mardi 10 juillet 2007

Les voyages forment... la jeunesse?



Ma première photo illustre l'intérieur du pont couvert de Wakefield, région de l'Outaouais, qui ne sert plus maintenant qu'aux piétons et aux cyclistes, c'est pourquoi on a pu se permettre de fleurir ses abords, d'y installer des bancs et des espaces de nature. Je trouvais cette image symbolique d'une étape qu'on franchit à l'aide d'un pont d'où l'on aperçoit la lumière. Ma deuxième photo, c'est ce bureau dans « ma chambre de princesse » où j'ai tant écrit, si tant tellement écrit...

Je n'arriverai jamais en quelques mots à vous résumer tout le beau et le bon qui me sont arrivés pendant ce voyage au bout de moi-même. En relisant mon dernier billet, j'ai souri en réalisant qu'il se terminait ainsi : « Et par-dessus tout, je me sens reconnaissante à la VIE! » parce que, je ne le savais pas à ce moment-là mais ça venait de donner le ton à tout ce que j'allais vivre au cours de ces quatre jours qui précédaient mon 50e anniversaire de naissance.

Tout d'abord, il y a eu beaucoup de changements de dernière minute à mon itinéraire, j'avais décidé de m'ouvrir à tout ce qui se présenterait, en ne perdant pas de vue mes objectifs personnels. J'allais faire mon bilan, j'en sentais le besoin, et pour ça, j'avais réservé deux jours dans ma belle auberge plus que centenaire où j'occuperais la suite située tout en haut, dans l'immense grenier de la maison, j'avais le goût de voir loin, moi! Les dernières heures précédant mon départ ont été riches de surprises et j'ai finalement accepté quelques invitations qui m'avaient été faites de manière charmante, avant et après le coeur de mon voyage qui a débuté par une grande vague de tendresse et de bonheur, à Val-d'Or, dans ma famille.

Je reviendrai sur le coeur du voyage...

En quittant le beau village si pittoresque de Wakefield, j'ai choisi de rouler sur les petites routes secondaires pour mieux profiter des paysages des collines de la Gatineau et de poursuivre mon chemin par la 148 qui sillonne un long moment la rivière des Outaouais, la même qui prend naissance dans notre région et qui poursuit sa course jusqu'au fleuve, 1 246 km plus loin, celle qui passe aussi par notre camp à Rapide Deux... Nous avons un si grand, si beau pays! J'avais rendez-vous pour souper avec mon amie voyageuse du monde, à Boisbriand, une rencontre sous le signe de l'amitié fidèle et précieuse, il va sans dire. Ensuite, j'allais dormir chez mon autre amie très chère, dans ma vie depuis 31 ans, à Bellefeuille, maintenant St-Jérôme. C'est là que je me réveillais le matin du 07/07/07, en sa présence, celle de son homme, de leurs deux petits-fils, de 3 ans et 9 mois, et ce jour de fête commençait avec des becs aux fraises, des risettes, des caresses fort-fort dans mon cou, des bras tendus, des mots d'amour câlins d'enfants...

J'avais 7 heures de route à faire pour m'en revenir dormir dans les bras de Crocodile Dundee au soir de mes 50 ans. Nous avions rendez-vous sur le quai de la marina de Rapide Deux où il viendrait me chercher en bateau à 18 heures. Son invitation était irrésistible et si bien amenée que je ne me voyais pas dormir ailleurs dans le monde ce soir-là. Les heures passées dans ma petite voiture, sur la 117 Nord, m'ont servi à déposer bien doucement dans ma tête et dans mon coeur toutes les merveilles qui m'étaient arrivées en seulement 4 jours, comme au cours de ma vie. Je roulais comme sur un nuage, je n'avais pas faim, pas soif, pas le goût de m'arrêter non plus. Juste ma musique et moi avec pour décor des paysages fabuleux.

Le coeur du voyage

Dans ma chambre de princesse, à l'auberge, je me suis sentie chez moi aussitôt que Mister Jim a monté mon petit bagage et qu'il m'ait remis la clé. J'étais pressée de sortir ma belle reliure, ma plume, mon encrier, mon cahier spiralé, mes porte-mines en bois et tout. J'ai commencé tout de suite à écrire et ce qui m'attirait d'abord, c'était la plume magique qui portait bien son nom. Après quelques pages, je me suis rendue compte que le temps avait filé, que je n'avais pas mangé depuis le déjeuner ou presque. En fait, j'étais arrêtée à Maniwaki pour m'acheter un casseau de fraises fraîches du jour, j'ai donc pu « dîner » en conduisant. Je suis sortie marcher dans le village avec un livre pour compagnon. Tout le monde me souriait, je devais avoir l'air étrange sans doute. Je suis arrêtée à une terrasse d'une autre maison très ancienne du village, j'ai commandé un rouge, un souper léger et j'ai goûté la vie, ce cadeau que je me faisais, il y avait la rivière Gatineau qui m'accompagnait...

Pendant deux jours, j'ai écrit et marché. Profité de tout, surtout. Fait de belles rencontres, de celles qui restent gravées dans le coeur tout en étant floues, comme dans un rêve. Avec des inconnus, j'ai eu des conversations très enrichissantes, tant pour eux que pour moi. Il me semble que j'ai passé un mois dans ce village.

Le dernier soir, j'ai dû me forcer pour laisser de côté ma plume et ma belle reliure, pour m'attaquer à mon cahier spiralé. Je l'ai fait comme on fait un devoir, consciencieusement, sans grande conviction d'abord, puis, je me suis prise de passion pour ce travail libérateur et tout s'écrivait, se mettait en place, sans regrets, sans amertume et sans larmes, je m'étais pourtant autorisée à tout, mais ces pages se remplissaient de mots enfouis sous le tapis tout en me libérant d'un poids dont je n'avais plus besoin.

Ces pages de mon cahier spiralé, elles sont déjà déchiquetées à la main, j'ai eu un grand soulagement à le faire, à notre camp, le soir de ma fête. Elles brûleront dans le poêle à bois le prochain matin frais qu'il y aura là-bas et ça me fera encore plaisir de les voir brûler. Ma belle reliure, je la ramène remplie de mes amours, mes amitiés, mes bonheurs, mes fiertés, mes réussites, mes joies, mes projets et mes rêves. Il me reste encore des pages blanches pour y inscrire d'autres rêves à venir. Ma vie commence à 50 ans...

Les mots me manquent pour bien vous raconter mais je formule de tout mon coeur un souhait pour chacun, chacune de vous qui me lisez parfois : Puissiez-vous un jour, quand vous en ressentirez l'envie, vous offrir ce voyage au bout de vous-même, pour y faire un bilan de votre vie, vous autoriser du temps pour faire le point, on ne se permet pas beaucoup ce cadeau. Il n'est pas nécessaire d'attendre une occasion spéciale, un âge précis ou un endroit particulier où vous aimeriez aller. Il suffit de prendre rendez-vous avec soi-même, avoir le désir de voyager plus léger dans la vie, de réaliser les privilèges qu'on a, les amours qui nous construisent jour après jour...

10 commentaires:

macamic a dit…

Bonjour Zoreilles,

Quelqu'un à écrit sur notre tableau au travail aujourd'hui cette pensé.

Je me permet de te la transmettre.

LE PLUS GRAND SERVICE EST DE PARTAGER AVEC LES AUTRES LES JOIES DE L'EXISTANCE.

Bon retour à la maison dans la joie à ce que je perçoit. Et je te souhaite des années de bonheur. Et je n'ai aucun doute qu'elles sont bien mérités.

La vie recommence à 50 ans, quand les enfants sont partis. Ma conjointe me dit souvent ont est comme des ado. Et je lui dit ces merveilleux !!!

Accent Grave a dit…

Ça ne fonctionnerait pas avec moi. Je suis incappable de préparer les conditions favorisant ce genre de choses. Des idées, des pensées et des choses à écrire j'en ai pas mal mais je ne contrôle jamais le moment et l'endroit où tout cela fait irruption. L'accouchement est toujours imprévisible.

Il m'est arrivé de de rassembler les conditions gagnantes pouvant favoriser un moment de réflexion et procéder à une introspection mais ça ne marche pas vraiment.
Par contre, je peux être transporté subitement, à n'importe quel moment, n'importe où au sujet de n'importe quoi.

Je passe alors pour un fou, ou pour un « étrange », ce que je suis. Les élucubrations, ça me connaît, et jamais je ne m'empêche d'en vivre une.

Accent Grave

bibco a dit…

Je suis très heureuse de savoir que ton voyage a été aussi bon que tu le rêvais.
Heureuse de voir le bonheur de ton couple qui a su trouver l'équilibre et la richesse que peut engendrer une vie de partage.
Heureuse de lire ces mots.
Merci d'avoir raconté!

Zoreilles a dit…

@ Macamic : D'accord avec toi, la vie commence à 50 ans!

@ Accent Grave : Je suis tellement habituée à écrire de manière organisée, structurée, cadrée, selon des mandats précis, avec des stratégies qui ne sont jamais innocentes, des dates de tombée, etc. que c'est devenu pour moi une seconde nature. J'ai utilisé ça à mon propre service cette fois. J'ai dû mettre en place ces conditions, sinon, j'aurais passé outre...

J'aurais préféré aussi que les choses se fassent plus naturellement, au gré des jours, des semaines, des mois, mais il me fallait me dépayser pour me rapprocher de l'essentiel et y consacrer du temps. Vous avez souvent l'occasion de voyager, réalisez-vous votre chance?

Puis-je me permettre de vous souhaiter un joyeux 50e anniversaire, c'est pour bientôt vous me disiez, et même s'il ne semble pas représenter pour vous une étape, j'imagine qu'autour de vous, on ne le laissera pas passer sous silence...

@ Bibco : Mes amours, tu sais, elles sont le fruit d'un travail de tous les instants, nous sommes deux personnes passionnées et... tellement différentes. Il faut toujours qu'on construise des ponts... Ma grand-mère disait : « L'amour, c'est ben d'l'ouvrage! » et je pense à elle souvent.

Anonyme a dit…

Je suis bien contente pour toi! Tu sembles avoir atteint les buts que tu t'étais donnés et ça me fais vraiment plaisir de savoir que tu as passé un bel anniversaire! Un jour, je compte bien faire la même chose que toi... C'est le genre de voyage qui m'attire particulièrement, car ça fait toujours du bien de vivre un petit retour au sources!

Zed Blog a dit…

Zoreilles,

N'as-tu pas cette impression toi aussi : il y a du temps normal, du temps vite. voire express et du temps lent.

Oh! Je n'ai pas vu le temps passé. Une seconde interminable. Je suis surpris/e d'avoir eu le temps, comme si ce dernier s'était étiré ... dans le temps.

Voilà quatre jours de temps longs

Et puis, il y a la profondeur, l'amplitude. Le temps presque perdu, le temps savouré, délecté, le temps qui a tout changé, le volte-face, le déclic, la découverte, le sublime, etc.

Voilà quatre jours de temps creusé, ayant servi à consolider tes racines, à partir desquelles fleuriront d'autres plantes, portant ta signature.

Voilà ce que m'inspire le récit de ton voyage.

Zed ;-)

P=S : Une expression que je ne comprendrai jamais : (faire quelque chose) à temps perdu.

Anonyme a dit…

Temps perdu: Synonyme de perte de temps inutile et désagréable. Exemple Produire un rapport d'impôt, écouter la téléréalité de Michel Richard, discuter avec des gens bornés, pelleter en pleine tempête de neige ou encore traverser le pont Champlain à 0,005 km/h.
matr. 24-05

Zed Blog a dit…

Je choisis pelleter en pleine tempêtede neige. Quel bel acte gratuit et drôle, avec du recul.

Surtout que quelques semaines plus tard, quand tout a fondu, l'activité a l'air totalement surraliste.

En fait, j'aurais du préciser : « Dans vos temps perdus, faites donc ci ou ça. » Qui a envie de volontairement perdre son temps. Choisir sa télé, écouter de la musique pendant qu'on fait notre rapport d'impôt, s'esquiver quand on est pris avec des imbéciles...

Je me dis toujours que mon temps, c'est ma vie qui passe!

Zed :)

ulyssa a dit…

quelle belle sérénité, beau voyage initiatique. beau retour dans les bras de l'être aimé...
très bel et bon anniversaire!!!

Mijo a dit…

Parfois, je rêve d'une retraite de quelques jours, mais je ne sais si j'oserai le faire.