jeudi 9 juin 2011

Le jour de la marmotte








Photo 1 : Pendant que je travaille, je suis souvent dérangée par le téléphone. Mais là, c'est une marmotte qui s'est présentée dans mon champ de vision périphérique!



Photo 2 : J'ai cru que je l'avais fait fuir en me levant debout pour la photographier...



Photo 3 : Elle est un peu « kid kodak », elle est revenue faire la pose juste devant moi.



Photo 4 : Puis elle est repartie comme elle était venue!



Le jour de la marmotte



Dans mes journées de travailleuse autonome, je n'ai pas le droit de me plaindre. Et puis, faut bien se le dire, à qui je me plaindrais? Je ne dis pas que c'est le nirvana tous les jours mais en général, j'évite une foule d'irritants que j'ai connus pendant de nombreuses années et que tous les salariés connaissent très bien. La liste s'allonge à mesure qu'on accumule les années sur le marché du travail.



De mon bureau, je peux voir des marmottes m'apparaître pendant que je m'arrache les cheveux à rédiger, reformuler, corriger, réviser, résumer, vulgariser, démêler, prioriser, communiquer des idées, des faits, et toutes sortes d'informations apparemment essentielles à la bonne marche des affaires de mes clients, de moins en moins nombreux d'ailleurs, parce que je viens de faire un grand ménage là-dedans aussi...



Mon bureau est installé stratégiquement pour me permettre de faire face au lac devant moi en tout temps, ainsi qu'à ma droite, lorsque je suis à mon ordinateur. Alors, je vois très souvent des perdrix, des oiseaux, des huards, des canards et même un ti minou qui vient me saluer assez souvent l'avant-midi, comme vient de le faire « ma » marmotte.



Le matin, je peux travailler en pyjama, les couettes dans les airs, avec mon café à mon goût, je peux monter en haut m'en refaire un deuxième si je veux, en griller une pendant que je démêle mes idées, ou un gros dossier enchevêtré comme des écheveaux de laine, je peux même aller la fumer dehors, si je fais deux pas en direction de la marmotte. Je peux partir une petite brassée de lavage pendant que j'imprime.



Quand l'ennui me prend, je vais fureter sur les blogues ou sur Facebook, d'habitude ça me regaillardit.



Je suis pas riche mais je gagne mon pain et mon beurre, à condition de pratiquer la simplicité volontaire, dans une très grande liberté.



Pourquoi je raconte ça? Pour me convaincre moi-même! Parce que j'ai intérêt à aimer longtemps ce que je fais... J'ai pas de retraite, pas même l'espoir d'une éventuelle possibilité de retraite. Alors quand j'ai su que le gouvernement allait couper dans la Régie des rentes du Québec pour ceux qui la prendraient à 60 ans, au lieu de 65 ans, je l'ai pris très très très personnel!



28 commentaires:

Joce a dit…

J'arrive encore le 1e cette semaine!.
Pour la retraite aussi j'ai bien l'intention d'arriver le 1e.
Vois-tu je ne peux pas travailler en "Pyj ou faire une brassée su a job.... mais dès que les Ress Humaines diront Monsieur Turbide vous ètes éligible à p...................je serai déjà parti, faire ce que j'aime,du communautaire, du bénévolat, des manifs, je me lèverai tôt pour aller pas travailler en bicycle, j'enseignerai je me ferai enseigné, je me renseignerai, je serai guide touristique national,international, je serai en vacances éternelles, je serai heureux...c'est sûr je le suis déjà.
Et je n'irai jamais à mon ex-lieu de travail car les seuls sujets de conversations auxquelles je n'ai aucune opinion sont : Fonds de pension et augmentation de productivité ...La semaine passé on m'a demandé c'est quoi ton projet de carrière.
C'est drôle j'ai plein de projet mais pas de carrière

Zoreilles a dit…

@ Joce : T'arrives le 1er mais c'est pas parce que t'es vite, c'est parce que t'es tout seul!!!

Bien trop vrai, c'est toi, le bébé, qui va être retraité le premier de la famille... Avoue qu'on t'a laissé une grosse chance, moi à mon compte pis Yves qui a été temporaire à temps plein 16 ans (si c'est pas 18?...) avant d'avoir sa permanence, on est mal partis ♥

À part ça, pour le reste, je me reconnais dans tout tout tout ce que tu dis. Pareil pareil.

Je retourne jamais où j'ai travaillé et pourtant, tu sais que j'ai travaillé partout... Je rencontre mes ex-collègues sur la rue, au café, à l'épicerie, certains sont des amis encore proches, c'est super le fun, mais je retournerais jamais au bureau. Et ceux qui le faisaient quand je travaillais là, je pensais en moi-même: « Cou'donc, faut pas avoir de vie? »

Tu vas te lever encore plus tôt pour aller « pas travailler » en bécyk? Là, je te reconnais!

La plupart de ceux avec qui j'ai travaillé sont récemment retraités ou alors, ils comptent les dodos avant d'y arriver. Des fois, ça me rentre dedans un peu...

Heille, cou'donc, t'as parlé à M'man dimanche, toi? C'est tu vrai que vous venez dans'Abit à la St-Jean? As-tu su que « Pepa » c'était pu « Pepa »?

Joce a dit…

Oui je savais pour pupepa!
Maman m'en avais justement pas parlé pantoute dans une discussion très ouverte, ou je lui disais de faire ce qu'elle croit le mieux et elle m'a répondu par un long silence qui voulais tout dire, et là dans un élan de non verbale intra-verti j'avais tout saisi......Un grand moment de communication intergénérationnelle!

Et ouii on monte dans Bitt pour la "Singe en Baptiste"
Mon Jean-Mi à la voie d'or (du moins dans son char) va au Bal des finissants de Val-d'Or et moi je pense avoir une retrouvaille de l'école Notre-Dame du Bronx le 25.

Guylaine veux savoir ..."Qué-tu-faisais le 25.Elle pense pas venir à mon Bronx!

Noémie vient pas elle est à Mouskiri poutt toute l'été!

Zoreilles a dit…

@ Joce : Maudit clown! D'un bord, j'écoute l'émission spéciale hommage à Claude Léveillée sur la Première chaîne de Radio-Canada, j'ai envie de brailler, pis en même temps je te lis, pis je te vois la face, pis là je fais rien que de rire!!!

T'en avais su plus long que moi pour pupepa dans un grand élan de communication intravertie intergénérationnelle parce que moi, je l'ai su rien que lundi.

Les retrouvailles de Notre-Dame du Bronx? Ça doit être pour ta gang, pas la mienne certain, j'ai jamais entendu parler de ça. Ils vont tu vous faire de la boucane de mine pour l'occasion, histoire de vous rappeler des souvenirs embrumés de la cour d'école? Dis à Guylaine que je suis partante pour « pas bronxer » avec elle le 25!

Jean-Mi va graduer deux fois, lui, tiens, c'est ben ton gars, il veut rien manquer!!!

Ouais, je me doutais pas mal que Noémie viendrait pas. Qui prend Hubert, prend pays... à Mouskiri.

Le factotum a dit…

Ah la retraite !!!
Neuvième jour déjà ...
Déjà plusieurs kilomètres de vélo ...
Une tonne de lecture de faite et cela continue ...
Je t'en souhaite une aussi belle, le moment venue !!!

Le factotum a dit…

J'ai été travailleur autonome pendant mes vingts premières années.
J'ai adoré !
Les deux façons de travailler valent la peine d'être vécu.
C'est sûr qu'à titre de travailleur autonome, cela amène son lot d'incertitude mais quelle gratification lorsqu'on fait un bon coup.
Dans un bureau pour les vingt dernières années, en respectant l'individualité de chacun, une saine compétition se crée et il s'établit une belle complicité entre chaque travailleur.
Cela m’a permis de connaître le merveilleux monde au Nord du Nord.
Je ne crois pas qu'il faut trop s'inquiéter de l'aspect monétaire d'une retraite. On s'adapte bien à ce changement.
Il faut croquer à pleines dents dans la vie !

Guillaume a dit…

Pour être positif, disons qu'il y a au moins un avantage : c'est mieux que de perdre la santé dans un job à temps plein relativement bien payé (je dis ça pour t'encourager :-)

Anonyme a dit…

Zoreilles,

tu as bien fait de placer ton bureau face au lac; ce serait criminel de tourner le dos à un tel environnement, qui doit être très apaisant quand tu as le crâne en ébullition.

Tu peux même discuter avec ton amie la marmotte, elle ne répétera rien à personne! À moins qu'il ne s'agisse d'une espionne envoyée par un client...

:)

Bonne journée!

Lise

Mijo a dit…

Gros problème de retraite chez nous aussi que l'on soit salarié ou autonome. Même combat, même dure réalité à bosser pour des clopinettes.

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Je télétravaille de temps en temps.
Pas de pause cigarette chez moi mais également des pauses lessive, thé et frigo !!! Je passe à côté de lui et il m'appelle... Bon, parfois, j'arrive à faire ma fière, à lever les yeux au ciel et à l'ignorer. ;-)

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Hiiiiiiiiiiii, je viens de lire un petit mot qui m'a fait sourire dans ton texte. Je te reviens sous un autre canal... Tu vas comprendre pourquoi bientôt.

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Profite bien de tout ça, c'est beau de te voir aller! Moi, quand je pourrai prendre une retraite, je serai plus à l'âge de la marchette que du vélo!!! Dans mes 37 années à plein temps sur le marché du travail, j'ai connu de tout, beaucoup d'ambiances de travail comme celles que tu décris et c'étaient de belles années mais finalement, comme travailleuse autonome, l'insécurité ne me pèse pas trop lourd, elle rime avec liberté. Au quotidien, j'assume très bien. C'est sur le « long terme » que je trouve ça plus difficile. J'ai plein d'amis qui ont un fonds de pension, des placements, des REER, et qui se plaignent à moi qu'ils n'en ont pas assez pour s'arrêter. Je les écoute poliment mais je vois que leur problème est ailleurs...

Zoreilles a dit…

@ Guillaume : Ah ça, perdre sa santé, ça peut arriver n'importe où, n'importe quand et dans n'importe quel contexte... ;o) Réf. page 4 de La Frontière de la semaine dernière, il y a un certain François Legault qui est en train de t'arranger ça mais faudra que tu sois patient!

@ Lise : J'aurais voulu tourner le dos au lac que ça aurait été difficile dans mon aquarium!!! Ah pour ça, t'as raison, mes « compagnons de travail » sont d'une parfaite discrétion. Bonne journée à toi aussi ♥

@ Mijo : Nous voilà en lien partout partout! Mais je suis plus présente ici que là-bas, tu vas voir... Assurer notre avenir, c'est pas plus facile en France qu'au Québec, hein? Tu fais aussi du télétravail? Bonjour collègue! Tu résistes mal au frigo? Moi, aucun problème, dans le jour, je le vois pas on dirait. Mais les pauses lessive et autres petits trucs du genre nous laissent habituellement des soirées plus libres pour faire autre chose. Je le redis, on n'a rien à se plaindre!

crocomickey a dit…

Vive l'autonomie pour la liberté mais pour les vieux jours, c'est moins drôle. Moi aussi me faut oublier la pension en raison de mon parcours de fou mais je me dis que le temps venu, il y aura toujours un moyen pour arrondir les coins. Bonne continuation ...

Zoreilles a dit…

@ Crocomickey : En trois mots, t'as tout compris et t'as tout dit!

Accent Grave a dit…

Je crois que l’âge de 65 ans sera reporté à 67 ou 68 ans. Moi aussi ça m’enrage et ça me rassure, enfin quelqu'un a réalisé qu'il fallait faire quelque chose. RIEN au monde n’est plus prévisible que la démographie! C'est le prix à payer pour une sotiété qui se permet de faire vivre autant de gens en santé qui ne bossent pas. Et encore, on ne cesse d'exiger des choses du gouvernement, comme si les citoyens étaient capables de rien!

J'ai quelques fonds de retraite, ce qui me privera des avantages que ceux qui n’en n’ont pas. N'est-ce pas injuste ça? J'ai toujours payé mes inpôts et n'ai jamais rien collecté! Pour acquérir ces fonds de retraite (privés), j'ai bossé comme un fou, peut-être en vain, peut-être à tort! Nos problèmes ne sont pas si différents que ça!

Chacun craint pour ses vieux jours, suffira dune maladie, d’une malchance. Ça fait quand même 35 ans que je bosse, je bosserai encore 10 ans si j’en ai la possibilité... et je ne voudrai pas cesser de bosser!

Devrait-on voir ça autrement? Vivre comme si cette retraite ne viendrait jamais? Rien ne m’agace plus qu’un nouveau retraité qui se vante de sa nouvelle vie. Ils veulent me convaincre de leur bonheur, TOUJOURS en vain. Ils s’impliquent dans divers organismes, entreprennent nombres d’activités… comme s’ils ne pouvaient pas accepter leur statut de retraité. Si un jour j’accède à la retraite et qu’on me demande ce que je fais je répondrai : rien. Aller à la pêche, lire, placotter, écrire, c'est rien faire.

On vous envie de bosser à la maison, de jouir de cette vue exceptionnelle, c'est certain. Je sais qu'il y a tout de même l'angoisse, d'autres désavantages. Moi je n'aimerais pas ça, pas certain que je pourrais performer, seul, chez moi, même en face de l'océan.

Il vous arrive aussi d’envier ceux qui jouissent de fonds de retraite, d’emplois bien campés et bien payants... etc. j’envie mes enfants et leur instruction, ils m’envient pour mes acquis. Ça n'en fini plus.

Si nous étions forts d’une solidarité à toute épreuve, ça serait assez extraordinaire, rassurant. C’est peut-être ce qui nous manque.

La simplicité volontaire, ça s’applique à tout le monde, à la retraite, tout le monde vit sa simplicité volontaire, c’est peut-être ça la vraie vie.

Accent Grave

Nanou La Terre a dit…

Je m'en vais faire dodo mais je reviens commenter ton billet. Ça ressemble donc bien à ma vie...xxx

Fitzsou, l'ange-aérien a dit…

Je t'envie Zoreilles de ce train de vie-là... je suis juste bien consciente, comme tu l'exprimes si bien, qu'il ne peut être question de penser retraite, du moins pas de la même façon.
Mais tu ne sais pas ce que pourrait te réserver l'avenir: un héritage imprévu, un déménagement dans un autre pays où tu serais logée-nourrie en échange de ton travail, un prix pour l'une de tes œuvres qui te rendrait super populaire... Faut juste pas que t'arrête de rêver... Et puis, les gouvernements vont et viennent... d'ici ton 60 ans, ça a le temps de changer encore!!!Bonne journée chez-toi! (moi y mouille des clous ici ce matin... j'ai 20 minutes à marcher dessous...) xoxoxo

Zoreilles a dit…

@ Accent Grave : Nous avons le même âge... On nous classe comme les plus jeunes des baby boomers, je ne me suis jamais reconnue là-dedans. Et vous? Moi, j'ai toujours voulu être inclassable! L'indépendance et la liberté, ça coûte cher, et j'en paie le prix... Mes clients sont « full conventionnés 5 étoiles » que j'appelle. Leur talon de paye est sur leur bureau tous les deux mercredis, assurés garantis, ils ne parlent que de retraite, de vacances et de congé différé, à ce temps-ci de l'année surtout. Quand ils ont des tendinites, ils ont accès à l'ergothérapeute du ministère et ils vont en physio, ces frais médicaux sont gratuits ou alors remboursés en grande partie. Ils ont un mois de vacances, pendant lequel leur paye sera déposée dans leur compte de banque comme s'ils avaient travaillé. C'est pas assez disent-ils, un mois, ils n'ont pas le temps de décrocher. Ils auraient besoin de plus que ça... Faut que je fasse attention de ne pas comparer... Vous dites que vous en avez pour 10 ans encore? Moi aussi, 12 plus exactement, là je suis incapable de le voir d'avance, en ce moment, ça me semble une montagne... Après 37 ans à temps plein sur le marché du travail, j'aurais pris un différé moi aussi, ou des vacances, j'aurais été due pour une pause. Je n'ai jamais retiré rien du gouvernement, même pas en congé de maternité, (vous non plus, je le sais!...) j'ai accouché entre deux cours d'université, je payais mes cours, je ne voulais pas en manquer!!! L'art de toujours tomber entre les craques du système... Dans mes mauvais moments, je me dis que le prix de la liberté, je le trouve aujourd'hui bien cher payé...

Zoreilles a dit…

@ Nanou : T'as fait un gros dodo, t'es pas revenue! C'est vrai que c'est fatiguant, la vie d'une travailleuse autonome, t'es bien placée pour le savoir. Il y a des bons côtés, on le sait toutes les deux. Dans le court terme, ça va, c'est parfait. C'est le long terme que moi, ces temps-ci, je trouve plus difficile à assumer. C'est parce que je côtoie trop de monde dont les conditions de vie sont très différentes des miennes. Bon dodo là... Repose-toi bien ♥

Zoreilles a dit…

@ Fitzsou : Ne m'envie pas, as-tu lu ma conclusion? « Pourquoi je raconte ça? Pour me convaincre! »... T'en fais pas, je continue toujours à rêver, c'est ce qui me tient, même si je ne rêve qu'à des choses qui sont réalisables, et j'appelle ça de l'espoir. Je ne tombe jamais dans l'utopie, je suis plus « groundée » que j'en ai l'air!

C'est vrai, je ne sais pas ce que pourrait me réserver l'avenir mais je suis de la génération qui donne tout ce qu'elle peut (de temps, de soins, de présence et d'accompagnement) aux parents âgés qui nous restent et qui ne peut aspirer à aucun aucun aucun héritage! D'un autre côté, on donne tout ce qu'on peut à nos enfants, on est de même nous autres, une chance, on n'a quand même pas trop peuplé! On serait comme qui dirait le jambon dans la sandwich! Et j'achète jamais de billet de loterie, j'ai fait le calcul, c'est pas payant. Un déménagement dans un autre pays? Non, ma vie est ici, mes responsabilités aussi. Voyager peut-être? Je tiens à mes Air Miles comme à la prunelle de mes yeux, c'est ma seule richesse, tu devrais voir comment je gaze pas ailleurs que chez Shell et je fais l'épicerie rien que dans les IGA! Un prix pour l'une de mes oeuvres qui deviendrait populaire? Je signe jamais rien de mon vrai nom!

Mais t'as raison, je rêve, je lâche pas, j'aspire à mieux, toujours mieux, en reconnaissant ce que j'ai ♥

Esperanza a dit…

Je suis dans le même cas. Les baisses à la RRQ sont tragiques pour moi. À 53 ans vec un enfant de 7 ans, j'ai vraiment tout pour me retrouver dans la merde.

Travailleur dans le monde sommunautaire pendant plus de 20 ans puis, travailleur autonome, j'ai, depuis 4 ans, un travail avec reer collectif mais sans "vrai" fonds de pension.

Je n'arrêterai jamais de travailler si ce n'est pour mon dernier repos. Comme Croco, mon parcours de fou m'a permis de me ramasser avec une situation platte.

Parfois, je regrette ce parcours, d'autres fois non. Au bout du compte, mon dernier soupir dira le reste.

Ah oui, j'oubliais de rajouter que en 2000, j'ai fait une petite dépression. Ça m'a rendu non assurable. Je n'ai donc pas d'assurance-vie parce que j'ai été honnête en répondant aux petites questions pré-assurance.

Puis, on dira que le crime ne paie pas. Bin, en téka, l'action communautaire, le travail autonome et l'honnêteté non plus.

Mais mon fils a un sourire magnifique,d es yeux brillants et une répartie qui valent bien des dollars. Il saura se débrouiller aussi.

Le factotum a dit…

""je suis de la génération qui donne tout ce qu'elle peut (de temps, de soins, de présence et d'accompagnement""

J'aime beaucoup cette affirmation ...

Pour ma part, j'ai décidé d'arrêter malgré le fait que je n'ai que vingt ans de fait. J'aurais pu continuer encore quinze ans ...

Mais, mes priorités sont ailleurs.
Être plus prêt de mon vieux père, accorder plus de temps à mes petits-enfants deviennent mes priorités.

C'est sûr que cela oblige la simplicité volontaire comme dit notre ami Accent Grave mais cela devient tellement plus gratifiant à côtoyer la famille.

Côté voyage, j'aime bien la formule sac à dos de notre amie Fitzou ...
On voit que l'on peut faire d'extraordinaires rencontres avec les gens visités.

Air fou a dit…

»Zoreilles

As-tu déjà essayé d'attraper une barbote à mains nues? C,est gluant en titi et tu veux pas que ses pique-piques t'accrochent non plus. J'ai essayé ça quand j,avais 12 - 13 ans. T'as beau serrer fort fort, ça glisse tout le temps.

Tu sais bien que j'aime tes photos d'animaux et bien sûr, celles-ci aussi!

Penses-tu que l'invention du gouvernement, il y a maintenant longtemps, du concept d'occasionnel sur appel c'est assez précaire quand en bas de ton contrat c'est écrit qu'il peut être annulé en tout temps, pas par toi, mais par ton patron? pas mal de gens vivent ça, et plus précaire encore, comme les nouveaux travailleurs de Postes Canada. Au privé, au public, les travailleurs deviennent les pièces mobiles sur l'échiquier qui subit les tremblements de terre économiques en plus de ceux de l'appât du gain, subventionné par nos taxes.

Le gouverne et ment fait les lois et les défait, à son gré. Vraiment pratique. Quand ils passent une loi,c'est le tour de la barbote. La pognes-tu?

Moi, être occasionnel/le sur une liste de rappel éternellement, « justifié » par un éternel « surplus de travail « j'appelle ça avoir un méchant problème de gestion... Être sur une liste de nouveaux, comme Postes Canada mais ailleurs aussi, avec toujours moins de droits, c'est aussi super spécial comme gestion. Tout pour motiver à travailler jusqu'au cerceil.

Les solutions de Legault concernant la santé, c'est sûr, on devrait pas s'en privÉ.

Et... J'adore le commentaire d'ouverture de Joce. Je vois qu'il y a des points communs dans cette belle famille.

Zed ¦X

Air fou a dit…

»Accent

T'inquiète... Voici venir la première génération qui mourra avant ses parents, dit-on. Obésité, diabète, cholestérol, AVC, tout pour les faire mourir. Pas même besoin de les persuader, ils le font eux-mêmes...

Donc, cher ami, prépare-toi à payer pour les bobos des plus jeunes, beaucoup plus jeunes en même temps que les tiens... Comment faire travailler ces nouvelles générations jusqu'à 67 - 68 ans? Tous seront morts bien avant.

Zed

Zoreilles a dit…

@ Esperanza : Tu me fais réaliser que nous sommes plusieurs travailleurs autonomes ici (Croco, toi, Nanou, moi, peut-être d'autres) ainsi que plusieurs qui sont à statut... disons... précaire ou incertain. Est-ce un reflet de notre société? Pas tant que ça mais on doit être sûrement représentatifs aussi des gens de notre génération.

Tu le sais, j'ai aussi 53 ans, j'ai le même parcours de fou, peut-être encore plus fou si ça se trouve, ayant été la plupart du temps contractuelle, la suite logique étant travailleuse autonome pour « sécuriser » au moins deux ou trois petites affaires sur lesquelles j'aurais un peu d'emprise. J'étais (et je suis encore) loin d'assurer mes lendemains, ça prenait tout mon petit change pour boucler l'aujourd'hui!!!

Toi, avec ta jeune famille, t'es assuré de rester dans un certain rythme, t'aspires même pas à une retraite. Tu ne seras jamais rendu là et c'est correct, il te suffit de ne pas te comparer avec d'autres qui n'envisagent que ça. C'est toi qui l'a, l'affaire! Tu fermes les yeux, t'oublies ton âge, ta belle brune est même pas rendue au mitan de sa vie, ton petit bonhomme a 7 ans, tu t'en vas travailler le matin pour de nombreuses années, tu calcules pas, tu vis le moment présent.

En plus, t'es honnête comme dix, tu dis la vérité, à l'assurance comme à nous. Tu m'impressionnes dans ton « assumage ».

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Bien sûr, mes choix ont toujours été faits en fonction des mêmes priorités. Quand je suis devenue maman, au début, j'ai terminé mon université et j'ai accepté un contrat moins lucratif parce qu'ils me permettaient de travailler 4 jours/semaine. En 2004, mon père était dans sa dernière année de vie, je n'ai presque pas travaillé, je n'osais pas accepter de contrats, je voulais être à ses côtés, ma mère ne conduit pas, la radiothérapie était à Gatineau, la chimio ici, les traitements de toutes sortes, la présence, les soins, le soutien, et il ne voulait pas être hospitalisé, on a respecté tous ses voeux, etc. On ne regrette pas ces choix, jamais jamais. Aujourd'hui, je suis une aidante naturelle pour deux personnes âgées qui n'ont pas les mêmes besoins et qui ne sont pas rendues à la même place, la charge est bien plus lourde que mon travail-sans-espoir-de-retraite... On ne peut pas se défiler de ça, tu comprends? Mais je dois le faire par-dessus mon travail et toutes mes autres responsabilités. Je t'envie de pouvoir te consacrer à tes proches avec la tranquilité d'esprit de celui qui est là où il doit être mais je n'ai personne à blâmer que moi, je vis les conséquences de tous mes choix passés, c'est moi qui ai fait ces choix-là.

C'est pourquoi j'ai fait un grand ménage dernièrement et j'ai laissé tomber tout ce que je pouvais laisser tomber. Mais pas mes priorités. Ça jamais. Je peux juste pas.

Alors, quand la RRQ a annoncé qu'ils pénaliseraient ceux qui la prendraient à 60 ans, c'est comme s'ils m'avaient coupé les ailes, j'ai pris ça comme un coup de couteau dans le dos, ça m'a révoltée. Pourtant, quand j'y repense, financièrement, c'est peut-être pas grand-chose de différence, c'est que ça tue l'espoir.

Zoreilles a dit…

@ Zed : La barbotte qui nous glisse des mains, oui oui, je vois très bien où tu veux en venir avec ta comparaison... Le statut précaire, contractuel ou sur appel, temporaire à vie, c'est le lot de tous les plus jeunes que moi. J'ai probablement trop rencontré dernièrement des gens avec j'ai travaillé et qui sont tous rendus à la retraite (avec les vacances, les congés de maternité, les traitements différés et les burn out) pour se rendre jusqu'à aujourd'hui. Ils sont les derniers chanceux, on ne verra plus beaucoup ça d'ailleurs.

La précarité d'aujourd'hui, je n'ai pas de problème avec ça, moi aussi, à une semaine d'avis, on pourrait me signifier la fin n'importe quand. Mais ça me dérange pas, pour ce bout-là, je fais confiance à la vie, on est dans notre septième année de collaboration, je vois pas pourquoi on y mettrait un terme, eux comme moi...

Pour la « solution facile » de Legault dans le domaine de la santé et des services sociaux, je suis fondamentalement contre l'abolition des Agences régionales. Je le vis de l'intérieur, ce serait long à expliquer mais ça ne tient pas debout, ils font un travail drôlement utile, essentiel, mais ça se voit pas médiatiquement, sur la place publique, c'est juste rentable politiquement de fesser là-dessus, mais dans la réalité, ce serait des conséquences terribles, chaque direction de Centre de santé et de services sociaux deviendrait comme une entreprise à la recherche de subvention au fonctionnement. La santé, c'est déjà rendu bien trop politique.

Fanny a dit…

Que de belles photos!Ça c'est gratuit et non taxable.

Ca me fait rire quand tu parles de retraite....état autonome depuis 16 ans,chaque année je reçois mon petit rapport du gouvernement pour me dire qu'à ma retraite j'aurai un gros $232.00 par mois. Hahaha, quelle grosse farce.Je vais vendre ma maison, m'acheter un petit terrain pour y installer mon tout petit Tipi que j'aurai acheté tout juste pour la grandeur de mon terrain.Je fais beaucoup de farce et niaise à propos de tout et de rien mais mausus que l'avenir m'inquiète.

Zoreilles a dit…

Fanny? Toi, ici? Wow, ça, c'est une belle surprise!

Comme travailleuses autonomes, on a trouvé la même solution, pour prendre une retraite un jour, va falloir vendre notre maison! Je sais pas comment tu vas pouvoir faire... Pour le décor, TON beau grand lac Témiscamingue, ta plage, les voiliers qui passent dans le coucher du soleil...

En tout cas, ça ne donne pas le goût de penser retraite. Surtout avec 232 $ par mois! Ça fait tu déjà 16 ans, toi? Déjà?

T'as raison, vaut mieux en rire mais je retiens ton idée du tipi!

Bisous à Fredéric, Jipi et à toi, ma belle...