jeudi 16 mars 2017

CE CADEAU QUE JE ME FAIS

Vous voyez cette photo de moi prise l'été dernier? C'est ma mère qui l'a prise avec mon appareil photo parce que je venais tout juste d'en prendre une d'elle au même endroit qui nous rappelle les années où ma famille avait un chalet dans ce coin-là, en Abitibi-Ouest, plus particulièrement au lac Hébécourt. Ce petit sentier dans le village de Rapide-Danseur mène justement au... rapide danseur dont les eaux vives et la musique m'enchantent depuis longtemps. 


Qu'est-ce qui cloche dans cette photo? Ben des affaires! Mais je vous donne un indice : qu'est-ce que j'ai dans ma main droite? Eh bien, je vous le dis, il n'y en aura plus des photos qui clochent comme celle-ci et c'est grâce à 

CE CADEAU QUE JE ME FAIS

Il y avait longtemps que je me préparais psychologiquement. J'avais toujours dit qu'à 60 ans, je serais non fumeuse et que j'allais cesser avant pour ne pas être en désintox la veille de mon anniversaire ou pire, le jour même. J'aurai 60 ans le 7 juillet prochain. Ça s'écrit ainsi 07/07/17, n'est-ce pas une belle combinaison de chiffres? Cette abondance de 7 me portera chance, je le sens, je le sais!

Je n'avais dit à personne ma date choisie pour entreprendre cette vie nouvelle qui mène à ma libération : le 15 mars 2017. Sans raison précise ou plutôt, oui, pour une foule de bonnes raisons. Dimanche soir, en faisant la vaisselle avec ma fille Isabelle, je lui ai confié mon secret. Une fois rentrée à la maison, je ne me sentais pas bien de l'avoir dit à elle et pas à son père, Crocodile Dundee, avec qui pourtant je partage tout. Donc, depuis dimanche soir, il y avait deux personnes au courant et qui m'encourageaient tout en sachant que c'était là pour moi un défi très important. Ils me font confiance... 

Mercredi matin, au jour J, en me levant, je me sens d'attaque et j'appose sur mon bras le premier timbre Nicoderm d'une série de 28 que je me suis fait prescrire pour les quatre premières semaines, sans aucune difficulté, chez mon pharmacien. Cette béquille temporaire m'aide à mieux supporter les symptômes très désagréables de sevrage que je connais trop bien pour les avoir subis à quelques reprises, chaque fois que j'ai cessé de fumer.  C'est d'ailleurs parce que j'avais peur de revivre ce sevrage que je retardais depuis trop longtemps le début de ma libération. 

Quelques minutes plus tard, toujours hier matin, le téléphone sonne : « Allo Maman, ici la présidente de ton fan club, comment ça se passe pour toi ce matin? ». À travers nos rires, on échange quelques phrases, elle me donne des trucs et astuces auxquels elle a pensé, entre autre elle me suggère d'écrire mon journal de cessation tabagique puisque je règle toujours tout par écrit, me dit-elle. Elle a raison, ça m'éclaircit les idées quand j'écris et dans les moments difficiles, je pourrai relire mes motivations profondes en plus que dans pas longtemps, quand je regarderai en arrière, je verrai le chemin parcouru, le progrès réalisé, le manque qui s'estompe dans l'intensité, dans le nombre ou dans le temps, etc. 

C'est fou, je n'y avais pas pensé, c'est elle qui me l'a suggéré et ce fut une vraie révélation! Elle me connaît bien, ma poulette, mieux que je me connais moi-même...

* * * * *

Alors, puisque nous sommes ici entre nous, sur mon petit blogue chéri si peu mais si bien fréquenté, je vous partage quelques extraits de mon journal de cessation tabagique. Pour vous dire combien je manque de concentration, j'ai écrit la date sur la première page hier matin : Le 15 mars 2015!!! 

« ... je me fais un cadeau, je me donne la santé, la liberté : je me défais de mes chaines, celles qui me lient depuis trop longtemps à ma dépendance à la cigarette. » 

« J'ai mille raisons de cesser de fumer, elles sont toutes excellentes, motivantes et pertinentes. J'aurai plaisir prochainement à les évoquer dans ce cahier, cela me soutiendra dans les moments difficiles. Pour m'aider aussi dans mon gros projet libérateur, j'ai tous ceux qui m'aiment et m'encouragent : Je carbure à ça, moi, l'amour!!! » 

« Ce matin, je me sens solide et fragile en même temps... M'en vais à la piscine là... » 

« Le 16 mars 2017. Deuxième journée sans fumée. Déjà, je savoure la réussite d'une première journée, celle qui me faisait si peur. Ouf, elle est derrière moi, celle-là! Ma nuit a été très agitée et je n'ai pas beaucoup dormi. Je pense que ce soir, je vais enlever mon timbre de nicotine avant d'aller au dodo. Je vais essayer ça... »

« Ma motivation est très grande ce matin. Je me sens forte de mes succès précédents : d'avoir réussi dans le passé à cesser de fumer pendant un an. Je suis fière de moi d'aller nager trois fois par semaine depuis que j'ai 55 ans. J'ai réussi également, à partir de septembre 2015, à complètement repenser mon alimentation pour atteindre mon poids santé, cinq mois plus tard et trente-trois livres en moins. Le plus difficile a été de maintenir ce poids santé et depuis les fêtes, j'ai 9 livres en plus, je travaille là-dessus, je sais quoi faire et j'y arriverai. Il est hors de question de compenser dans la nourriture. » 

« Mes principales motivations (ce que je gagne) : 

1- Une sensation de liberté générale. Respirer à fond et sentir à nouveau la grande capacité pulmonaire que j'avais quand j'étais enfant, que je nageais sous l'eau 2 fois toute la longueur de la piscine olympique à Matagami. Liberté aussi de ne plus ressentir le manque lorsque je suis quelques heures sans pouvoir aller dehors pour fumer.

2- J'ai honte rien qu'à penser que mes petites-filles commencent à réaliser que Mamie est une fumeuse. Dans le cas de Félixe, je crois qu'elle s'en doute et pour Blanche qui comprend tout très vite, je commence à craindre qu'elle me voit faire quand je sors dehors et que je me cache de son beau regard bleu... Mamie, elle aime lire et raconter des histoires, colorier, découper, dessiner, jouer dehors, bricoler, faire des bons soupers avec des desserts santé toujours originaux et amusants, tricoter, réparer des petites choses, faire des bisous et des câlins.  MAMIE NE FUME PAS!

3- Je n'aurai plus peur d'avoir une haleine de cigarette quand on m'approche pour un bisou ou un câlin. Malgré les bonbons à la menthe, la gomme, les pastilles, combien de fois me suis-je empêchée d'aller vers les autres à cause de cette crainte-là? 

4- Je n'aurai plus à traîner de cigarettes, de briquet, de prévoir d'aller au dépanneur avant que ça ferme parce que je veux être certaine de ne pas manquer de cigarettes demain matin. 

5- Je vais épargner au moins 125 $ par mois. C'est fou comme on le trouve toujours, cet argent-là quand on est fumeur... Si l'argent n'est jamais une source de motivation suffisante pour moi, je suis pourtant loin d'être indépendante de fortune, bien au contraire, mais avec 125 $ mensuellement, moi qui n'ai aucun fonds de pension (j'ai presque toujours été soit travailleuse autonome soit contractuelle) je me sentirai peut-être à l'aise de me payer une petite folie de temps en temps. Parce que je le mérite bien, comme dit la publicité! » 

Mise à jour à l'heure du souper :

En allant reconduire Félixe chez elle après notre sortie à la bibliothèque municipale, ma marraine d'arrêtage de fumage, Isabelle, m'avait préparé toute une surprise.


Ce joli coffret qu'elle a bricolé elle-même cet après-midi, « La boîte aux petites douceurs ». À l'intérieur, il y a :


Du côté gauche, des petites bandes de papier où je pourrai inscrire mes « petits plaisir à formuler » et du côté droit, bien pliés, des petites bandes de papier où elle a inscrit, me connaissant, des petits plaisirs variés. J'ai le droit d'en piger une quand j'ai besoin d'un réconfort ou d'une récompense. Ce soir, j'ai pigé : « Aller voir tes cousines à La Sarre et aller à ton magasin boutique que tu aimes. Te rendre aussi au Rouge Café, c'est une petite place cool! »


samedi 4 mars 2017

Quand Mamie radote...

Cette fois encore, je n'ai que ces photos-là pour raconter ma petite histoire toute simple, une histoire d'hiver en Abitibi, un court séjour en forêt, en famille, loin de tout, un minuscule espace de paix emprunté à nos grands espaces de liberté, ce court instant d'éternité volé aux étoiles et à ce croissant de lune en cette semaine de relâche scolaire. 

Jeudi matin, très tôt, ma glacière est prête depuis la veille et on part de Rouyn-Noranda pour aller à notre camp d'hiver à Rapide Deux. Il fait froid, très froid même, après la pluie verglaçante de la veille, la 117 Nord est tout de même dégagée et le soleil resplendit de sa lumière si particulière aux ciels de l'Abitibi. Après notre arrêt traditionnel à l'épicerie/restaurant de Cadillac, où chacun se choisit une petite gourmandise à son goût, on prend le chemin de gravier qui s'enfonce dans la forêt jusqu'à la centrale hydroélectrique de Rapide Deux. C'est là qu'on laissera nos véhicules qu'on troquera pour nos motoneiges. De trente à quarante minutes seront nécessaires, dans des sentiers non balisés, pour nous rendre, comme dirait Blanche, au campe à Papi et Mamie.  


Vaut mieux être bien emmitouflés, le froid est mordant. 


Et c'est un départ!


On est arrivés à destination. On va se dépêcher à faire un feu dans le poêle, il est loin de faire chaud là-dedans mais on avait prévu le coup. 


On en a pour un petit moment avant de pouvoir enlever tuques, cache-cou, manteaux, salopettes, bottes et mitaines. 


Félixe est impatiente de retrouver ses pies pour qui elle a préparé plein de croûtes de pain et de restes des déjeuners du matin. 


Pendant que le dîner se réchauffe tout seul au four, je décide d'aller marcher un peu dans le sentier de motoneige alors que Isabelle part de l'autre côté avec ses skis de fond. 


Les gars font un feu dehors, ce qui est une excellente idée pour bouger et se réchauffer tout en brûlant du bois mort. 


Félixe est contente, elle vient de faire la découverte d'un arbre mort avec plein de petites mousses vertes qui donnent du « oumph » à notre feu extérieur. 


Tiens, on dirait que la température s'est réchauffée tout à coup au bord du feu. 


Dessiner des anges dans la neige, voilà une activité intemporelle, toutes générations confondues. 


Maintenant, il fait chaud dans le campe et le dîner, sans vouloir me vanter, nous semble tout à fait délicieux. 


Et en fin de journée, après avoir joué dehors tout l'après-midi, Blanche a particulièrement aimé le souper concocté par Mamie surtout qu'il y avait au dessert des carrés au Rice Krispies qu'elle appelle « des carrés de guimauve »! 

C'est tout de suite après le souper qu'on est allés marcher dans la nuit comme on s'était promis de le faire, histoire d'aller admirer les étoiles et la lune de ce ciel particulièrement clair, loin de toute pollution lumineuse. Ah c'était féérique! Le ciel était... si beau... que je manque de mots. C'est drôle comme les discussions qu'on aborde et les conclusions qui s'en dégagent, sous un ciel pareil, peuvent nous remplir le coeur et nous élever l'âme, quel que soit l'âge ou le bagage qu'on a... 


Au retour de cette promenade sous le ciel étoilé, Papi l'avait promis à Félixe : je vais te faire des tailles! Pendant que Dominic essaie d'endormir Blanche en lui jouant dans les cheveux, (le papa tombe endormi lui-même avant elle, c'est classique!...) mais il se relève lorsqu'elle s'abandonne au sommeil parce qu'il veut absolument goûter lui aussi aux « tailles » de son beau-père. Les tailles, ce sont des petites tranches de patates très minces qui se dégustent avec un peu de beurre et de sel (mais moi, je les préfère nature!...) après qu'elles ont cuit directement sur la fonte du poêle à bois. Félixe a dit et je la cite : « Ça me rappelle quand j'étais petite! » Comme si elle était très grande! 

Après la dégustation des tailles, nous irons tous très tôt au dodo et lorsque les lumières s'éteindront dans le campe, par les grandes fenêtres, nous nous endormirons en regardant encore la lune et les étoiles. Y a des silences qui sont remplis de merveilles... 

* * * * *


Le lendemain matin, Félixe avait hâte d'avoir fini de déjeuner pour aller donner d'autres croûtes de pain à ses pies. Pour ma part, j'ai étiré le café à l'intérieur avec les autres et j'ai pris cette photo de l'autre côté de la porte... fermée!


Blanchou était très impressionnée de voir faire sa grande soeur et elle a voulu aller la rejoindre dehors mais elle tenait quand même à garder ses distances avec les oiseaux. Disons qu'elle n'est pas encore rendue là mais ça viendra. 


Notre feu d'hier s'est consumé une bonne partie de la soirée et même de la nuit mais ce matin, il est tout à fait éteint. Il s'est creusé jusqu'au sol pour un bon 2 pieds de neige. On voit que le printemps est loin d'être à nos portes. Cette prédiction est probablement plus juste que l'ombre de la marmotte.


Il fait - 30 ce matin, ça ne presse pas d'aller jouer dehors, on va attendre que ça se réchauffe un peu. C'est le temps de sortir les petits jouets en attendant qu'on décide ce qu'on va faire plus tard en avant-midi. 


Isabelle est partie faire quelques kilomètres en ski de fond. Les petites soeurs jouent à l'intérieur sous la supervision des gars. Moi, je suis sortie marcher, faire quelques photos, rêvasser dans la forêt enneigée, avec le soleil levant. Au retour, on décide d'aller tous ensemble voir la petite cabane dans les arbres dans la swamp aux atocas, ça fait longtemps qu'on n'y est pas allés. Isabelle ira en ski de fond, moi en marchant et les gars avec les petites, sur les motoneiges. 


C'est la première fois que Blanche met les pieds là mais pour Félixe, c'est un bonheur de retrouver « sa » cabane dans les arbres. 


La température s'est réchauffée, ça doit être à cause de ce beau soleil. 


Blanche n'en revient pas de se retrouver dans cette cabane et de tout voir de si haut, si loin... 


Déjà, Papi et Félixe sont prêts à repartir vers le campe. 


Quant à Isabelle, Dominic, Blanche et moi, nous resterons à la petite cabane dans les arbres quelques minutes encore avant de s'en retourner. Blanche voudrait absolument voir des « orignals » mais on lui a raconté qu'ils faisaient dodo parce que sinon, on n'aurait jamais pu la redescendre en bas pour la ramener au campe. Il nous a fallu la convaincre!


C'est en voyant les joues rouges des petites que j'ai trouvé qu'on avait resté quand même longtemps dehors, il était temps qu'on rentre à l'intérieur. Au menu du dîner, un classique à Rapide Deux, un bon spaghetti à Mamie avec des petits pains à l'ail. On en a fait assez pour qu'il en reste... à donner aux pies!


dimanche 5 février 2017

TOMBER DU RADEAU


...


Voilà comment je vais tâcher d'illustrer en photos l'impression que j'ai eue et quelques réflexions qui me sont venues à l'esprit à la suite des événements survenus dimanche soir dernier, à Québec, et que j'ai de la misère à nommer tellement j'ai été déstabilisée. J'ai vraiment eu l'impression de...

TOMBER DU RADEAU

... mais je me suis relevée.  

Je vais finir par arrêter de le dire et passer à l'action : Je ne devrais pas écouter le Téléjournal avant de dormir, c'est très toxique. En tout cas, dimanche soir dernier, je n'aurais pas fait d'insomnies si je n'avais pas su en grande primeur ce qui s'était passé dans la soirée lors de cette tuerie qui a fait 6 morts et plusieurs blessés dans cette mosquée de Québec, où des gens s'étaient réunis pour prier. Que des tragédies pareilles surviennent ailleurs dans le monde me blesse déjà beaucoup et trop souvent mais quand c'est chez nous que ça se passe, là, c'est ma société québécoise qui avait commencé à me faire peur. Oui, j'ai eu peur de nous, je ne m'en cache pas, je me suis sentie comme une étrangère dans mon propre pays. 

La société québécoise dans laquelle je me reconnais, elle est faite d'ouverture aux autres, de pionniers qui carburent à la solidarité et à l'entraide, au courage de se relever les manches et de construire ensemble quelque chose de mieux. Dans une région comme la mienne, on vient tous d'ailleurs et on contribue chacun à notre façon à apporter quelque chose de différent pour « habiter » ce pays dans tous les sens du mot. 

Lundi, dans la journée, j'étais branchée les zoreilles grandes ouvertes sur la radio, la télé, les réseaux sociaux, j'avais vraiment besoin de comprendre ce qui venait de nous arriver. Même chose lundi dans la soirée. 

Spontanément, des vigiles se sont organisées dans plusieurs villes du Québec. On avait besoin de lumières, de câlins, de chaleur humaine dans cette froidure de janvier qui nous glaçait le sang, on avait besoin aussi de mains tendues, d'esprits ouverts, de conscience sociale, et finalement, on avait besoin d'être ensemble et de se rassurer. L'un de mes amis a lancé ici un appel à tous, organisant à la hâte, Place de la Citoyenneté, à Rouyn-Noranda, une vigile où plusieurs sont allés s'abreuver à la source, essayer de remonter tant bien que mal sur le radeau de sécurité et de paix qui nous échappait désespérément. 

Stéphane Laporte, dans La Presse, écrivait une phrase qui rejoignait mon état d'âme dans cette tourmente : « On croyait être la patrie de la paix. Mais rien n'est jamais acquis. Ça va prendre encore plus d'amour. » 

Mardi matin, Yves Boisvert, toujours dans La Presse, a écrit un texte qui m'a fait du bien à lire, dont voici un extrait : « Mais hier soir, dans le froid, à la lueur de quelques chandelles, des milliers étaient là pour dire notre commune humanité ». 

Mais c'est un ami des Îles de la Madeleine qui, me racontant ce qui s'était passé lundi soir chez eux, a fini par mettre un peu de baume sur cette plaie vive que je ressentais. Je vous résume ça dans mes mots...

Comme à plusieurs autres endroits, en réaction aux événements de la veille, aux Îles, lundi soir, par un vent d'hiver qui fouettait l'archipel et un froid humide qui sévissait, on a organisé spontanément une vigile dans l'île centrale, à Cap-aux-Meules, et le lieu du rendez-vous était fixé au centre communautaire. On avait juste oublié qu'il y avait une soirée de bingo ce soir-là et qu'il n'y aurait pas de stationnement suffisant pour tout le monde alors on a changé de place et on est tous allés à l'église St-André. Comme le prêtre faisait partie de la cinquantaine de personnes venues à cette vigile et qu'il avait les clés de l'église, il a offert à tout le monde d'entrer à l'intérieur puisqu'il faisait un temps à ne pas mettre un chien dehors. 

Et c'est là que s'est produit quelque chose de très beau : Les gens présents se sont tous placés en cercle autour de l'autel, se tenant par la main et ils se sont mis à chanter « Quand les hommes vivront d'amour/Il n'y aura plus de misère/Et commenceront les beaux jours/Mais nous, nous serons morts, mon frère... »  

Ils ont chanté tous ensemble (ça, c'est bien les Madelinots tels que je les connais, tels que je les aime!...) cette chanson qui nous ressemble et qui nous rassemble, qui ouvre les coeurs et les esprits, qui nous empêcherait même de sombrer dans les moments difficiles. Parce que oui, une société c'est comme une personne, elle doit vivre parfois des moments difficiles pour arriver à comprendre quelque chose avant de pouvoir continuer d'avancer. On a mal sur le coup, on perd des illusions, on se remet en question et on s'aperçoit qu'on a encore de l'ouvrage à faire, on se dépêche alors de se retrousser les manches et on passe à l'action, il y a des affaires à comprendre là-dedans. Ne perdons plus de temps à se justifier et s'expliquer, regardons plutôt comment on pourrait faire mieux. Ça s'appelle de la résilience et certains peuples, comme certaines personnes, en ont plus que d'autres.  

C'est tout de suite après avoir appris ça, mardi dans la journée, que j'ai décidé de me fermer à ce qui se disait, s'écrivait, s'étalait avec plus ou moins d'émotions trop vives à la radio, la télé, les journaux, les médias sociaux. Je n'étais plus capable d'en prendre, je voulais rester sur ces images et cette chanson entonnée avec tant de force et de solidarité qui me faisaient du bien à imaginer comme si j'avais été là, avec eux. J'avais besoin de temps pour essayer d'intégrer tout ça et d'en dégager un peu d'espoir à venir,  peut-être, à condition de faire une bonne analyse sérieuse et non complaisante. 

Gilles Vigneault chantait : « Il me reste un pays à comprendre... » et je lui laisse le mot de la fin.  

mardi 24 janvier 2017

DIX ANS!

Eh oui, c'est aujourd'hui que ça fait dix ans! J'avais publié une photo et un tout petit petit petit premier billet, tout discret, sur mon blogue, Chez Zoreilles, le 24 janvier 2007.

J'aurais tant à en dire de cette aventure et en même temps, je ne saurais pas du tout par quel bout commencer. Pour une fois, je serai peu volubile, je me ferai aussi discrète que la première fois en publiant quelques photos que j'ai pigées tout à l'heure sans les analyser et sans nécessairement faire de liens. Je ne les commenterai presque pas non plus, de toute manière, vous connaissez tout de moi si vous me lisez encore. Et vous êtes ceux et celles qui me connaissent vraiment le mieux parce que c'est ici que je me dévoile le plus. Alors, je vous donne congé de lecture, ce sera ma façon à moi de vous dire merci d'être encore là. 


Au cours de ces 10 ans, j'ai souvent choisi des photos de nous en train de nourrir les pies (geais gris). 


En famille ou entre amis, on était souvent autour de la table, dans un campe ou dans l'autre, avec un verre de vin, à déguster des repas simples, comme du bon doré frais pêché.  


Je vous ai si souvent parlé de mes deux petites-filles. Nous aimons toutes les trois les livres et les histoires. 


Il y a des paysages qui racontent des histoires qui n'ont pas besoin de mots. 


Des aventures que j'aimais partager. 


Il y a eu des moments où, à partir d'une simple photo, je laissais vagabonder mes souvenirs et je me projetais dans l'avenir. 


Je vous ai souvent parlé de nos traditions familiales, comme la crème glacée après un spectacle. 


Papi aussi participe autant que Mamie aux aventures et aux traditions, aux projets fous et aux coups de coeur. 


Si j'ai déjà, à l'époque, partagé la scène avec ma petite Isabelle, aujourd'hui, c'est elle la jeune maman qui partage la scène avec sa petite Félixe. Le temps passe, la roue tourne. 


Dix ans, dix photos où je suis très présente, moi qui aime mieux d'habitude être derrière le kodak que devant. Mais j'avais un anniversaire très spécial à fêter, ici, avec vous. 

jeudi 12 janvier 2017

AUTRE ÉPOQUE!

Je commence ce billet avec ces mots écrits de la main de ma mère, mots que j'avais dû apprendre par coeur, il y a de cela plusieurs années, pour livrer l'hommage qu'elle avait rédigé pour une fête familiale où tous étaient rassemblés à l'occasion du 40e anniversaire de mariage de mes grands-parents maternels. C'était au début de l'année 1968, j'avais 10 ans, et ces mots-là me sont restés gravés dans le coeur ainsi que tous les sentiments et émotions vécus ce soir-là et qui ont imprégné à tout jamais ma conception de la vie, telle qu'elle se déroulait à l'époque et qu'il est encore possible, moyennant de la bonne volonté, d'en garder l'essentiel si on le veut vraiment aujourd'hui. 

AUTRE ÉPOQUE!

« Avant de s'évanouir dans les brumes du passé, le joyeux cortège des Fêtes de Noël et du Nouvel An nous invite à laisser libre cours à une joie profonde et toute intime. 

D'où vient que l'on éprouve toujours bonheur nouveau à exprimer des souhaits déjà anciens? Oh c'est que l'amour et la reconnaissance sont des sentiments qui ne vieillissent pas mais qui, au contraire, prennent plus d'intensité et de chaleur à mesure que le temps fuit... » (extrait d'un texte écrit par Rita Poirier, janvier 1968). 

La suite était très belle aussi, riche de gratitude, d'affection, de reconnaissance, d'amour filial et mes grands-parents en avaient été émus au point d'en avoir les yeux dans l'eau tous les deux, comme toute leur grande famille d'ailleurs. Je me souviens que je ne m'autorisais pas à les regarder pendant que je rendais le texte de Maman, sinon je n'aurais pas pu aller au bout de cet hommage qu'ils méritaient tellement. Mais comme ce qui ne s'exprime pas s'imprime, je n'ai rien oublié et ces mots me reviennent souvent en début d'année surtout, pour me rappeler qu'il est important une fois de temps en temps d'apprécier ce qu'on a et ce qui nous rend heureux. 


Le 24 décembre dernier, en début de soirée, notre réveillon de Noël débutait par la remise des papillotes de Noël de Félixe. Elle avait tellement hâte! La première papillote qu'elle a donnée, c'est à sa petite soeur, Blanche. Je l'aurais parié!


Sa deuxième, sans surprise, était celle de sa Maman. 


Sa troisième, à son Papa, encore là, sans surprise pour moi, elle a une si belle relation avec ses deux parents. 

Ensuite, ce fut le tour de ses 4 grands-parents, son oncle François, etc. Quelques jours avant, lors de sa dernière journée d'école, elle en avait remis 5 et très personnalisées encore une fois, à ses meilleures amies et ce, très discrètement, pour ne pas faire de peine à celles qui n'en avaient pas. On en avait beaucoup discuté ensemble et je trouvais important que dans sa joie d'offrir, elle n'oublie pas qu'il fallait être inclusive... ou alors très discrète. Elle m'avait expliqué que si elle en aimait beaucoup d'autres que ces 5 amies là, celles à qui elle offrait des papillotes de Noël étaient celles qu'elle considérait comme étant les plus proches. Elle m'a dit textuellement « celles qui me touchent le plus » et je comprenais tout à fait ce qu'elle voulait dire. Moi aussi, j'en ai des amies comme ça, « celles qui me touchent le plus »! 

De voir sa joie de donner, d'avoir accès aux sentiments qui l'animaient, pour moi, ce fut un véritable cadeau, particulièrement cette année, à cause de sa grande implication dans le projet qu'elle s'est approprié et qui est devenu « sa » tradition du mois de décembre. 


Le 24 décembre dernier, en avant-midi. Il y avait de la belle neige à bonhomme fraîchement tombée et pour faire patienter les petites jusqu'au soir, en même temps qu'on donnait un coup de main à nos enfants qui s'affairaient à préparer le souper, on a été aider à déneiger leur grand escalier extérieur de pierre (celui au bas duquel je m'étais cassé le pied cet automne!...) leur cour et leur stationnement. Par la même occasion, on a décidé de faire un gros bonhomme de neige avec les petites. J'aime la complicité incroyable qu'il y a entre mes deux petites-filles. Je dis merci à la Vie pour cela aussi. Remarquez que Blanche ne laisse jamais de côté son bébé. Son papa, Dominic, dit qu'elle se l'est fait greffer dans le bras gauche! 

Ce fut un temps des Fêtes axé sur le plein air et les joies toutes simples avec glissades, rencontres familiales, petite virée au campe les 29, 30 et 31 décembre, soupers de famille les 31 et Jour de l'An, etc. 

L'un des beaux moments que nous avons vécus ensemble et qui appartient lui aussi à une autre époque, je vous le raconte aussi simplement que ça s'est passé. On était tous les 6 au campe depuis le 29 décembre : Crocodile Dundee, moi, Isabelle, Dominic, Félixe et Blanche. Au matin du 31 décembre, comme on discutait tout bonnement de la logistique de transport à mettre en place pour notre retour en ville pour ce grand souper de famille, on appréhendait un peu la longue randonnée en motoneige par ce froid sibérien jusqu'à nos voitures stationnées au barrage de Rapide Deux. Tout à coup, entre deux toasts au Nutella sur le poêle à bois, Isabelle dit à son père : « Là, Papa, on est entre nous, en pyjama, les couettes dans les airs, on a bien dormi et on est heureux, il fait chaud, le café est bon, alors, même si c'est pas le Jour de l'An encore, j'aimerais ça que tu nous donnes ta bénédiction! » 

Est-ce que je vous ai dit déjà que notre fille demande la bénédiction à son père chaque année au Jour de l'An? Eh oui, elle a reçu la bénédiction paternelle de ses deux grands-pères alors qu'elle était petite et cette tradition, elle l'a fait sienne depuis.  

Pour elle comme pour Crocodile Dundee, la bénédiction paternelle du Jour de l'An ne revêt pas le caractère religieux (ou si peu) comme ce que nous avons connu, nous, avec nos grands-pères d'abord et nos papas par la suite, mais quand même, c'est un moment unique, un rituel empreint d'affection et d'admiration chaque année. Quelques mots d'amour, des souhaits chaleureux et une certaine gratitude envers la Vie nous remplissent de quelque chose de précieux et de doux qui finit toujours par des gros câlins, des sourires attendris et des regards aimants. On a même notre petite danse rien qu'à nous pour sceller ce moment avec un grand éclat de rire... et ainsi on s'assure de ne pas pleurer, parce qu'on est tous des ti cœurs sensibles. On est de même, nous autres!

Au fait, je ne sais pas trop lequel d'entre nous a inventé cette petite danse...  On ne la fait que dans les grandes occasions. C'est comme un gros câlin familial qui rit, qui saute et qui chante. On fait une petite ronde, où on est tous collés-collés. Pour que les petites soient de la même grandeur que nous, on les porte dans nos bras. Là, on saute en tournant et en chantant : « Toute la famille est réunie, toute la famille est réunie, toute la famille est réuniiiiiiiiiiiiiiiiiiiie, TOUTE LA FAMILLE EST RÉ-U-NIE! »

VRAIMENT D'UNE AUTRE ÉPOQUE!

J'ai défait mes décorations et mon sapin de Noël plus tard que d'habitude cette année. Normalement, c'est la première chose que je fais le 2 janvier au matin mais cette année, comme nous partions en forêt, Crocodile Dundee et moi, du 2 au 4 janvier, c'est seulement le 5 au matin que je me suis lancée là-dedans. Mais pour mes cartes de Noël, ah là, j'étais incapable de les décrocher de ma « corde à linge » jusqu'à ce matin. Pourquoi? Parce que j'aime les relire et je le fais souvent. C'est plein d'amour et d'amitié là-dedans.   


Une partie des cartes de Noël reçues chez nous cette année... 

L'autre partie... 

Il fallait bien un jour que j'en vienne à les décrocher, ce que j'ai fait tout à l'heure après avoir pris ces deux photos mais ne comptez pas sur moi pour en disposer dans le bac de recyclage. Pas question! Je les garde toutes, bien enrubannées dans la corde à linge, comme je le fais chaque année. C'est plus fort que moi. Je pourrai les relire encore et encore. 

J'en ai des faites à la main, des brillantes, des colorées, des anciennes, des contemporaines, des futuristes, des artistiques, des nostalgiques, une musicale même, et toutes sont écrites comme des lettres. Des belles lettres manuscrites, en plus! Elles nous ont été postées de la Corée du Sud, des Îles de la Madeleine, de Baie Comeau, Berthier-sur-Mer, Québec, Beauport, Mont-Saint-Hilaire, Montréal, Boisbriand, St-Jérôme, Ville-Marie, Chibougamau, Matagami, Amos et bien sûr, quelques-unes sont de Rouyn-Noranda. Ce n'est pourtant pas parce que c'est loin, certaines nous proviennent de trois coins de rue d'ici mais on peut y lire des mots qu'on n'avait jamais entendus de vive voix, des mots qui s'écrivent, des mots qui restent, qu'on aime à relire... 

On a reçu plusieurs cartes virtuelles aussi mais ce sont celles qui ne sont pas 2.0 qui sont pour moi, comme le dirait Félixe, « celles qui me touchent le plus! »

Que voulez-vous, je suis... d'une autre époque!