lundi 30 avril 2007

Délicatesse printanière


J'ai pris cette photo chez nous il y a sûrement une dizaine d'années, selon l'âge des enfants à l'époque. Je me souviens de cette fois-là où avec Danièle, ma voisine et amie, (elle a une petite robe couleur marine) on avait organisé des olympiques pour nos enfants et les autres petits voisins. La remise des médailles et trophées avait été faite par Denyse, sa soeur, (elle a la camisole jaune) une vraie de vraie championne olympique de badminton, un moment très inspirant pour nous tous!

L'autre photo, ce sont nos enfants, Jean-Lou et Isa, quand ils ont gradué du secondaire.

Quand je parle des gens que j'aime, je manque toujours d'espace pour vous les raconter...

L'idée m'est venue de vous parler d'eux samedi dernier, alors que je travaillais dehors à ramasser des feuilles mortes et que je faisais mes premiers constats sur le terrain en cette nouvelle saison, encore toute timide. Comme toujours, Alain et Danièle travaillaient eux aussi dehors et on savait sans se le dire qu'on prendrait une pause dans le cours de l'avant-midi, histoire de faire le point dans nos travaux et projets. En travaillant dans la rocaille, j'aperçois tout à coup des tulipes prêtes à éclore alors que, mystère, je n'avais planté aucun bulbe l'automne dernier... C'est alors que Danièle, tout sourire, m'a dit qu'elle m'en avait mis en terre à l'automne mais qu'elle avait oublié de me le dire, toute ravie de me faire ainsi la surprise! Puis, elle a décroché son grand rire délinquant qui séduit tout le monde, y compris moi. Ce geste tendre et délicat est une vraie signature, celle de nos voisins et amis avec qui nous partageons tant de choses.

Notre histoire d'amitié remonte à plus de 15 ans

Nous sommes déménagés ici, au bord du lac, en octobre 1991. Trois semaines avant nous, Alain et Danièle s'installaient dans leur nouvelle maison, juste à côté. Nous ne nous étions jamais vraiment croisés avant ce jour-là et Alain avait hâte de venir frapper à notre porte pour nous souhaiter la bienvenue par ici alors qu'eux-mêmes étaient assez nouveaux au chemin des Castors! Tenant par la main le petit Jean-Lou, il nous accueillait avec tellement d'empressement et de chaleur que Danièle restait un peu à l'écart avec Janie, leur plus grande, jusqu'à ce qu'on les invite à entrer. Le coup de foudre amical fut instantané et n'en finit plus de grandir au fil des années.

Comme frère et soeur

Jean-Lou et Isabelle avaient le même âge, 5 ans. Ils ont grandi côte à côte, un peu comme l'auraient fait les enfants d'une même famille... Ensemble aussi ils sont montés à bord du péril jaune qui les a amenés de la maternelle jusqu'à la fin du secondaire et ils se croisent encore souvent au Cégep et un peu partout. Ils se sont baignés des journées entières, ont appris à nager, à plonger, ont construit des camps, des boîtes à savon, fait du vélo, joué au soccer, au basket, ont pêché, fait cuire des perchaudes sur le feu, appris à patiner, à jouer au hockey, à se chicaner, à se réconcilier, se sont raconté des secrets, des potins, des peines, des histoires drôles, ont fait des projets, des spectacles, de la musique, ont vécu des aventures, étudié, travaillé en équipe, gradué du secondaire, organisé des fêtes d'amis sur nos îles et maintenant qu'ils ont 20 ans, un lien invisible mais solide les unit au-delà de tout...

Une amitié profonde

Et nous, avec nos voisins, pendant ce temps, on célébrait aussi toutes sortes de fêtes, tout était prétexte à passer nos soirées autour du feu, chez nous ou chez eux, où nos enfants s'endormaient sur des chaises longues avec de grosses couvertures en écoutant nos chansons et guitares sous le ciel étoilé. Ces enfants-là connaissent tous les classiques des années 70! Et que dire de toutes nos virées en bateau pour aller voir les couchers de soleil au large de l'île aux hérons, les nouvelles talles de bleuets, les plages secrètes qu'on découvrait, notre chasse au trésor sur l'île aux Sables pour nous motiver à ramasser les détritus des fêtards peu scrupuleux, le vin de bleuets qu'on faisait ensemble et qui finissait toujours en sangria, tous les apéros qu'on a étirés, les repas sur le pouce et invitations de dernière minute sans cérémonie...

Au quotidien

Les outils empruntés, les coups de main donnés, les cours pelletées, les recettes essayées, les conseils demandés, les confidences échangées, les inquiétudes partagées, les sorties de gang, les soirs d'étoiles filantes sur nos quais, la magie toute flamboyante des aurores boréales, l'arrivée des huards, la naissance des petits canards, le partage des arbres, boutures, plantes, fleurs annuelles et vivaces, trucs et tuyaux sur tous les sujets, bref, la vie communautaire et familiale de nos deux familles s'enrichit de tous ces beaux moments de notre vie quotidienne.

Avec le temps, nos familles sont devenues les leurs et nous faisons partie des leurs aussi. Avec eux, combien de fois avons-nous refait le monde? De si belles discussions où nous en ressortons toujours grandis, que nous soyions d'opinion divergente ou similaire, au fond, ça nous importe peu parce qu'on sait qu'on s'aime, on forme comme une sorte de clan.

Une présence même dans l'absence

Quand Janie, leur grande fille, revient de Montréal pour un petit séjour chez ses parents, elle vient toujours nous embrasser et nous avons l'impression nous aussi de retrouver « notre grande ». Si nos amis partent en voyage, la vie n'est plus la même, on s'ennuie d'eux et l'inverse est aussi vrai. Alain frappe encore à notre porte avec le même empressement qu'au premier jour et il n'a jamais les mains vides : de son potage aux poivrons rouges, ses biscottis et bien d'autres choses qu'il partage avec son grand coeur galant d'Italien-Français né au Québec. Danièle est irrésistible, elle embellit tout ce qu'elle touche, elle rit aussi facilement qu'elle est touchée et émue. Une femme forte et sportive mais toute en dentelle!

Des voisins comme Alain et Danièle, qui ne cherchent qu'à vous faire plaisir même jusqu'à mettre des bulbes de tulipe en terre chez vous 6 mois d'avance pour voir apparaître un sourire émerveillé sur votre visage étonné, comment vous dire... c'est un bonheur sans nom!

4 commentaires:

Lui-là a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Marc a dit…

Délicate attention et amitiée précieuse qu'il est bien agréable de lire. A bientôt.

Zed Blog a dit…

Quelle belle vie!

Oui, les plus beaux cadeaux sont de cet ordre, exactement. Embellir la vie quelqu'un, entrer dans ce qu'il pense, sans s'introduire par effraction pour lui faire vraiment plaisir.

Que vous devez avoir fabriqué (eux-mêmes restants bien sûr les moteurs) des enfants heureux et équilibrés, bien équippés pour la vie.

C'est tellement plein de nature, encore! Merci Zoreilles!

Zed :)))

Accent Grave a dit…

Des voisins qui deviennent vite des amis, c'est précieux, c'est rare aussi.

Il faut protéger ça.

Accent Grave