samedi 20 octobre 2018

UNE PRIORITÉ?

Au Canada, cette semaine, nos médias et nos conversations ont beaucoup tourné autour de cette nouvelle réalité : la légalisation du cannabis. Depuis le temps qu'on en entendait parler, notre gouvernement fédéral a jugé bon qu'il fallait respecter la promesse qu'il avait faite lors de sa campagne électorale qui l'a porté au pouvoir, et surtout, parce qu'il est déjà en campagne électorale pour espérer se faire réélire l'an prochain. 

Mais moi, je m'intéresse plus à l'impact social, humain, sociologique qu'à l'analyse politique de cette nouvelle réalité et je ne peux m'empêcher de me demander si cet amendement légal méritait tellement d'être… 

UNE PRIORITÉ?

Pour être honnête, ce n'est pas aux gens de mon âge que je pense le plus quant à l'application de cette nouvelle loi mais plutôt aux générations des plus jeunes qui vivront avec ces substances à l'avenir. 


Le pot médical était déjà accessible dans notre société  et j'imagine que ceux et celles qui étaient aux prises avec des ennuis de santé auxquels le pot pouvait remédier en tout ou en partie devaient bien savoir où se procurer le remède qui leur apportait un peu de confort ou de réconfort. 


En prenant un peu de recul pour considérer la chose en essayant de ne pas avoir de parti pris, mon premier réflexe a été de me demander si nos jeunes allaient encourir plus ou moins de risques maintenant qu'ils vont pouvoir se procurer légalement cette substance dans un magasin autorisé. Oui, je le sais, pas avant d'avoir 18 ans, c'est ce que la loi dit mais comme pour l'alcool ou la cigarette, ce sera très facile de faire faire ses commissions par les autres… qui ont des cartes d'identité démontrant un âge légal. (t'sais, j'ai déjà été ado!...) 


D'un côté, il y a le soulagement de savoir que la substance achetée dans une boutique spécialisée aura des normes de qualité strictes et prévisibles mais d'un autre côté, on serait bien naïf de croire que le marché noir disparaîtra et qu'il n'y aura plus de cochonnerie qui circulera dans nos rues. (ben voyons donc, ont-ils vraiment légalisé le pot dans le but de nous protéger?... )



Je l'avoue, j'ai le vertige quand je pense que de fumer du pot trop jeune déclenche chez beaucoup d'individus des épisodes de psychose et les premiers symptômes d'une maladie mentale avec laquelle ils devront vivre et s'auto-médiquer dans la rue avec ce qu'ils y trouveront. (Et ça, je l'ai vu en masse autour de moi, il y a des gens à qui le pot ne convient pas du tout comme il y a des gens à qui l'alcool ne convient pas, c'est comme une forme d'allergie, je dirais) 


On pourra me dire que l'alcool et le tabac sont des substances qui sont offertes aux plus de 18 ans dans notre société et que, pourtant, mal gérées ou mal utilisées, elles se sont révélées très nocives pour la santé, qu'elles ont fait augmenter les taux de criminalité, de violence, d'hospitalisation, de décès et qu'en ce sens, le pot ne sera pas pire… N'empêche que je me demande encore pourquoi c'était si pressant de légaliser le cannabis alors qu'on n'est visiblement pas encore prêts sociologiquement à en assumer toutes les conséquences qui en découleront. Et ce, à tous les niveaux. 


J'en parlais avec un ami cette semaine et je lui demandais son avis, lui qui a travaillé toute sa vie auprès de la jeunesse. Il a fini sa carrière comme juge au Tribunal de la jeunesse d'ailleurs. Sa réponse, je me la suis appropriée tellement elle faisait mon affaire. Il m'a dit que légalement, on aurait pu commencer par décriminaliser le pot au lieu de le légaliser. Et ça, m'a-t-il dit, ça aurait fait toute la différence du monde au quotidien. 

Décriminaliser le pot pendant quelques années d'abord, voir ce qui se passe dans notre société autour de cette nouvelle réalité, prendre le temps et ne rien bâcler pour organiser  la prévention, les soins, les services, la commercialisation et empêcher surtout la banalisation (ça doit être correct, mes parents et mes grands-parents en fument et en mettent dans leurs muffins...) et dans un deuxième temps, disons un prochain mandat de 4 ans (!) procéder à la légalisation et la mise en marché. 

Voilà où j'en suis dans mes réflexions. Et vous?

(Mes photos ont été prises lors d'une randonnée pédestre dans le parc d'Aiguebelle en septembre dernier). 

samedi 8 septembre 2018

LA BELLE SAISON DE 2018


Il y a longtemps qu’on ne s’est pas écrit, n’est-ce pas? Et pourtant, je pensais souvent à vous. C’était un bel été pour vous autres aussi? Ne vous en faites pas si j’en parle au passé, c’est la rentrée scolaire, les températures saisonnières qui descendent, les jours qui raccourcissent et le temps des récoltes qui m’influencent. Nous allons encore vivre de belles journées de soleil mais avant le prochain automne, j’ai le goût de prendre de vos nouvelles et de vous donner des miennes.

Me reviennent toujours à l’esprit ces mots de ma mère, extraits d’un long et touchant hommage qu’elle avait écrit et que j’avais appris par cœur étant enfant, pour mieux les réciter lors du 40e anniversaire de mariage de mes grands-parents maternels, en présence de toute la famille. Même si j’avais seulement 9 ans, je ressentais la profondeur de ces paroles qui étaient empreintes du bonheur, de l’amour et de la reconnaissance. « D’où vient que l’on éprouve toujours bonheur nouveau à exprimer des souhaits déjà anciens? Oh c’est que l’amour et la reconnaissance sont des sentiments qui ne vieillissent pas mais qui, au contraire, prennent plus d’intensité et de chaleur à mesure que le temps fuit… »

Et le temps a fui… Cet été 2018 a été celui de nos 40 ans de mariage. Eh oui, on s’est marié le 20 mai 1978. Notre petite famille avait célébré avec nous cet anniversaire en toute intimité comme on aime, lors d’une petite virée à Rapide Deux où nous nous étions sentis vraiment choyés. Ils nous avaient remis en cadeau un certificat voyage d’une agence de Rouyn-Noranda d’une valeur de 2 500 $, un prix qu’ils avaient remporté eux-mêmes lors d’un tirage il y a 2 ans. Reconnaissance et gratitude.  Un héritage qui se transmet, je crois.

Notre fille, Isabelle, son mari, Dominic, leurs deux petites filles merveilleuses, Félixe et Blanche, planifiaient depuis un bon moment de partir dès la fin des classes, tout l’été sur la route, en motorisé, faire toute la côte est américaine, jusqu’à Key West, en longeant la mer le plus souvent possible, tant l’Atlantique que le Golfe du Mexique. On savait qu’on allait s’ennuyer beaucoup mais heureusement, il y a eu les textos, les vidéos, les photos, les petits mots, les rencontres Facetime tout au long de l’été.

Notre certificat cadeau a été bien utilisé puisque nous nous sommes envolés, Crocodile Dundee et moi, pour les Îles de la Madeleine, toute une semaine, à la fin juillet début août. C’était la première fois que nous y allions seuls tous les deux! 

LA BELLE SAISON DE 2018


On a passé l’été seuls, sans notre petite famille, mais on les savait heureux alors on l’était nous aussi.

Y a-t-il quelque chose de mieux que de savourer des bons filets de dorés fraîchement pêchés? Quand il fait trop chaud pour les frire à l’intérieur du campe, on sort le petit poêle portatif sur la galerie. Crocodile Dundee a pris goût à faire des égoportraits cet été! 


Des petites fraises des bois, on en a eu assez pour y goûter mais pas assez pour s’en faire des confitures. 


Cet arbuste est un amélanchier. On en a un qui pousse naturellement tout près du quai. Ses fruits sont délicieux mais les oiseaux les mangent à mesure qu'ils mûrissent. Encore là, on a pu y goûter mais pas assez pour s'en faire des réserves pour l'hiver. 



Mais les bleuets, par exemple, ça, j'en ai fait des réserves pour l'hiver. La nature a été très généreuse. Amour, reconnaissance et gratitude, c'est mon héritage! 


Pendant ce temps, nos zamours voyageaient collés-collés au pays des princesses… 


Et voici les deux plus belles princesses du royaume, deux sœurs qui se tiennent par la main pour vivre ce rêve de petites filles. 



Nos enfants et petits-enfants sont habitués de nous voir ensemble. Comme on leur dit souvent en boutade : « On est même assez amis pour se voir sans vous! » Cette fois-là, vers la mi-juillet, on avait fait une communication Facetime, nous quatre au bord de la piscine à Rouyn-Noranda chez Nicole et Guy et notre petite famille au pays de l’Oncle Sam.  C’était toujours aussi festif.




C’est comme ça qu’on a célébré (encore!...) nos 40 ans de mariage. C’était presqu’en débarquant de l’avion, on avait déposé notre petit bagage dans la caravane qu’on avait louée, on avait été à la poissonnerie du village de Havre-aux-Maisons où je suis parente avec tout le monde et on s’était approvisionné en homard, pétoncles, crevettes, etc. Avec un verre de vin bien sûr. Avec Fred à mon oncle Will et Rolande, on allait ensuite écouter mes cousins chanter dans une brasserie pas loin de là. Du gros bonheur je vous dis… 



Toute la semaine où l'on était aux Îles, il a fait beau et chaud, sauf peut-être un petit avant-midi de grisaille où l'on est allés s'échouer du côté de La Grave à Havre-Aubert, et au Musée de la mer. Tous les soirs, on allait écouter de la musique en plein air jusqu'au coucher du soleil. Il y a tant d'artistes et de musiciens aux Îles de la Madeleine. 




À la fin août, ils nous sont revenus, nos zamours, heureux, amoureux et bronzés. Nous étions trop contents de les retrouver et c’était réciproque. On ne venait plus à bout de se lâcher, empilés les uns sur les autres, on avait tant à vivre et à se raconter. On a été au campe tous ensemble.


Papi disait aux petites : « C'est aussi beau ici qu'à Walt Disney! » et si lui, il le pense vraiment, il a presque réussi à les convaincre pour un court instant. 



Ces fleurs sauvages, on les a cueillies ensemble, au campe, mes petites-filles et moi. 

Je vous les offre en vous chuchotant à l'oreille qu'il faut savoir débusquer la beauté là où elle se trouve, où l’on ne la cherche pas nécessairement mais où elle nous apparaît, parfois, en un fugitif instant, dans l’abondance de l’amour, de la reconnaissance et de la gratitude.


Profitons des beaux jours. 


lundi 18 juin 2018

Les petites grandissent vite

Les voilà toutes les deux, Félixe et Blanche, sur la galerie du campe d'été, à Rapide Deux, en train de nous faire un spectacle de danse moderne pour célébrer nos 40 ans de mariage. C'était la fin de semaine du 20 mai dernier. On profite de leur présence tant qu'on peut parce que oui, elles grandissent vite et en plus, cet été, elles seront sur la route avec leurs parents, en Ti Bus comme elles disent, (un véhicule motorisé ayant tout ce qu'il faut pour vivre… dehors… la plupart du temps!...) tout au long des deux mois de juillet et août, à se déplacer d'un endroit à l'autre, visiter toute la côte est américaine. 

Ils vont nous manquer mais on les sait heureux…

Première petite virée en canot cette année pour Isabelle et Blanche. C'était lors de cette même fin de semaine de célébrations tout en simplicité et en douceur. 

Le tipi a tenu le coup durant ce dur hiver, Félixe était bien rassurée de le revoir intact.

L'intérieur du tipi est toujours aussi invitant.

Blanche, elle, s'intéresse plus aux moteurs que sa grande sœur!

Cette fin de semaine-là a été trop vite passée. Nous sommes allés les reconduire en bateau à leur voiture et nous sommes revenus passer le reste du dimanche au campe. C'est comme ça qu'on a célébré ces 40 ans de mariage. Depuis ce temps, on a changé de saison, on est maintenant en plein été, la végétation est luxuriante et la nature toujours aussi généreuse.

Et la preuve que la nature est toujours aussi généreuse? Ces deux orignaux ont passé quasiment toute la fin de semaine dernière avec nous autres! Crocodile Dundee avait fait deux salines en face de notre campe, de l'autre côté de la rivière, et ces deux-là sont venus faire un tour samedi après-midi, ils y sont revenus après souper et même dimanche matin, où l'on a encore pu les voir. À chaque fois, on les a vus assez longtemps pour faire des vidéos et des photos dans le cas de Crocodile Dundee et seulement des photos dans mon cas. Il va sans dire qu'il faut les rapprocher beaucoup à l'aide du zoom, on n'est pas si proches qu'il paraît. Pour ma part, après quelques photos, j'aime mieux prendre les jumelles et les observer à loisir, profiter du spectacle. 

Je vous souhaite un bel été! 

Chevaucher 3 saisons

Chevaucher 3 saisons

samedi 3 mars 2018

BONHEURS DIVERS (D'HIVER)

On ne s'écrit plus souvent, n'est-ce pas? C'est que le temps file, qu'on passe plus d'énergie ailleurs que sur les réseaux sociaux, que la vie nous happe avec son tourbillon incessant, que les heures s'écoulent encore plus rapidement lorsqu'on est heureux. Il faut croire qu'on est heureux!


Cet après-midi de février, nous étions allés voir nos amis Réjeanne et Gérald qui pêchaient sur la rivière des Outaouais/Darlens, à Rapide Deux. On trouvait ce soleil timide mais sa lumière nous inondait d'une belle sérénité. 


Une fois qu'on a ramassé les lignes, ils nous ont invité à leur campe pour prendre l'apéritif. Le soleil était plus haut dans le ciel comme s'il voulait nous éclairer encore un petit peu. On aurait dit que le soleil voulait pas se coucher!



Quand on va au campe, je peux marcher des heures et des heures dans les sentiers de motoneige. Pas besoin de ski ou de raquettes. Je laisse vagabonder mes pensées... 


Ici, comme c'était la semaine de relâche scolaire, nous sommes retournés au campe avec notre petite famille. Les petites avaient tellement hâte d'y aller qu'elles nous en parlaient depuis des semaines!


Félixe avait trop hâte de retrouver « ses » pies (leur vrai nom est « mésangeai », c'est Papi qui nous a appris ça. 


Blanche a encore un peu besoin d'aide (et de sécurité et de patience!...) pour imiter sa grande sœur!



Autant j'aime marcher dans les sentiers de motoneige, autant Isabelle préfère, quant à elle, les sillonner en ski de fond. 


Environ à 2.5 km du campe, il y a un véritable trésor : une source d'eau... C'est là qu'on va y chercher notre eau à boire, à vaisselle, etc. On l'a fait analyser déjà et nous avons eu la confirmation que c'était bel et bien de l'eau pure. Dominic est toujours impressionné de ce trésor et c'est ce qu'il explique à sa petite Blanche, combien c'est précieux, de l'eau pure en pleine forêt. Elle y a goûté puis avec son grand sourire, elle a décrété que c'était délicieux. 

À votre santé!


Elle, c'est notre ti-clown...


Mère et fille


Un vrai ti-clown que je vous dis!


Jouer au walkie talkie avec Papi et parler à sa sœur restée au campe. 


Allumer une bûche scandinave qui brûlera jusqu'au soir très tard et qui creusera la neige jusqu'au sol. 


Papi a dit : « Félixe, je vais te montrer à faire un abri de survie en forêt. Si jamais tu te perds, tu pourras te tenir au chaud en attendant les secours. Tu feras un feu pas trop loin pour signaler ta présence ». 


« Ton abri va te protéger du vent et pour mieux l'isoler, tu creuses la neige et tu t'en fais des murets à l'intérieur comme à l'extérieur. »


Pendant ce temps, pas loin, on ajoute du bois à notre bûche scandinave et on joint l'agréable à l'utile!


Papi nous fait son imitation du président américain dont je n'ose pas écrire le nom... 


L'abri de survie terminé, on l'essaie ensemble, les deux petites sœurs. 


On profite du camp, de la source d'eau, de la forêt, du beau soleil mais on a quand même des petites tâches à faire, comme couper des arbres morts pour s'en faire du bois de chauffage pour l'hiver prochain. Tout le monde participe. 


Ça y est, maintenant, la source d'eau est baptisée : La source des sœurs. Papi avait fait son affiche dans le garage avant de partir là-bas et il rêvait de se faire poser avec ses deux petites-filles. 

Voilà, ce sont des petits bonheurs divers d'hiver. Les gens heureux n'ont pas d'histoire... 


mardi 19 décembre 2017

PLAISIRS DE DÉCEMBRE

Puisqu'on est ici entre nous, je vais vous faire un aveu : je préfère la période avant les fêtes que les fêtes elles-mêmes! À l'aide de mes récentes photos, anecdotes, coups de cœur et bons moments vécus depuis le début de ce mois, je vais tenter de partager quelques-uns de mes PLAISIRS DE DÉCEMBRE, en espérant secrètement que vous partagiez aussi les vôtres et qu'on puisse échanger là-dessus... 

PLAISIRS DE DÉCEMBRE

Les marchés de Noël, expositions des Fermières, salons des artisans et autres sont depuis toujours mes endroits préférés pour faire de belles rencontres, découvertes et retrouvailles, dénicher petits présents, délicatesses et cadeaux originaux à ceux que j'aime.


Cette année, pour la première fois, nous sommes allés ensemble, Crocodile Dundee et moi, au Village de Noël de la Nouvelle-France, à New Liskeard, Ontario. J'ai beaucoup aimé cette journée trop vite passée et je me promets bien d'y retourner l'an prochain. 


Toujours au Village de Noël de la Nouvelle-France à New Liskeard, nous avons constaté qu'on y faisait une belle place au volet historique ainsi qu'aux pionniers (Premières Nations, francophones et anglophones) qui ont développé cette région du Témiscamingue ontarien, située sur les rivages du beau grand lac Témiscamingue. 


Un autre samedi, avec Isabelle et Blanche, on avait décidé d'aller au Marché de Noël de Rouyn-Noranda et même s'il y avait des artisans et artistes formidables, tant au P'tit théâtre du Vieux Noranda qu'à l'Agora des arts pas loin, avec plein de stands entre les deux, Blanche, elle, qui n'avait rien de particulier à acheter, avait bien plus le goût d'admirer les jouets soufflés et les décors dehors. D'ailleurs, elle n'a pas voulu aller voir le Père Noël du tout et lorsque la Reine des Neiges est venue vers elle pour lui demander si elle avait un message pour le Père Noël, elle lui a demandé de bien dire au gros bonhomme rouge qui rit trop fort de « laisser les cadeaux dehors et pas rentrer dans ma maison »!!! La Reine des Neiges a promis de bien faire le message... 

Je suis allée aussi cette année à d'autres expositions autour de chez nous, ce sont mes tout premiers plaisirs de décembre qui commencent même parfois en novembre. 


C'est notre 4e année que Félixe et moi, on fait ses papillotes de Noël. Pour elle, c'est une tradition créative et fort agréable. (Et moi aussi d'ailleurs mais j'attends que ça vienne d'elle). Elle avait commencé dès le début novembre à me dire : « Là, Mamie, faudrait qu'on commence bientôt, parce que Noël va arriver vite ». D'autant plus qu'elle en rajoute à chaque année, des noms sur sa liste, je trouve ça beau de voir comment elle pense à tout le monde, la façon dont elle remarque tout au long de l'année les préférences de l'un et de l'autre, le sentiment de reconnaissance qu'elle développe à l'endroit de ceux et celles qui croisent sa route, son goût de donner et de faire plaisir aux autres. 


Toujours selon notre tradition, quand on finit ses papillotes de Noël, on prend une photo de nous deux en souvenir. Elle y tient. On a terminé mardi dernier et il a fallu que je me fasse poser avec Mélodie la lutine. Comme j'allais porter un gâteau au rhum de Noël à une personne peu après, Félixe a voulu que le gâteau soit dans la photo!

Et même si je n'ai pas de photo pour vous en parler, deux autres plaisirs de décembre existent dans ma vie. Le premier, c'est le rendez-vous de Noël des Zamis du jeudi. D'habitude, le premier jeudi du mois, on se pointe au Café bar L'Abstracto pour un verre de rouge avec une petite Que pasa entre 17 heures et 19 heures environ. Mais le premier jeudi de décembre, c'est chez Suzanne et Pierre que ça se passe. Jean, l'un des zamis, apporte sa guitare et moi, la mienne, sinon on ne nous laisse pas entrer! Chacun de nous apporte quelque chose à boire et à grignoter et il n'est pas tard qu'on saute sur nos guitares et qu'on entonne toutes nos vieilles chansons qu'on aime, de Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Richard Desjardins, Claude Gauthier, Tex Lecor, Zachary Richard, Adamo, Barbara, Moustaki, Cat Stevens, Janis Joplin et tant d'autres. Jean est très bon pour accompagner à la guitare, et moi, bien souvent, j'accompagne Jean quand je peux le suivre et ça nous fait de belles complicités. Parfois même, il y a des moments de grâce. Dans mes zamis du jeudi, il y a Suzanne, Pierre, Jean, Nicole, Lorraine, Jolyne et moi. On s'est tous connus dans le travail et maintenant, seulement deux d'entre nous travaillent encore. On s'aime, c'est effrayant, on a tant de plaisir ensemble. D'abord, on ne parle jamais du travail qui nous a fait nous rencontrer!

Aussi, comme plaisir de décembre, choisir, écrire et envoyer des cartes de Noël est un grand bonheur pour moi. Imaginez le plaisir décuplé lorsque je reçois des cartes de Noël plutôt que des comptes à payer dans ma boîte aux lettres! Je les relis 100 fois au moins! 


En décembre, je cuisine beaucoup pour offrir, c'est mon plaisir égoïste dont l'ingrédient essentiel reste toujours « un ti peu d'amour » : des pâtés au poulet, pâtés à la viande, chaussons à la viande, pains tressés, pains entiers, petits pains, pacanes épicées en pots Mason, gâteaux au rhum, et autres délices du genre qui donnent parfois lieu à des rassemblements improvisés ou des visites surprises. 


Voilà deux gâteaux au rhum de Noël qui sont endimanchés, prêts à être livrés chez des gens que j'aime. J'en ai fait et donné sept ce mois-ci et j'en aurais fait plus si mon service de livraison se rendait à Amos, Laval, Montréal, Mont-Saint-Hilaire, Chambly, Sherbrooke, Gaspé et jusqu'en France.  


Ici, c'est moi de dos qui marche vers ma fille qui a sa petite Blanche dans ses bras. C'était le 10 décembre dernier et Isabelle avait lancé l'idée quelques semaines avant, sur le site de notre quartier de la ville, de mettre en commun nos jeux de lumières qui ne servent plus, notre bonne volonté et notre vaillance, afin d'illuminer le sentier du petit boisé entre le cul-de-sac de la rue Chadbourne et l'ancienne église Sacré-Coeur devenue la coopérative garderie en face de l'école Sacré-Coeur. Un bel après-midi où le froid était largement compensé par la chaleur de nos voisins et voisines venus participer à embellir et illuminer ce beau coin de notre quartier. 


Avec la participation de tout le quartier, on a réalisé qu'on avait assez de jeux de lumières pour tout illuminer le boisé et même que certains qui ne pouvaient pas être présents nous ont offert par la suite de venir en porter d'autres si l'on en avait manqué. Mais nous en avons eu en masse, même de reste. Mon rôle s'est beaucoup résumé cet après-midi là à jouer avec Blanche (dans sa maison) puisqu'elle disait qu'elle avait froid mais je crois que c'était pour jouer avec Mamie en attendant de voir le résultat en fin d'après-midi. 


Il y a eu une belle participation de beaucoup de personnes de notre quartier, petits et grands. 


Tout le monde travaillait dans la bonne humeur et on avait hâte de voir le résultat. Le jour tombe vite en décembre... 


Et la lumière fut!



D'un bout à l'autre du sentier du petit boisé. Les enfants n'ont plus peur de passer par là pour se rendre ou revenir de l'école maintenant que c'est bien éclairé. En plus, ils vont jouer là, faire des bonhommes de neige, des forts, des campes et autres jeux d'hiver. 


Un autre point de vue de « l'intiative locale » qui a plu à tout le monde, ceux qui y ont participé et plein d'autres 


Ce dimanche-là, en avant-midi, sachant qu'on allait tous souper ensemble après le sentier illuminé, j'avais décidé de faire mon sapin de Noël parce que mes petites-filles me le demandaient avec insistance et que nous avons une autre tradition qui consiste à ce qu'elles soient ensemble et dans dans nos bras, toutes les deux, pour aller installer l'étoile de Noël au sommet du sapin. C'est une belle et très longue histoire personnelle et familiale qui est reliée à notre crèche. Et tout cela fait partie de nos plaisirs de décembre.


Voilà notre crèche, elle vient de loin, elle raconte tant de notre histoire, des Îles de la Madeleine jusqu'en Abitibi. Les rois mages n'y sont pas, je les mets toujours un peu plus loin. Parce qu'ils sont en route. mais pas encore arrivés. J'ai trouvé très touchant l'autre jour que mes petites-filles, chez elles, ont pris aussi l'habitude de mettre les trois rois mages plus loin comme je le fais! 


Mon sapin de Noël, il est « émotif »!. Chacun des ornements a son histoire qu'on aime se raconter  ou se rappeler, avec les souvenirs qui s'y rattachent. Pendant longtemps, ma fille et moi, on avait l'habitude, aux lendemains de Noël alors que tout est en solde, de s'en choisir et s'en acheter une seule, sur laquelle on devait se mettre d'accord et qui devait illustrer l'année qui s'achevait. Celle-ci, avec son message qui nous faisait chaud au cœur, nous ramenait à quelqu'un qu'on venait de perdre et cela nous avait frappées toutes les deux parce qu'il y avait une grosse faute de français dedans! 


Ça, c'est une vieille boule de Noël, elle a mon âge... ou presque! Non mais je me souviens de l'avoir achetée, quand j'avais environ 7 ou 8 ans, on demeurait à Matagami, et j'avais vu ça au dépanneur Nell's Sundries : une boule de Noël en métal, qui s'ouvrait en deux parties, et il y avait des petits bonbons dedans. C'est vraiment d'une autre époque, ce truc, parce que je ne suis plus capable de l'ouvrir tellement le métal s'est soudé avec le temps et en plus, le Père Noël, comme moi, a arrêté de fumer depuis belle lurette. 


Celle-là, c'est ma plus vieille, la bleue « dépeinturée». Elle vient de chez mes grands-parents Poirier, c'est ma grand-mère qui nous en avait donné à ceux qui en voulaient quand elle avait cassé maison, à la suite du décès de Grand-Papa. C'est là qu'elle était venue habiter chez nous. Cette boule bleue me rappelle tous mes plus beaux Noëls d'enfant chez mes grands-parents maternels, dans le rang VII de La Sarre, avec la musique, les chansons, les grandes tablées, tous mes cousins et cousines qui avaient chacun leur marche d'escalier...  


Bricolage de Noël (l'étoile) que Isabelle avait faite quand elle était en maternelle. 


Bricolage de ma fille lorsqu'elle était au primaire. Juste au-dessus, j'ai accroché un truc de couleur orange et doré. C'est Félixe qui nous avait bricolé ça en maternelle. 


Pendant de nombreuses années, Belle-Maman faisait de la céramique et de la poterie. On a deux boules de Noël en céramique qu'elle nous avait offertes il y a bien longtemps. Elles sont cassantes donc on les traite avec toute les précautions qu'elles méritent. 


Vous voyez ce castor? On l'a acheté, Isabelle et moi, l'année où Crocodile Dundee a eu son permis de trappeur. Vous voyez la petite cabane en bois rond? C'est l'année d'après, quand on avait acheté le campe à Rapide Deux.  

Et ainsi de suite, je pourrais continuer longtemps, comme je vous disais, chaque ornement a son histoire, son souvenir ou sa signification. 


Ce que j'aime beaucoup aussi, en décembre, c'est de cuisiner avec mes petites-filles. On a toujours un plaisir fou. Avec elles, j'ai 3 ans et 8 ans mais malgré tout, je suis raisonnable et je leur laisse ma place quand c'est le temps de mettre les petits bonbons et les paillettes de chocolat sur la crème fouettée de la tarte au chocolat du dessert. 




Vous connaissez le Ciné cadeau? C'est à Télé-Québec, en décembre, chaque année. On y présente des vieux classiques comme les Astérix, Lucky Luke, les Dalton et compagnie. Vendredi soir dernier, on avait invité nos petites-filles à venir chez nous pendant que leurs parents avaient un party d'amis. On soupait tôt, on prenait le bain et on se mettait en pyjama de bonne heure, on faisait du camping dans le salon, on ouvrait le divan-lit et on écoutait « Astérix et Cléopâtre » présenté en Ciné cadeau, avec seulement le sapin de Noël et la télé qui étaient allumés. 

Finalement, le lendemain matin, leurs parents qui nous trouvaient chanceux sont venus nous rejoindre pour déjeuner avec nous, chocolat chaud, café et rôties au pain à Mamie au menu. Ils sont même restés à dîner tellement c'était agréable d'être ensemble pour ces... plaisirs de décembre.

À vous tous qui passez par ici, je vous souhaite de Joyeuses Fêtes de Noël et du Nouvel An ainsi qu'une Bonne et Heureuse Année 2018 en santé, en amour et en amitié. Merci d'être là xxxxxxxxxxxx