dimanche 10 juillet 2016

ÊTRE MAMAN, ÇA S'APPREND!


C'était le 4 juillet dernier. Félixe nous a fait un de ses nombreux spectacles de danse, de chant et d'acrobaties pendant que son papa Dominic et sa petite soeur Blanche, avec « son bébé » sont un public charmé et attentif. 


Le lendemain, 5 juillet, Blanche prend une pause dans les bras de sa maman, Isabelle, mais même si elle est très fatiguée, elle n'abandonne jamais « son bébé »!



Là, c'est le 7 juillet, notre anniversaire à toutes les deux. On dirait que « son bébé » est greffé à son bras gauche! 


Encore là, avec « son bébé » qui ne la quitte pas, on peut quasiment dire que je suis déjà une arrière grand-mère!


Hier après-midi, après sa sieste, Blanche avait sa collation préférée, des bleuets, et elle en offrait régulièrement à « son bébé ». 

ÊTRE MAMAN, ÇA S'APPREND!

Je vais vous confier un secret... Avant d'être maman, j'avais peur de ne jamais devenir une bonne maman. D'ailleurs, ma mère m'a souvent raconté que toute petite, je ne jouais pas avec des poupées. Je m'intéressais à plein de choses mais pas aux poupées, sauf une peut-être, à laquelle j'accordais parfois un peu d'attention, une poupée noire. Ce choix de vie de mettre des enfants au monde, d'en prendre soin, de les aimer, de les aider à grandir, d'en faire des êtres capables d'aimer et d'être aimé, me semblait une responsabilité bien trop grande pour que je fasse ce choix qui n'allait pas de soi tant que ça pour moi, même si j'étais très en amour et que j'ai toujours aimé les enfants. 

J'ai eu beau réfléchir longtemps à la maternité puisque cela ne s'est produit qu'après 9 ans d'attente et d'espérance. Tous les examens s'étant avérés non concluants à la clinique de planification des naissances, on voyait bien que la médecine n'arrivait pas à expliquer pourquoi nous étions incapables de concevoir. À chaque fois que j'allais à cette clinique, et Dieu sait qu'on y va souvent, surtout quand certains examens doivent être recommencés plusieurs fois, dans la salle d'attente, les autres femmes m'abordaient spontanément en croyant que j'étais là moi aussi pour une interruption de grossesse. 

Je les laissais penser ainsi. Je ne cherchais pas à rétablir les faits. Il me semblait que dans un moment pareil, elles n'avaient pas besoin d'entendre que de concevoir un enfant pouvait être si ardu, au cas où elles remettraient en question cette difficile décision qu'elles avaient prise contre leur gré et, la plupart du temps, avec un sentiment de culpabilité qu'elles supportaient toutes seules.

Comme je ne parlais pas de moi, je recevais beaucoup de confidences de celles qui vivaient un moment de grande fragilité dans leur vie. Vous savez qu'on se confie plus facilement à des étrangers qu'à nos proches... J'ai toujours eu beaucoup de respect, d'empathie et de compréhension pour celles qui faisaient un choix différent du mien. Au fond, nous étions si proches dans notre façon de voir la maternité comme quelque chose qu'il ne fallait pas prendre à la légère. Avoir un enfant, si c'est ce qu'on veut vraiment, ça peut être la plus belle expérience de vie au monde. C'est mon cas. Mais avoir un enfant au mauvais moment, dans des conditions difficiles, pour les mauvaises raisons ou avec un piètre partenaire, ça peut avoir pour effet de rendre cet enfant malheureux ou carencé du point de vue affectif. Il n'y a pas de chance à prendre et c'est par amour pour les enfants que j'ai toujours été, que je suis encore et que je serai toujours pour le libre choix. 

Pendant ce temps-là, les années passaient, j'avançais dans la vingtaine et nous avions fait une demande d'adoption à l'international qui était en cours de cheminement lorsque le miracle s'est produit. J'étais enceinte! Tout au long de cette grossesse psychologique qu'est une demande d'adoption et l'attente qui s'en suit, je me disais que j'avais eu beaucoup d'intuition, enfant, quand j'avais eu un coup de coeur pour cette poupée noire parce que c'était peut-être mon destin d'accueillir un enfant venu d'ailleurs pour en faire le nôtre. Les autorités responsables de l'évaluation psychosociale des adoptants, à l'annonce de mon test de grossesse positif, ont fermé notre dossier d'adoption parce que la loi le voulait ainsi à l'époque  mais ils m'avaient assuré que si je ne menais pas ma grossesse à terme, ils allaient réactiver notre dossier d'adoption aussitôt, sans devoir passer à travers les procédures administratives qui prennent tant de temps.

Et puis, vous connaissez la suite, au bout d'une grossesse difficile et de plusieurs séjours à l'hôpital, j'ai accouché à terme d'une belle petite fille en santé à l'âge de 29 ans. C'est l'âge qu'a ma fille aujourd'hui...

À l'instant où elle est née, j'ai cessé de douter, ou plutôt je suis devenue plus forte que mes doutes, comme si j'étais venue au monde moi-même en même temps qu'elle. Je me suis fait confiance. La maternité est la plus belle aventure humaine qui me soit arrivée et j'en vis toujours de grands bonheurs qui sont multipliés par trois avec la présence de mes deux petites-filles. 

Je viens d'avoir 59 ans. Je fais des bilans et des constats. Comme maman et comme mamie, tout ce que je peux dire, c'est que j'ai fait de mon mieux avec tout ce que je suis et tout ce que je crois. Quand je vois ma fille et mes deux petites-filles interagir entre elles, avec moi, avec les autres et dans leur univers où elles s'épanouissent, j'aime croire qu'elles sont un miroir qui  reflète ce que j'avais en dedans de moi, qui ne paraissait pas, que j'ignorais aussi mais qui ne demandait qu'à vivre.


29 commentaires:

canneberge14 a dit…

Un texte qui me touche particulièrement...

... "je suis devenue plus forte que mes doutes, comme si j'étais venue au monde moi-même en même temps qu'elle. Je me suis fait confiance. La maternité est la plus belle aventure humaine qui me soit arrivée et j'en vis toujours de grands bonheurs qui sont multipliés par trois avec la présence de mes deux petites-filles"...

Je n'ai jamais souffert ne pas être mère lorsque j'étais plus jeune. Je n'ai jamais pensé que je ne me réalisais pas en tant que femme, en n'ayant pas d'enfants. Je ne sentais pas le manque. J'ai toujours été entourée d'enfants en tant qu'enseignante, marraine, tante et grand- tante....de beaux moments remplis d'amour...mais qui questionnent d'une certaine manière et encore plus, l'absence de rejetons.

Depuis que beaucoup de mes amies ont des petits-enfants...le manque de cette grande aventure humaine se fait sentir plus concrètement et parfois plus douloureusement.

Cependant, je remercie l'Univers d'avoir la capacité de créer facilement des liens avec les jeunes, même les plus fragiles.

Je crois sincèrement qu'on ne peut totalement venir au monde soi-même, sans avoir connu ses propres enfants. Bien que l'on puisse se réaliser dans le bonheur de multiples façons.

Tes photos sont magnifiques. Tu es assurément déjà arrière-grand-mère...Pour avoir déjà rencontré ta famille, je peux affirmer qu'au premier contact, vous respirez l'amour, le respect, le partage et la créativité. Vous êtes beaux au dehors comme au dedans.
Merci d'avoir partager cette profonde réflexion.

Câlins et bisous!


Solange a dit…

C'est un beau récit et bien écrit comme toujours. Je ne sais pas si c'est inné ou si ça s'apprend, étant l'ainée de 10 enfants, ça s'est imposé pour moi assez jeune. Je ne voulais pas répéter l'exploit de ma mère, mais je voulais des enfants et je ne regrette pas d'en avoir eu trois et j'adore mes cinq petits-enfants.

Une femme libre a dit…

La maternité est certainement une grande aventure, quand elle est vraiment voulue. Mais le choix de ne pas avoir d'enfants est maintenant plus respecté et respectable. Il y a tant de voies vers l'épanouissement et le bonheur et ce qui convient parfaitement à l'un est la croix et la bannière de l'autre.

Tu as certainement une belle famille qui fait plaisir à voir!

Le factotum a dit…

Quelle belle aventure vous vivez depuis bientôt trente ans.
Sachez qu'on ne s'en lasse jamais. Attendez de voir ces petits-enfants devenir grands et s'épanouir dans la vie.

Zoreilles a dit…

@ Canneberge : Je te retourne le « compliment », ton commentaire me touche particulièrement. C'est même là, dans cette quête viscérale qu'on portera en nous toute notre vie, qu'on s'est reconnues un jour, qu'on est devenues des sœurs de cœur. Chacune à notre façon, par notre vécu et l'amour qu'on porte aux enfants, on a cherché à s'expliquer comment et pourquoi une mère peut rejeter son enfant. Avons-nous trouvé la réponse? Non mais les événements de nos vies sont en train de nous démontrer qu'on a brisé le cycle.

Ce billet est sans doute mon plus intime. D'ailleurs, je l'ai écrit en pleurant, j'avais besoin de l'écrire pour moi-même. Ce miroir que la vie me reflète dans cette photo d'anniversaire où nous sommes réunies, de voir ma fille être une maman si aimante, de constater combien Félixe s'occupe de sa petite sœur et Blanche entourer de tant de soins « son bébé », est le baume le plus bienfaisant qui soit. Je leur en serai toujours reconnaissante.

Nous avons réussi à nous réparer, chacune à notre façon. Tu as été la mère aimante de beaucoup d'enfants autour de toi. Tu l'es encore. Et ma fille et mes petites-filles ont reconnu ça en toi quand on s'est vues aux Îles, l'été dernier. Je trouvais merveilleux et émouvant de voir Isabelle et toi attablées au Café de la Grave, jaser ensemble dans la complicité et les rires, comme si vous vous étiez toujours connues, Félixe qui était allumée par ta présence, qui t'a chanté la chanson des pêcheurs et fait part de ses découvertes et Blanche se lancer dans tes bras, attirée comme un aimant. Ce cadeau-là, il est pour toi comme pour moi...

Tu es une rassembleuse, une marchande de bonheur, une semeuse d'amour, une fée marraine, une sœur de cœur qui a donné beaucoup plus que ce qu'elle a reçu, c'est de cette manière extraordinaire que tu t'es mise au monde. Je te jure!

Zoreilles a dit…

@ Solange : Dans ton cas, c'était inné, juste en étant l'aînée d'une famille de 10 enfants, tu as été formée à l'amour inconditionnel! Tu aurais pu faire un autre choix que celui d'être mère mais tu as eu les enfants que tu as désirés, au nombre de trois, qui t'ont donné 5 petits-enfants que tu adores. La vie a été bonne et généreuse, comme tu l'as été et tu l'es toujours. Je te sais heureuse, ça se « lit » dans tes toiles, dans tes écrits, dans tout ce que tu dégages, dans ces liens que tu sais créer.

Zoreilles a dit…

@ Une femme libre : Tu as sûrement été beaucoup aimée pour donner autant à ton tour à tes enfants, ceux que tu as mis au monde, ceux que tu as pris sous ton aile, ceux que tu accompagnes dans la vie, contre vents et marées, en dépit de toutes les difficultés. Ça, c'est de l'amour inconditionnel, madame!

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Vous avez plusieurs enfants qui vous ont donné plusieurs petits-enfants. C'est là que vous vous êtes investis tous les deux et tout cela porte fruit. Vos valeurs se sont incrustées en eux au point où ils sont rendus à redonner à leur manière, où ils voyagent partout dans le monde pour apporter de l'aide humanitaire, de la paix, et multiplier à l'infini tout ce qu'ils ont reçu. Ça doit être formidable de récolter ainsi... Vous pouvez être fiers!

Nanou La Terre a dit…

Ah cette petite Blanche, elle t'a toute une binette adorable avec ses grands yeux!

En te lisant, un vieux souvenir m'est revenu: je venais tout juste d'arriver dans une salle où il y avait des jeunes filles qui attendaient pour se faire avorter. Et moi, je me suis dit que ce n'était vraiment pas ma place. Je le voulais cet enfant, envers et contre tout. Je suis repartie toute décidée. Cet enfant, je l'aimais déjà tendrement, c'était Fafouin xxx Et je n'ai jamais eu de regrets.
Le monde est souvent mal fait et souvent injuste. Il y a celles qui tombent enceintes si facilement et n'en veulent pas. Et il y a celles qui, comme toi, attendent longtemps, longtemps, après plusieurs essais. Ça prend beaucoup de maturité et d'empathie pour accepter dans son coeur le choix des autres, alors que toi, tu voulais tellement. J'admire... xxx

Zoreilles a dit…

@ Nanou : Oui, Blanche, c'est notre ti clown, c'est tellement un âge adorable, 2 ans. En plein dans son « terrible two », elle peut péter sa coche pour une niaiserie et deux secondes après, t'offrir son plus beau sourire!

Ton souvenir confirme que quelle que soit la décision que prend la mère, une fois qu'elle est décidée, elle doit l'assumer pleinement pour qu'au final, il n'y ait aucun regret et le moins possible de culpabilité. Ton beau Fafouin, comme tous les enfants du monde, méritait d'être un enfant désiré et aimé inconditionnellement. Et c'est ce qui s'est produit, pour ton plus grand bonheur.

Là où je trouve le monde mal fait et souvent injuste, c'est quand on met un enfant au monde et qu'on ne l'aime pas tel qu'il est. Celles pour qui c'était trop facile de tomber enceinte, je ne les enviais pas du tout. Elles vivaient un drame que je comprenais. Autant je voulais un enfant, autant elles n'en voulaient pas à ce moment-là mais il était déjà conçu et dans un cas comme dans l'autre, c'était une situation difficile à laquelle on cherchait une solution. Qu'elles poursuivent leur grossesse ou pas ne m'enlevait rien, ne me donnait rien, mais quand une fille me confiait ses inquiétudes et ses doutes sur sa capacité à mettre au monde et faire grandir un petit enfant dans les meilleures conditions possible, je me disais qu'il fallait qu'elle aille au bout de sa démarche (interruption de grossesse) que ça ferait un enfant malheureux, malchanceux ou mal aimé de moins.

Je crois fondamentalement que chaque enfant devrait naître avec une chance égale mais hélas, ce n'est pas toujours comme ça que ça se passe. Il y a tant d'enfants mal aimés et ça, vraiment, ça me brise le cœur. Dans la salle d'attente à l'époque, quand je recevais leurs confidences, j'ai dit à plusieurs filles qui doutaient encore que j'admirais leur courage et leur grand cœur de prendre cette décision en fonction de l'enfant qu'elles portaient autant que pour elles-mêmes.

Nanou La Terre a dit…

Merci beaucoup pour ce beau témoignage toujours empreint d'une belle empathie pour les autres Zoreille et, oui, je suis parfaitement en accord avec toi!
Cela me rappelle aussi il y a 4 ans; j'accompagnais un Fafouin et une Véro déchirés pour l'avortement de cette dernière. Ils avaient réclamé ma présence. Véro me réclamant seule après L'avortement: " Je me sens si vide et démolie, j'ai tellement de peine... Je l'aimais déjà cet enfant mais on était pas outillés pour lui, on était pas prêts..."
Comme je pouvais comprendre son déchirement. J'ai mis de côté ma propre peine. C'était tellement une drôle de sensation: c'était mon petit-fils ou ma petite-fille...
Je me rappelle d'un Fafouin qui raccompagnait par les épaules une Véro toute faible encore. Rendue à leur appartement, je leur ai dit d'aller se reposer tous les deux. Pendant ce temps, je leur ai fait un ménage du tonnerre dans le salon et cuisine (vaisselle de 3 jours, bouteilles de gros fort vides, cendriers remplis, poussière qui roulait au sol et verres vides un peu partout) Tout était resplendissant lorsqu'ils se sont levés.

Je me suis dit qu'ils avaient pris la bonne décision...

Bizous et bonne semaine!

Zoreilles a dit…

@ Nanou : Ton amour des enfants va jusque là... « J'ai mis de côté ma propre peine. C'était tellement une drôle de sensation : c'était mon petit-fils ou ma petite-fille... »

Ceux que tu as accompagnés dans cette épreuve étaient eux-mêmes encore des enfants qui avaient besoin d'aide. Ils avaient le goût et l'élan du cœur de mettre au monde cet enfant mais en avaient-ils vraiment la maturité et la stabilité émotive qu'il fallait? Non. Véro te l'a confirmé verbalement, malgré sa peine et ce vide qu'elle ressentait. Fafouin a fait preuve de solidarité envers elle. Ils avaient grandi assez pour prendre cette décision mais pas suffisamment encore pour un pareil engagement qui dure toute la vie. Et toi, tu les as enveloppés d'amour avant, pendant et après ce moment difficile. C'est ça, de l'amour inconditionnel.

Toutes celles que j'ai croisées dans la salle d'attente de la clinique de planification des naissances pendant ces 2 années où je la fréquentais pour d'autres motifs que le leur avaient à peu près le même profil que Véro sauf que je n'en ai vu aucune être accompagnée d'un conjoint ou d'une personne aimante à leurs côtés. Elles étaient seules face à leur destin. Terriblement seules. C'est pourquoi elles se confiaient si facilement à moi, en croyant que je vivais la même chose qu'elles. Elles avaient surtout besoin d'être écoutées. Plus que ça, elles avaient besoin d'être entendues vraiment, approuvées et soutenues, même si on n'allait plus jamais se revoir, je crois avoir été à la bonne place au bon moment pour ces filles-là. Pour moi, comme pour toi, l'amour des enfants allait jusque là!

Gelisa Lise a dit…

ça me touche, je dois dire que je suis jalouse de vous, Zoreilles, Nanou, Solange, qui êtes proches de vos enfants et petits enfants.

Merci Zoreilles pour ce très beau texte.

Zoreilles a dit…

@ Gelisa Lise : Que je suis contente de te « revoir » par ici. Il y avait longtemps... T'en fais pas, je connais et reconnais la chance que j'ai d'être proche de mon monde. Proche géographiquement et proche dans tous les sens du mot.

À bientôt j'espère, porte-toi bien et bon été!

Jackss a dit…

Aimer ses enfants, ça vient tout seul, je crois, du moins pour la plupart des parents. Ça vient tout seul même dans les circonstances les plus ingrates lorsqu'elle se présentent.

Nos enfants, c'est ce qui nous touchent le plus. On ne veut que leur bonheur. En même temps, on est tellement sensible à tout ce qui peut leur arriver. On s'en inquiète facilement. Et je ne sais pas si c'est une illusion, mais il me semble que nous sommes dans une époque qui contient tellement d'embuches. Notre plus grand défi, c'est de demeurer optimiste, confiant en l'avenir; croire que tous les malheurs qui ne cessent d'alimenter l'actualité, c'est une étape nécessaire pour une meilleure évolution de notre société.

Zoreilles a dit…

@ Jacks : C'est vrai qu'aimer ses enfants, en principe, ça vient tout seul, pour la plupart du monde. Mais tu sais, on peut aimer ses enfants et les aimer mal, par exemple, leur faire porter le poids des deuils qu'on n'a jamais faits ou des situations qu'on n'a pas réglé soi-même...

J'ai écrit ce billet pour moi-même, pour faire la paix avec quelque chose qui vient de loin, d'avant même ma naissance. J'avais tout à apprendre dans la maternité et j'en ai toujours été consciente. C'est seulement lorsque je vois ma fille être une mère si aimante avec ses deux petites filles que je suis finalement rassurée.

Je n'aurais sans doute pas dû publier ce billet qui était trop intime et personnel mais je me disais qu'il ne ferait de mal à personne et que sous certains aspects, il pouvait toucher des cordes sensibles et susciter des échanges enrichissants... dont des commentaires comme le tien.

Merci d'être passé, l'ami Jacks. J'espère que tu passes un bel été!

Jackss a dit…

Mais non, ce billet était tout à fait approprié, Zoreilles

Ton expérience et tes sentiments sont touchants. Ils valaient la peine d'être exprimés et partagés. Bien sûr, ils ont un écho différent d'une personne à l'autre. C'est normal. Mais c'est aussi ça qui fait la beauté et la richesse d'un texte, d'un roman, d'une poésie.

Les grands artistes ont souvent parlé de la surprise qu'ils éprouvaient en réalisant l'interprétation des auditeurs de leurs compositions. Tous tes textes me rejoignent et m'interpellent. Tu es toi-même en toute occasion et ça contribue beaucoup à rendre tes billets si rafraîchissants.

Zoreilles a dit…

@ Jacks : Oh merci, mon ami Jacks. C'est ça, l'amitié au-delà du temps et de l'espace, tu vois toujours juste le meilleur de la personne!

Jackss a dit…

Zoreilles,

J'aurais pu en ajouter beaucoup plus, en toute sincérité. C'est drôle, instinctivement, j'ai eu le goût de relire ton billet. Je l'ai fait. Il y a là quelque chose de fascinant, un hommage à l'instinct maternel. C'est inné et tu le montres bien: ça se manifeste très tôt.

J'ai bien aimé ce commentaire sous une photo: Le lendemain, 5 juillet, Blanche prend une pause dans les bras de sa maman, Isabelle, mais même si elle est très fatiguée, elle n'abandonne jamais « son bébé »! Il y a là quelque chose de fascinant et d'émouvant.

J'ai une voisine de 31 ans qui nous visite régulièrement. Elle a 4 enfants. Par la fenêtre, nous la voyons régulièrement dehors en train de s'occuper de ses enfants, faire de l'exercice avec eux, jouer avec eux en toute saison. Un jour je lui ai dit: C'est de la vraie poésie de te voir dehors avec tes enfants. Elle m'a répondu: C'est parce que tu n'as pas le son. C'est pas toujours comme ça.

Zoreilles a dit…

@ Jacks : Tu crois que l'instinct maternel est inné? Et moi j'étais persuadée, au contraire, que ça pouvait s'apprendre, qu'on pouvait changer de pattern si on le souhaitait vraiment très fort. Il faudrait que je prenne le temps de me relire comme tu l'as fait!

Moi aussi, Blanche me fascine et m'émeut, avec « son bébé » qu'elle amène partout et dont elle prend grand soin. Elle a plusieurs poupées, toutes plus belles les unes que les autres, mais c'est de ce bébé-là qu'elle se préoccupe, peut-être parce qu'il a besoin d'amour et qu'elle en a tant à donner? Pour elle, en tout cas, ça semble inné, l'instinct maternel, elle a appris avec la meilleure, elle imite sa propre maman et je trouve ça beau...

Ta voisine de 31 ans, mère de 4 enfants, est une inspiration. En plus, elle n'a pas perdu son sens de l'humour et elle sait tout dédramatiser!

J'aurai aussi le bonheur de vivre une grande proximité avec tout mon petit monde dès demain matin, pour quelques jours. Nous partons toute la petite famille à notre camp en forêt, à Rapide Deux. On est en vacances! Je suis certaine que Blanche y amènera « son bébé », Félixe a plein de projets (se baigner, retrouver son radeau, nourrir les pies pour montrer à sa petite sœur comment faire, terminer le tipi qu'on avait commencé ce printemps, pêcher des dorés, les déguster quand ils sont frais, se pratiquer au tir à l'arc, faire du canot avec son père, etc. J'ai cuisiné d'avance plein de choses, ce sera autant de temps de gagné à l'heure des repas pour faire plein d'activités en espérant que le soleil soit au rendez-vous.

J'admire beaucoup la manière qu'ont ma fille et mon beau-fils d'aimer et d'éduquer leurs deux filles, ils leur transmettent des valeurs que je trouve inspirantes. Encore tout à l'heure, je suis passée chez eux vite fait et Félixe était en train de jouer à un jeu sur le téléphone cellulaire de son père. À mon arrivée, elle a tout arrêté, s'est jointe à nous pour une petite jasette et elle est retournée à son jeu ensuite, à tel point que je l'avais un peu oubliée. Comme je quittais, ses parents lui ont dit : « Félixe, Mamie s'en va, tu viens lui faire un câlin? » et elle a répondu : « Excuse-moi Mamie, je savais pas que tu partais si vite, je ferme ça tout de suite! » Je n'en demandais pas tant mais quand ses parents ont dit que c'était la règle à la maison, qu'en présence des personnes, on ne s'isole pas sur un ordinateur ou un cellulaire, j'ai dit à Félixe : « Tes parents ont beaucoup de respect et toi aussi, j'espère que tu te souviendras toujours que les personnes sont plus importantes que les ordinateurs et les téléphones ».

Lise a dit…

Chère Francine/Zoreilles,

quel beau billet, bouleversant au possible. J'adore les enfants, et (dans une autre vie) je rêvais d'être maman, ce qui n'est pas arrivé. Aujourd'hui, avec le recul, il valait mieux que mes gènes se terminent avec moi étant donné l'historique de maladie mentale dans ma famille. À soixante ans je ne regrette rien finalement...

Tu ne me croiras peut-être pas Francine, mais ne pas avoir donné la vie ne me fait pas sentir coupable de n'avoir pas rempli mon rôle de femme (selon un commentaire malveillant); longtemps j'ai souffert de ne pas être mère mais je me dis que rien n'arrive pour rien.

Je suis passée ici ce soir pour un petit coucou; si je lis tes textes je ne fais que survoler les commentaires (honte à moi) mais ça me fait tellement de bien de lire tes mots. Un réconfort total. Je n'ai jamais oublié l'accueil reçu ici, lorsque j'étais beaucoup trop bavarde.

Je n'ai plus le temps de visiter les blogues, mais j'ai une mémoire infaillible et me rappelle parfaitement ce que tu as enduré afin que votre fille Isabelle naisse. Je me souviens de ton père, près de toi alors que tu étais au lit, et du petit cheval blanc qu'il t'avait découpé. Tu sais de quoi je parle...

J'admire au delà des mots ces jeunes parents, tels Isabelle et Dominic qui travaillent à temps plein tout en prenant soin de leurs enfants. Nous vivons à une époque épuisante, et ce n'est pas peu dire.

Je devrais être plus présente dans ta maison virtuelle, mais je suis si épuisée le soir que je me couche à l'heure des poules (et même avant elles souvent), et le matin sortir de mon lit (mon nid, mon cocon, l'endroit le plus douillet du monde) me demande mille efforts.

Ceci dit, maman va bien dans son CHSLD, et je suis toujours là pour elle. Je ne l'abandonnerai jamais,

Lise XX

Lise a dit…

Zut! Bon anniversaire un mois en retard Francine, ainsi qu'à la ravissante petite Blanche.

Encore Lise,

XX

Zoreilles a dit…

@ Lise : Si ce billet t'a réconfortée, il m'a fait le même effet, crois-moi! J'avais besoin de l'écrire...

Quand tu dis : « Tu ne me croiras peut-être pas Francine, mais ne pas avoir donné la vie ne me fait pas sentir coupable de n'avoir pas rempli mon rôle de femme (selon un commentaire malveillant);», tu me confirmes qu'il fallait que j'écrive ce billet, tant pour moi que pour toutes celles qui sont victimes de préjugés ou d'idées reçues sur le sujet. Je connais des femmes tellement aimantes qui auraient fait d'excellentes mères mais elles ont sublimé ce désir d'enfanter en aimant des enfants qui ne sont pas les leurs mais qu'elles ont « élevés » dans le sens le plus noble du mot. Elles ont aimé infiniment les enfants. Point.

Par contre, l'inverse est aussi malheureusement vrai. Certaines mères n'ont pas aimé suffisamment leurs enfants ou elles les ont mal aimés... Et ça prend toute une vie et une résilience à toute épreuve pour guérir de n'avoir pas été aimé par sa propre mère. Il n'y a pas pire rejet au monde pour un enfant.

Je suis contente d'avoir de tes nouvelles et celles de ta maman. Je sais bien que tu ne l'abandonneras jamais, tu es comme Blanche avec son bébé! J'ai passé beaucoup de temps en famille dernièrement (on est en vacances) et hier soir encore, j'étais avec Blanche qui m'apprend tellement sur la vie, comme Félixe d'ailleurs, et ma fille et mon beau-fils, et Papi Gilles avec lequel je partage tant de coups de cœur et de passion.

Au plaisir de te « revoir » par ici, tu es gentille d'être passée, ça m'a fait grand plaisir et tu reviens quand tu veux, il n'y a aucune obligation, tu sais, ma porte est toujours ouverte!

OX Jerry a dit…

Bonjour Zoreilles, voilà une belle réflexion sur la maternité. Est ce que cela va de soi ou non ? Est ce que cela s'apprend ? Tu l'écris toi même tu délaissais tes poupées sauf une qui avait ta préférence.

Je pense que la maternité (en même temps en tant que mec, il m'est difficile d’émettre un avis ) est une chose innée et que notre propre enfance joue beaucoup pour ce que l'on pourra donner ou non . Après , il y a la société qui pousse les gens à enfanter pour des raisons économiques et aussi le poids des questions qui font que si une femme (ou un homme ) n'a pas d'enfants , elle n'a (ou il n') rien construit dans sa vie , ce qui est faux évidemment.

En tout cas, c'est un beau reportage une fois de plus !!

Zoreilles a dit…

@ Jerry OX : J'aime bien ta réflexion « de mec » au sujet de ce qui pousse des gens à avoir des enfants ou non. Évidemment qu'il y a une pression sociale, je l'ai bien senti moi aussi quand j'étais en âge de procréer et je la ressens encore!

Même si la société évolue (un peu quand même) il reste encore une grosse pression sociale et on le ressent toujours. Par exemple, quand un couple n'a pas d'enfant, on leur demande sans cesse « c'est pour quand, un enfant? ». Quand ils ont un enfant, on leur demande « c'est pour quand, un deuxième? ». Et pour ma fille qui en a deux, maintenant la question qui se pose, c'est : « Est-ce que votre famille est complète ou bien si vous en voulez d'autres? »

Dans le temps que j'étais jeune maman, on me disait tout le temps « faudrait bien que vous lui fassiez un petit frère ou une petite sœur, pour ne pas qu'elle soit enfant unique » et j'ai entendu tous les préjugés du monde au sujet des enfants uniques!

Jackss a dit…

Bonjou r Zoreilles,

Tu as passé de belles vacances? Nous cette année, on a passé notre tour. Trop d'ouvrage, de jardinage et d'imprévus à tout point de vue. Mais, l'année prochaine, pas de jardin. Et cet hiver, on veut pour le vrai planifier une visite aux Iles de la Madeleine. Laure le veut. Donc Dieu le veut.

Pour la maternité, chacun est libre de faire ce qu'il veut. Mais, je t'envie un peu. Laure et moi, nous aurions bien aimé être grand parents. La vie en a décidé autrement. Et nous respectons le choix de nos enfants. Et ce choix, c'est un peu leur réalité qui s'est imposée d'elle-même comme le cours d'une rivière qui trouve son chemin de lui-même.

Zoreilles a dit…

@ Jacks : Oui, j'ai passé de très belles vacances, merci. On n'est pas allés loin cette année nous autres non plus mais on était... très bien accompagnés (!) et ça a fait le travail de dépaysement et de ressourcement qu'il nous fallait!

Nous autres aussi, on va aux Îles à l'été 2017 mais j'ignore encore quelles seront nos dates et notre moyen de transport (probablement l'avion?...) Avec mon beau-frère et ma belle-soeur, on en parle depuis l'année dernière et on va se faire quelques réunions au cours de l'automne pour organiser notre voyage.

Laure et toi devez respecter les choix et les réalités de vos enfants. Mais vous êtes des grands-parents formidables, j'ai eu l'occasion de vous voir à l'œuvre lorsqu'Isabelle était enfant et de la manière dont tu parles de ta voisine avec ses enfants. Je vous souhaite sincèrement de devenir des grands-parents adoptifs pour des enfants de votre entourage, vous avez tellement à leur apporter...

OX Jerry a dit…

Bonjour Zoreilles, et oui, La société évolue avec les années mais il existe, comme tu le dis, une grosse pression sociale à propos de l'enfantement ..Que chacun fasse ce qu'il souhaite et ce serait bien ! Bon mardi Zoreilles !

Zoreilles a dit…

Bonjour Jerry OX!

Tu as raison de dire « Que chacun fasse ce qu'il souhaite et ce serait bien ». Ne serait-ce pas la solution à beaucoup de nos problèmes? On abolirait ainsi le racisme, le sexisme, la discrimination sous toutes ses formes? Pourquoi est-ce si difficile à comprendre et surtout à intégrer dans nos sociétés? Et pourquoi devrait-on tous penser et agir de la même façon? Moi, quand je croise quelqu'un de différent de moi et qu'il/elle ouvre la porte à la discussion, il n'y a rien que j'aime plus que d'échanger dans le respect et d'apprendre de l'Autre!

Ce serait si simple pourtant...