jeudi 2 février 2012

Humour madelinot






Photo 1 : Je l'ai piquée sur un site vraiment extraordinaire. Il s'agit d'une photo d'un mariage célébré à l'Île Nepawa, en Abitibi-Ouest, dans les années ????



Photo 2 : Elle raconte tellement d'histoires, celle-là. Je l'ai trouvée par hasard dans un livre, « Les Iles de la Madeleine, Une histoire d'appartenance » lors de mon dernier séjour aux Iles, fin juin 2008. Imaginez... Je pouvais revoir mes grands-parents maternels, Aubin et Éva Poirier, avec le vieux Emmanuel (Poirier), mon arrière grand-père, quelques-uns de mes oncles et l'une de mes tantes, alors qu'ils étaient enfants, à quelques jours de leur départ des Iles pour venir s'établir en Abitibi.



Photo 3 : Quelques maisons sur le rivage, à partir du bateau qui nous amenait sur la lagune de Havre-aux-Maisons, cet endroit que mon père appelait « la baie d'en dedans ». De quelle couleur sont-elles, ces maisons? Difficile à dire mais on peut supposer qu'il n'en reste plus une seule de la couleur très spécifique qu'on appelle là-bas « vert Fatima »!



Humour madelinot



Mes deux parents sont nés à Havre-aux-Maisons aux Iles de la Madeleine. Je m'en vante souvent! Ça fait de nous des descendants des Iles, des Madelinots dans l'âme, même si on n'est pas nés là-bas. On reste très attachés à nos racines, et malgré qu'on ait perdu le bel accent de nos parents, il nous reste une propension irrésistible à se chercher de la parenté, à chanter nos chansons, à rechercher nos souvenirs, à mettre en valeur nos chères îles... et bien sûr, notre humour madelinot! Ça nous amène aussi à vouloir retourner aux Iles aussi souvent qu'on le peut, comme un saumon retourne frayer là d'où il vient, et c'est plus fort que nous.



Là-bas, ils nous appellent « les exilés », un terme affectueux riche de sens, qui fait de nous des touristes pas ordinaires et de ce fait, ils nous accueillent comme la famille au loin que nous sommes.


Un site extraordinaire existe sur Facebook, où nous sommes plus de 4000 membres à s'échanger des photos d'époque, des anecdotes et des petits bouts de notre histoire faite de déportations et d'exils successifs, au Nouveau-Brunswick, sur la Côte-Nord, en Gaspésie, dans le comté de Matapédia, au Saguenay-Lac St-Jean et finalement, les deux derniers contingents, ceux de l'Abitibi, en 1941, (104 Madelinots) dont mon père était, et en 1942, (ils étaient 102) pour la famille de ma mère. J'y contribue moi aussi à ce site et j'ai vu se passer là des choses absolument incroyables et émouvantes lors de publications de certaines photos. Mais aussi, j'y ai lu des échanges remplis de cet humour si particulier où je reconnais les réparties bien typiques des Madelinots et leurs descendants.

En quelle année?



La photo 1, par exemple. Quelqu'un l'a publiée sur ce site en faisant un appel à tous, pour voir si on reconnaissait des Madelinots exilés en Abitibi, étant donné que c'était posé à l'Île Nepawa, on ne savait même pas en quelle année. Chacun y est allé de ses suppositions, on essayait d'identifier des gens ou des détails. Au bout de quelques échanges, la question « en quelle année » est revenue avec force et ça ne nous disait rien du tout. Alors, il y en a un qui a résolu la question : « Je sais pas c'est en quelle année mais c'était dans le temps que les balcons était bâtis solides! »



Le vieux Emmanuel



À mon dernier séjour là-bas, j'étais tellement contente d'avoir fait cette trouvaille de livre dans une librairie de Cap-aux-Meules, avec ces photos et bien d'autres qui racontaient une partie de notre histoire, que je traînais ça avec moi partout où j'allais, comme un trésor dont on ne peut se séparer.



Fred à mon oncle Will voulait absolument m'amener sur le bateau à fond de verre qui va sur la lagune de la baie d'en dedans. Il tenait à me présenter le capitaine et son second, deux frères, parents avec nous, qui étaient déjà venus en Abitibi, à la recherche des traces de leur grand-père, le frère du mien, et notre arrière grand-père, le vieux Emmanuel dont ils avaient perdu la trace après 1942. Ça tombait pile, j'avais mon livre et j'ai tellement fouillé notre généalogie que je la connais par coeur.



La croisière sur la lagune nous a permis de voir des paysages extraordinaires, d'explorer les fonds marins grâce à ce fond de verre de la partie avant du bateau et de vivre des retrouvailles joyeuses et chaleureuses. Comme si on s'était toujours connus. Ça n'a pas été bien long qu'on a sorti une guitare et qu'on a chanté ensemble, ri comme des gamins, « défricheté » notre parenté, échangé des nouvelles, mis ensemble les petits bouts qu'on savait, des morceaux de puzzle qui se complétaient et s'emboîtaient comme par magie. En tout cas, le bateau était revenu au quai depuis une bonne heure, accosté, amarré solide et on ne pouvait tout simplement plus se quitter. En dernier, on était 7 ou 8, dont le capitaine et son second, j'ai sorti mon livre, je leur ai montré cette photo-là et à la vue du vieux Emmanuel, que je présentais comme mon arrière grand-père et le leur, tous ceux qui étaient là ont tous répliqué en même temps : « C'était mon arrière grand-père à moi aussi, le vieux Emmanuel! ». Je n'ai pas pu faire autrement que de leur faire remarquer ce qui se passait de fulgurant : « Non mais réalisez-vous que peu importe notre nom de famille et d'où l'on vient, on se retrouve tous ici en même temps et on a le même arrière grand-père, le vieux Emmanuel? »


Ça aurait pu être un moment d'émotion et de recueillement qui nous aurait foudroyés sur place... Un silence respectueux et attendri? Un moment d'éternité orchestré par le vieux Emmanuel du haut de son nuage pour faire un clin d'oeil à quelques-uns de ses nombreux descendants? Une synchronicité inexpliquable qui nous aurait laissés émus et songeurs?



Pas du tout!



Après deux secondes pour accuser le coup, les commentaires ont fusé de toutes parts :



« Une chance qu'il était pas gai, lui! »



« Il peut bien rester assis, il devait être fatigué! »



« On dirait pas ça à le voir mais c'était tout un séducteur! »



« On peut pas juger un crapaud à le voir sauter! »



et j'en passe et des meilleures, mais pas toutes racontables devant des jeunes zoreilles...



Vert Fatima



Les Madelinots sont de bons conteurs. Et tellement moqueurs. Un tantinet délinquants aussi. Pas trop. Juste assez! Pas menteurs et pas voleurs. Du bon monde. Mais ils sont capables de mettre de la dentelle autour de la vérité pour faire plus joli. Moi, je les trouve débrouillards.


On m'a raconté ça comme un fait vécu aux Iles, dans les années 50 à peu près. Je sais pas si c'est vrai. D'un autre côté, ça leur ressemble tellement que je serais portée à le croire!



Au large des côtes des Iles de la Madeleine, il y a eu plusieurs naufrages. Ils sont d'ailleurs répertoriés sur une carte que j'ai vue au Musée de la mer, à Havre Aubert. Enfin, je veux dire, quand ce furent des drames, l'histoire en a tenu compte. Mais d'autres fois, un naufrage, ça signifiait plutôt la manne pour les insulaires et là, on ne retrouve pas de documents officiels... C'est la tradition orale qui prend le relais et qui raconte l'anecdote.



Le petit village de Fatima est situé tout près de Lavernière et de Cap-aux-Meules, du côté ouest de l'archipel, tout près de Belle Anse, là où il y a les plus magnifiques couchers de soleil sur la mer.



Un cargo s'était échoué un peu au large de la côte ouest et le personnel à bord avait pu être secouru par les gardes côtiers. Ce bateau transportait toute une cargaison de matériaux de construction et de peinture qui n'étaient pas destinés aux Iles, dont un lot de peinture de couleur verte.



Les autorités avaient dû comme toujours faire enquête pour les assurances et ainsi, ils avaient interrogé plusieurs Madelinots du côté de Fatima, pour savoir s'ils avaient eu connaissance de quelque chose, s'ils avaient vu flotter des matériaux, s'ils avaient ramassé du butin échoué sur les plages, etc. Non. Personne n'avait eu connaissance de ça, personne n'avait rien vu, ni au large ni sur les rivages, personne n'avait rien ramassé sur la grève non plus. Mystère. Les policiers, les gardes côtiers, les autorités maritimes ont conclu la même chose : la cargaison échouée était une perte totale. Dossier clos.



Au printemps suivant, il paraît que ça rénovait en grand à Fatima! Et bizarrement, tout le monde avait choisi la même couleur pour repeindre sa maison : Vert.


Ils ont appelé cette couleur : « Vert Fatima! »


28 commentaires:

Solange a dit…

J'aime ça quand tu racontes comme ça. Je comprends ton attachement aux îles même si tu n'y es pas née c'est viscéral ça. Cette façon aussi de tout tourner en farce c'est typique aussi de nos gens. Les photos ressemblent à des photos dans nos familles. Merci pour ce bon moment.

Zoreilles a dit…

@ Solange : Et moi j'aime ça que tu aimes ça!

Toi, c'est le fleuve, moi c'est le golfe mais on navigue dans les mêmes eaux, c'est pourquoi on reconnaît notre monde, notre humour, notre manière de vivre et de raconter les choses.

L'affaire du vert Fatima, moi, on me l'a racontée avec l'accent madelinot pitoute pitoute, les mimiques, le clin d'oeil, les sourires entendus, ah c'était trop drôle.

Oui, ce sont nos racines, notre culture, notre territoire et notre histoire. On ne devrait pas ignorer pareils trésors, notre héritage... ;o)

Jackss a dit…

Bonsoir Zoreilles,

Encore une fois, le sort nous a mis dans le même bateau. La semaine dernière, je suis allé à des funérailles. Juste en face de moi, lors du goûter qui a suivi, il y avait des anciens collègues de Laure qui habitent toujours aux Iles de la Madeleine. De si loin, j'ai découvert que nous avions des amis en commun. Et tout naturellement, nous avons parlé de toi.

Je l'ai fait sans même me rappeler tes racines. Je voulais simplement illustrer les phénomènes de synchronicité qui nous ont fait nous connaître et nous retrouver sur ton blogue.

Inspiré, j'ai commencé à jeté les premiers jets de ce qui sera mon prochain billet lorsque j'aurai le temps d'y mettre une touche finale.

Mais je dois avouer qu'il me reste maintenant à revenir lire celui-ci dont je n'ai vu que le titre. Le bulletin de RDI vient de commencer.

Ces amis madelinots, ils étaient passionnés par les mêmes sujets que moi: la synchronicité, le gaz de schiste, les prospections de pétrole en haute mer, la nature qu'on ne respecte plus, l'exploration minière, l'Ile d'Anticosti, etc.

Le factotum a dit…

J'aime beaucoup les contes et légendes.
J'adore celle de Vert Fatima!
Toi, ta culture, ton héritage, ce sont les Îles...
Je suis né sur les rives de l'Harricana tout comme toi.
Tout ce qui touche cette belle rivière qui descend jusqu'à la Baie James est pour moi source de bonheur!
Tu as bien raison d'aimer et de chérir tes Îles. ♥

Air fou a dit…

Ils ont dû jurer que cette peinture leur était apparue dans un soleil tourbillonnant?

:D

Air fou a dit…

Je voulais dire aussi... Je suis sûre que c'est un ancêtre de Crocodile qui a construit ce balcon solide, solide, solide, de la première photo! Non, mais t'as vu ce monde, que dis-je cette foule?

Zed

Fitzsou, l'ange-aérien a dit…

Délicieux ton billet! Bon vendredi!

Zoreilles a dit…

@ Jacks : Youpi, t'es revenu! Te lire me manquait beaucoup, tu sais.

Là, tu m'intrigues... C'est vrai que j'ai tellement de parenté aux Iles mais tu sembles parler d'amis plutôt. Quoique... L'un n'empêche pas l'autre!

Les Madelinots sont en général des gens passionnés et intéressés à l'actualité et la politique. J'avais jasé avec un jeune de 17 ans là-bas, c'était le soir de la Fête Nationale et il devait travailler jusqu'à 20 heures, je lui ai un peu tenu compagnie! C'était beau de l'entendre, j'aurais voté pour lui drette là. Brillant, allumé, convaincu, avec des arguments béton et une connaissance étonnante de la nature humaine. En plus, ce qui m'épatait littéralement, c'est qu'il voulait absolument mon point de vue, celui d'une madame qui habite à l'autre bout du pays. Une ouverture comme on n'en voit pas souvent chez des jeunes de cet âge-là.

Merci d'être passé me dire bonjour, prends le temps de lire mon billet la prochaine fois, c'est rare que je dis ça mais là, je crois que ça va te détendre et que tu vas reconnaître des attitudes et un humour que tu côtoies ♥

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Je chéris les Iles, comme je chéris ma très chère Abitibi-Témiscamingue et la rivière Harricana, elle m'attendrit, c'est drôle, hein? Chaque fois que je passe à Amos, je m'arrête à la même place, tu sais là où la rivière devient plus vive et qu'elle tourne autour des petits arbres? Mon regard se porte toujours vers le Nord, l'ancien Joutel, cette ville qu'on a bulldozée, la toundra, l'espace infini, la Baie James, la Baie d'Hudson, l'océan Artique. On dirait que c'est le début d'un tour du monde où j'aime me projeter!

L'Harricana est mythique, il me semble! Peut-être parce que nous y sommes venus au monde? ;o) Nenon, c'est pas ça, c'est là le berceau de l'Abitibi et ç'est ça qui m'émeut!

Tu aimes les contes et légendes mais moi, je préfère les contes. Si ce n'est pas plausible, je débarque! Comme par exemple la légende de la chasse-galerie, si populaire au Québec? Pas capable, j'embarque pas là-dedans, ça se peut juste pas!

Et je suis pas capable d'écrire de la fiction non plus, je n'ai pas ça dans moi. Ça fait que je conte des affaires qui me sont arrivées ou dont j'ai été témoin.

Au fond, moi, comme toi sans doute, je suis amoureuse du Québec tout entier, chaque région a ses particularités, et on n'est pas obligés de choisir. On peut toutes les aimer en même temps ♥

Zoreilles a dit…

@ Zed : Impressionnante, la photo de la foule sur le balcon, hein? C'est bien pour dire, les perceptions, des fois... On était tellement concentrés à essayer d'identifier des gens et des détails qu'il a fallu que quelqu'un nous souligne la drôlerie de l'affaire pour qu'on se rende compte de ça.

En tout cas, si le balcon s'effondrait, on n'aurait pas trop eu de blessés graves, c'était pas haut!!!

As-tu pensé que les petits enfants de la première rangée, aujourd'hui ils ont leur pension de vieillesse? Art-Peur qui parle de la retarder à 67 ans, ça me révolte au plus haut point...

Impossible que ce soit un ancêtre de Crocodile Dundee qui ait construit ce balcon! Ils étaient au Témiscamingue mais il y avait là-bas des balcons très solides aussi!!!

Zoreilles a dit…

@ Fitzsou : À toi aussi, bon vendredi! J'espère que t'as souri en la commençant...

crocomickey a dit…

Bien content d'avoir allumé la mèche qui t'a fait écrire ce billet sur l'humour madelinien ...

Reste pu yinque à aller bouffer les galettes ...

Zoreilles a dit…

@ Crocomickey : C'est pas pour rien t'enlever de ton mérite mais disons que j'ai la mêche courte... et facile à allumer!

Ouais, ouais, c'est vrai, je l'admets, après te l'avoir contée en privé, l'affaire du vert Fatima, j'ai eu le goût de la partager avec les autres! Mais l'affaire du vieux Emmanuel et la photo du balcon, c'est quand même pas du radotage, ça!

Dis-moi pas que t'es su' l'puyinque? Il nous reste puyinque 5 mois avant de déguster nos galettes de morue, d'abord? J'ai hâte!

étoile a dit…

Merci pour ce beau moment de votre histoire que vous nous avez partagé. Moi la première chose que j'y ai vu c'est la gang sur le balcon wow!J'aime beaucoup aussi la couleur fatima,je n'avais jamais entendu ça. Bonne continuité à vous.

Air fou a dit…

Ouais? Bien, attends de voir la surprise que tu auras lors de ton prochain voyage en bateau!

Zed :D

Jackss a dit…

Bonjour chère amie Zoreilles,

Et oui, mine de rien, je me prépare à reprendre graduellement du service comme blogueur.. Ma date de fin d'emploi est déjà établie, non publicisée. C'est mon secret n'est pas loin. Tu sa une des première a connaître la date de mon retour. Et j'aimerais bien visiter les Iles avant ma rentrée estonienne.

Accent Grave a dit…

Quelle belle histoire que celle du Vert Fatima.

Quelqu'un pourrait sûrement la confirmer! Peut-être faudrait-il quelques efforts de recherche!

J'ai une question. À l'époque, qui était le plus isolé? L'habitant des Îles ou celui de l'Abitibi?

La mer est un immense autoroute! Aucun paquebot ne peut échouer en Abitibi!

Accent Grave

Zoreilles a dit…

@ Étoile : Vous n'êtes pas la seule, beaucoup de personnes ne savent pas l'histoire de la couleur vert Fatima! En fait, les Madelinots la savent, peut-être plus les plus vieux que les plus jeunes d'ailleurs!

Mais la gang sur le balcon, ça, c'est spectaculaire. Si le balcon a tenu le coup, je me demande si le mariage, lui, tient encore? On le saura jamais, on imaginera ce qu'on veut...

;o)

Zoreilles a dit…

@ Zed : Une surprise? Sais-tu quelque chose que j'ignore? Je m'y rends encore cette année, aux Iles, fin juin, mais en avion. Et cette fois-là, Crocodile Dundee m'accompagne. Sauf que... une fois là-bas, je me promets bien d'aller à l'Île d'Entrée et la seule manière d'y aller, c'est en bateau. Ce sera plus fort que moi, tu te doutes bien que je vais vous en reparler!

Zoreilles a dit…

@ Jacks : Eh bien, mon cher ami, cette date va rester secrète puisque je n'ai pas deviné! Il faudra vraiment que tu visites les Iles de la Madeline avec Laure, avant de revenir chez vous, en Estrie. Même que déjà, il me semblait que vous aviez prolongé votre contrat de travail sur la Côte Nord, est-ce que je me trompe? Vous aviez signé pour un an et vous y êtes depuis plus longtemps que ça... Vous resterez attachés profondément à ce coin de notre pays, j'en suis certaine, et c'est tant mieux, vous serez sensibilisés à tout jamais à une foule de réalités que vous aurez vécues, à des gens que vous aurez connus et aimés aussi.

Plus on connaît notre Québec, plus on l'aime.

Zoreilles a dit…

@ Accent Grave : Cette histoire est confirmée, ce n'était pas la première fois que je l'entendais mais on ne trouvera jamais de documents officiels, ces « mannes » que la mer apportait parfois aux Iles lors de naufrages sont devenues rares mais dans le temps, ça faisait partie de la vie des Madelinots. L'histoire du ponchon (une vraie belle histoire documentée) a déjà été publiée dans des livres d'histoire mais celle du vert Fatima, on ne risque pas de la voir écrite! Par contre, à mon prochain voyage, je tâcherai d'en savoir plus de détails et si je trouve, c'est promis, je vous en reparle.

Quant à votre question, elle pourrait s'appeler une question à développement! Et j'aurais tellement envie d'y répondre, si vous saviez... Cette question est riche riche riche et cette histoire se continue encore aujourd'hui. Nous sommes à en écrire les premières pages, dans ma génération. Une vraie belle question!

Ce qui a amené en Abitibi les Madelinots de 1941 et 1942, c'était l'espoir et un peu d'esprit d'aventure. Se faire un pays neuf pour l'avenir de leurs enfants. Ma grand-mère en parle abondamment dans la bio que j'ai faite de sa vie, en 1993, peu avant qu'elle décède.

Cette partie-là de notre histoire, celle des Madelinots en Abitibi, j'ai le sentiment d'en être la dépositaire. Je me propose de tout apporter ce que j'ai et de le déposer au Musée de la mer, à Havre Aubert.

Zoreilles a dit…

@ Accent Grave : Je ne vous laisserai quand même sans réponse tout à fait... Les Madelinots en Abitibi n'ont jamais vécu isolés.

Aux Iles, hors de la saison touristique, les Madelinots vivent encore aujourd'hui beaucoup d'isolement.

Si mon père a toujours gardé un profond attachement à ses Iles, ma mère, par contre, dès sa petite enfance, chaque fois qu'elle voyait passer des bateaux, elle avait le goût d'embarquer à bord et s'éloigner des Iles. Chaque fois qu'elle y est retournée, elle s'y est sentie prisonnière, pas bien du tout, hâte de s'en aller.

Par contre, elle est restée attachée à la culture madelinienne, ça fait partie d'elle.

Le sentiment d'être isolés, aux Iles, ça en affecte quelques-uns plus que d'autres.

Pour ceux qui sont venus ici, l'Abitibi, c'était la Terre Promise, la liberté, l'espoir. Ma grand-mère m'a dit qu'ils ne l'avaient jamais regretté. Parce qu'ici, il y a eu un présent et un avenir pour tous leurs enfants,.

Guy Vandal a dit…

Cette pause "histoire madelinoise" vous a été offerte par une superbe raconteuse...

Héhé...

J'imagine même l'accent, les mimiques... pitoute pitoute. :o)

Zoreilles a dit…

@ Guy : En personne, je t'aurais fait les mimiques pitoute pitoute mais l'accent, malheureusement, je l'ai perdu depuis belle lurette! Quoique... Ça a l'air que des fois, dans un party de famille, entre deux tounes de matelots, il m'en revient des relents, selon Crocodile Dundee!!!

;o)

Solange a dit…

Pauvres madelinots, Ils ne l'ont pas facile ces jours-ci.

Zoreilles a dit…

@ Solange : Oui, tu as raison, ils ne l'ont pas facile, nos chers Madelinots...

Je suis en communication avec quelques-uns là-bas. L'un de mes cousins m'envoyait ceci ce matin :

http://www.youtube.com/watch?v=b-lnI1DvMxg&sns=fb

Disons que ça aide à réaliser...

Sur les grands réseaux nationaux, on a parlé du « sens de l'entraide » proverbial des Madelinots. Ils vont en avoir besoin. Et ultimement, je nous souhaite à tous, gens de partout, d'être inspirés par eux, leur humanité, leur solidarité dans cette épreuve.

Dididit a dit…

Hi, hi, hi. Vert Fatima. Encore dans le mille. Je ris mais je sais bien que tout est sérieux. Très sérieux. Je connais pas les îles à Madeleine mais ça sonne gros plus dans mes oreilles à moi.

Zoreilles a dit…

@ Didi : Heille je suis contente de t'avoir fait rigoler, ton grand rire délinquant me manque, tes écrits aussi, pourtant je sais que t'as publié quelque chose, je veux prendre mon temps pour tout lire. Très très hâte de te « voir »...

Tu sais ce que vivent les Madelinots de ce temps-là? Une crise du verglas, oui Monsieur!

Crois-le ou non, ils trouvent le tour de rire de pas mal de situations dramatiques en ce moment. L'humour madelinot, particulièrement aujourd'hui, moi ça m'épate!