lundi 2 avril 2007

Un peu inquiète du p'tit...




Samedi dernier, je prenais ces photos en fin de journée alors que nous revenions de notre camp de Rapide Deux. Ces pistes d'orignal dans la neige m'ont ravie mais m'ont aussi un peu inquiétée... Je vous explique.

Le 24 janvier dernier, j'écrivais un billet qui vous parlait de ma voisine et son p'tit, l'été dernier. Il s'agissait de Môman orignal et son Ti-Caramel, né un peu tard dans la saison et sûrement prématurément, qui ont passé une grande partie de l'été autour de notre bras de rivière, près du camp. Je me suis beaucoup attachée à eux. Le 6 février, sous le titre « Aimer et laisser grandir », je vous redonnais de leurs nouvelles mais surtout, je vous racontais comment elle était venue me présenter son p'tit.

Pendant l'automne, nous ne les avons pas revus, ni elle ni Ti-Caramel mais c'était normal parce que la saison des amours (aussi saison de la chasse) amène toujours des comportements différents et plus sauvages chez les orignaux. Par contre, nous avons souvent vu leurs pistes tout autour, ce qui me rassurait sur la santé du p'tit et de sa Môman. Elle est si jeune et pourtant si maternelle cette Môman-là. L'hiver, on le sait, ces animaux vivent dans un rayonnement plus restreint, là où ils peuvent trouver de la nourriture et un peu de protection. C'est leur saison la plus difficile parce qu'ils sont moins mobiles à cause de la neige et qu'ils peuvent être la proie des loups ou d'autres prédateurs affamés. Mais heureusement, nous avons vu leurs pistes et le p'tit semblait grandir assez rapidement, prendre des forces auprès de sa Môman.

La nature est ainsi faite que seulement les plus forts survivent. Nous avons eu peur pour le p'tit, parce qu'étant plus fragile que les autres, il aurait pu ne pas passer l'hiver...

Samedi, sur le chemin du retour, quand j'ai pris cette photo, j'ai eu peur que notre Môman orignal soit maintenant seule. On ne voit pas les pistes de Ti-Caramel qui suivent les siennes. J'espère donc qu'il s'agisse d'une autre bête, un mâle qui serait dans les parrages. C'est sûr que Ti-Caramel, elle le poussera à l'autonomie dès qu'elle aura mis bas autour du mois de mai. C'est qu'à ce moment-là, il sera devenu assez fort pour survivre tout seul. Mais j'ai peur qu'il lui soit arrivé quelque chose pendant ces dernières semaines...

Par contre, celui que j'appelle mon macho, un tétras mâle qui essaie toujours de m'impressionner, a réélu domicile tout près du camp, où il séduit toutes les poulettes des alentours. Lui, en tout cas, semble avoir passé l'hiver bien à l'aise et être au-dessus de tout!



4 commentaires:

Accent Grave a dit…

La saison de chasse, ça ne doit pas trop vous plaire. Savoir que quelqu'un pourraît abattre un orignal que vous auriez vu grandir près de chez vous...

Moi je n'aimerais pas ça, et ce n'est pas de la sensiblerie.

ACcent Grave

Zoreilles a dit…

Le pire, c'est que je chasse moi-même... Ben... c't'une façon de parler. Non, je n'aime plus la saison de la chasse et pour plusieurs raisons.

La première, c'est qu'il y a trop de monde irrespectueux en forêt en cette saison-là. Ils viennent de partout, se croient chez eux, ne savent pas toujours être en accord avec la nature, son rythme et l'environnement en général. C'est le seul temps où nous n'avons pas la paix sur notre territoire. On entend tirer partout, le monde vire fou, ça sort, ça entre en forêt en brisant tout avec des camions, des VTT, des bateaux, des hélicos, etc. La nature s'en ressent et nous aussi d'ailleurs.

Je vais toujours au champ de tir avant l'ouverture de la chasse, voir si j'atteins le centre de la cible à chaque coup de feu. Si je doute le moindrement et qu'une seule balle sort de la zone vitale, je fais vérifier mon arme et mon téléscope par l'armurier sur place. Mais je suis mal à l'aise avec mon arme maintenant...

Oui, je passe de longues heures à chasser, avec ma caméra dans ma poche gauche, ma 308 du côté droit et ainsi, je me sens protégée... de tous les prédateurs. L'automne dernier, un petit mâle avec qui je communiquais depuis environ une heure avait répondu à mes appels, je suis arrivée dessus à la brunante en m'en retournant au camp. Il a décampé en vitesse en m'apercevant mais le réflexe que j'ai eu, c'était de fouiller dans ma poche du côté gauche, évidemment. Trop vite enfui pour être croqué sur le vif, on s'en doute mais quelle décharge d'adrénaline j'ai eue!

C'est sûr que quelqu'un d'autre que moi va abattre « mes orignaux » un jour ou l'autre. Ça peut sembler étrange mais je comprends ça. Ce que je ne pardonne pas, c'est qu'on blesse un si bel animal, quand on tire sur tout ce qui bouge, quand on ne chasse pas de façon sportive, respectueuse et responsable.

Je deviens de plus en plus sensible avec les années, je serais incapable de leur faire le moindre mal, je n'ai plus aucun doute là-dessus.

Guy Vandal a dit…

Que veux-tu chère Zoreilles, une maman s'inquiètera toujours...

Tu as peut-être raison de t'inquiéter, peut-être tu as tord, mais tu nous prouves que tu es une vraie maman.

Merci d'exister.

P.S. Je ne sais pas si que je viens d'écrire est sexiste, mais les mamans ne seront jamais des papas...

André Bérard a dit…

Longue vie à tes protégés!