mardi 26 avril 2011

Fenêtre sur paysage intérieur




Photo 1 : C'était en fin de semaine, dans une maison où il y avait tant de peine, mais aussi tant d'amour et de solidarité, en ce matin pas comme les autres.



Photo 2 : Toujours au même endroit, mon regard a été attiré par la vie dehors... Des canards déployant leurs ailes coin coin coin/Disaient à leurs canes fidèles coin coin coin/Quand donc finiront nos tourments coin coin coin/Quand donc finiront nos tourments.



Fenêtre sur paysage intérieur



Un proverbe amérindien bien connu dit ceci : « Ne juge pas quelqu'un sans avoir d'abord marché une lune dans ses mocassins ».



Autant vous le dire bien simplement, parce que ne pas le mentionner quand ça prend toute la place équivaudrait pour moi à vous mentir par omission. Nous avons eu la douleur de perdre une nièce récemment. Un suicide. Dans la famille de Crocodile Dundee, la mienne depuis 35 ans. De l'Estrie, de la Montérégie, des Laurentides, de l'Abitibi et du Témiscamingue, c'est ce qui nous a fait tous et toutes converger vers Montréal en fin de semaine dernière, dans un élan incommensurable de solidarité familiale. Nous avions besoin d'être ensemble.



Je n'en dirai pas davantage sur ce sujet précis même si je n'ai aucun tabou en cette matière ni au sujet de la maladie mentale. Si je m'autorise à exprimer parfois ici des réflexions personnelles, l'histoire d'Annick appartient à notre famille et je veux respecter sa mémoire, ce qu'a été sa vie... et sa mort.



Étrangement, dans cette même fin de semaine, un autre événement a pris beaucoup de place dans nos vies, à Crocodile Dundee et moi, dès notre retour chez nous, dimanche soir. On avait tellement hâte de rentrer à la maison, défaire nos bagages, prendre nos messages et retourner nos appels, nous couler dans un bon bain, et enfin pouvoir dormir une nuit digne de ce nom...



Après avoir déposé chez elle Belle-Maman et l'avoir installée dans ses affaires, je reprends le volant de ma voiture, et Crocodile Dundee regarde dans le vide. Le silence respectueux et complice est parfois une autre façon de jaser... Tout à coup, rue Mercier, derrière le Théâtre du Cuivre, on aperçoit une personne par terre sur le trottoir et son petit chien blanc apeuré qui s'égosille... S'agit-il d'un homme ou d'une femme? On ne le sait pas. Quelqu'un de très mal en point en tout cas. Je range la voiture tout croche sur le côté de la rue, on accourt vers elle. C'est pas beau. Intoxiquée comme c'est pas possible, alcool, drogues, médicaments, elle me le confirmera plus tard. On se comprend d'un geste, d'un regard, d'une mimique, il faut agir délicatement, c'est pas d'hier qu'on fait équipe, lui et moi. Mais là...



Pendant qu'il la soulève avec précaution pour voir l'étendue des blessures et qu'il réussit à la maintenir un peu en position assise, je réquisitionne un cellulaire chez des jeunes qui s'amusent pas loin et qui n'avaient rien vu. Elle ne veut pas qu'on appelle le 911. Elle nous supplie. Elle insiste. Elle pleure dans son délire. Je refile le téléphone cellulaire discrètement à Crocodile Dundee qui s'éloigne de sa vue à elle, pas de la mienne. Nous restons en contact visuel... et auditif. Lui répond aux questions et suit les consignes. Il sera en communication avec eux jusqu'à ce que l'ambulance arrive.



Moi, je reste avec elle, l'accompagne, lui parle pour la rassurer, l'écoute, lui pose une question de temps en temps, quand je sens que je peux le faire, je soutiens son regard, essuie ses larmes avec mes pouces dans son visage, tout en surveillant du coin de l'oeil Crocodile Dundee à qui je fournis des informations dont il a besoin et qui comprend mon langage non verbal. Elle, je lui prends les genoux, les épaules, les mains, je tente de la sécuriser, de l'entourer. J'aurais voulu la prendre dans mes bras mais je lui aurais fait peur peut-être. Son petit chien blanc veillait sur elle, il a cessé de japper, il a compris que moi aussi je veillais sur elle...



Elle n'a jamais lâché la laisse de son petit compagnon tout affolé qu'elle tenait à deux mains même dans sa grande détresse, son délire, sa faiblesse... « C'est tout ce que j'ai... Je veux l'amener avec moi... où tu penses... dans le grand corridor noir... je veux pas survivre à ça... j'étais pas supposée de survivre à ça... je veux pas aller à l'hôpital... ils veulent pas mon chien... »


Des minutes si longues avant que l'ambulance arrive. Il me semble... Une petite équipe bien rodée est débarquée, ils avaient l'air de bien connaître la personne dont j'ai pu communiquer le nom à Crocodile Dundee pendant qu'il parlait avec le 911. J'ai donné les informations essentielles à celui qui me semblait le responsable. Il m'a confirmé qu'on ne lui laisserait pas son chien, que la police s'en venait expressément pour cette raison. Ils nous ont fait comprendre qu'on devait partir pour les laisser effectuer leur travail.



Je sais qu'on a fait tous les deux ce qu'il fallait avec efficacité et compassion. Une fois dans l'auto, nos nerfs ont un peu lâché, on tremblait, on se demandait comment on avait fait, on s'est trouvé des forces qu'on n'avait même plus en pensant à notre nièce qu'on venait d'enterrer. Je n'ai pas pu dormir avant 4 heures du matin. Ces images s'étaient imprimées avec tant de force... La détresse dans ses yeux, son regard suppliant, son détachement de cette vie qui n'en est plus une, tout en elle crie à l'aide mais en même temps, elle nous supplie de ne pas la sauver. Et pourtant, on la sauve. Malgré nous. Elle va devoir recommencer, trouver une autre fois la force de le faire. Je l'ai vu dans ses yeux. Elle était déjà dans le grand corridor noir...



J'ai pris conscience en fin de semaine que la maladie mentale, c'est comme un cancer. La plupart y survivent, ils sont diagnostiqués tôt, ils reçoivent les traitements qui s'imposent au bon moment et sont bien entourés. Beaucoup en guérissent. D'autres connaissent une longue rémission. Ça donne de l'espoir. Mais quelques-uns arrivent après un long combat à la phase terminale, après s'être battus un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. La maladie mentale, comme le cancer, peut s'avérer fatale. La mort survient alors comme la seule fin possible des souffrances, une délivrance, une libération.



Je ne juge personne. Qui suis-je pour juger de ce que je ne connais pas ou même de ce que je connais ou pense connaître? La vie m'a appris ça et me le rappelle sans cesse au cas où je l'oublierais. Et par un concours de circonstances incroyables comme je n'arrête pas d'en vivre, je me suis trouvée à hériter des « mocassins » d'Annick, des espadrilles New Balance à ma pointure, et dont personne ne voulait. Je les porte depuis ce matin et j'ai l'intention de les porter pour plusieurs lunes. Pour m'imprégner d'elle, de son énergie de battante, de son amour de la vie quand c'en est une, quoiqu'on en dise, quoiqu'on puisse en penser.



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Kassandra Lebelle continue de sévir et elle se porte toujours à merveille. Ce sont les autres autour d'elle qui ont des problèmes. Pas elle. Pas le moins du monde. Va-t-elle réussir son stage? Si vous avez une opinion là-dessus, il y a un sondage qui vous permet de vous exprimer.






L'épisode 5 est en ligne depuis ce matin.


69 commentaires:

Barbe blanche a dit…

La vie parfois prend de ces détours pour nous faire avancer un pas de plus.
Kassandra, elle est encore jeune, elle aussi, la vie se chargera bien de lui faire comprendre la réalité du quotidien...
Tu marches dans les souliers de ta nièce, comme j'ai marché jadis dans le manteau et la veste de mon frère, la vie des fois prends des détours pour se faire comprendre...

Zoreilles a dit…

@ Barbe blanche : Quelle sagesse, mon cher Gaspésien à la barbe blanche... Cette confidence au sujet de ton frère est très touchante ♥

Le factotum a dit…

Quelle histoire de vie.
Une s'éteint pour qu'une autre commence à sa façon. Nous ne pouvons qu'accepter les circonstances que la vie nous amène.
Belle histoire autochtone concernant les mocassins de ta nièce.
Tu sais que du côté des Cris, l'enfant ne touche la terre extérieure qu'après son premier anniversaire. Une grande fête est alors organisée pour célébrer ainsi le port de ses premiers mocassins.
D'où le besoin de les porter au moins une lune pour bien ressentir ce que ta nièce avait de bien en elle ...

Ren a dit…

"Le silence respectueux et complice est parfois une autre façon de jaser" ou juste une façon de respecter les forces de la vie qui nous dépassent. Merci pour l'histoire.

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Oui, quelle histoire... J'ai trouvé extrêmement difficile de les vivre coup sur coup et là, j'essaie de m'en remettre. Méchant hasard? Pourquoi ça nous est arrivé, à nous, à ce moment-là? On n'avait pas besoin de ça, on comprenait déjà, on ne jugeait pas, qu'avait-on encore besoin d'apprendre? Je comprendrai peut-être un jour... Cette coutume autochtone, c'est mon amie Dorothée, écrivaine et conteuse, qui t'en as fait part? C'est tellement beau, ça...

@ Ren : C'est à mon tour de reprendre vos mots : « respecter les forces de la vie qui nous dépassent »...

crocomickey a dit…

Moi j'aurais beaucoup de difficultés à être efficace dans des cas de dérive semblable, genre ne pas savoir quoi faire. Mon fils toutefois, c'est un champion pour ces sauvetages et, sachez-le bien, ce n'est pas donné à tous les pompiers de savoir quoi faire avec un corps en détresse. Mon JF est TOUTT là quand ça arrive, même en dehors de ces missions officielles du travail. J'admire le sang-froid de ces gens et, par le fait même, mister Dundee et sa gentille épouse !

crocomickey a dit…

Heir matin, j'étais sûr que Kassandra allait se mettre à pleurer ...

:-)

Zoreilles a dit…

@ Crocomickey : J'admire aussi le sang-froid de ton JF. Les gens qui travaillent dans les urgences, les ambulanciers, les policiers qui tombent sur n'importe quoi, les pompiers, etc. Je suis si peu armée pour ça... Moi non plus, je ne sais jamais quoi faire, j'y vais d'instinct. Mais ça m'est arrivé quelques fois de devoir improviser, intervenir au-dessus de mes capacités, parce que ça presse, et que je DOIS faire quelque chose. Tout ça, c'est au-dessus de mes forces, c'est pourquoi j'en reste ébranlée longtemps après. Autrement, dans un contexte différent, je perds connaissance, je te jure. Mais quand ça se présente soudainement, j'ai une décharge d'adrénaline qui me pousse à faire ce qu'il faut. Pareil pour Crocodile Dundee. Avec chacun nos forces et nos limites, on a quand même fait une bonne équipe... très concertée... Kassandra, quand j'ai eu peur qu'elle se mette à brailler, j'avais les yeux pleins d'eau, elle a quand même la face de ma fille, t'sais? ;o)

Marico a dit…

Quel témoignage! Et comme souvent lorsque tu racontes, je m'y retrouve.
Chausser les mocassins d'un autre pour comprendre, mène tout droit à la compassion, tu ne trouves pas?
La maladie mentale dans toutes ses noirceurs m'a toujours bouleversée et ceux que j'ai côtoyés qui en souffraient, m'habitent pour toujours!
...
Quant à Kassandra, j'espère toujours qu'il y aura une suite! Ta fille réussit à nous amener dans son univers en un tour de main. Mes petites-filles (16 et 20 ans) et leurs amis sont devenues des fidèles du mardi matin.

crocomickey a dit…

Le premier vrai test de mon JF c'est sur l'autoroute métropolitaine = un char brûlé et c'est lui qui a sorti le corps calciné. Mais une fois la job faite, on se rend compte qu'un pied est resté dans le char coincé sous une pédale. Il est allé la chercher. Le lendemain, il avait droit de rester chez lui pour se remettre = il est allé travailler parce qu'il se sentait d'attaque et content et fier d'être capable de le faire. Beaucoup des boys restent à la maison une semaine après de telles émotions...

crocomickey a dit…

Ya aussi les calls de "premier répondant" auxquels les pompiers montréalais doivent répondre = donner les premiers soins avant l'arrivée des ambulanciers. JF se rappelle notamment de cette vieille dame en train de mourir dans son lit = kess tu fais ? Pas drôle vraiment ...

Réjean Mélançon a dit…

Bonjour Zoreilles,

Comme a si bien dit, Barbe Blanche :

«...LA VIE DES FOIS, PREND DES DÉTOURS POUR SE FAIRE COMPRENDRE...»

On a bien tort de considérer la dépression nerveuse comme une maladie mentale et de cela, je peux en parler d'expérience.

Il peut arriver un moment dans notre existence où notre vie, sans que nous sachions pourquoi, n'a plus aucun sens, entrainant de ce fait, notre mal de vivre, ce mur insurmontable qui nous empêche d'avancer.

Nous sommes ce que nous pensons et notre corps réagit en conséquence, par la synthèse ou par l’inhibition d'une myriade de molécules, dont ces fameux neurotransmetteurs. Dans le cas de la dépression nerveuse, c'est la sérotonine que le cerveau synthétise en moins grande quantité. Et comme toujours, les médecins associent le symptôme à la cause du «mal a dit» et ils se figurent qu'en éliminant le symptôme ils vont guérir le mal.

Je leur concède que les antidépresseurs font le travail pour lequel ils ont été conçu, c'est-à-dire qu'ils empêchent l’inhibition de la sérotonine, nous permettant de retrouver une certaine clarté d'esprit, mais le problème, lui, est toujours bien présent et il est lié au VÉRITABLE SENS DE LA VIE que plusieurs personnes recherchent souvent au cours de leur existence; et, tant et aussi longtemps que la personne ne l'aura pas compris, elle verra le risque de récidives se maintenir. Pour ma part, cette plus grande clarté d'esprit m'a aidé à retrouver une relative sérénité, mais elle n'était dû qu'à la pensée que quoiqu'il m'arrive de pénible dans ma vie, je n'avais plus à m'en faire puisque j'avais toujours, à l'instar de bien des «malades mentaux», ma «sortie d'urgence» pour m'en libérer, d'où les nombreuses récidives de suicide constatées par le corps médical.

J'ai eu des idées suicidaires à de nombreuses reprises au cours de mon existence, jusqu'à il y a un an à peine. Je sais maintenant que c'est terminé et que quoiqu'il m'arrive, je vais poursuivre mon existence jusqu'au bout, car j'ai depuis, compris bien des choses sur la VIE. Le HIC, est qu'il est impossible de bien la faire comprendre avec des mots, on ne peut que la VIVRE, car cela a tout à voir avec L'ESPRIT. Le monde matériel n'est qu'un pâle reflet de la VRAIE VIE.

Le factotum a dit…

"Cette coutume autochtone, c'est mon amie Dorothée, écrivaine et conteuse, qui t'en as fait part? "
Je connais bien Dorothée, mais c'est un ami policier de Chisasibi qui m'avait invité a passé la fin de semaine chez lui pour assister aux rites d'entrée à la terre mère pour le premier anniversaire de son petit-fils.
Une fête qui dure deux jours...
Très émouvant comme cérémonial et empreint de sérénité...
Une chose à voir au moins une fois dans sa vie.

Solange a dit…

C'est un billet d'une sagesse qui fait réfléchir. Que de souffrance ces personnes doivent endurer pour en arriver là. J'avais vu la vidéo hier, mais après avoir lu les commentaires j'ai oublié.Je ne sais pas si Kassandra finira par comprendre le message.

Zoreilles a dit…

@ Marico : Les témoignages ne seront jamais suffisants pour contrer les préjugés qui sévissent encore en 2011 au sujet des maladies mentales. J'ai encore pu le constater en fin de semaine dernière... Pourtant, une personne sur cinq en souffrira à un moment donné dans sa vie. L'ignorance est source de peur et la peur, source de rejet. Effectivement, se mettre à la place de quelqu'un d'autre, autrement dit chausser ses mocassins, mène toujours à l'ouverture, la compréhension, la compassion comme tu le dis si justement. Et pour Kassandra... Merci de partager et de diffuser auprès de tes petites-filles et leurs amis, cela te rapproche d'elles et peut susciter d'excellentes discussions constructives ♥

@ Crocomickey : Je le redis, j'ai beaucoup d'admiration pour des gens comme lui, des premiers répondants. Ça prend des nerfs d'acier et plein d'autres qualités personnelles.

@ Réjean Mélançon : Voilà beaucoup d'information sur la dépression nerveuse, qu'on la classe avec les maladies mentales ou pas. On en a toujours à apprendre. Dans le cas de notre nièce, la maladie mentale dont elle souffrait s'appelle le TPL, trouble de la personnalité limite, aussi connue sous le nom de borderline. Elle en était atteinte depuis 9 ans, la phase « terminale » était commencée depuis au moins 3 ans. Elle refusait tout traitement ou médication...

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Tu connais Dorothée? Ça ne m'étonne pas. Tu dois avoir toi aussi beaucoup d'affinités avec elle! Tu vis des expériences formidables, toi, dis donc? J'ai hâte que tu nous blogues ça!

@ Solange : De la souffrance, du désespoir et de la détresse, il y a en beaucoup autour de nous et qu'on ne voit pas toujours. Quant à Kassandra, je me demande tout comme toi si elle s'ouvrira l'esprit un jour et cessera de voir le monde par la petite lorgnette de la grosseur de son nombril!

Guillaume a dit…

Histoire trop bouleversante... Je suis sans mot... le moton dans la gorge...

voyageuse du monde a dit…

très touchant et en même temps très triste, toute la détresse humaine.
oui les gens qui travaillent dans les urgences, les pompiers, les policiers sont constamment confrontés à des choses comme ça mais en même temps, ce sont souvent des vies qu'ils sauvent. Je le sais par expérience ayant travaillé longtemps à l'urgence. Mais je ne crois plus que j'aurai les nerfs assez solide. Quand tu es jeune, tu as une sorte d'élan qui te pousse et l'adrénaline est plus forte, en vieillissant, on dirait que tu perds de cette adrénaline, tu réagis moins vite et tu prends plus de temps pour récupérer émotionnellement. Et je m'en rends compte même dans mon travail actuel qui demande moins d'adrénaline mais tout autant d'émotions.
gardes les souliers de ta nièce précieusement, je suis certaine qu'une force s'en dégage et qu'elle te portera.

Nanou La Terre a dit…

Chère Zoreille,

j'ai lu attentivement, une première fois, avec grande émotion. Je veux prendre le temps de lire une seconde fois avant de répondre à ton touchant billet.
Mais avant, je tiens à te dire toute ma gratitude de tant de sensibilité de ta part face aux douleurs de ceux atteints de problèmes de santé mentale.
Mon papa souffrait de troubles bipolaires, appelé anciennement psychose maniaco-dépressive. Et je me rappelle avoir eu la réflexion suivante lorsque je le voyais et l'entendais en pleine souffrance:
Ses cris me bouleversaient. Il me semblait que ce n'était pas possible qu'une personne humaine, dans sa douleur, puisse crier et hurler aussi fort.

Je t'embrasse tendrement...xxx

Accent Grave a dit…

La maladie mentale...

C'est ne pas savoir si son enfant se suicidera pendant la nuit. C'est entrer dans un appartement et chercher le jeune partout, se demander à chaque fois qu'on ouvre une porte s'il on le retrouvera pendu et reprendre son souffle quand on le trouve accroupi dans le fond d'un garde-robe, recroquevillé, depuis deux jours, dans sa merde...

La routine des hopitaux, des drogues assomantes injectées pour faire passer la crise, des pertes d'emplois incessantes, les amis qui n'en peuvent plus, la manipulation, la déprime, les high et les low et puis, le fond du baril encore et toujours. C'est reprendre espoir et croire pour une Xeme fois que ça s'arrange avant de recevoir l'appel d'un policier, d'un ami ou de quelqu'un d'autre qui vous informe que la maladie récidive, que le jeune est en miette...

Le suicide fini par être la solution, la solution pour tout le monde, l'élimination de la souffrance. Le suicide ne soulage pas les survivants, bien que muette, la souffrance ne ressemble pas à une cicatrice car une cicatrice, ça ne fait pas mal.

Zoreilles, on ne sait pas guérir ça et dans tellement de cas, on a beau être présent et donner toute l'aide dont on est capable, communiquer tout l'amour qu'on a... ça ne change rien! Il n'y a pas d'attitude magique à adopter, il n'y a pas de guide, pas de balises... c'est déroutant et ça tue tout le monde.

Accent Grave

Air fou a dit…

Ah Zoreilles... J'apprends la deuxième situation ici. Et je te ferais la même réponse que chez moi.

Quand la vie n'est plus la vie, sans espoir autre que la bataille jusqu'à plus de force et au-delà, que la souffrance ronge 24 heures sur 24. Il est très difficile de ne pas se laisser avaler soi-même par ces êtres si souffrants, surtout que chez certains, les moments, instants de bonheur semblent chaque fois effacer ce qu'on voudrait avec elles oublier, éliminer, ces gestes pour arrêter qui se rapprochent en fréquence parce qu'elles n'en peuvent plus.

Je comprends que l'on puisse se demander si « sauver » est finalement la bonne solution. et comment faire autrement......

Zed xxx

Zoreilles a dit…

@ Guillaume : Et pourtant j'ai filtré, je n'ai pas tout raconté. En tout cas, le jeune à qui j'ai bummé son cell, il observait toute la scène, à quelques pas de nous, on ne s'en occupait pas, on ne le voyait pas. On l'a remercié pour son cell. Il était figé, les yeux pleins d'eau. Il a réussi à me dire ces mots : « En tout cas, si jamais il m'arrivait quelque chose, je voudrais du monde comme vous autres avec moi » et c'est actuellement la seule chose qui me console un peu. Pour le reste, j'essaie d'oublier...

@ Voyageuse : Je ne sais pas comment vous faites... C'est dur, l'urgence. Quand tu y travaillais, comment faisais-tu pour dormir après ton shift, pour aller chercher tes petits à la garderie, pour jouer avec eux, pour vivre normalement? Aujourd'hui, ton travail te demande des connaissances, de l'expérience, un savoir-faire, de la compassion, ça, je peux t'imaginer facilement. Il y en a beaucoup qui sont obligés de se faire une carapace, de s'insensibiliser à la douleur, la souffrance mais ce n'est pas une bonne idée, je trouve. Tu le sais, j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour la profession infirmière. Les espadrilles New Balance d'Annick, personne ne les voulait, ça m'a fait quelque chose, comme si on la rejetait. Il y a eu ce moment de malaise que je n'ai pas pu supporter. On me les a offerts, j'ai sauté dessus. Je n'ai pas peur de chausser ses mocassins, je lui rends hommage en les portant fièrement.

@ Nanou : Je t'ai aussi adressé un mot chez toi, sous le « boulet de canon ». Je te suis reconnaissante depuis le début pour toute la sensibilisation et l'éducation sociale que tu fais à travers ton blogue, au sujet des personnes atteintes et ce que vivent les proches. J'imagine que tu connais les groupes d'entraide? Ma belle-soeur et bon beauf y avaient trouvé de l'information, du soutien, des ressources utiles quand c'est devenu invivable pour eux. D'ailleurs, dans la notice nécrologique, il était mentionné que des dons en sa mémoire seraient appréciés. Au www.alppamm.org Ça a choqué certaines personnes, pas dans notre famille mais ailleurs, comme cette phrase, « Annick a choisi de nous quitter ». Il y a encore tant à faire pour contrer les préjugés et les tabous...

Zoreilles a dit…

@ Accent Grave : Ne serait-ce que pour votre commentaire, votre « fenêtre sur paysage intérieur », je ne regrette pas d'avoir écrit ce billet. On n'entend jamais parler de cette réalité vécue par les proches. Il y en a qui peuvent se défiler, mettre de la distance, abandonner quand c'est invivable, se protéger un minimum, mais des parents, non, un père, une mère... L'impuissance, l'inquiétude, les tourments incessants. Vous avez tout dit dans cette phrase « c'est déroutant et ça tue tout le monde.» J'aimerais ajouter davantage mais je crois que depuis le temps, vous savez lire dans mes silences et mes points de suspension...

@ Zède : Je retiens ta phrase « Il est très difficile de ne pas se laisser avaler soi-même par ces êtres si souffrants »... Disons que les proches en souffrent autant que les personnes atteintes. Pourtant, rien n'y paraît la plupart du temps. Ils souffrent en silence, s'angoissent des nuits entières, cherchent sans relâche, espèrent l'inespéré. Même les années où la personne était bien, ça vient virer le couteau dans la plaie de ce qui n'est plus. Annick était brillante, magnifiquement belle, une santé de fer, une énergie contagieuse, un rire communicatif, avocate en droit commercial, amoureuse, elle voulait des enfants mais heureusement, n'en a pas eus, elle avait du goût pour les belles choses, enjouée, dynamique, sportive, toujours prête à une activité de plein air... jusqu'à la fin de sa vingtaine. Puis, la maladie s'est pointée. Pour son père, c'est ce qui fait le plus mal, ce potentiel qu'il voyait en elle et qui s'étiolait depuis 9 ans, pour sa mère qui s'est fait crier par la tête tous les reproches possibles depuis des années, son deuil était déjà commencé bien avant le suicide de sa fille... Il n'y a pas une mère au monde qui a pu se remettre en question autant qu'elle... C'était cruel.

On sait que ça peut arriver à n'importe qui n'importe quand, que personne n'est à l'abri. Ça ne veut pas dire d'avoir peur mais d'essayer de comprendre... comme tu le fais.

NanouB973 a dit…

je suis NanouB ou nanoubis (amie de Nanlou la Terre)
Bonjour Zoreilles, je vous ai lu souvent chez elle, et l'un de vos comms vient de tant m'interpeller, je vais rarement sur les blogs sans me snetit invitée c'est justement et fortement mon côté Borderline
je discutte très souvent avec nanou de ce sujet que je maitrise ô combien étant ue Borderline dépistée et soignée, je pourrai dire, ENFIN, depuis quelques années et en pleine amélioration ...

j'aime si fort Nanou et Fafouin que tous ceux ui s'intéressent à elles, je me sens attirée
voilà , un témoignage modeste , simple, ...
et le goût à présent de mieux vous découvrir
amicalement NanouB973 (973, on me demande souvent , en hommage au département de la Guyane Française ou j'ai vécu et que j'aime infiniment ... en Amérique du Sud, mitoyern au Brésil..)
à bientôt si vous le voulez bien ...

Zoreilles a dit…

@ NanouB973 : Oui, bien sûr, je vous connais « de vue » pour vous avoir souvent croisée chez Nanou la Terre. Vous representez tout l'espoir du monde pour les TPL et leurs proches, parce que vous acceptez le diagnostic, vous ne faites pas de déni et vous acceptez surtout de faire ce qu'il faut pour améliorer votre santé. Le réalisez-vous? Votre visite ici est un honneur pour moi. J'espère que vous reviendrez. Je ne suis pas toujours aussi intense, vous savez. J'aime plutôt parler des petites choses du quotidien, des bonheurs, de la nature, de l'environnement, des sujets qui touchent à des enjeux de société, etc. Et de temps en temps, je pète une coche, ça fait rigoler mes amis ♥

Accent Grave a dit…

Zoreilles,

Je voudrais préciser que mon commentaire était sans rapport avec l'action posée envers l'individu en crise. Vous avez fait ce que la meilleure des personne doit faire. Vous incarnez la conscience sociale à laquelle nous devrions aspirer.

Je faisais allusion à une autre réalité, le côté moins connu mais tellement réel, celle de parents et de proches qui souffrent et dépérissent avec le jeune.

Vous avez pu aider ce jeune, momentannément à tout le moins, car vous étiez sur du solide, on ne peut sortir quelqu'un de l'eau que si on est dans une barque ou sur la rive. Quand on trempe dans la même eau, on ne peut l'aider, on perd nos forces et on se noie avec lui ou on l'abandonne, et quand on abandonne son enfant, on abandonne la vie.

Je parlais de ce drame et du mythe entretenu voulant que l'amour prodigué peut guérir la maladie mentale.

Accent Grave

Nanou La Terre a dit…

Ouf,

je lis tous les commentaires, il y a matière à réponse, et en bonne connaissance de cause! Et Nanoubis ici, un cadeau.
Il se fait tard. Mais je reviendrai.
T'ai-je dis? Un gros merci pour avoir à ton tour briser la glace, passer par dessus les barrières, préjugés et les malaises! J'en suis si heureuse, tu ne peux pas savoir à quel point!

Je vais aller sur ton site...

Je suis membre d'ALPABEM.(Association pour les parents et amis du bien-être mental)Mon dernier billet "comme un boulet de canon" se trouve sur le site d'ALPABEM' dans "Témoignages".

Guillaume a dit…

Test

Guillaume a dit…

Désolé pour mon commentaire précédent (hier, j'ai essayé à deux reprises d'en laisser, sans succès).

Pour ma part, j'ai pas mal de misère avec l'équation "suicide = résultat de problèmes santé mentale".

Oui, dans bien des cas, c'est vrai. Mais pas toujours. Je connais quelqu'un qui ne manifeste pas une rage de vivre intense ces derniers temps. Sans être suicidaire à risque, il rumine beaucoup d'idées noires. Il pense à la mort. Et pourtant, cette personne ne souffre pas de problèmes de santé mentale. Elle vit tout simplement un passage à vide. Parfois, ça débouche sur un suicide, parfois non.

Le problème en stigmatisant suicide et santé mentale (et je ne vise pas particulièrement le texte de Zoreilles, j'entends ce discours depuis plusieurs mois), c'est d'isoler davantage les gens qui souffrent. Ils ne veulent tout simplement pas recevoir une telle étiquette ("ayant des problèmes de santé mentale"). C'est toujours un sujet tabou. Donc, au lieu de faire de la prévention, ça fait le contraire.

Et nous devons nous rappeler que contrairement à ce que l'on tente de nous faire croire, l'entourage n'a pas de responsabilité dans le décès par suicide d'un individu. Le seul responsable de sa propre vie, c'est l'individu lui-même. Le discours actuel de prévention m'irrite beaucoup.

(merci, je sais que mes propos sont peut-être difficiles à lire)

Guy Vandal a dit…

Encore une autre histoire très bien racontée par une personne très compréhensive.

Toi et Crocodile êtes deux bonnes personnes. Vous méritez des félicitations pour avoir pris soin de cette dame, sans la juger.

C'est tellement facile de juger, tellement petit aussi.

Bonne journée!

Zoreilles a dit…

@ Accent Grave : Beaucoup de choses auxquelles j'aimerais réagir dans votre seconde intervention mais comme vous, j'essaie de ne pas « personnaliser » cette discussion, par respect pour l'intimité de toutes les personnes touchées, comme vous et moi, vous comprenez? Je sais très bien qu'à force d'amour, on ne peut pas sauver une personne, sinon, mon beau-frère et ma belle-soeur auraient sauvé leur fille qui les a soumis à rude épreuve tout au long de sa maladie. Plein d'autres parents vivent ça aussi. Ce sont des parents brisés, qu'il y ait suicide ou pas. J'ai vécu ça auprès d'eux, je les comprends. Ils ne pouvaient pas abandonner même s'ils risquaient à tout moment de sombrer avec elle. Ils ont dû faire des choix déchirants. Leur fille est libérée de sa souffrance maintenant, c'est la seule consolation qu'ils ont et sur laquelle ils vont essayer de se reconstruire. Eux ne sont libérés de rien du tout. Et la personne que nous avons secourue dimanche soir, elle était de l'âge de notre nièce. D'autres ont sûrement fait ça pour Annick? La personne de dimanche soir ne voulait pas vivre, elle voulait réussir son suicide et nous l'avons sauvée malgré elle parce que nous ne pouvions pas faire autrement. C'est ce qui me bouleverse le plus, de lui infliger encore cette vie de force. Oui, c'est un mythe de croire qu'on peut sauver quelqu'un à force de l'aimer mais d'un autre côté, on ne peut pas faire moins que l'aimer non plus. Je m'arrête ici mais j'en aurais long à dire et vous aussi. Je le sais.

Ce billet suscite des réactions vives, probablement parce que je l'ai écrit moi-même sous le coup d'une vive émotion, pour me libérer de quelque chose d'extrêmement confrontant. En même temps, je me disais qu'il fallait à tout prix sensibiliser les gens parce que j'ai été témoin en fin de semaine dernière de conversations qui ont blessé les parents d'Annick et qui m'ont fait prendre conscience jusqu'à quel point ces sujets sont tus, balayés sous le tapis, ignorés, etc. Il y a tant de peurs, de mythes et de préjugés vis-à-vis le suicide et la maladie mentale.

Zoreilles a dit…

@ Nanou la Terre : Comme je le disais plus haut à Accent Grave, je suis dépassée des réactions vives suscitées par mon billet de cette semaine. Mais j'assume. Je ne regrette rien par contre, même si c'est lourd, ça fait juste de confirmer qu'il y avait un besoin immense d'en parler, chacun à sa manière, apportant sa brique à l'édifice, sa vision des choses ou son expérience personnelle, ses tabous à abattre, ses préjugés à défaire. Ça fait bizarre, par exemple, on essaie tous de s'en tenir à des généralités mais on sent parfois que l'intérêt est tout ce qu'il y a de plus personnel... C'est délicat.

Ta présence ici, comme celle de NanouB, me réchauffe le coeur. En plus, ça me sécurise. Si je dis quelque chose qui vous semble erroné ou exagéré ou encore interprété tout croche, sentez-vous bien à l'aise de me le dire, on est tous là pour apprendre les uns des autres, pour en discuter ensemble, je ne détiens pas la vérité. Oh non... Tellement pas...

Ton billet « comme un boulet de canon » publié comme témoignage sur le site de ce groupe d'entraide, c'est génial. Tu n'imagines pas jusqu'à point ça peut faire du bien à d'autres parents qui vivent la même chose que toi. Ils vont enfin pouvoir se retrouver, se reconnaître chez des gens qui vivent la même chose qu'eux. Peu l'ont écrit, comme tu le fais. J'ai beaucoup plus entendu de jugements affligeants que de réelle compréhension pour ces parents-là. Ah c'est épouvantable. Les gens en général projettent leurs propres peurs, pour eux-mêmes, pour leurs enfants, leurs supposées solutions à la gomme, ça me révolte.

On m'a dit hier soir qu'un lien vers mon billet (et vos émouvants commentaires) avait aussi été envoyé à un organisme d'entraide d'ici.

Zoreilles a dit…

@ Guillaume : Bravo, tu viens de défaire un autre préjugé : suicide et maladie mentale sont deux choses tout à fait différentes. Mon billet pouvait laisser croire le contraire, parce que dans les deux cas dont j'ai parlé, les deux étaient intimement liés. Mais ce n'est pas forcément le cas. Par contre, ces deux sujets ont quelque chose en commun, le silence, les tabous, mythes et préjugés. Et je comprends que le discours-type « santé publique » puisse te taper sur les nerfs.

Là où mon opinion diffère de la tienne, c'est quand tu dis que les proches n'ont pas à se sentir coupable, que l'individu est responsable seul de ses décisions et de sa propre vie. Je veux bien te croire et tout le monde veut te croire, ce que tu dis est tout à fait vrai mais voilà, il y a une loi non écrite au-dessus de toutes les autres : Les sentiments ne sont ni bons ni mauvais, ILS SONT. Je vais tâcher d'être plus claire, je me citerai en exemple pour être certaine de n'impliquer personne d'autre. Si je décide aujourd'hui de mettre fin à mes jours, je ne pourrai pas empêcher les gens près de moi de se torturer l'esprit pour le reste de leur vie à savoir ce qu'ils auraient pu faire, ce qu'ils ont fait, ce qu'ils n'ont pas fait, comment ils auraient pu empêcher ça, comment ils n'ont pas décelé les signes avant-coureurs, etc. C'est comme ça. C'est plate mais c'est ça, qu'on le veuille ou non.

Oui, nous sommes les seuls responsables de nos décisions et ultimement de notre propre vie mais on ne peut empêcher les gens de ressentir les choses autrement, de penser tout seuls.

L'un de tes proches se suiciderait, tu serais capable de tourner la page sans te remettre en question, toi?

Je ne veux pas t'interpeller personnellement là, on jase...

Zoreilles a dit…

@ Guy : Je suis heavy cette semaine, hein? Disons qu'on ne parle pas de la température ici!

Des gens qui jugent, tu as raison, c'est tellement petit. Ça m'a révoltée d'entendre certaines choses en fin de semaine. Pas dans notre famille mais ailleurs. Au salon funéraire. J'aurais eu le goût de crier mais je me suis fermée parce que ce n'était ni le lieu ni le moment. Comme je dis souvent : « Ce qui ne s'exprime pas s'imprime »... En fin de compte, je réagis toujours très fort à l'injustice...

Par contre, j'ai entendu du beau et du bon. Beaucoup beaucoup beaucoup. Entre autre, sur le chemin du retour (entre Montréal et Rouyn, on avait le temps, tu vas me dire!...) une conversation entre ma fille et moi que je n'oublierai jamais. Crocodile Dundee conduisait, avec son Ipod dans les zoreilles, il nous chantait à pleine tête des bouts de ses chansons, ça mettait de l'ambiance!

Ça a commencé par une question qu'elle me posait, tout bonnement : « Maman, c'est quoi ton immunité contre ça? ». Immunité? Moi? J'ai d'abord rétabli les faits, personne n'est immunisé contre la maladie mentale, surtout pas moi. Mais je me fie beaucoup sur mon coffre d'outils. C'est pas un vaccin mais ça met les chances de mon bord, j'ai l'impression. Elle voulait que je lui parle de mon coffre d'outils...

Jamais personne ne m'avait demandé ça... Lui répondre m'a fait du bien. À elle aussi, je pense.

Le factotum a dit…

Je crois que tu t'en sors très bien en t'exprimant de la sorte ...
Tes commentaires sont tellement appréciés, de ma part à tout le moins.
Nous avons tous vécu à un moment ou l'autre de notre vie ce genre de moment difficile sous toutes ses formes.
Certains ne peuvent comme moi s'exprimer sur ces moments traversés dans leur vie, mais il est toujours bon d'entendre les autres qui peuvent s'exprimer de la sorte.
Merci beaucoup, beaucoup ...
Tu mets un baume sur ces plaies qui demeurent vives malgré les années qui passent.

Guillaume a dit…

Tu as raison Zoreilles. On ne peut empêcher les gens de se torturer sur ce qu'ils auraient pu faire ou sur ce qu'ils n'ont pas fait... sauf en répétant le message suivant : chaque personne est responsable de sa vie. On ne peut contraindre quelqu'un à vivre contre son gré. Qui serais-je pour imposer cette option à quelqu'un ?

Et pour répondre à ta question, oui, cruellement oui, je serais capable d'accepter le suicide d'un proche. Et tu sais pourquoi ? Parce que je suis déjà passé dans ce sentier. J'ai déjà pris la décision de mourir. Je peux comprendre. Et je respecterais sa décision.

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : C'est à moi de te remercier. Ce que tu dis me rassure. Je veux te croire, je m'en sors pas trop mal, je travaille fort en tout cas! Je me sais capable de résilience, j'ai 53 ans, et j'ai vécu plein d'affaires... mais surtout j'ai mon coffre d'outils! Mes réflexions ici n'engagent que moi, je peux dire une sottise qui fasse mal à quelqu'un, je peux être complètement dans le champ, c'est le risque que je prends, parce qu'on discute entre amis. Je ne tiens pas à avoir raison, je veux juste... exprimer ce qui s'était... imprimé!

Tu sais que si cette discussion se déroulait dans un salon, je serais du genre à me la fermer étanche et à écouter les autres? Je suis peu armée, pas formée du tout, j'ai juste vécu et côtoyé plein de gens dans ma vie. J'ai toujours peur de heurter des sensibilités avec mon franc parler... Fa que... Merci ♥

Zoreilles a dit…

@ Guillaume : Je reprends ta phrase :

« sauf en répétant le message suivant : chaque personne est responsable de sa vie.»

D'accord, on va le dire et le répéter en masse, surtout à ceux et celles qui se sentent tout croche à la suite du suicide d'un proche. Peut-être que ça peut les aider, les convaincre, les soulager d'un poids?

Je reprends une autre de tes phrases :

« Et pour répondre à ta question, oui, cruellement oui, je serais capable d'accepter le suicide d'un proche ».

Je ne parlais pas d'accepter, ça, on peut arriver à le faire peut-être un jour mais ma question était plutôt « L'un de tes proches se suiciderait, tu serais capable de tourner la page sans te remettre en question, toi? » et si ta réponse est oui, alors, t'as un méchant grand pas d'avance sur moi, et sur pas mal de monde, je te jure.

Et pour conclure, ta phrase empreinte d'une grande franchise et je ne veux pas ignorer :

« Parce que je suis déjà passé dans ce sentier. J'ai déjà pris la décision de mourir. »

... À ça, j'ai cherché une réponse et n'en ai trouvé aucune... Nous avons un ami commun, mon cousin Jici, tu l'admires, ce gars-là, et moi aussi je l'admire. J'aimerais que tu puisses en discuter avec lui, mieux armé que moi.

Guillaume a dit…

Je me poserais probablement la question : "Aurais-je pu faire quelque chose ?". Mais de là à me remettre en question... vraiment pas sûr.

Et concernant Jici, ne t'en fais pas. Je lui en ai peut-être même déjà parlé (ça fait un bout cette histoire-là, je ne m'en souviens plus...)

voyageuse du monde a dit…

Un sujet tabou qui fait couler beaucoup d'encre: le suicide. Je pourrais en parler longtemps ayant déjà vécu ça, tu le sais d'ailleurs, tu étais avec moi quand j'ai eu la nouvelle. La culpabilité aussi, je peux en parler, je crois que certaines personnes sont capables de se répéter la phrase de Guillaume que chaque personne est responsable de sa vie. Et crois moi, depuis le suicide de ma soeur, je l'ai assez entendu. Et à quelque part j'admire les gens qui sont capables de la mettre en pratique, mais même si j'essaie de me la répéter, même si je sais que c'est vrai en partie, je me réveille encore souvent la nuit en me demandant où j'ai raté, ce que j'aurai pu faire pour changer le cours des choses. Je sais que je n'aurai probablement rien pu faire, puisque ma soeur n'a envoyé aucun signal. C'est d'autant plus troublant, elle n'a laissé aucun mot, aucun message pour personne. Alors la question est savoir ou non pourquoi, est ce que ça déculpabilise, peut-être que oui, peut-être que non. Mais vivre avec le doute que peut-être on aurait pu l'aider, c'est vraiment difficile.
Et pour répondre à ta question, comment on fait pour travailler à l'urgence, pour dormir la nuit, je ne sais pas. Probablement que le feeling d'avoir aider des gens permet de continuer. Mais tu dors plus la nuit parce que les images te restent dans la tête, tu dois sortir de là.
Pour la carapce, désolé de te décevoir, il en faut une sinon on ne survivrait pas à toute cette souffrance, surtout dans milieu où je travaille (les cancers du poumon). On comprend la souffrance des gens mais on doit arriver à s'en détacher si on veut aller travailler le lendemain. Mais c'est toujours à refaire cette carapace, parce que souvent, quelqu'un nous touche et arrive à la percer et là on est dans le trouble...

Zoreilles a dit…

@ Guillaume

ET

@ Voyageuse du monde

--------------------

Je ne peux pas faire autrement que de le souligner, vous êtes l'un comme l'autre, deux de mes vieux amis. Vous ne vous connaissez même pas... Le seul lien que vous avez dans cette discussion... c'est moi!!!

On dirait que vous vous répondez l'un et l'autre. Moi qui vous connais tous les deux, j'en reviens pas. Ce que Guillaume dit à propos de la responsabilité de chaque personne qui doit décider de sa vie devrait en principe éclairer Voyageuse.

Ce qui est constructif aussi, c'est que personne n'a raison, personne n'a tort, mais chacun est franc, ouvert, honnête et partage le fond de sa pensée.

----------------------

@ Guillaume : Quand je répondais à ton commentaire, je pensais justement à Voyageuse, qui n'avait aucune raison de se sentir coupable du suicide de sa soeur mais qui, malgré tout, se réveille encore la nuit, des années plus tard, pour se poser ces maudites questions sans réponses... Les sentiments ne sont ni bons ni mauvais, ILS SONT.

------------------

@ Voyageuse : Non, je n'oublierai jamais ce jour-là, ces heures-là, ça reste aussi gravé dans mon coeur d'amie, comme tout ce qui a suivi dans nos échanges par la suite.

Se faire une carapace, je trouvais que ce n'était pas une bonne idée parce que ça rend nécessairement moins sensible à la souffrance des autres (physique ou morale) mais à t'écouter, je pense que ça prend une petite, une toute petite carapace de rien du tout. Tu éclaires ma lanterne... et je persiste et signe, je ne serais vraiment pas faite pour ce métier-là et j'admire d'autant plus ceux qui s'y dévouent ♥

Lise a dit…

@Guillaume,

merci merci merci de tes commentaires, concernant le sentiment de culpabilité des gens de l'entourage, à propos de ceux qui se suicident. Tu me fais un bien immense! Mille mercis!

Lise encore a dit…

@Zoreilles

mon sentiment de culpabilité est lié au fait que mon frère était adolescent lors de son suicide, et je n'ai pas su l'aider. Il était et l'a toujours été, extrêmement sensible, un écorché vif. Je n'ai pas su déceler les signes précurseurs. Moi-même j'ai de la misére avec les gens, mais bon je ne m'attarderai pas là-dessus: anxiété sociale, phobie sociale, de quoi faire sourire la plupart des gens. Ben voyons donc!

Et Zoreilles, tu es une personne admirable, ce billet bouleversant le confirme. Merci à toi de m'aider à comprendre tant de choses entre les lignes....

Zoreilles a dit…

@ Lise : J'espère que Guillaume repassera par ici pour « entendre » ce que tu lui dis...

Ton frère était jeune alors tu l'étais toi aussi. Des regrets pour tout ce qui aurait pu être et qui n'a pas été, on s'imagine que ça puisse faire mal. Mais pourquoi rajouter de la culpabilité par-dessus tout ça? C'est ce que je posais comme question et Guillaume répond, « chacun est responsable de sa vie et il a le droit d'en disposer ».

Personnellement, j'aime bien l'idée que chacun est responsable de sa propre vie et ce, pas seulement au moment de sa mort. Tout au long de sa vie. La liberté, l'autoresponsabilisation et l'autonomie, pour moi, c'est bien plus qu'une volonté politique, c'est une façon d'être. Au quotidien.

Ne me remercie pas, j'avais besoin d'écrire ce billet. Il semble aussi que plusieurs avaient le goût d'en discuter. Ça nous a tous fait du bien, je crois.

Accent Grave a dit…

Votre billet fut écrit " à chaud ". C'est peut-être la seule façon d'en parler, d'enclancher les discussions, car les échanges furent aussi écris à chaud, ce qui fait du bien à tout le monde, ce qui permet à tous et toutes de constater ou de partager une réalité trop souvent cachée.

Bravo pour cette initiative!

Sur ce sujet il n'y a pas qu'une histoire, il y en a à l'infini, avec des variantes que nous ne devinerions pas mais que d'autres lecteurs nous apprendrons.

Chaque cas étant unique, certaines histoires se terminent de façon heureuse et cela pourrait donner espoir à des gens qui se reconnaissent et qui cherchent une bouée, de l'espoir.

Accent Grave

Zoreilles a dit…

@ Accent Grave : Cette « initiative » n'avait pas d'autre objectif que d'exprimer ce qui m'avait énormément bouleversée, effectivement, c'était assez « à chaud », j'en conviens! Du même coup, si ça pouvait apporter un éclairage différent sur des situations dont on n'entend jamais parler, je me disais que ce serait constructif. Je n'avais pas présumé qu'on avait autant besoin, chacun avec son histoire, ses réflexions, ses expériences, de mettre tout ça en commun pour briser les tabous, mythes et préjugés et continuer d'apprendre sur la nature humaine.

Bref, cette discussion nous aura fait grand bien, j'ai l'impression.

Et pour ma part, j'ai reçu ici bien plus que ce que j'ai pu donner.

Je vous laisse le mot de la fin, une si belle conclusion que je vous emprunte et que je fais mienne de tout mon ♥ :

« Chaque cas étant unique, certaines histoires se terminent de façon heureuse et cela pourrait donner espoir à des gens qui se reconnaissent et qui cherchent une bouée, de l'espoir ».

Lehcim a dit…

Je viens régulièrement faire escale ici, où les mots, les idées, les sentiments, sont toujours en harmonie et accord avec les actes ; rare et précieux.

Quant à la belle et jubilatoire Kassandra, tout bonnement désarmante !

Zoreilles a dit…

@ Lehcim : Bonjour, il y avait longtemps... Ravie de te « voir » et de « t'entendre »! Tu aimes suivre les aventures de Kassandra? Il y aura un autre épisode en ligne dès demain matin, le 6e, ce sera l'avant-dernier. Je crois bien que je figure dedans, (à moins qu'ils aient coupé la scène au montage!...) oh un petit rôle de rien du tout, comme dans l'épisode 1, une mini escale, juste pour vous faire un clin d'oeil et un sourire. La scène se passe lors d'un plan d'intervention, ils avaient besoin de tous les « profs » qu'on a vus défiler pendant la websérie! ♥

Air fou a dit…

»Zoreilles, penses-tu que finalement le NPD va nous conduire à notre pays ou allons-nous savourez les joies d'un non-pays encore plusieurs années?

Tsunami intéressant qui signifie qu'un tsunami d'un autre genre pourrait survenir, trouves-tu, toi?

Zed ¦)

Zoreilles a dit…

@ Zed : Ça, c'est la manière la plus digne de le prendre... Ta stratégie/espoir long terme me fait plaisir. Autrement, je sais pas trop comment comprendre ce qui vient de se passer au Québec... Le Bloc Québécois s'est tout simplement désagrégé en miettes. Même les indélogeables, Duceppe, Paquette, Lemay, etc.

Dans mes deux comtés, on a été emportés aussi par le tsunami orange. Mais honnêtement, je ne croyais pas notre député Lemay en danger le moins du monde. Nous sommes passés de deux députés bloquistes à deux NPD. Je parle des comtés d'Abitibi-Témiscamingue et de Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, là où notre avenir se joue.

Je suis pas mécontente mais je m'attendais pas à autant... Une révolution!

C'est fort le pouvoir d'un peuple quand ça se tient. C'est ce que je retiens.

Le factotum a dit…

Je crois aussi que lorsque le peuple décide d'un changement aussi étrange qu'il soit dans la manière, nos politiciens ne devraient jamais rien prendre pour acquis et demeurer à l'écoute du citoyen.
La jeunesse avait bien exprimé durant la campagne cette vague de changement nécessaire à une nouvelle vision d'un pays en devenir.
À suivre ...

Anonyme a dit…

Je retiens la même chose...

Un lien intéressant ce matin, en ce lendemain d'élections!

http://www.branchez-vous.com/info/opinions/pascal-henrard/2011/05/le_quebec_se_separe_du_canada.html

Soisig

Mijo a dit…

Ouch pas facile ce billet.
Il fait réfléchir.

Marico a dit…

Même dans mon comté de Brome-Missisquoi où le député bloquiste s'était retraité lui-même à 76 ans, une vraie vague orange a tout balayé. Beaucoup de jeunes ont voté qui étaient fatigués de piétiner sur place. Je suis contente de les voir s'impliquer.... enfin!!!!
Quelle soirée!!!! Je me demande bien ce que l'avenir Harper nous réserve?
Ce matin, j'ai pensé à Duceppe, qui peut être arrogant, intransigeant, oui, mais qui a consacré tant d'années à une cause et dont on ne peut vraiment pas douter de l'intégrité! (Tu conviendras que c'est rare de nos jours!) Je lui souhaite de pouvoir oublier quelque peu, et de s'adonner à la douceur et au bonheur avec ceux qu'ils aiment. La vie est si courte!

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : On n'a pas fini d'analyser (à tête reposée) ce qui vient de se passer. La démocratie a parlé et avec force, on ne peut ignorer cela. On a balayé des repères importants des derniers 20 ans. J'ai mille questions dans ma tête... et quelques stratégies à mettre de l'avant peut-être... Je suis triste pour mes jeunes qui croient si fort à la souveraineté, ils ne l'ont pas facile. Par où vont-ils prendre cette question maintenant? Orange, c'est mieux que bleu royal ou rouge peut-être, mais ça reste un parti fédéraliste dans l'opposition. Le Bloc aussi, c'était un parti fédéraliste condamné à l'opposition mais ça incarnait une idéologie souverainiste... Tout ça se bouscule dans ma tête aujourd'hui.

@ Soisig : Merci pour le lien vers cette chronique que j'ai lue avec intérêt. Et partagée! Avec mes jeunes, on s'est promis qu'on allait en discuter plus longuement prochainement, autour d'un bon café. Il y a matière à discussion et échange, en effet!

Pour nos jeunes, les tiens comme les miens, c'est un coup de masse qu'ils viennent d'avoir. Pas seulement à cause des Conservateurs majoritaires mais à cause du recul que vient de prendre la souveraineté. Ils n'ont plus cette voix qu'ils pensaient avoir à Ottawa avec le Bloc.

@ Mijo : Tiens, je n'aurais jamais cru dire ça mais que tu me parles de ce billet et ça me change de la politique... malgré la tristesse des derniers événements.

En plus, j'étais au salon funéraire hier soir et aux funérailles aujourd'hui. Ma tante, la soeur de mon père, est décédée, une mère de famille de 12 enfants.

Pourtant, je ne vois pas la vie en noir... Je la vois en orange! (aux élections fédérales d'hier, on a coloré tout le Québec de cette couleur qu'incarne le Nouveau Parti Démocratique... ;o)

Zoreilles a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Zoreilles a dit…

@ Marico : Pareil dans Brome-Missisquoi, n'est-ce pas? On ne peut pas dire que c'est jouer de malchance, le message s'est exprimé clairement. Pour les gens du Bloc, Duceppe et tous ceux qui ont été défaits hier, mes pensées les accompagnent.

Tiens, par exemple, ici, dans Abitibi-Témiscamingue. Marc Lemay et toute son équipe ont travaillé fort depuis 7 ans, ils nous représentaient avec efficacité. Ils ont fait un excellent boulot. Même s'ils partaient gagnants et avec une avance confortable en début de campagne, ils ont parcouru tous les moindres coins de la région en faisant une campagne exemplaire tout au long des 36 jours. Le vote d'hier, ils ne doivent pas le prendre personnel, ils n'ont rien à se reprocher. Mais ils n'ont pas résisté à ça, comme chez vous, comme dans Lanaudière, comme dans tellement de comtés...

Quant à Gilles Duceppe, je ne lui souhaite pas de se reposer. Il était fatigué et son parti aussi mais après qu'il aura encaissé le coup, avec l'intégrité qu'on lui connaît et ce rêve de la souveraineté qui est le sien depuis toujours, je l'imagine très bien en coulisses, c'est un fin stratège et je crois qu'il ira là où il sera le plus utile à la cause qu'il défendra toujours. Je nous le souhaite.

Marico a dit…

Tout à fait d'accord.
Après une récupération bien méritée, Duceppe pourrait donner un fier coup de pouce.
Si jamais tu t'aventures dans mon comté ou dans ses environs, fais-le moi savoir. Je serais ravie de te rencontrer.

Jackss a dit…

Bonjour Zoreilles

Quelle semaine pour toi! Fiou...! Je trouvais que j'avais eu une dure semaine, mais j'ai changé d'idées.

Et voyant tes photos si charmantes, j'avais le goût de commencer mon commentaire par: Chanceuse! Mais à la lecture du texte, j'ai vu qu'il ne convenait pas.

J'ai lu une bonne partie des commentaies avec beaucoup d'intérêt. Dommage que je doive me sauver si vite, faute de temps.

Zoreilles a dit…

@ Marico : Je ne sais pas si c'est Kassandra qui m'influence avec son obsession pour l'environnement, la récupération et le recyclage (!) mais il me semble que tous ces candidats bloquistes défaits hier, ceux qu'on a de la peine de voir partir, les super compétents, les convaincus, ne pourraient-ils pas se recycler en candidats(es) péquistes aux prochaines élections provinciales dans deux ans? La souveraineté, c'est au Québec que ça va se faire, pas à Ottawa... Et je te promets si je vais dans ton coin, je te fais signe avant de partir. Pareil de ton côté, hein? ♥

@ Jacks : Pourvu que tu sois là! Quand bien même t'en aurais manqué des petits bouts, tu as saisi l'essentiel. C'est vrai que le temps arrange les choses. Ça ne fait qu'une semaine et déjà, je suis plus solide là-dedans. Mais j'ai dû retourner au salon funéraire hier soir et aux funérailles aujourd'hui. Non mais, j'aimerais ça des fois fréquenter la pouponnière d'un hôpital ♥

Anonyme a dit…

Un autre lien intéressant... pour la discussion!

http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/la-grande-evasion/8852/

Soisig

Zoreilles a dit…

@ Soisig : Merci pour ce lien. J'ai bien hâte de lire ça. On n'a pas fini d'analyser et de comprendre sous différents angles ce qui vient de se passer!

Rosette ou Rosie, c'est pareil a dit…

Comme tu sais, je ne rends pas visite à mes blogues-amis aussi souvent que je le voudrais, compte tenu de mes horaires débilitantes depuis l'année dernière... Cependant, je reviendrai plus souvent dès que mon propre ouragan se sera calmé.
Sans laisser de commentaire, faute de temps, je viens te lire de temps à autre pour me ressourcer dans tes mots et me réchauffer l'âme et le coeur.
Ce billet est des plus bouleversants, Zoreilles, et mes mots sont impuissants pour exprimer tout ce je ressens devant le suicide de ta nièce et la maladie mentale, ayant été exposée à ces terribles atrocités depuis ma plis tendre enfance.
Je ne juge jamais, une leçon durement apprise, mais néanmoins indispensable.
Walk a mile in my shoes ou encore Just when you think you have it all, it starts to slip away...
I cried because I had no shoes, until I saw a man who had no feet. Des plus judicieuses, ces paroles traduisent ce que je te tente d'exprimer...
Ton courage et celui de Crocodile Dundee sont dignes d'admiration; l'amour que vous portez à votre prochain est remarquablem
J'ai lu un peu plus bas dans tes propres commentaires qu'il y a eu une autre mortalité dans ta famille...
Une semaine des plus tristes et c'est bien peu, mais je t'adresse, à toi et à ton époux, mes plus sincères condoléances tout en applaudissant votre bravoure.
S'il y avait plus de gens comme vous deux sur cette Terre, le monde ne s'en porterait que mieuxm
Je t'aime et t'embrasse bien fort!

Rosette ou Rosie, c'est pareil a dit…

Pardonne mes fautes de frappe, ma belle Zoreilles, mais mon ordi faisant (encore) des siennes, j'écris sur le clavier de mon Blackberry... L'enfer que sont ces touches pour des doigts aussi malhabiles que les miens!

Zoreilles a dit…

@ Rosie : Viens dans mes bras, Rosie, je suis si contente de te « voir », tu m'as manquée, tu sais! Ce n'est pas un reproche, loin de là, je peux imaginer que ta vie va trop vite, oh oui que je peux comprendre... Si ce billet est bouleversant, c'est que j'étais bouleversée en l'écrivant. Et encore plus bouleversée en le vivant. C'était étrange de vivre les deux dans la même fin de semaine. Depuis, je m'en remets, la vie prend le dessus. Tu vois, ce matin, pendant que je t'écris, il y a un castor devant chez moi qui nage tout au long du rivage dégagé des glaces! Il est vraiment drôle... Un travailleur acharné!

L'autre décès, celui de la soeur de Papa, maman de 12 enfants, c'était triste mais pas dramatique puisqu'il survient au terme d'une vie bien remplie. Ma tante a su semer quelque chose de fort et de formidable dans le coeur de tous ses enfants et petits-enfants qui continueront son oeuvre...

Quant à notre nièce, nous acceptons son choix, on l'aime assez pour ça, on n'en pouvait plus de la voir souffrir. Il n'y avait plus d'espoir. Ses parents trouveront la paix, je le sais maintenant.

Donc, la seule chose qui me trouble encore, c'est d'avoir sauvé cette femme de la mort contre son gré, en faisant fi de ses supplications. Elle voulait mourir. On l'a forcée à vivre. Je ne peux pas considérer notre geste comme un bon coup. Je n'en suis pas fière. Mais je me pardonne, parce qu'on ne pouvait pas faire autrement. Ça me choque qu'on ait eu à vivre ça alors qu'on comprenait tellement pourtant sa grande détresse. La vie est drôlement faite des fois... Et je cherche encore à m'expliquer pourquoi ça nous est arrivé...

Un jour, pas trop lointain j'espère, je verrai son visage et son nom dans la chronique nécrologie. Ce jour-là, je retrouverai la paix dans mon coeur par rapport à cet événement troublant.

Merci d'être passée ici, Rosie. Si tu savais comme tu me fais plaisir ♥

Anonyme a dit…
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Nanou La Terre a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Zoreilles a dit…

@ Nanou : J'ai bien noté ton adresse courriel, je vais t'envoyer un petit mot dans les prochaines minutes pour confirmer.

Ton adresse courriel a été « en ligne » pendant ces trois derniers jours, je suis désolée, j'étais absente de chez moi, je vais supprimer ton commentaire maintenant que j'ai tes coordonnées, ce sera plus sûr.

À très bientôt ♥

shop wedding dress a dit…

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