jeudi 24 mai 2012

Consolation






Photo 1 : Une étoile est née! Dimanche dernier, après souper, entre la berçante et le poêle à bois. Elle n'interprète que ses propres chansons, paroles et musique. Chorégraphie et mise en scène. Production et réalisation. Une artiste multidisciplinaire!

Photo 2 : Quand on a une robe qui tourne, il est primordial de la faire tourner beaucoup beaucoup.

Photo 3 : Comme dans tout bon spectacle, celui-là comportait des moments tendres.

Photo 4 : Le spectacle terminé, l'artiste a tout donné, le public est conquis, ça applaudit à tout rompre.

Photo 5 : Hors de la scène, l'artiste demeure très accessible et trouve son inspiration dans la nature.

Consolation

La crise sociale qu'on vit au Québec présentement n'en finit plus de prendre tellement trop de place dans nos médias et dans nos vies. J'ai mes opinions, mes convictions et  ça ne vous étonnera pas que je vous dise que je penche toujours du côté de notre jeunesse, que je reste ouverte aux compromis, mais que j'admirerai jusqu'à la fin ceux qui se lèvent debout pour ce en quoi ils croient, dont nos libertés.

J'observe depuis le début comment notre société québécoise se comporte, les partis politiques, leurs stratégies, et les médias, comment ils traitent l'information, les factions étudiantes, leur mobilisation sans précédent, et dans tout ça, l'opinion publique qu'on manipule si facilement, la polarisation des positions et des débats, l'évolution (le terme est très mal choisi, je l'admets) de toute cette crise. 

Au moins, me disais-je, si on se déchire la chemise entre gens d'une même famille ou d'un même groupe, il se passe quelque chose d'encourageant : on est en train de se réveiller, de prendre conscience de nos forces, de nos richesses, se les approprier et les défendre, de comprendre comment ça marche, de réaliser le pouvoir qu'on a quand on se tient,  qu'on rallie du monde autour des valeurs qui nous sont chères. 

Ce que je voyais et que j'entendais autour de moi depuis le début me laissait croire que les médias et les sondages se faisaient complices lorsqu'ils affirmaient que la population du Québec approuvait la loi 78, la position du gouvernement qui fait la sourde oreille devant les revendications des étudiants et toutes sortes de balivernes que je classais parmi les exagérations mises de l'avant par ceux qui y gagnaient quelque chose.

Je m'étais trompée royalement. Autour de moi, j'avais beau écouter tout le monde, lire tout ce que je pouvais, m'abreuver à plusieurs sources, mon « autour de moi » n'était pas du tout représentatif de la réalité.

Je l'ai constaté hier avant-midi à mon grand désarroi, lors d'une petite réunion impromptue de quelques personnes dans la balançoire chez ma mère, au soleil, en prenant un jus d'orange et des nouvelles de tout un chacun.  Il faut dire que j'étais la plus jeune du groupe, mais en principe, ça ne devait pas changer la donne tant que ça.  Tous ceux qui étaient là avaient des enfants et des petits-enfants.

En un peu plus d'une heure, je n'ai jamais entendu autant de réactions vives, émotives, impulsives, déchaînées, mensongères, accusatrices, martelées violemment et sans aucune écoute pour une autre opinion, un peu d'ouverture, de réflexion, d'analyse, un jugement éclairé, critique et nuancé. Non, j'assistais en direct à une démonstration de la plus pure démagogie. Je n'ai pas pu placer un mot, ou rétablir quelques faits, d'abord, ils ne s'écoutaient même pas entre eux, et ensuite, je ne savais pas par où commencer, j'étais tellement sous le choc. Ils méprisaient leurs propres petits-enfants!

On a probablement pensé qu'on m'avait convaincue et que j'étais de leur bord. Non. Je pensais seulement qu'il ne valait pas la peine d'en discuter, le contexte ne s'y prêtait pas, je me serais épuisée davantage que je l'étais déjà. Mais je ne serai jamais du bord de la la peur, de la haine ou du mépris. Jamais. Si l'on ne s'est pas aperçu de ça dans mon non verbal, c'est qu'on ne considère pas le minimum de base de tout ce que je suis, qu'on ne me reconnaît pas comme une personne valable.  Je l'ai pris personnel. Refuser d'écouter, c'est mépriser. C'est ça que les étudiants arborant le carré rouge ressentent au Québec depuis 102 jours.
Je suis partie de là le coeur en miettes. J'étais déçue et heurtée mais j'étais devenue réaliste, ayant perdu beaucoup d'illusions. Ça s'est fait dans le plus grand des silences pour ma part. Dorénavant, quand je lirai ou que j'entendrai que le gouvernement Charest, en agissant comme il le fait à propos de la crise actuelle, du Plan Nord, de la corruption, de l'exploitation de nos richesses, de l'environnement, la santé, l'éducation ou de tout autre sujet d'importance, je saurai qu'il continue de marquer des points auprès d'une grande partie de la population (celle qui se garroche pour aller voter) qui considère qu'il « met ses culottes » et gouverne le Québec comme le plus grand nombre le veut. 

Nos médias ne parlent que de ça. Ils négligent tout le reste.

Saviez-vous que la forêt brûle ici? Oui oui, notre belle forêt boréale s'en va en fumée ces jours-ci. Plus de 30 feux de forêt rien qu'en Abitibi-Témiscamingue, et encore plus dans le Nord-Est ontarien, juste à côté, qui prennent de l'ampleur à cause des forts vents et des conditions climatiques de sécheresse qui sévissent. À l'est de Senneterre, un seul de ces feux, hors de contrôle, a déjà brûlé 17 000 hectares. Les pompiers forestiers de la Sopfeu sont débordés, ils ont besoin de l'aide de leurs collègues de l'Ontario, du Maine (aux États-Unis) et de tous ceux qui peuvent prêter des avions CL-415, du matériel et du personnel qualifié.

Saviez-vous qu'on vend aux plus offrants les richesses de votre sous-sol, oui oui, votre sous-sol qui contient de l'or et des métaux précieux? Ça se passe au nord du 48e parallèle, sur la Côte-Nord, en Abitibi-Témiscamingue surtout, et dans le Nord-du-Québec. Qu'est-ce qu'on fait de nos îles, celles d'Anticosti et les Iles de la Madeleine, entre autres, qui renferment sur leurs côtes des richesses gazières et pétrolières? Et le gaz de shiste dont l'exploitation pas tout à fait au point pourrait mettre en péril des régions entières, en Montérégie et autour du fleuve St-Laurent?
Vous ne le saviez pas, hein? Non, depuis deux mois, on nous présente aux 5 minutes les moindres mouvements de foule au coin des rues Berri et Sainte-Catherine, ou quelques rues plus loin, les arrestations qui se multiplient, les manifestations illégales, nocturnes, quotidiennes, et s'il y a une petite madame qui braille quand on l'embarque dans un char de police, on va nous présenter ça ad nauseam jusqu'à ce que vous pleuriez avec elle à force qu'elle vous est devenue intime et familière.  Ça aussi, ça me choque.

Ce qu'on présente du Québec, ce sont toujours les mêmes faces, les mêmes ponts, les mêmes réalités urbaines, les mêmes coins de rue, les mêmes voyous, comme si tout le reste n'existait pas. Le grand Néant savamment orchestré. Comment peut-on s'approprier notre pays, nos ressources, nos richesses et notre territoire quand on ne sait pas ce qu'on a, qu'on ne le voit jamais, qu'on en entend jamais parler autrement que dans le contexte tordu du « Plan Nord » qu'on nous vend à n'importe quel prix. Poser la question, c'est y répondre et de là, cette facilité de nos dirigeants de les vendre aux plus offrants dans notre dos sans qu'on le sache. Bébé fafa comme tout, le territoire est abstrait, il n'existe pas, personne ne s'y intéresse de toute façon.

C'est vrai que je suis une mamie complètement gaga de ma petite-fille. C'est pas original. Quand je la vois grandir et s'épanouir comme enfant, je m'inquiète de la société que je lui laisse, cette société québécoise inconsciente de tant de choses importantes et par le fait même complice des réseaux d'information continue qui forment (et surtout déforment) l'opinion publique. Une société qui achète tout et n'importe quoi, à partir du moment où c'est vendu par une grosse machine bien organisée, des stratégies de communication formidablement huilées qui continuent de faire la job.

Elle est trop petite, la  Félixou, pour  qu'on lui explique la loi 78, cette entrave dangereuse à nos libertés, nos droits, à notre démocratie. D'autres, beaucoup d'autres, supposément adultes et plus informés qu'elle ne le réalisent même pas, se désintéressent de l'essentiel de ce pays, s'insurgent contre  les luttes sociales de leurs petits-enfants et les traitent de tous les noms, approuvent l'humiliation et applaudissent, au contraire, ce gouvernement-là  qui « met ses culottes » en écrasant tout espoir chez « les enfants rois qui font du trouble » et qui se mobilisent pour quelque chose qui leur tient à coeur. 

Alors, quand je la vois danser, chanter et composer des chansons qui parlent d'amour, de lièvres, d'oiseaux, de castors, de fleurs, de robes qui tournent, des papas, des mamans, des papis, des mamies, des amies de la garderie, du lac et des poissons, ça me console un peu qu'il lui reste encore de belles années d'innocence devant elle.

44 commentaires:

crocomickey a dit…

Difficile cette crise pour un peu tout le monde ...

Zoreilles a dit…

@ Crocomickey : Plus qu'on ne le croit...

Marico a dit…

Chère Zoreilles.
Sans nouvelles depuis longtemps (je te lisais tout de même), j'ai été emportée par le vent et l'énergie de ce printemps 2012.
À côtoyer une jeunesse de tous les âges, j'ai senti renaître mes ardeurs citoyennes, l'espoir dans un Québec neuf, fort, égalitaire. Et je me suis du même coup rapidement heurtée à une réalité qui m'enrage et me désole, - celle là même que tu décris - les médias, l'hypocrisie, les tromperies, la haine, les ragots, les peurs et j'en passe.
Et pourtant c'est avec une détermination renouvelée, que je vais continuer à dialoguer, à m'instruire pour partager, à participer, à protester, à écrire, à peindre et à jardiner. Cette énergie-là, je me la dois mais je la dois aussi aux jeunes que je fréquente et dont j'apprécie de plus en plus l'ardeur citoyenne.
Je veux vivre jusqu'à 120 ans pour les voir à l'oeuvre.
Tu sais, de très nombreux citoyens ne sont pas dupes des médias qui jouent le jeu du pouvoir et de l'argent, ni d'un gouvernement qui profite de l'agitation pour distraire l'opinion publique et continuer son "beau travail" dans les régions et au Nord.
Ces jours-ci, les citoyens des villes apprennent à se côtoyer, à se connaître en manifestant et en frappant sur des casseroles. Un jour prochain, nous serons tous, régions et grands centres citadins, les doigts d'une même main, unis, pour créer le monde dont nous rêvions chacun pour soi.
René Levesque, Michel Chartrand, Pierre Falardeau, Gaston Miron pour n'en nommer que quelques-uns m'apparaissent maintenant comme des visionnaires. Ils étaient hommes d'avenir, un avenir devenu notre présent.
Dans mon entourage, il m'est aussi arrivée de vivre la même chose que toi. J'ai pris le parti de la bonne humeur et de la taquinerie avec ces gens-là qui ont au fond surtout besoin d'être rassurés. Je les aime comme ils sont, alors ils sont bien obligés de m'aimer un peu et... mes idées aussi mine de rien.
Un gros bisou à toi et ton adorable petite fée. Ma forêt estrienne salue la tienne. À bientôt.

Guillaume a dit…

En d'autres temps et pour d'autres événements, je trouverais aussi que les médias parlent trop du conflit étudiant. Néanmoins, je crois que l'on assiste à "quelque chose" d'historique. C'est la naissance d'un mouvement plus large, les institutions sont sur le point de craquer et l'équilibre est fragile.

Je crois que les médias doivent couvrir ce qui se passe. Et j'invite tout le monde à suivre également les infos sur Twitter ou CUTV car ces réseaux apportent des éléments complémentaires, parfois choquant et ignorés des médias traditionnels, notamment sur la brutalité policière lors de manif. Je crois que le printemps et l'été 2012 marquera le Québec.

Réjean a dit…

Comme je te comprends, Zoreilles!

J'ai lu ton billet religieusement, en ressentant chacun des mots issus de ton cœur, avec sans doute la même émotion que toi.

J'en ai les larmes aux yeux en ce moment même et je fais le même constat que toi, à savoir que le clivage qui s'annonçait depuis déjà plusieurs années, a désormais scindé la population toute entière, en deux polarités totalement opposées. Cela se passe partout sur la planète. À travers les tons de gris qui avaient tendance auparavant à adoucir les divergences, on aperçoit de plus en plus leurs extrêmes, noir ou blanc.

Il est vrai qu'entre ces deux extrêmes il n'y a aucun dialogue possible. J'avais mes illusions moi aussi, je les ai presque toutes perdues il y a 11 ans. J'ai beaucoup cheminé depuis et il y a 2 ans, j'ai tenté à ma manière, avec le peu d'illusions qu'il me restait, de réveiller les gens pour qu'ils retrouvent leur souveraineté et leur dignité. Je croyais vraiment que je pourrais jouer un rôle dans cet éveil nécessaire. Mes toutes dernières illusions se sont envolées aussi. J'ai été lent à comprendre; on ne peut pas changer les gens, ils ne peuvent se changer que par eux-mêmes.

Chacun y va de sa « raison » et tient à avoir raison. De chercher à ajouter notre raison à toutes les raisons ne fera qu'intensifier les crises quelles qu'elles soient. Ce n'est pas la raison qui compte, mais notre conscience qui elle, si on l'écoute, est unitaire, alors que les raisons de chacun divisent. Il faudra malheureusement que plusieurs souffrent, tout camp confondu, avant de comprendre cela.

Comme le dit Guillaume, «les institutions sont sur le point de craquer et l'équilibre est fragile». C'est désormais la peur qui guide les dirigeants responsables de la pagaille financière, ainsi que de tout ce chaos et qui se savent démasqués dans leurs manigances. Un animal qui est acculé dans un coin devient extrêmement dangereux. On n'a malheureusement encore pas vu grand chose.

Il faudra bien un jour que cet abcès sociétal se crève. Il est possible que cela fasse très mal d'ici là. Pour ma part, je vais demeurer lucide et éveillé, mais paisible et non participatif, ni d'un bord ni de l'autre. Désormais je vais lâcher prise et j'attendrai à l'écart autant que possible. Si on m'impose quelque chose qui va contre ma conscience, je n'obéirai pas, peu importe ce qu'on me fera car je n'ai plus rien à perdre. J'appelle ça une désobéissance passive, à la Gandhi.

Quand l'abcès sera crevé, j'espère encore un retour aux nuances de gris, faute de voir de plus belles couleurs appartenant à un tout autre paradigme.

Zoreilles a dit…

@ Marico : Tu m'encourages... mais en même temps, parce que je suis entourée de personnes comme toi dans mes réseaux, j'en étais venue à croire que nous étions nombreux à penser ainsi. Carré rouge ou pas. Participation ou pas. Opinion exprimée ou pas. Mais je me berçais d'illusions. Je faisais fausse route. C'était ça, mon erreur, elle prenait sa source dans mon « autour de moi » pas représentatif de la masse. Je suis tombée de haut.

Je leur ai même pas dit que mes enfants marchaient pacifiquement dans les rues de notre ville, avec la petite aussi pour qu'elle vive tout ça avec eux, ils s'impliquent, s'entraident, se mobilisent, écrivent et chantent pour leurs convictions, pour leur pays du Québec, ils sont signataires d'une sorte de refus global, comme citoyens et comme artistes. J'ai même pas eu le temps de leur dire, et puis, ça aurait servi à quoi?

Je suis encore sous le choc. Normalement, je serais comme toi, je tournerais ça en bonne humeur et taquinerie. J'essaierais de passer une petite réflexion de temps en temps, à tout le moins je tenterais de rétablir certains faits, d'amener un autre angle d'analyse mais... J'en suis réduite au silence, c'est le mieux que je puisse faire pour le moment.

Merci de ta présence, de ton bisou et des salutations de ta forêt solidaire à la mienne!

Zoreilles a dit…

@ Guillaume : Sans l'ombre d'un doute, le printemps et l'été 2012 sont déjà historiques!

Ça va bien au-delà de la hausse des frais de scolarité, j'en conviens moi aussi.

Dans les médias traditionnels, on en parle toujours sous le même angle : spectaculaire. Limité à quelques coins de rue dans la ville. Pourtant, les étudiants de partout se sont mobilisés, concertés, ils ont marché, se sont exprimés, souvent soutenus et appuyés par des travailleurs, des aînés, des parents, grands-parents, groupes sociaux, organismes, name it. Est-ce qu'on voit ça? Non.

Est-ce qu'on analyse la situation, les points de vue, les motivations? Est-ce qu'on varie les sources? Non. On s'obstine à savoir qui a fessé le premier, s'il y avait 100 000 ou 250 000 personnes, toujours les mêmes informations qui sont de l'ordre du détail insignifiant mais pas du contenu sérieux.

M'informer davantage sur Twitter et sur CUTV? Je suis pas capable, j'en sais déjà trop et je dois élargir mon « autour de moi », parce que la désinformation qu'ils gobent sans réfléchir, la majorité dont j'ai eu quelques exemples hier, je manquerais pas d'arguments pour les faire taire, si j'en ai plus que ça, je vais m'étouffer.

Je voudrais bien avoir ta science, ton analyse et ton calme, ton optimisme devant ces grands mouvements de société que tu vois se dessiner.

Zoreilles a dit…

@ Réjean : Je pourrais signer ton commentaire autant que toi. On est dans le même état. On vit ça de la même manière. Tu opposes la conscience et la raison, c'est bien dit, quand on prend la peine d'y réfléchir.

Comment des gens peuvent continuer d'encenser un homme, une femme, un parti politique, quel qu'il soit, aux dépends de ses propres enfants et petits-enfants? Ne pas écouter deux minutes un point de vue qui est celui de leur continuité et se laisser péter de la broue pendant des heures et des jours par des réseaux de télé et des journaux à sensation?

Faut être déplogué de la vie pas à peu près.

Je croyais qu'en prenant de l'âge, on devenait plus sage...

Réjean a dit…

Zoreilles, tu dis :

« Je croyais qu'en prenant de l'âge, on devenait plus sage... »

La sagesse n'est pas une question d'âge, mais d'écoute de soi-même. Et s'écouter soi-même, c'est se respecter et être souverain.

Loin de moi l'idée de dire que je prône l'anarchie, bien au contraire. Mais force est d'admettre, que nous avions tous été programmés pour remettre notre souveraineté entre les mains des autres : le gouvernement, les églises, la science et les magistrats, sans oublier bien sûr les médias alignés au pouvoir... détenu par leurs propriétaires (ce n'est pas Charest le vrai boss).

Dans les écoles, nous n'apprenons pas vraiment à penser par nous-mêmes, on est habitué à croire et à apprendre par cœur, dès notre plus jeune âge, ce qu'on nous enseigne. Et moins on a de scolarité et plus on est manipulable, plus il est facile d'avoir peur, c'est le fait malheureusement de bon nombres de nos ainés.

Réjean a dit…

Dans mon dernier commentaire on devrait plutôt lire:

«Et moins on a de scolarité, plus on est manipulable, plus il est facile de nous faire peur»

Étoile a dit…

Ta petite fille est adorable.Je comprends ta joie d'avoir ce petit bonheur sur deux pattes. J'aimerais,du moins aujourd'hui avoir son âge. J'aimerais me sentir légère et confiante. Mais...J'ai comme toi beaucoup de difficulté à me faire entendre.J'entends des choses absurdes et non véridiques . Je me fais couper la parole et je préfère me retirer. Je sème par contre en disant aux jeunes d'aller voter et combien ce sera important.Je serai un peu hors sujet mais Harper me fait ...suer eh oui! encore, avec sa loi sur l'assurance chômage.On étouffe encore les petits, crime. Je te dis que je bouille en dedans avec ces gouvernements de...Je ressens chez certains journalistes l'attente qu'il arrive de quoi de grave à se mettre sous la dent. Avec les jugements sur les jeunes que j'entends ici je te dis que ça bûche fort en maudit.Pourtant ce sont leurs enfants,petits enfants.Ils ne comprennent pas que ce ne sont pas tous les jeunes qui sont des casseurs et des ingrats. Quand il y a eu la fameuse journée en petites tenues,ayoye les pêcheurs vont aller brûler en enfer.Et dans les années 70 alors?Je coupe sur les nouvelles en soirée, je deviens trop enragée.Je parlerais bien des mines mais je crois que j'en ai assez pour l'instant je suis pas mal crinquée et je dois respirer par le nez.Je vais plutôt marcher en soirée pour m'aérer les idées.Je suis avec mon ordinateur la Sopfeu ce qui se passe dans nos forêts,pas encourageant là non plus.Je connais bien l'Abitibi et ses forêts. Ici aussi on en a mais ils sont présentement maîtrisés heureusement. Bon ben pour aujourd'hui, je vais fouiller dans ma garde-robe et essayer de me trouver une belle robe qui tourne. Sinon,ben je prendrai un sac vert et me ferai deux bras de chaques côtés.On se remonte le moral comme on peux n'est-ce-pas? Merci pour tes billets,c'est bon de te lire même si ça me tire des larmes parfois. Bonne fin de journée et salutation à l'artiste du jour.

Solange a dit…

C'est vrai que ce qui se passe en région on n'en entend pas beaucoup parler en ville et c'est dommage. En général moi je ne parle pas beaucoup, surtout pas de politique, parce que je me suis rendu compte qu'il est impossible de dialoguer avec quelqu'un qui a des idées bien arrêtées. On ne peut rester indifférent à ce qui se passe, je dis comment je me sens sur mon blogue. Je crois qu'il ne faut pas trop s'en faire pour nos petits-enfants ils serons bien plus conscientisés que leurs aînés.

Guillaume a dit…

Calme et optimiste ? Je donne une drôle d'impression. Je ne suis pas vraiment calme, surtout lorsque je vois des choses comme celle-là :
http://youtu.be/6cJcFhQL-1I

ou encore celle-là :
http://youtu.be/wiib7CVafw0

Optimiste ? Le Québec vit une méchante dérape et je ne sais pas comment ça va se terminer...

Anonyme a dit…

La lutte étudiante est largement dépassée par ici Zoreilles. Les gens de tous âges parlent oui des régions, du Nord, de nos richesses, des mensonges, de la corruption... Les gens sortent aussi massivement contre la 78, font spontanément et maintenant à heure fixe des concerts de casserole, déambulent un peu partout donc impossible de les attraper tous. Et d'indépendance.

Je suis fière pour la première fois de ma vie depuis le 22 avril, d'être québécoise.

J'en ai à donner. Des intéressés/es?

http://cabaretdeladernierechance.files.wordpress.com/2012/04/carre-rouge-vierge-600.png

Zed

Le factotum a dit…

Bon ben Zoreilles,
Quel contraste tu as vécu dans la même journée!
Je parle beaucoup avec le milieu des aînés et avec une bonne communication,la grande majorité semble d'accord avec les revendications des étudiants et de la nouvelle société qui se forme présentement. Et surtout contre la loi 78 ... On parle présentement de soulèvement des 7 à 77 ans contre cet loi. L'avenir de nos enfants et de nos petit-enfants en dépend.
En région, les manifestations sont moins importantes et surtout moins bruyantes mais tout aussi vindicative.
Le silence du gouvernement montre bien la crainte qu'il a du mouvement de protestation qui se prolonge et cela pas seulement chez les étudiants.
Je crois que tu as seulement été prise dans un groupe qui ne désire pas réellement les changements qui s'annoncent à vitesse grand V.
Notre belle jeunesse saura prendre les guides de tous ces changements et nous n'avons qu'à être là à les aider à prendre leur place.

Pour Félixou, je te montrerai dans un avenir prochain, son semblable masculin qui vient de fêter ses six ans cette semaine. À l'écouter parler, l'avenir lui appartient. Rien ne peut l'arrêter ...

Quelle est chouette, ta petite Félixou!

Grand-Langue a dit…

J'ignore pourquoi il faut être POUR les jeunes ou CONTRE les jeunes. Selon cette règle, il faudrait bien sûr me classer dans le clan des "contre les jeunes". Pourtant, j'ai beau vouloir me convaincre que je déteste les jeunes... je finirai peut-être par y arriver.

Ça me rappelle les campagnes référendaires où on ne pouvait être nuancé, fallait être du côté de ceux qui étaient présents. Deux couleurs: le noir et le blanc.

Ma solution? Prendre la chose avec légèreté. Ainsi, les "événements" ne m'affectent pas. Je n'arrive pas à détester les membres du gouvernement ou les jeunes. Même les casseurs me sont sympathiques!

Grand-Langue

Fitzsou, l'ange-aérien a dit…

Merci pour ce billet xoxoxo

Zoreilles a dit…

@ Réjean : Ah si tu savais comme je suis d'accord avec tout ce que tu dis dans ce commentaire. Je n'arrête de le dire aussi de toutes les manières, sur tous les tons, avec des mots différents peut-être mais les idées restent les mêmes. Tu l'expliques tellement bien que je pense te voler des grands bouts dans un proche avenir.

Je sais bien que tu n'exigeras pas de droits d'auteur, c'est pas ton genre!

Zoreilles a dit…

@ Étoile : As-tu trouvé ta robe qui tourne? C'est si beau, l'innocence des tout petits... On doit en avoir conservé un petit quelque chose en dedans de nous autres...

Tu t'intéresses à nos forêts? Bravo! Ça me fait chaud au coeur de le savoir. Les mines aussi, c'est un sujet que tu connais bien, ainsi que les enjeux qui sont reliés à ça.

Je partage plusieurs de tes préoccupations et de tes intérêts... ainsi qu'un peu de révolte, c'est inévitable lorsqu'on suit le moindrement la politique, provinciale et fédérale.

Et puis, pour tout t'avouer, depuis hier soir, on dirait que les médias m'ont entendue, la couverture médiatique a tellement changé. Là, par exemple, ils vivent dans le même Québec que moi!!!

Zoreilles a dit…

@ Solange : Quand tu dis :

« je me suis rendu compte qu'il est impossible de dialoguer avec quelqu'un qui a des idées bien arrêtées. »

tu as tellement raison et habituellement, je suis capable de le mettre en pratique mais là, pour une fois, c'était trop intense et par des gens trop proches de moi, j'ai été heurtée.

Mais ce matin, ça va!

Zoreilles a dit…

@ Guillaume : Si j'avais mal saisi ton « état d'âme » du moment, c'est à cause de cette phrase-là que tu écrivais :

« C'est la naissance d'un mouvement plus large, les institutions sont sur le point de craquer et l'équilibre est fragile.»

Moi, je trouvais ça cool, plein d'espoir et d'optimisme, surtout quand tu disais que ce moment allait être historique!

Je n'ai pas suivi tes liens, je suis désolée, j'y reviendrai par exemple mais ce matin, c'est la course folle pour moi.

Donc, tout ça t'inquiète? Comment ça va finir? Moi aussi, je l'avoue, mais depuis hier soir, on dirait que tout a changé. Même TVA s'en est rendu compte, fallait que ce soit évident! ;o)

Zoreilles a dit…

@ Zed : Contente de te « voir » ici, tu te faisais rare, ma belle Zed, je commençais à m'inquiéter là... ;o)

Ce que tu dis, on le vit aussi tellement tellement tellement dans nos régions. Je trouvais ça dommage que les médias se fassent complices du gouvernement pour étouffer cette information, ce mouvement très large et fort répandu, comme tu le soulignes si justement.

Là, par exemple, les médias viennent de se réveiller. On dirait qu'ils m'ont entendue chiâler. C'est que probablement nous étions nombreux(ses) à trouver qu'ils se concentraient seulement sur les coins de rues de Montréal.

C'est le Québec tout entier qui s'éveille... et c'est formidable!

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : J'ai vécu les deux extrêmes dans le même avant-midi, hein?

;o)

Probablement que « tes vieux » ont des idées moins arrêtées que les miens, hihihi.

Ils ont bien le droit, chacun a droit à son opinion, ce qui m'a fait sursauter, (en silence) c'est le manque d'écoute, de jugement et de sens critique. Aucun respect. Ça, j'ai jamais pu « dealer » facilement quand je sentais si peu de respect. Ça vient toujours me chercher.

Bien hâte de connaître le semblable masculin de Félixe. L'un de tes petits-fils sans doute? Il tient de son Papi ♥

Zoreilles a dit…

@ Grand-Langue : Je me suis sans doute mal exprimé... Tout le monde a droit à son opinion, je respecte ça. Mais là, il n'y avait aucune écoute, aucun jugement, aucun sens critique et ce qui m'a fait le plus mal, c'était d'entendre ces gens si proches de moi, nommer des prénoms, ceux de leurs petits-enfants, en personnalisant la chose, en les traitant de tous les noms. Je ne croyais pas qu'on pouvait aller si loin pour une idée, une opinion, un parti politique, jusqu'à refuser d'entendre toute opinion qui n'était pas la leur.

Je l'admets, j'ai réagi trop fort, (seulement sur mon blogue, pas dans la vraie vie) mais ça m'a ouvert les yeux quand même.

Ce matin, je ne tiendrais plus le même discours. Beaucoup de choses ont changé dans les derniers 24 heures.

Et ces grands-parents auront raté une autre belle occasion de se rapprocher de leurs petits-enfants. Après ils se demanderont... ils ne comprendront pas...

Encore une fois, je penserai « Vaut mieux mourir incompris que de passer sa vie à s'expliquer! » et j'ajoute : surtout quand on ne sent pas d'écoute!

Zoreilles a dit…

@ Fitzsou : Ça me fait tellement plaisir que tu l'aies lu!

;o)

Guy Vandal a dit…

Très bon billet.

Ici aussi je ressens la même chose que toi. Quand tu entends un "ami" dire que le gouvernement devrait faire intervenir l'armée, tu te dis ayoye, c'est fort TVA.

Je discutais avec une jeune fille ce matin. Elle me disait qu'elle aurait voulu, depuis qu'elle est toute petite, devenir denturologue, mais qu'elle ne le ferait pas parce que ça coute trop cher.

Elle n'est pas seule dans cette situation... mais ils n'en parleront pas à TVA.

P.S. T'as vraiment un beau poêle à bois. ;o)

Barbe blanche a dit…

Ces jeunes, dans la rue, des enfants gâtés, des enfants roi, qui ne pensent qu'a leur petit moi, et qui se foutent complètement de tout ce qui les entoures?
Je n'en suis pas certain du tout, mais, vraiment pas du tout.
Ces jeunes prêts à sacrifier six mois de leur vie, à se faire matraquer, à se faire poivrer, juste parce qu'ils sont masochistes, à perdre un an de salaire, parce que sortient des écoles un an plus tard que prévue,
ces jeunes qui agissent ainsi, ont je suis sur, une vision de la société qui ressemble tellement à celle que nous avions, dans les années 70,ils ont, j'en suis certain,un grand désir, de préparer une société plus juste, pour ceux qui vont leur succéder.
Quand je vois, le réveil de toute une population qui enfin sort de sa létargie, issue de 1980, et qui reprennent du service, je trouve celatellement vivifiant.
Reste maintenant, aux politiciens, si ils veulent survivre, prendre acte de ce qui se passe et agir en personnes iltelligentes, sinon,ces cher politiciens vont disparaitre, le peuple, va tout simplement les mettre à la porte et prendre leur pouvoir, celui du peuple, le vrai pouvoir.
J'admire les étudiants et je les REMERCIE, pour nous avoir réveillé.

Barbe blanche a dit…

"Parce que sortis", bon, je pense que c'est un peu mieux...

Anne-Marie a dit…

De toute beauté les photos de Félixou!

Moi qui ai eu une longue journée "trop" remplie, je la termine avec le sourire accroché au visage de voir tant de pureté s'exprimer!

J'ai juste plus hâte encore d'aller retrouver mes minous à moi!

C'est beau être une Mamie Belle-Sops! Et être une Mamie gaga, c'est encore plus beau!!! Continue!

Bonne fin de semiane :)

Lise a dit…

Zoreilles,

elle est adorable votre petite Félixe, ravissante et aérienne dans sa robe; les pieds nus en plus (je sais elle ôte ses bas entre amis), c'est bien simple on la mangerait tout rond! Quel petit trésor!

J'ai lu tous les commentaires et je vais essayer d'aller voir les liens; je m'embrouille toujours lorsqu'il faut faire plus que cliquer sur une adresse...

Moi aussi j'ai entendu des choses invraisemblables, à propos du conflit étudiant, la loi spéciale, etc... et l'une d'elle venant d'une personne que je croyais sincèrement pas mal plus intelligente que moi: j'ai révisé mon opinion. Tu as raison de dire qu'il vaut mieux se taire, surtout quand on sent qu'il n'y a pas d'écoute. Rien de plus frustrant que crier dans le désert! Ceci dit je n'irai pas faire un tintamarre avec des casseroles; mes acouphènes ne le supporteraient pas.

Et dans ton billet tu parles de la forêt qui brûle chez-vous: évidemment je le sais seulement grâce à toi, et j'aimerais savoir ce qui se passe maintenant. Je suis une amoureuse des arbres, et les feux de forêts me désolent toujours; pour les arbres, la vie animale, et les gens évidenmment qui en souffrent.

Je n'ai pas lu "Il pleuvait des oiseaux" pour rien...

Lise a dit…

Zoreilles,

tu t'es sauvée pour la fin de semaine je crois bien. Tu as raison; un jour je fuirai Montréal, pour toujours!

Lise a dit…

@Zed,

je vais tenter d'aller voir ton lien, espérant ne pas me tromper dans l'infinité de lettres et de nombres.

Je ne sais pas l'expliquer, mais dàs le début j'avais compris que ton absence était reliée au carré rouge. Je crois que tu es une contestataire dans l'âme, pour toutes les causes qu'il faut défendre.

Ce n'est pas mon cas; je choisis mes combats, sinon il n'y a plus de fin à la hargne. J'ai dû mettre des limites et je m'y tiens.

Notre québec est très malade de ses politiciens qui n'écoutent personne.

Moi je rêve au jour où chacun sera respecté, jeunes et personnes âgées (sauf que ces derniers n'ont plus la force de protester dans les rues), ce qui n'est pas pour demain.

Brandir des casseroles, non pas pour moi. mes acouphènes n'y résisteraient pas.

Caboche a dit…

Mais dis donc, quel cocktail d’émotions cette rencontre t’a fait vivre! De la colère à la tristesse, de l’incompréhension à la déception et au sentiment de rejet, ces tristes tous ces sentiments négatifs qui minent ton moral. Pourquoi prendre tout ça personnel?

Ces personnes semblent avoir bien peur, c’est un peu normal avec le genre de couverture médiatique qui est faite de la crise. Mais la peur est quelque chose d’irrationnelle, ça ne se raisonne pas et ça ne disparaît pas en claquant des doigts. Tout le monde a ses peurs, chacun réagit différemment.

Les Québécois sont des gens plutôt pacifiques qui n’aiment pas la chicane et encore moins la violence. On prône plutôt la révolution tranquille. Alors là, on ne sait pas trop comment gérer la chose, d’autant que ceux qui ont commencé le bal, ce sont de jeunes intellectuels qui s’expriment bien, qui ont une pensée articulée, qui sont déterminés et qui passent très bien à la télé. Je les aime bien sans pour autant les appeler « notre belle jeunesse », l’expression étant à mon avis aussi paternaliste que l’attitude du gouvernement.

Pour tout dire, on est mal pris quand la situation tourne au vinaigre. Certains ont peur pendant que d’autres sont euphoriques, un prône la désobéissance civile, un autre le recours à l’armée. On brandit masques, matraques et casseroles … vivement l’été pour qu’on se fasse notre propre festival. Après tout, nous sommes un peuple festif.

Je ne balise pas la crise, au contraire je la trouve complexe et je n’ai pas de solution miracle. J’arrive même difficilement à prendre position sur le gel des droits de scolarité. On n’est très peu informé du dossier, de ses implications, Les partis qui prônent la gratuité scolaire, comment envisagent-ils le financement des universités? Voulons-nous des diplômes à rabais, des cours donnés dans des auditoriums bondés, plus de chargés de cours que de profs agrégés? Difficile de ne pas être pour l’accessibilité aux études supérieures et pour la diminution de l’endettement des étudiants? Tout le monde est pour ça mais comment y arriver quand les besoins sont criant tant en éducation, en santé, en hébergement, la liste est longue, aussi longue qu’un défilé sur la rue Ste-Catherine.

Je m’arrête ici, prends soin de ta santé mentale. Tiens, voilà un autre domaine où les besoins sont criants ;-)

Nanou La Terre a dit…

Chère Zoreille,
comem j'apprécie ce beau, excellent billet. Il ne faut pas se décourager, la force et les connaissances des jeunes sont grandes, très grandes! Au Jour de la Terre ou nous étions 300,000 à désirer demeurer maîtres chez nous, il y en avait de tous les âges, jeunes et moins jeunes, mais, mais, beaucoup de cette belle jeunesse étudiante qui revendiquait en même temps que tous leur désir de préserver notre beau Québec de tout ces gâchis: Plan Nord, gaz de schiste et j'en passe. J'étais estomaquée en même temps que tellement fière de cette vigueur, de leur réveil et courage.On a souvent reproché aux jeunes d'être endormis sans vision. Bon sens, faudrait leur reprocher maintenant leur détermination?
Bien moi je les aime, j'ai confiance en eux et je les appuie à 100%. Puis, si je n'avais pas eu ce contrat important, bien je serais encore une fois descendue dans la rue avec eux le 22 mai dernier, défiant la loi. Assez c'est assez...
"Crions plus fort pour que personne nous ignore!"
Ici, Yang et moi essayons de réveiller notre quartier endormi en sortant nos casseroles à 20 hres...Ça bouge pas fort...

Zoreilles a dit…

@ Guy : Tu vois, c'est ça que je veux dire, la réflexion de ton « ami », c'est tellement gros que tu peux pas réagir à ça, t'es comme... bouche bée, il faudrait qu'on commence par les déprogrammer avant de pouvoir discuter avec ces gens-là. Des fois, ça vient nous chercher dans ce qu'on a de plus cher, t'sais?

On pourrait s'en parler longtemps... les pieds sur la bavette du poêle... mais c'est pas la saison!

Zoreilles a dit…

@ Barbe blanche : C'est exactement ce que j'aurais aimé leur dire!

Mais j'ai jugé bon, devant l'attitude déchaînée et le peu d'écoute, de me la fermer solide. C'est pas toujours vrai que « qui ne dit mot consent », en tout cas, c'était pas vrai ce matin-là pour moi.

Ils se sont juste encore plus convaincus entre eux, encore plus renforcés dans leurs préjugés. Il y a tout un aspect du problème qu'ils refusent de considérer. Zéro écoute et zéro ouverture. Après, ils se demanderont pourquoi il y a un tel fossé entre eux et leurs petits-enfants...

Zoreilles a dit…

@ Anne-Marie : Ah toi aussi? Un vendredi beaucoup « trop »? En fin de journée, toujours habillée en madame-de-ville, j'ai sacré deux ou trois patentes dans la glacière, mes bottines et du linge mou dans mon pack sac, on s'est poussé dans le bois. On a soupé en chemin, au chic resto de Cadillac (!) le temps que l'orage se calme, on a sauté dans la chaloupe et 8 minutes après.... le bonheur, la paix, le calme, le Nirvana!

J'espère que tu auras passé une belle fin de semaine toi aussi, avec tes minous ♥

Zoreilles a dit…

@ Lise : À propos des manifestations bruyantes et des casseroles... Crocodile Dundee est comme toi, il a de la difficulté à les supporter, même à la télévision et à la radio. Et pourtant, il soutient « moralement » ce mouvement!

Les feux de forêt chez nous... Le Nord-Est ontarien, c'est juste à côté, même que vendredi dernier, avec les grands vents de l'ouest, ici, on voyait la boucane très dense et on respirait l'odeur de brûlé, (c'était quand même moins pire que la boucane de mine!...) ça ne devait pas être évident pour les gens qui ont des difficultés respiratoires. En Abitibi, il y a une quarantaine de ces feux, dont celui à l'est de Senneterre qui a déjà ravagé 24 000 hectares de forêt boréale. Plusieurs camps ont brûlé, des pourvoiries, et dans le N-E ontarien, on a évacué des gens de leur résidence et chalets, Beaucoup de dommages là aussi, j'ai su qu'à Timmins, ils en étaient rendus à 39 000 hectares de brûlés. Ce matin, il pleut, le vent est tombé, ça devrait se résorber... surtout qu'on a l'aide des pompiers forestiers de plusieurs provinces qui sont venus supporter leurs collègues de l'Ontario et du Québec.

Zoreilles a dit…

@ Caboche : Pourquoi est-ce que j'ai pris tout ça si personnel et le vivais-je si intensément?

Après quelques jours de recul, loin de tout ça, ce n'est plus le cas. Heureusement.

Mais tu posais la bonne question! J'ai la réponse, je l'ai depuis toujours, j'essaie de vivre avec et certains jours, je n'y arrive pas, comme tu vois...

Par rapport aux frais de scolarité, au départ, j'aurais été favorable à une hausse raisonnable et je le suis toujours. Je suis sensible à tes arguments. J'aurais aimé ça en discuter avec des gens plus ouverts, jeudi dernier. Et notre jeunesse, si elle s'éveille à la chose politique et sociale dans cette crise, elle nous apprend quelque chose sur nous-mêmes et la société dans laquelle on vit, et ça me donne de l'espoir pour la société qu'on veut. D'ailleurs, le mouvement est devenu beaucoup plus large que la grêve étudiante.

Zoreilles a dit…

@ Nanou : C'est pas moi non plus qui vais reprocher aux jeunes (et maintenant à tous) de se lever debout, de marcher et d'exprimer leur opinion, ce en quoi ils croient assez pour se mobiliser et faire front commun!

Qui sait ce qui va ressortir de tout ça? Comme le disait Farlardeau, « On va toujours trop loin pour ceux qui ne vont nulle part ». Et j'aime toujours cette phrase de Georges Dor « Un homme debout, c'est le plus beau des monuments ».

Quand le Québec d'un bout à l'autre (et c'est grand, le Québec!...) se rallie autour d'une idée, d'un projet, d'une volonté, d'une vision, d'une fierté, je ne peux qu'encourager ce mouvement.

D'ailleurs, la peur n'a jamais mené nulle part. La confiance, la fierté, la solidarité, oui.

Caboche a dit…

Petit ajout.
Hormis agiter ta casserole, tu peux manifester ta grogne contre la loi 78 en signant une pétition en ligne pour contester cette loi en cours. Ça perturbe moins le calme et le silence de la forêt tout en étant efficace, légal et démocratique.
C’est ce que j’ai choisi de faire.
Tu n’as qu’à chercher sur Google : pétition contre la loi 78.

Zoreilles a dit…

@ Caboche : C'est déjà fait dans mon cas.

Je suis dans le calme et le silence de la forêt seulement la fin de semaine!

Et merci pour la suggestion, j'espère qu'on nous imitera en grand nombre ;o)

Mijo a dit…

De chez nous, on parle si peu de cette crise qui secoue le Québec que l'on a du mal à comprendre ce qui se passe quand enfin on en parle. Heureusement pour cela qu'il y a FB et les amis du Québec pour y voir plus clair mais je suis encore loin d'avoir compris grand chose.

Belle Félixe encore toute innocente.

Zoreilles a dit…

@ Mijo : Cette crise sociale qui secoue le Québec, je peux te la résumer bien simplement : c'est plus profond que la jeunesse du Québec qui se rebiffe contre une hausse de 75 % des frais de scolarité, on assiste à un ras-le-bol généralisé contre le gouvernement actuel et tous les partis politiques en place qui ne feraient pas mieux et ne proposent rien de vraiment mobilisateur pour faire changement. Mon résumé est trop simple, diront certains, mais tu as là mon point de vue personnel. J'ai le droit, c'est mon blogue!

Oui, heureusement qu'il y a des petites Félixe pour nous consoler!