dimanche 2 décembre 2007

Bonne fête Papa!

Cette image n'est pas une photo et je n'ai pas besoin de vous la décrire. Je vous dirai simplement que je l'ai numérisée en la ressortant de mon coffre aux trésors où elle est déjà retournée. Vous comprendrez pourquoi en lisant mon billet... Nous sommes aujourd'hui le 2 décembre 2007 et Papa est né le 2 décembre 1927. Je veux célébrer à ma manière son 80e anniversaire de naissance et ce n'est pas parce que je ne vois plus ses beaux yeux bleus et son grand sourire qu'il n'est plus là. Papa sera toujours là pour moi, pour nous tous qui l'avons tant aimé. Je veux me remémorer aujourd'hui son extraordinaire présence même en son absence... Bonne fête et merci Papa!

Pour son 69e anniversaire de naissance, en 1996, je lui avais offert un texte qui s'intitulait « Le ti-dodo, la tranche de pomme, le sublet et le cheval blanc » et j'espérais ainsi nous consoler, lui et moi, d'avoir dû fermer chacun notre entreprise cette année-là. Moi, à l'été, comme écrivain public, et lui, la sienne depuis plus de 20 ans, celle qui avait fait vivre notre famille et quelques autres, à la fin de la même année. Nous en avions eu la même peine, l'un comme l'autre, mais nous savions aussi qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Voici donc un extrait de ce texte qui lui avait fait plaisir et qui, sans doute, l'avait un peu consolé.

Le cheval blanc

... Mais parmi les souvenirs de l'enfance, il en est un qui me servira toute ma vie dans les moments moins joyeux de mon existence. Une panacée pour les jours gris ou la douleur en général. Il s'agit d'un remède miracle qui s'apparente un peu à ce qu'on appellerait aujourd'hui l'auto-guérison ou encore la visualisation. Cela s'appelle : « Le cheval blanc ».

Quand j'avais mal aux oreilles, aux dents ou que je prenais une fouille en bicycle, il me parlait longuement du cheval blanc. Quand je me faisais agacer pour mon accent, que j'avais perdu des morceaux de casse-tête ou que j'avais raté ma sculpture d'épingles à linge, il me racontait aussi son histoire du cheval blanc, tant et si bien que j'avais fini par le voir réellement.

Ça commençait toujours pareil. Il m'assoyait près de lui, me disait de fermer les yeux puis il prenait sa voix douce, calme, grave et rêveuse, et il racontait...

« Pense à un beau cheval blanc… il est donc beau ce cheval blanc-là…
Ah, là, tu le vois, il est fort et fier, il court dans la prairie, la crinière au vent, libre comme l'air.
Il est donc beau ce cheval blanc là...
C'est un beau cheval blanc heureux qui pense rien qu'à son heureusité,
à courir vite et fort dans sa prairie... Ah, c'est donc beau, un beau cheval blanc...

Et j'ai oublié la suite mais ce que j'ai retenu, c'est que ça marchait tout le temps. Aucune douleur, physique ou morale, ne résistait au cheval blanc. Bien sûr, quand je suis devenue une adolescente puis une femme, il n'a plus jamais utilisé le truc du cheval blanc avec moi mais je m'en souvenais toujours et je l'utilisais souvent, jusqu'au jour où...

J'avais 29 ans. Depuis huit ans, je voulais devenir enceinte et finalement, le miracle s'était produit, mais j'étais alitée depuis le début de ma grossesse, malade, incapable de m'alimenter, affaiblie et inquiète de perdre ce bébé si attendu, si désiré. Inévitablement, j'avais fini par perdre pas mal de ma joie de vivre. Le physique avait fini par déteindre sur le moral. Comme j'étais plus ou moins emprisonnée, soit à la maison, soit à l'hôpital, je voyais seulement les gens qui me rendaient visite parce que moi, je ne pouvais me déplacer.

Ce matin-là, Papa s'était arrêté à la maison, sans raison. Couchée sur le sofa, je ne lui avais même pas ouvert la porte. Il était entré tout simplement, à pas de loup, silencieusement. Il s'est assis dans la berçante, sans rien dire. Je ne faisais pas la conversation moi non plus. Comme il traînait sur la table du salon de vieux cartons blancs et des ciseaux, il a voulu ramasser tout ça. Machinalement, il a commencé à découper dans le carton, sans avoir l'air de savoir où il allait. Puis, il m'a demandé comment j'allais...

Et pendant que je lui parlais de mes inquiétudes de perdre ce bébé, de mes interrogations à savoir si j'allais être capable de rendre à terme un bébé en santé, il découpait toujours à mesure qu'il m'écoutait de toute son âme, de son sourire attendri que je connaissais si bien. Quand j'ai eu fini de lui répondre, il avait fini de découper. Alors qu'il s'est levé pour aller porter les découpures à la poubelle, j'ai remarqué sur la berçante une petite forme blanche qui gisait là. Je suis allée la chercher et j'ai pris dans mes mains un beau cheval blanc, le plus beau cheval blanc du monde. Papa m'a souri et m'a dit: « Il est pas tellement bien réussi, j'avais pas de modèle, mais regarde, il a une petite bedaine et quand même, il a l'air encore assez fort et il se tient debout! »

Je lui ai dit: « C'est le cheval blanc de quand j'étais petite! Te rappelles-tu, Papa, quand tu me disais...» Et, dans son rire de petit garçon gêné, j'ai senti clairement deux choses: premièrement, que oui, il s'en souvenait tout à fait et deuxièmement, que ça, il ne fallait surtout pas le dire... pour ne pas briser le charme. Alors je me suis tue parce que ce qui ne s'exprime pas, s'imprime, et puis on a souri tous les deux parce qu'on savait tout le merveilleux qui se cachait dans ce petit cheval blanc de carton.

C'était la plus jolie chose qu'il pouvait m'offrir. J'ai couru le mettre sur le foyer où je l'ai regardé si souvent jusqu'à la fin de ma grossesse. Bien sûr, c'est la première chose que j'ai mise dans ma valise en partant pour l'hôpital. Mon petit cheval blanc m'a suivi jusqu'à la salle d'accouchement et ensuite, sur ma table de chevet.

Quand il est accouru me voir à l’hôpital et faire connaissance avec sa première petite-fille en pleine santé, il a vu « notre » cheval blanc sur ma table de chevet. Il a souri peut-être un peu plus tendrement et de manière plus émue ce jour-là.

J'aurais voulu lui dire toute la beauté de mon enfance, toute la magie qu'il avait créée dans ma vie d'enfant et d'adulte aussi, toute l'espérance que j'avais de faire de même pour ma fille.

J'aurais voulu surtout lui dire mille mercis pour cette panacée universelle, cette enfance heureuse qui serait pour toute ma vie un gage de bonheur ou, comme il le dit lui-même,
« d'heureusité », mais je n'ai rien dit et j'ai souri parce que ça, c'est sûr, il ne fallait pas le dire. Ça aurait pu briser le charme...

34 commentaires:

Accent Grave a dit…

Personne ne m'a jamais calmé ou sécurisé avec un cheval blanc quand j'étais enfant mais à ma fille je racontais des histoires où de gentils lapins étaient en vedette. J'avais même tapissé sa chambre de jolis lapins.

Ma fille a maintenant 23 ans et j'ai récemment apris que ces lapins provoquaient la terreur chez elle au point de l'empêcher de dormir la nuit. Dans son esprit, ces lapins étaient méchants et menaçaient de la tuer pendant son sommeil.

C'est à sa grand-mère qu'elle a raconté ça en lui demandant de ne jamais me le dire!!! Mais comme un secret est toujours mieux gardé en groupe, elle me l'a dit mais moi je n'ai encore rien dit.

Ils étaient tellement mignons ces lapins. Comme quoi la perception des uns n'est pas toujours celle des autres.

Accent Grave

P.S. Je ne comprends vraiment pas, ces lapins n'auraient jamais fait de mal à une petite fille!!!

gaétan a dit…

humm difficile de ne pas ressentir la sensibilité qui se dégage de ton texte.

Jocelyn a dit…

Un jour Papa a dû être hospitalisé pour un premier cancer.On lui avais posé "un sac" et ça ne fonctionnais pas du tout,n'arrivant pas à ce nourrir depuis des jours il avait perdu du poids,son état empirait de jour en jour.On craignait pour sa vie.
Le médecin voulant se faire rassurant
lui avait dit....M. T. votre coeur bats comme un athlète pis vos poumons sont roses comme un bébé
Alors mon père l'a regardé,j'ai vu naître ce sourire qu'il avait dans les yeux et a lancé au docteur.
"Si je comprends bien je vais mourir en pleine forme!
A ce moment précis, j'ai su qu'il était guéris...on l'a ensuite gardé pour 7 belles années.
Bonne Fête Léo

Zoreilles a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Renart L'éveillé a dit…

Bravo! Vraiment une belle histoire! Et elle m'influencera dans l'avenir car nous avons convenus, moi et Douce, de nous lancer dans l'aventure parentale, après presque trois ans de vie de couple.

Je veux offrir une belle enfance à mon enfant et il faut pour cela de la créativité. Merci de me le rappeler!

:)

linda a dit…

Bonsoir Zoreilles

Votre histoire de cheval blanc m'a touché,je trouve ça très agréable de lire vos textes.
C'est mon premier message sur votre blog,j'ai consulté vos archives,comme c'est plaisant de vous entendre parler de votre belle région.

Il y a plusieurs années,je suis allée à Malartic,pour visiter mon oncle,qui travaillait dans une mine à cette époque.
Je garde un très bon souvenir de mon voyage.

Tout comme vous,j'aime beaucoup la nature,j'habite à Montréal,toutefois,j'ai la chance de vivre tout près du jardin botanique,que je visite souvent.
J'aime observer les oiseaux,au jardin il y a plusieurs espèces,et il y a aussi des ratons-laveurs,et des renards.

Cette semaine,j'ai vécu des beaux moments de détente à lire vos message,un grand merci à vous.

De Linda

macamic a dit…

Parfois aucunes paroles n'a besoin d'être prononcés entre deux être
pour dire je t’aime.
Un regard, un clin d’œil, un DESSIN suffis à nous faire comprendre tout l’amour qui est dans notre cœur.

Domage Lise, j'aimais bien te lire.

voyageuse du monde a dit…

Je reconnais bien là ton père. C'est tellement lui. Je me souviens aussi de ta grossesse difficile mais tant attendu et de tes inquiétudes mais ce que je me rappelle surtout c'est de la naissance de ta fille. Mais j'avoue que je ne me rappelle pas que le magnifique cheval blanc était avec là.
quoiqu'il en soit: Bonne fête Léo et là haut dans le ciel, continue de veiller sur les tiens.

Zoreilles a dit…

@ Renart l'éveillé : Quelle belle nouvelle, le désir d'un enfant... Je vous souhaite alors que ça se réalise au moment oû vous le souhaitez! En l'an 2007, la question se pose à savoir si on a le goût de faire des enfants ou pas et ce qui me fait plaisir à voir, c'est que les enfants qui naissent aujourd'hui, dans notre société, ont la chance d'avoir été désirés pour la plupart. Est-ce que ça fait de nous de meilleurs parents? Non, pas nécessairement mais nous avons les meilleures intentions du monde, par exemple!

@ Linda : Bonjour et bienvenue ici. Votre commentaire me touche beaucoup. C'est curieux quand même comme de recevoir un message de quelqu'un qu'on ne connaît pas et qui nous a lu, ça peut ensoleiller une journée. Pour moi, ça reste une des merveilles du blogue, ce livre ouvert qui nous appartient un peu mais qui appartient aussi tellement à ceux et celles qui partagent nos pensées et réflexions. Merci à vous, Linda.

@ Macamic : Oh oui, il y a des sourires et des regards qui valent bien des discours! Je pense toujours que mon père était le plus grand communicateur que j'ai connu et pourtant, c'était un homme de peu de mots... Mon clin d'oeil à Lise également, elle nous manque.

@ Voyageuse du monde : S'il y en a une qui s'en souvient, c'est bien toi! Je crois que c'est là que notre amitié s'est soudée pour le reste de nos vies! Jamais je n'oublierai ça. T'étais tellement là pour moi... encore et toujours. On a vécu ensemble de grandes inquiétudes... et des bonheurs sans nom!

Renart L'éveillé a dit…

Oui, l'intention. Je pensais à ça hier, justement, incroyable!

Turbidia a dit…

Ça ne m'étonne pas de ton père. Il avait le don d'avoir la facilité à s'dapter à vous trois aux différentes étapes de votre vie : de l'enfance à votre vie d'adulte. Il connaissait tellement les concepts que beaucoup cherchent encore dans les livres. Lui, c'était d'un naturel incroyable.

Dans ton billet, ce qui m'a touché en autres c'est quand tu écris qu'il est entré te voir en n'osant faire trop de bruit pour ne pas te déranger. Mais il est entré quand même car il voulait être là, près de toi, parce que c'était important pour lui.

Ce qui m'a rappelé les moments où j'étais hospitalisée et que je dormais beaucoup. Mon père venait souvent s'asseoir à côté de mon lit sans jamais me réveiller. Même si je dormais, il restait là afin que lors de mon réveil, je ne me sente pas toute seule. Pourtant, il a parfois resté longtemps assis à attendre. C'était important pour lui.

Moi je crois que nos pères étaient jumeaux, de 24 mois de différence. Ils ont su se faire une place de choix en étant aimé de tous tout simplement parce qu'ils le méritent.

Bonne Fête mon oncle Léo !

crocomickey a dit…

Cadeau et enfance... Mon plusss bô souvenir est celui ou moi j'ai acheté avec des sous gagnés par moi un premier vrai cadeau à maman : une belle poubelle neuve avec tous les reflets de l'inoxydable pour la cuisine. que j'étais fier ... Mais j'aime encore mieux ton ti-galop blanc !

Zoreilles a dit…

@ Renart l'éveillé : Ouep! Ça fait peur! ;o)

@ Turbidia : C'est aussi ce que j'ai toujours cru, que nos Papas n'étaient pas seulement frères mais jumeaux avec 24 mois de différence. Ces deux-là étaient tellement proches et complices... J'ai toujours reconnu chez eux quelque chose de fondamentalement identique. Tellement que je me rappelle quelque chose... Quand j'étais petite, dans une réunion de famille, c'était dans le salon chez vous, j'étais allée me réfugier sur les genoux de Papa, bien blottie contre lui, parce que gênée un peu avec une si grande famille, tellement de monde. Tout à coup, je vois arriver... Papa s'en revenant de la cuisine. Je capote. Papa ne peut pas être à deux places en même temps... C'était ton père qui m'avait pris sur ses genoux tout naturellement, les mêmes mains, le même coeur qui bat au même rythme, tout! Là, j'étais gênée et nos Papas avaient tellement ri. Tu mesures donc jusqu'à quel point je l'aime...

@ Crocomickey : Tu t'étais lâché lousse! Une belle poubelle neuve en inox, t'avais dû t'endetter! Moi, ou bien je suis « cheap » ou bien j'ai toujours pratiqué la simplicité volontaire!

modotcom a dit…

Moudi, Grande Dame, pourquoi me faites-vous toujours venir les larmes aux yeux quand je vous lis, dernièrement? Très beau billet sur ton papa. C'est donc cela que l'on donne à nos enfants : amour, tendresse, compréhension, réconfort... Parce que nos papas seront toujours nos papas et nos enfants seront toujours nos enfants.

Lise a dit…

Zoreilles,

le cheval blanc imaginaire a touché une zone sensible chez-moi, étant une rêveuse (improductive, ce qui n'est pas ton cas), et rejoint la petite fille que j'étais autrefois.

Mes souvenirs ont ceci en commun, avec la fille de Accent Grave, que mon père m'avait acheté une poupée grandeur nature, alors que j'avais trois ans, en guise de compagne imaginaire, et l'avait plaçée dans le coin de ma chambre. Cette poupée me terrifiait, et il m'arrivait de me réveiller la nuit, avec l'impression de l'avoir vu bouger. L'imagination des enfants peut être effrayante parfois !

Merci Zoreilles de continuer à m'accueillir chez-toi. Dorénaveant, je n'écrirai que du positif. Le négatif, je l'écrirai pour moi seule, ce qui ne nuira à personne.

Ton père était vraiment exceptionnel !

Zoreilles a dit…

Désolée les amis, je reprends ici un commentaire de ma part que j'ai dû supprimer pour des raisons qui sont compliquées un peu... Le revoici sans le mot problématique qui bloquait bien des choses...

@ Accent Grave : Comme c'est dommage que les lapins blancs n'aient pas joué le même rôle que le cheval blanc... J'en suis attristée pour vous et pour votre fille. Vraiment. Peut-être n'est-il pas trop tard? Elle n'a que 23 ans. Ce souvenir d'enfant s'est ancré pour toujours dans ma vie d'adulte quand j'avais 29 ans...

@ Gaétan : Sensibilité, oui. Tendresse aussi. Beaucoup, beaucoup de tendresse et de reconnaissance. Enfin, je crois que j'ai fait mon deuil de mon père après plus de 2 ans. Comment pourrais-je ne pas être en paix avec la vie quand j'ai eu la chance d'être aussi magnifiquement « paternée » pendant... 47 ans!

@ Jocelyn : Ah oui, c'était tellement son genre de réflexion, ça! Te rappelles-tu tout ce qu'on appellait « des théories à Léo »... Il en inventait des nouvelles à tous les jours, il me semble! Elles étaient toujours drôles, un brin naïves et plusieurs étaient assez sages quand on y repense. On a eu de la chance de l'avoir pour Papa, hein? Après sa colostomie et les complications qui ont suivi, quand quelqu'un voulait le plaindre, il disait : « Je suis chanceux plus que toi, j'ai un t. de c. de plastique! » et venant de lui, ça n'était pas vulgaire du tout!

Zoreilles a dit…

@ Modotcom : Oui, c'est bien cela qu'on donne à nos enfants et qui n'a pas de prix. Ils s'en souviennent toute leur vie. C'est curieux que je vous fasse venir les larmes aux yeux puisque moi, j'écris PLUTÔT que de pleurer.

@ Lise : Te revoilà! L'imaginaire des enfants, oui, c'est étonnant comme ça peut tout transformer. Notre Papa était effectivement un homme ordinaire mais quelqu'un d'exception, nous avons eu la chance de l'avoir dans notre vie, ma mère, mes frères, moi, nos amours, nos enfants, nos familles, nos amis, nos voisins. Tout le monde était charmé par ce Léo si drôle, si tendre, si aimant. Quand on pense à lui, on sourit, ça ne peut faire autrement.

alainsteadele a dit…

Je vous envie d'avoir pu avoir votre père aussi longtemps et surtout d'avoir pu profiter de ces connaissances et de son amour pour vous.
J' ai perdu le mien a mes 22 ans et il me manque cruellement.
Mon père était forgeron et j'avais beaucoup de plaisir a le voir faconner le métal et ferrer de beaux chevaux "blancs"
"Quand un père s'en va, c'est comme une bibliothèque qui brule"
Mes amitiés
Alain

Anonyme a dit…

Bonjour Zoreille,
C'est un très beau texte que tu as écrit là et c'est vrai que les mots quelque fois peuvent briser le charme.
Mon père ce n'est que par le regard qu'il pouvait guérir mes bobos quand j'étais petite, tout en me berçant. Il faut dire qu'il n'est pas très jaseux.
Cela me fait penser aussi que je ne dit peut-être pas assez souvent à mon père que je l'aime.
Je te remercie pour ce beau texte

Zoreilles a dit…

@ Alainsteadele : C'est pourquoi je ne m'autorise pas à me plaindre de son absence, j'ai eu trop de chance. On croit souvent à tort qu'on a besoin d'avoir des parents près de nous durant l'enfance. C'est vrai mais au début d'une vie d'adulte, les parents sont tellement des bases solides sur lesquels on peut s'appuyer. En ce sens, ils sont de véritables phares encore plus quand on a 22, 25, 30 ans...

@ Anonyme 16:26 : On en discutait sur un autre blogue récemment... Certains hommes savent s'exprimer bien autrement qu'avec des paroles. Il faudrait toujours « écouter » ce qu'ils ne disent pas. Et si vous trouvez difficile de lui dire que vous l'aimez, faites comme lui, regardez-le tendrement, serrez-le dans vos bras, il saura comprendre...

Et savez-vous ce qui me manque le plus de mon père? Non pas de lui raconter mes moments difficiles ou mes inquiétudes mais plutôt de ne pouvoir partager avec lui mes petits bonheurs, mes bonnes nouvelles, mes réussites, l'atteinte de mes objectifs...

crocomickey a dit…

J'ai besoin de tom courriel. STP enweille-moi ça pour que je puiise t'adresser ma requête qui, soit dit en passant, pourrait te servir aussi. Messi bokou ...

Zoreilles a dit…

Tu vas voir comme je n'ai peur de rien, Crocomickey, et jusqu'à quel point je peux être imprudente et naïve parfois. Voici mon adresse courriel :

Turbide.communications@cablevision.qc.ca

Enweille-la ta garnotte!

gaétan a dit…

Bof moi aussi j'ai tendance à faire confiance aux gens.
Tu pourrais toujours supprimer ton message plus tard.

Zoreilles a dit…

Ouais, mais je pense que je vais le laisser là... Au fond, je me disais que ceux et celles qui se rendent jusqu'à la fin des commentaires, ce sont, en principe, des fidèles, des amis, des gens sincères et dignes de confiance, non? Tout à coup quelqu'un voudrait me parler mais ne saurait pas comment me rejoindre? Là, ce serait un peu comme une journée porte ouverte!

Let's live dangerously!

;o)

gaétan a dit…

Ouin ceux qui se rendent à la fin des 20-25 commentaires sot des ''réguliers'' et ont un bon doigt pour la roulette de la souris

Guy Vandal a dit…

Hé hé... sacrée Zoreilles !!!

Tes textes sont toujours aussi inspirants. Je me considère très, très chanceux de te connaitre.

Là, je m'en vais lire celui où tu pètes ta coche... ;-)

Solange a dit…

J'ai trouvé ton texte très touchant je l'ai fini les yeux dans l'eau. C'est ma première visite sur ton blogue je vais revenir.

Zoreilles a dit…

@ Gaétan : Ouais...

@ Guy Vandal : Je savais que toi, mon petit pétage de coche, ça n'allait pas te déranger! Contente de te connaître aussi et de te retrouver dans la blogosphère à nouveau. Mesdames et messieurs, revoici Guy Vandal, un gars du Nord!

@ Solange : Merci beaucoup et bienvenue chez nous où tu te sentiras toujours chez toi, j'espère.

Amourable a dit…

Quel beau billet zoreilles. Puis ton espression "ce qui ne s'exprime pas, s'imprime" m'a tout simplement jeté par-terre. Quelle belle expression dan son contexte.
Quand ma fille était jeune je lui inventais des histoire de "Ti-jean et la grande main blanche". J'ose espérer (avec modestie quand-même) que je l'ai imprégné de la même façon que ton père l'a fait avec son "Cheval Blanc"

P.-É. Larivière a dit…

Bonjour Zoreilles,

Ce texte m'a passablement touché, l'histoire y est si bien racontée. Elle me rappelle comment le papa du temps avec son vocabulaire restreint trouvait quand même le moyen de montrer son amour.

Zoreilles a dit…

@ Amourable : Je suis certaine que ta fille aura compris l'essentiel : que tu l'aimes, que tu souhaites le meilleur pour elle. Les enfants ressentent ces choses-là parce qu'elles sont vraies et profondes, qu'elles soient exprimées en paroles ou non.

@ P-É Larivière : Papa était un homme de peu de mots comme beaucoup d'hommes de son époque. Mais il savait tellement tout dire. Il n'avait pas un vocabulaire très élaboré, c'est pourquoi il inventait des mots, comme « heureusité » et d'autres... J'ai toujours trouvé qu'il avait un langage poétique et coloré.

Lise a dit…

Bonsoir Zoreilles,

j'écris ce commentaire, sachant que tu les reçois dans ton adresse de courriel, pour te demander si je peux utiliser l'adresse que tu as laissée, pour t'envoyer un message personnel, quelque part en janvier. Je préfère demander la permission, même si tu as écrit que l'adresse était pour tous ceux qui voudraient te rejoindre, et ne sauraient comment le faire. La réponse ne presse pas, je sais que tu es très occupée durant les fêtes, avec tes invités et tous ceux que tu aimes, alors... Et c'est la première et dernière fois que je le ferai.

Zoreilles a dit…

@ Lise : Mais oui, tu peux m'écrire quand tu voudras, puisque tu avais pris en note mon adresse courriel la fois que je l'avais publiée, enfin, c'est ce que je crois comprendre. Tu n'es pas obligée d'attendre plus tard en janvier, parce qu'au fond, chez moi, c'est toujours un peu le tourbillon, saison des fêtes ou pas! Tu peux être assurée que je te lirai avec attention et que je te répondrai dès que je pourrai le faire. À bientôt, donc!

Lise a dit…

Merci beaucoup Zoreilles. Même si cette réponse positive est celle que j'espérais, c'est un cadeau que tu me fais ! À bientôt oui, dans quelques jours, avec explication pour le délai...
Merci encore !