j'étais morte de rire à le voir danser le twist et Félixe nous a fait son plus beau sourire! Toutes ses mimiques me laissent croire qu'elle réagit très sensiblement aux voix humaines, à la musique.

Quand je vais parfois leur donner un petit coup de main selon ce qui leur convient le mieux, je me sens privilégiée de vivre quelques heures au milieu de tant et tant d'amour. Dominic a transporté son atelier de travail à la maison pour quelques semaines encore, alors, à tout bout de champ, il descend au rez-de-chaussée faire des bisous à Félixe et à Isa, en même temps qu'il réussit toujours à me faire rire et à m'attendrir. Isabelle est une si bonne, si belle et si merveilleuse jeune maman, une amoureuse si amoureuse, que je ne peux m'empêcher de lui dire comme elle m'épate.

Aujourd'hui, Dominic est en tournage à l'extérieur et Isa a tout à l'heure un cours d'une durée de 4 heures à l'université. Et qui c'est la chanceuse qui est toute contente d'être heureuse d'aller cajoler la petite Félixe?

jeudi 29 janvier 2009

Et de deux!


J'ai pris cette photo l'hiver dernier ou celui d'avant. J'ai cherché dans mes réserves un cliché qui pourrait illustrer mon propos d'aujourd'hui puisque ça fait deux ans que j'écris ici mais je n'ai rien trouvé d'autre que ces deux raquettes posées dans la neige près des pistes de lièvres. Le lien est facile à faire, d'une simplicité absolument naïve qui me représente tout à fait : des raquettes, il y en a deux!

Et de deux!

Le 24 janvier 2007, je me lançais sans trop réfléchir dans une nouvelle aventure et je publiais un premier billet Chez Zoreilles...

Avant de vous en parler davantage, j'ai eu l'élan de retourner en arrière, le 24 janvier 2008, pour relire ce que j'écrivais alors et qui faisait le bilan de la première année : « Un an déjà et je vous invite dans les coulisses de Chez Zoreilles ». Je pourrais écrire exactement le même billet après deux ans et il serait toujours aussi vrai mais j'ai plutôt envie de rendre hommage à ceux et celles qui sont mes piliers, mes inspirations, mes muses et mes museaux (!) et que vous pouvez trouver juste là, dans la marge de droite, sous l'appellation « Mes blogues-amis(es) ».

Dès le départ, il y avait mon frère Jocelyn, pas tout à fait un blogueur mais le concepteur avec son fils Jean-Michel du site des Merveilles de l'Abitibi-Témiscamingue, un tableau bien vivant de la région qu'on aime tant et qu'on voudrait faire découvrir à tout le monde. Il a inclus Chez Zoreilles tout de suite comme faisant partie du site des Merveilles et j'en suis toujours très honorée.

Le goût de créer mon blogue m'était venu en visitant régulièrement celui de mon ami, le vieux Henri, qui n'est pas vieux du tout malgré le titre qu'il arbore! Chez lui, j'avais souvent croisé Guy Vandal (Qu'on se le dise) Esperanza et Accent Grave, j'aimais beaucoup les lire. Ils ont été là pour moi aussi dès mes premiers billets et leur fidélité m'émeut encore comme au premier jour, chaque fois qu'ils reviennent me saluer ici. Très peu de temps après, il y a eu l'apparition d'un arc-en-ciel après un billet que j'avais illustré d'une photo de maman orignal et son petit, c'était Zed qui arrivait, attirée par la forêt et la nature. Voilà le merveilleux noyau de base que j'appelle mes piliers et à qui je voudrais aujourd'hui rendre hommage bien modestement.

Au fil des jours, se sont ajoutés d'autres blogues, en fait je devrais plutôt dire d'autres personnes, parce que pour moi, un blogue, c'est d'abord et avant tout une personne, un être unique, une ambiance, un décor, un propos, un style, une plume, une façon d'être et de penser, d'écrire et de vivre, de partager et de communiquer, de rire et de s'émouvoir, de découvrir ou de se retrouver, d'échanger et d'entrer en relation... même virtuelle. Chacun de ces coups de coeur m'émerveille, m'enchante, me nourrit, me charme, m'énergise, m'interpelle, me fascine et je sens que d'autres viendront encore s'ajouter dans la prochaine année...

Ces jours-ci, je ressens chez quelques-uns d'entre eux une fatigue, un manque de temps, un essoufflement, une remise en question ou de la peine. Je réalise alors combien ils sont importants pour moi, ils font partie de ma vie et m'influencent comme seuls de grands amis peuvent le faire. Je voudrais saluer aussi ceux et celles qui ne bloguent pas encore (mais ça viendra peut-être?...) et qui participent à ce blogue avec leurs commentaires qui amènent toujours des points de vue enrichissants, des idées nouvelles, des précisions ou des réflexions qui colorent si joliment mon univers.

Dans cette deuxième année, j'ai tenu quelques résolutions mais pas toutes et pas tout le temps. Chassez le naturel... Mes billets sont encore trop longs, je sais que personne ne me le reproche, mais c'est mon défi personnel de savoir me résumer alors, en contrepartie, je publie moins souvent et je me dis que ça peut compenser! Avant de venir ici, tenez-vous le pour dit, installez-vous confortablement, faites-vous un bon café, on le prendra ensemble!

Ma troisième année comme blogueuse est amorcée, je ne sais pas encore ce qu'elle me réserve mais j'ai à l'affiche sur mon frigo ces temps-ci cette phrase à laquelle je m'accroche comme à une bouée : « Ne rien attendre, espérer beaucoup ».

À vous qui venez parfois me lire, je voulais surtout vous dire : Merci d'être là...

samedi 17 janvier 2009

Lettre à Félixe

Ajout de cette photo le 20090118 : Pour ceux et celles d'entre vous qui étaient au courant de la problématique de santé qui s'était présentée lors de la naissance de Félixe (fièvre de la maman à la fin du travail) et qui avait nécessité des mesures préventives (antibiotiques et autres) nous avons été rassurés d'entendre que tous les résultats des tests et cultures se sont avérés négatifs, ce qui a été confirmé par la médecin et le pédiatre. Tout la petite famille a eu son congé de l'hôpital!





Photo 1 : Le 14 janvier 2009, à 8 heures, j'ai pris cette photo en pensant qu'un jour nouveau était en train de se lever sur mon lac gelé et dans ma vie, par une température extrême de moins 37 degrés. Quelques minutes auparavant, Isabelle me téléphonait : « Maman, je t'appelle de l'hôpital, on est là depuis 2 heures cette nuit, attends... (silence)... ah, c'en était une bonne, celle-là... je suis aux minutes et demi-deux minutes là... ça va... j'avais juste envie de te parler... parle-moi! »

Photo 2 : Félixe est née le 14 janvier à 19 h 28, elle pèse 7 livres 13 onces, mesure 20 1/2 pouces. J'ai pu prendre cette photo le lendemain après-midi.

Je suis une amoureuse de la Vie. Imaginez comment je ressens l'arrivée de cette vie nouvelle qui me touche d'aussi près... J'aimerais vous dire tout l'amour, le bonheur, la chaleur, la reconnaissance, la tendresse infinie qui m'habitent en ce moment. Je ne trouve plus mes mots... Alors, j'ai fouillé dans mon fonds de tiroir pour partager avec vous des extraits de cette lettre que j'avais écrite à Félixe en septembre dernier, que j'ai remise à Isabelle et Dominic, au cas où il m'arriverait quelque chose, pour qu'elle sache un jour que sa mamie l'a aimée de tout son coeur avant même qu'elle vienne au monde, parce que j'avais un besoin viscéral de lui transmettre quelque chose, là, tout de suite... Certains passages peuvent être partagés, je crois, même si je ne vous livre pas l'intégrale de cette lettre.

Lettre à Félixe

« Rapide Deux, camp « Le p'tit château », septembre 2008 - En ce dimanche matin de début d'automne, je viens de mettre un quartier de bouleau dans le poêle qui ronronne et j'abandonne mon café tiédi pour admirer la forêt de pin gris autour du camp et le sentier qui mène jusqu'à la rivière. L'eau, c'est la vie, Félixe, j'ai besoin de la sentir partout présente autour de moi, tu vois, on a déjà quelque chose en commun, toi et moi!

Sous mes yeux, les écureuils disputent aux pies les restes de notre déjeuner, dans la cabane installée pour elles (mais surtout pour moi) par ton papi Gilles. Le héron pêche, immobile, dans le méandre de la rivière. Il sait que tôt ou tard, il aura sa pitance et c'est aussi simple et vrai que le soleil qui se lève tous les matins même si on ne le voit pas toujours aussi flamboyant qu'aujourd'hui.

En ce moment si parfait, je pense à toi, petite Félixe...

Je me réjouis de ta venue prochaine dans ce monde que je voudrais endimancher d'espoir, d'amour, de tendresse et de beauté vraie.

D'abord, qui suis-je pour t'écrire ainsi avant même que tu me connaisses? Ta mamie, Francine, qui t'aime déjà. Oh, je ne sais pas encore être une mamie mais je compte sur toi pour m'apprendre. Il y a 22 ans, je ne savais pas non plus être une maman, c'est Isabelle qui me l'apprend chaque jour depuis. Et tu verras, j'ai la meilleure volonté du monde, je n'hésiterai jamais à me remettre en question pour faire de mon mieux.

Et pour bien qu'on se connaisse, il faut que je te dise que je suis amoureuse de ton papi. Depuis très longtemps et ça se renouvelle toujours. Une vraie boîte à surprise! Avec lui, la vie est passionnante, on ne s'ennuie jamais une minute, tu verras. Il saura t'entraîner dans son univers de forêt et de nature, tu sauras me le dire. Oui, lui et moi, on s'aime très fort. C'est ainsi qu'est venue au monde ta maman, notre soleil, celle qu'on aime inconditionnellement et dont nous sommes si fiers.

Avec elle, dans ta vie, il y a Dominic, ton papa. Nous en sommes aussi tombés amoureux, mais ta maman reste la première et la plus passionnée! Avec les parents que tu as, petite Félixe, tu arriveras au monde déjà choyée par la Vie. Un jour, tu réaliseras ta chance de naître et grandir auprès de deux personnes aussi merveilleuses qu'aimantes, aussi sensibles à tout ce qui fait le bonheur, le leur comme celui des autres de leur entourage, de près comme d'aussi loin qu'au bout du monde. Des horizons d'amour illimités, à travers eux, s'offent à toi...

Et ce qu'il y a de magique avec l'amour, c'est qu'il engendre encore plus d'amour. Bien sûr, je parle de toi, de tes parents, de nous, mais encore beaucoup plus largement, je pense à ton autre mamie, Nicole, à ton autre papi, Guy. Plus la vie nous place en situation de les rencontrer et de les côtoyer, plus nous comprenons avec émerveillement d'où vient ton papa, son goût du monde, son aptitude au bonheur et son art de vivre.

Si tu savais, Félixe, comme je ressens à cette pensée une grattitude infinie, du bonheur et de la reconnaissance plein mon coeur à t'imaginer dans cet univers qui sera le tien...

Je t'imagine depuis des mois. Il me semble qu'il y a un lien qui se tisse doucement entre nous, un fil de soie très délicat, transparent, mais déjà immensément solide. L'autre jour, Isabelle voulait que je ressente tes pirouettes et tes cabrioles et c'était drôle, chaque fois que je posais mes mains sur ton nid douillet, t'arrêtais tout ton cirque! J'ai trouvé que t'avais une écoute exceptionnelle, une très grande sensibilité et pas mal de sagesse! Mais si tu arrêtais de bouger à mon approche, j'avais tout de même la sensation bouleversante et le pur ravissement de sentir ton coeur battre dans les paumes de mes mains. En cet instant, je n'avais plus de mot, juste les yeux pleins d'eau et le coeur débordant de mille sentiments. Le miracle de la vie, comme la beauté, ça m'émeut plus que tout. Et depuis, je te connais un petit peu plus et je t'aime encore davantage. Dimanche dernier, j'ai pu te sentir bouger à quatre reprises. T'avais le goût de jouer avec moi, hein? Tu donnes de bons coups de pied, toi, dis donc!

Mais revenons à ta vie, tu as deux parents qui s'aiment et qui t'aiment, deux mamies et deux papis qui voudront redécouvrir le monde à travers ton regard, quatre univers différents qui savent déjà être complices pour mieux bercer tes rêves et paver ta route de découvertes et de bienfaits.

« ... »

Nos familles élargies sont ouvertes et sans limite, enjouées et aimantes, imparfaites et vivantes, impliquées, allumées, animées de toutes les idées que tu peux imaginer dans des sphères d'activités qui enrichissent les passions les plus diversifiées et les projets de notre société, celle dans laquelle tu contribueras de ta présence, à ta manière, à ton heure et à ton pas, je n'ai pas le moindre doute.

Dans ta maison, ton papa et ta maman préparent ton arrivée. Il y a de la magie et de l'enfance partout, partout, partout. Dans ta chambre si coquette, tu as même un mini bibliothèque et une caméra jouet! Au coeur de la maison, il y a le violon de ton papa qui trône sur une étagère antique, les guitares de ta maman, juste au-dessous, un flûte, un djambé et à deux pas de là, un piano ancien et très rassembleur par son histoire. Je me dis, Félixe, qu'une maison où il y a tant de musique, même dans le silence, ça doit être comme une sorte de garantie de bonheur?

En t'écrivant ces mots, j'ai l'impression qu'une bonne fée s'est penchée au-dessus de ton berceau pour t'amener tout ce qui nous rend la vie si belle.

Pour un instant et pour toi, j'aimerais aussi jouer à la bonne fée. Avec ma baguette magique, si je n'avais qu'un seul souhait à exaucer, je voudrais que tu sois gratifiée d'un cadeau que je tiens à te transmettre, une merveille qui transcende et englobe tout le reste. J'ai hésité entre ....

« ... »

Pour moi, c'est de la Vie, de la lumière et de l'espoir en concentré. Croire. Juste ça. Croire, Félixe... Ne pas douter. Ni avoir peur. Être solide d'au moins une grande certitude. Et rêver. Ensuite, agir. Créer. Partager. Comprendre. Sourire. Pardonner. Accueillir. Se tenir debout, fière. Rassembler. Chercher mais trouver parfois. Souvent, même. Construire. Donner. Aimer. Ah oui, aimer tellement!

Si les larmes me montent du coeur jusqu'au yeux en t'écrivant mon voeu le plus cher, c'est que mes mots ne peuvent traduire en ce moment toute la force et l'intention bienveillante qui y participent. Ça vient de loin, de mes familles acadiennes, de tous ceux qui étaient là avant moi, qui ne sont plus là mais qui seront toujours présents dans ma vie, et qui ont fait pour moi ce voeu, un jour, qui m'ont transmis ce cadeau, avant même ma venue au monde. C'est ce qui a coloré mes jours de tant d'espérance.

« ... »

... l'essentiel de la vie et de ma vérité, toute naturelle et toute nue, le respect et l'ouverture aux autres, la justice et l'intégrité, l'amour et la liberté. C'est ce que j'appelle « Construire des ponts plutôt qu'ériger des barrières » ou qui m'a été enseigné et légué par tous les miens dans le « Aimez-vous les uns, les autres ».

Au fil de tes jours, Félixe, à mesure que tu grandiras, quand tu voudras retrouver ton essence et ta foi, ta lumière et ta vérité, retourne à la nature, à nos forêts, à nos rivières, loin du bruit, des contraintes et de la tourmente. Prends le temps de voir, d'entendre, de ressentir et de toucher, de te laisser envelopper et atteindre par tant de beauté vraie et de simplicité. C'est ce que je voudrais te transmettre de tout mon coeur.

Peut-être que tu t'attendriras aussi sur le travail des castors, la force tranquille des orignaux, la ruse des renards, la vulnérabilité des lièvres, la confiance des pies, la beauté des mésanges, l'agilité des loutres, l'abondance des petits fruits, l'odeur des sapins, de la terre après la pluie, la douceur de la mousse au pied des pins gris, le soleil du matin, l'aube si riche de promesses, l'immensité du ciel étoilé et la foi du héron qui pêche, immobile, dans le méandre de la rivière, sachant que tôt ou tard il aura sa pitance et que c'est aussi vrai que le soleil qui se lève tous les matins, même si on ne le voit pas toujours aussi flamboyant qu'aujourd'hui.

Mamie Francine, qui t'aime infiniment »


mardi 6 janvier 2009

Pêche blanche




Photo 1 : Ça se passait cet après-midi, au bout du lac Dufault. Mon amie Martine a sorti la plus belle prise de la journée, un magnifique brochet.

Photo 2 : Il était autour de 13 heures quand Crocodile Dundee et moi sommes allés rejoindre nos amis qui nous avaient invités à leur cabane à pêche. Ils y étaient depuis le matin et ça ne mordait pas fort. Mais le soleil était magnifique.

Photo 3 : Autour de 17 heures, il a fallu se résoudre à ramasser les lignes et mettre fin à cet après-midi de vacances tout près de chez nous...

Pêche blanche

Nos amis Gilles et Martine nous avaient dit qu'ils étaient en vacances pour toute la semaine. Par un concours de circonstance que j'appellerais plutôt une chance (la vie nous fait parfois de ces cadeaux) Crocodile Dundee a vu son nouveau contrat reporté à demain matin et moi, après l'avant-midi passé au bureau, j'ai vu que l'après-midi s'annonçait plutôt tranquille et je me suis sauvée de mon travail!

Est-ce que ça se peut que ce soit encore plus palpitant quand on a l'impression de « délinquer »???


samedi 3 janvier 2009

Plus ça change...




Photo 1 : Le 31 décembre 2008 vers 13 h 30, la tradition se poursuit pour une 17e année. La partie de hockey annuelle du chemin des Castors allait pouvoir battre son plein tout l'après-midi sur la patinoire du lac Dufault. Trois jours avant, avec la pluie, le verglas et le redoux, il y avait des petites vagues qui ridaient le dessus des 5 pouces d'eau qui recouvraient la patinoire mais avec le froid qui a suivi, l'acharnement et l'expertise de Crocodile Dundee et notre voisin Alain, qui, encore la veille, arrosaient la chose et réparaient les fissures, le miracle a pu se produire et la tradition se poursuivre!

Photo 2 : Ce même jour, vers 15 heures. Pour ceux et celles qui n'aiment pas ou ne peuvent pas jouer au hockey, le lac offre bien d'autres attraits, comme de la raquette, du ski de fond, etc. D'autres ont préféré jouer avec le gros Henri, un bouvier bernois tellement sympathique qui s'est fait beaucoup de nouveaux amis. Quand son maître, Sylvain, est parti pour aller à son souper de famille, on a tous eu beaucoup de peine!

Photo 3 : Une partie de... ma cuisine... avant que le monde arrive, vers la fin de l'avant-midi du 31 décembre. Je vous dis souvent que j'habite dans un aquarium, vous voyez ce que je veux dire? Félix Leclerc a déjà écrit : « On n'a pas de tableaux chez nous mais on a les fenêtres »...

Plus ça change...

Avant d'écrire ce billet en début de nouvelle année, j'ai eu le réflexe d'aller relire celui que j'avais publié l'an dernier à pareille date pour éviter de me répéter... « dimanche 6 janvier 2008, Bilan : moment de réflexion entre le passé et l'avenir ». J'ai eu un vrai choc, j'aurais pu faire un copié-collé pour cette année et presque rien y changer. Est-ce que ça veut dire que je n'évolue pas? Nenon, ne répondez pas, j'ai le coeur sensible! Les événements de ma vie changent un peu mais moi? Pffft, niet, pas d'un iota, sweet nothing at all. Je prenais une petite résolution de rien du tout que je n'ai même pas tenue mais ça ne fait rien, je la reprends encore cette année et je continuerai de tendre vers ça quand même, c'est toujours mieux de viser haut!

Plus c'est pareil

Et si je ne change pas, au moins, je peux me dire que je perpétue des traditions. Le temps des Fêtes chez nous, ça commençait cette année le 19 décembre avec le party de Noël (obligatoire) au travail de Crocodile Dundee, suivait l'anniversaire de ma mère le 20, la visite de ses frères et soeurs pendant quelques jours, la tradition du 23 avec Isa, et maintenant, Dom s'est ajouté, et l'an prochain, il y aura la petite Félix... Le 24, on sait ce que c'est, nous allions à 4 endroits différents (!) le 25, c'est Noël et ça se poursuit jusqu'au 1er janvier au soir, sans vraiment d'intermèdes mais je me dis qu'on doit aimer ça de même!

La patinoire

On ne dirait pas ça mais entretenir une patinoire sur un lac depuis quelques années est devenu beaucoup plus difficile qu'avant. Non pas qu'on ait de la misère à la pelleter, on y consacre beaucoup de temps et on prend plaisir à le faire avec nos amis et voisins, Alain et Danièle, devenus comme de la famille au fil des années. Mais on dirait que l'hiver ne sait plus comment se comporter, ne collabore plus, on vit des gels, des dégels et des redoux, des extrêmes de température inhabituels qui nous inquiètent un peu, tellement qu'on se demande si ça a quelque chose à voir avec le réchauffement climatique... Déjà?

Le hockey, un prétexte

La partie annuelle a pu avoir lieu cette année le 31 décembre comme nous l'avions annoncé mais c'était tout juste. Les jours précédents, tout le monde appelait chez nous et chez Alain, pour s'informer avec un soupçon de désespoir dans la voix si la Beaver Cup allait pouvoir être disputée comme prévu! Et dans l'affirmative de nos réponses, la nouvelle se répandait comme une traînée de poudre, si bien qu'on attendait beaucoup de monde le jour J... et il en est venu beaucoup, encore plus que les années précédentes.

Une logistique qui a fait ses preuves

D'une année à l'autre, on dirait que je prends de l'expérience et comme je veux aussi profiter de cette journée et soirée avec mon monde, je sais mieux m'organiser qu'avant. Alors, j'avais préparé toutes mes affaires quelques jours à l'avance. Je ne savais pas si j'aurais une cinquantaine ou une vingtaine de personnes. Finalement, c'était plutôt une cinquantaine. Mais tous ne restent pas à bouffer, évidemment, il y a beaucoup de soupers de familles le 31 décembre!

Après avoir fait cuire et désossé ma dinde, j'avais du bon bouillon et j'ai fait deux gros chaudrons de soupe à la dinde, riz sauvage et légumes, vous les voyez sur le poêle? Deux boulanges de pain accompagnaient la soupe : 3 douzaines de ti pets, deux baguettes, trois pains de fesse et un pain tressé, avec des fromages, des terrines, du beurre, quelques bouteilles de rouge, bien sûr. Voilà pour la simplicité. J'avais monté une table des desserts et des fruits dans le salon et un coin café avec tout ce qu'il faut, y compris de l'Amarula. Pour ne pas que je reste aux chaudrons, il était convenu que chacun se serve à sa guise, lave son bol et sa cuillère après avoir mangé, j'appelais ça « donnez au suivant ». Tout ça a été si bien compris que tout le monde s'est senti à l'aise, ils me disent qu'ils ont adoré le concept. Et moi, j'ai pu aller et venir librement, accueillir ceux qui arrivaient, reconduire à leur voiture ceux qui partaient, avec plein de bisous froids et de câlins tout chauds, passer allègrement de la patinoire à la maison, au bunker (sous-sol du garage) et au garage, lieu de prédilection entre les périodes et pour l'après hockey. Parlant du garage, Crocodile Dundee y avait fait son grand ménage avant qu'arrive la visite, c'était de toute beauté, je ne savais pas qu'on avait un si grand garage!

L'après hockey

C'est justement dans le garage qu'avait lieu « l'après hockey », une tradition aussi importante, peut-être même plus, que la Beaver Cup elle-même! Il faisait très froid en cette fin d'après-midi, il faut le préciser et on n'aurait pas pu prendre notre p'tit boire sur la patinoire cette année. Et puis, le garage de Crocodile Dundee, dans notre coin, c'est comme un lieu de rassemblement naturel, très éclairé, avec sa porte patio qui donne sur le lac d'un côté, de l'autre, une grande porte pour la voiture (qui n'y a jamais mis un seul pneu) et une porte ordinaire ouverte ce jour-là, d'où il émanait des rires et des éclats de voix. Alors, c'était comme un bar très très très ouvert où l'on n'enlève pas ses bottes ni ses patins, ni sa tuque ni son manteau, avec la permission de fumer. Grand luxe!

Sans faire de bilan

Il est encore trop tôt et j'ai vécu trop de choses à un rythme soutenu depuis mon dernier billet du 11 décembre mais sans avoir complètement repris mes esprits tout à fait, je retiens surtout que ce qui a marqué les fêtes de cette année a été fidèle à notre journée du 31 décembre : des gens qui s'aiment, parents et amis, qui veulent se voir, se parler, rire et jouer ensemble, partager des moments, des sourires, du plaisir, de la musique qu'on fait nous-même, des repas simples, de la chaleur dans cette froidure, de la tendresse, de l'humour, de l'amour, du temps. C'est tout. Rien de tout cela ne se trouve dans ce que je rejetais (surconsommation) dans mon dernier billet mais tout se vit le plus simplement et le plus naturellement du monde quand on y met un peu de bonne volonté. Alors je ne change rien pour cette année, je ne prends aucune résolution et je continuerai à m'adapter aux événements qui surviennent et surtout aux gens qui m'entourent. Voilà!

Des cadeaux hors de prix

J'ai été encore très choyée cette année, on m'a tellement offert de merveilleux cadeaux. En voici quelques-uns en vrac : Un sourire, un matin, d'un gars aux yeux verts... Une lettre de Noël écrite par Isa et Dom... Un pot de confitures aux fraises faites par mon frère Yves, je sais tout l'amour qu'il avait mis dedans... Des biscottis qu'Alain est venu me porter, tout chauds, entre Noël et le Jour de l'An, après avoir passé la souffleuse dans notre cour... Une conversation téléphonique (une particulièrement inoubliable) et des commentaires ici tout au long de l'année de mon frère Jocelyn qui sera toujours aussi près de moi où qu'il aille dans le monde... Des pots de salsa maison avec des tomates de leurs jardins de Guy et Nicole, aussi grands-parents que nous de la petite Félix à naître bientôt... Des cartes de voeux de mes amis(es) au loin qui ne m'oublient pas, ça fait chaud au coeur... La tendresse de Maman au soir du 24 quand j'ai été la rejoindre à la messe de Noël, les cantiques qu'on chantait avec la chorale... Les sourires de mes neveux, nièces, qui sont tellement beaux, si vous saviez... Une chanson en duo avec Isa, en harmonie guitare/voix, à la demande spéciale de ma mère, où l'on ressentait la présence de Papa, « in the arms of the angel »... Des silences attendris, ça, j'en ai reçus beaucoup aussi, des chatouilles de l'âme, des complicités, bref, j'ai tout reçu encore cette année.

Bienvenue en 2009

À vous qui me lisez, régulièrement ou de temps en temps, merci d'être là. Je veux vous souhaiter sincèrement une Bonne et Heureuse Année 2009. La santé, bien sûr, c'est tout ce qui compte. Pour le reste, on est tous capable de créer des instants de bonheur, des moments de joie, des projets qui verront le jour et des espoirs pour de meilleurs lendemains. Et si j'osais, je formulerais pour nous tous un souhait plus collectif : que cette crise économique mondiale et la psychose qui l'accompagne deviennent l'occasion de redécouvrir la seule véritable richesse à laquelle nous aspirons : des relations humaines basées sur le respect, la confiance, l'échange, la réciprocité, l'entraide, l'ouverture, la collaboration et ce, dans un environnement plus sain, dans la paix, plus près de la nature comme de la nature humaine.